C’était notre terre, Mathieu Belezi

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Certes, c’est un livre de 475 pages, et il a pu être décrit comme l’un des « pavés » de la sélection.

15 romans en 2 mois. Et celui-ci en fait partie. Dans la classe, Il n’a apparemment pas fait l’unanimité des emprunts, c’est dommage pour les lecteurs qui n’en ont pas profité!

Cet ouvrage nous offre la possibilité de voir sous différents points de vue l’occupation des Français- les pieds noirs- en Algérie. Nous suivons pour cela les confessions d’une famille de colons, et de leur servante/nourrice.

Les parents sont nés à Cassagne, où ils ont vécu jusqu’à leur mort, ainsi que leurs enfants, dans le domaine de Montaigne, leur propriété. Ils étaient riches et influents.

Le père, « pur » colon, tient une entreprise dans laquelle il gère des terres et des ouvriers, exploités. Il émet un pouvoir autoritaire, de sortes que personne n’ose le défier. C’est ainsi que sa famille et ses employés sont protégés par son influence.

La mère possède elle aussi de la main-d’oeuvre, qui s’occupe des tâches ménagères, de son jardin et de ses enfants, lui laissant un temps libre pour organiser des fêtes où elle montre ses robes les plus coûteuses et « haute couture ».

Le fils, Antoine, se révèle être un résistant à la domination des colons – donc de son père- et se bat pour l’indépendance de l’Algérie. Il meurt d’ailleurs en héros, lors d’un interrogatoire de policiers violents. Il était l’aîné des 3 enfants, le grand frère qui rassurait et faisait rire ses petites soeurs.

Marie-Claire, la deuxième, la préférée de son père. Elle n’aime pas paraître fille, et avoue son attirance pour les femmes. Malgré l’amour qu’elle porte à son père, il se pourrait qu’elle ait été dégoûtée par ce comportement d’homme machiste colon. Ainsi, elle a vécu une idylle avec une artiste qui lui propose par la suite de s’engager dans un voyage jusqu’à Alger, où elles s’installeraient ensemble. Elle refuse, et gâchera 20 ans de sa vie dans un couvent.

Claudia, la cadette, se montre plus « libertine » que sa soeur, elle a toujours attiré l’attention des hommes, ce qui ne lui déplaisait pas. Elle s’est mariée, jurant fidélité, promesse transgressée une fois. Elle a eu deux enfants.

Après la mort de leur père, comprenant le danger qui rôdait désormais autour de Montaigne, les deux soeurs quittèrent leur pays natal pour la France, laissant leur mère mourir jour après jour, au côté de sa domestique. Celle-ci est le sixième narrateur. Fatima, une femme de ménage, éleveuse d’enfants, est là jusqu’à la fin, toujous soumise, auprès de sa maîtresse devenant folle.

Ainsi, on observe les nuances dans une même famille, chacun a son parti, le défend et tous en meurent, hormis les deux soeurs. Le fils décède sous les coups de « policiers »qui l’interrogent sur ses actions. Le père meurt dans un lit, en déshonorant son mariage, tout colon qu’il est. Et la mère, qui a toujours subi les infidélités de son mari, et a toujours manifesté du respect pour ses ancêtres, finit par rejoindre son grand-père … dans le tableau. Marie-Claire et Claudia, qui ont émigré en France, revivent réellement tous leurs bons moments, souvenirs de leur enfance à Montaigne, prises par la folie. Elles partent heureuses …

Roman remarquable!

Un brillant avenir

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CATHERINE CUSSET – Un Brillant Avenir.

  • En Bref…

Catherine Cusset est née à Paris en 1963. Agrégée de lettres classiques, elle a enseigné la littérature française à l’université de Yale, aux Etats-Unis, pendant douze ans. Elle a écrit huit romans parus entre 1990 et 2004.

 

Un Brillant Avenir, paru en 2008 a été sélectionné pour le prix Goncourt des lycéens. (Il a d’ailleurs été élu au niveau régional.) Dans ce roman brillant, elle nous raconte l’histoire d’Elena, une femme au parcours difficile. Elle a reçu une éducation très stricte et a du mener un combat de tous les instants : pour épouser son mari juif, pour fuir la Roumanie, émigrer en Israël, passer par l’Italie et enfin arriver aux Etats-Unis. Grâce à ce long voyage, C.Cusset nous fait revivre la dictature de Ceausescu, le conflit israélo-palestinien et l’Amérique des émigrés. La construction du livre n’est pas linéaire. Les allers-retours dans le temps et l’espace sont incessants. On passe de l’année 2003 (début du livre) à 1941 à 2006. En aucun cas cela ne gène la compréhension du lecteur. L’auteure dresse  le portrait de deux femmes réunies autour de l’amour d’Alexandru. Marie est une menace pour Elena, elle risque de compromettre le brillant avenir qu’elle a construit pour son fils. Le lien entre la belle mère et la belle fille est complexe. Tout oppose les deux femmes, leur culture, leurs origines, leur parcours…etc. L’affection se construira doucement mais pas sans heurts. Des personnages féminins forts, une très bonne gestion du temps et de l’espace, une histoire touchante et un voyage à travers de nombreux pays, font de ce livre un brillant roman.

 

Actuellement, Catherine Cusset vit à New York et est marié à un Roumain, tout comme son héroïne. N’y aurait-il pas une petite part cachée d’autobiographie ?

 CLEMENT.T

 

 

 

 

 

 

 

 

 

And the winner is…

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Aujourd’hui, le Prix Goncourt des Lycéens a été attribué à…

Catherine CUSSET

 pour son roman

Un brillant avenir

Pour info, nos élèves avaient élu Une éducation libertine

de Jean-Baptiste del Amo.

Critiques : « Où on va, papa ? »

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Jean-Louis Fournier

 Où on va, papa ?

Jean-Louis Fournier, qui s'est toujours décrit comme «un petit écrivain rigolo» et qui prétend ne pas faire de la «haute littérature» , se retrouve désormais dans un palmarès où figurent quelques-unes des grandes plumes françaises.

Photo extraite de http://www.lefigaro.fr/livres/2008/11/04/03005-20081104ARTFIG00302-jean-louis-fournier-femina-singulier-.php 

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Un père nous raconte avec humour sa vie en compagnie de ses deux fils handicapés.

Jean-Louis Fournier dédie son livre à ses deux enfants handicapés. Il leur fait part de ses sentiments, de ses peines, de ses joies et de ses regrets.

Le titre « Où on va, papa ?  » fait référence à une phrase que l’un de ses fils prononçait de façon permanente lorsque ce dernier se retrouvait en voiture.

C »est dans ce récit aux brefs chapitres et courtes scènes débordant d’anecdotes que Jean-Louis Fournier décrit à la fois sa culpabilité (« Pardon de vous avoir loupés« ) et ses remords (« ne pas les avoir conduits au musée, au concert « ). Il veut briser l’image des parents « malheureux » des handicapés : « Un père d’enfants handicapés n’a plus le droit de rire, ce serait du plus parfait mauvais goût. », ou encore cette obligation d’avoir « le physique de l’emploi, de prendre l’air malheureux. ».

Jean-Louis Fournier fait preuve de beaucoup d’humour assumé jusqu’au bout pour ses deux fils handicapés, « la tête pleine de paille« . Il utilise cet humour noir come une carapace, pour mieux gérer ses douleurs, en prenant de la distance. Cependant, il ne cherche pas à se plaindre, bien au contraire. Il dédramatise la situation et « ôte » la pitié que l’on peut parfois éprouver pour les handicapés. Le livre peut faire preuve d’amour et de tendresse, comme de moquerie, d’émotion bouleversante ou de cruauté.

Ces vérités, comme nos peurs face au handicap, ces propos très directs, d’une totale franchise, exprimés si simplement, peuvent surprendre le lecteur et montrent son incroyable cran, son courage et son talent. Il est capable d’exposer les sentiments les plus complexes et les plus confus. Il révèle des pensées qui peuvent toucher chacun mais que l’on n’ose pas dire, du fait de leur absurdité, et de ce fait, rassure les parents d’enfants handicapés qui pensent de même. Il nous présente la découverte d’une réalité, nous remet en question.

Il évoqie une belle leçon de vie dans ce livre où rien n’est pessimiste. C’est simple. Drôle. Emouvant. C’est Jean-Louis Fournier.

Rémi Bertrand

Mais où va-t-on ? (Papa)

Mais où va-ton, Monsieur Fournier ? Voilà que vous plaisantez en parlant de jeunes handicapés mentaux et physiques (qui ne sont autres que vos enfants) ?

Que dire de ce livre sinon que c’est une violente gifle ? Jean-Louis Fournier nous parle de ses deux enfants handicapés, Mathieu et Thomas, de leur vie quotidienne, des malheurs, des déceptions, des projets d’avenir réduits à néant, de sa femme qui le quitte. On dirait que l’auteur se précipite dans le gouffre du mélodrame, mais non !

Voilà toute la magie de ce livre. L’auteur nous parle de ses enfants avec tendresse, regret et humour, oui, humour, vous m’avez bien compris. Jean-Louis Fournier m’a appris que l’on pouvait rire de tout : de soi, des handicapés, du regard des gens.

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Jean-Louis Fournier est âgé de 70 ans et fait partie des plus anciens de la sélection Goncourt. Il a commencé à écrire en 1992, avec son essai La grammaire française et impertinente. Il publie ensuite vingt-quatre récits et essais et Où on va, papa ? , sa deuxième sélection pour le Goncourt a déjà obtenu le Prix Femina.

Un mystérieux contributeur de 1ère LC (il peut se signaler, merci !)

Critique : « Une nuit à Pompéi »

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Un ennui(t) sous les ruines

Alain Jaubert tente de reconstituer une atmosphère antique qui tombe rapidement en poussières.

 

UNE NUIT A POMPEI – Alain Jaubert :

Ancré aux alentours du Vésuve, le roman d’Alain Jaubert alterne souvenirs historiques et culturels d’Italie et une fiction érotique au cœur de Pompéi. Celle-ci regroupe trois personnages (un narrateur sexagénaire, une actrice britannique et une archéologue italienne spécialisée dans l’érotisme antique) qui, au cours d’une fête, se prêtent à de multiples « jeux » au travers des rues de la ville antique. Ce sujet semble a priori fidèle au créateur de la série de la série Palettes et de multiples documentaires sur les divers héritages artistiques de l’Histoire. Mais Une nuit à Pompéi s’avère être une mauvaise surprise littéraire.

L’un des rares points positifs du livre est la connaissance culturelle et historique dont fait preuve Alain Jaubert au travers de ses souvenirs ou de ses lectures sur Pompéi. Cependant, les faits sont souvent exposés dans un style d’écriture classique, tenant plus du documentaire et partageant rarement un point de vue personnel. De même, les nombreuses descriptions visuelles des paysages d’Italie se succèdent telles des photographies, figées dans l’espace et dont la seule animation reste l’afflux de touristes. Alain Jaubert dénonce par ailleurs cette dégradation de l’héritage antique par toute forme de corruption (tourisme, pollution due notamment aux substances illicites). Ce parti pris, pourtant intéressant, reste néanmoins peu exploré (la présence de la Camorra, par exemple, aurait pu se manifester davantage dans les quartiers aussi mouvementés de Naples). Si certains chapitres impressionnent, comme l’épisode des seringues, second revêtement de sol semblant naturel malgré sa dangerosité, l’écrivain capte néanmoins peu d’ambiance dans cette Italie, pourtant chargée de mystères. Il n’insuffle pas ou peu de vie à son tableau et se répand en de longues descriptions répétitives. La dimension informative et culturelle trouve ainsi rapidement ses limites, notamment en raison d’un style d’écriture n’apportant aucune émotion au lecteur, restant banal et froid.

A l’inverse, le narrateur jouit d’une palette de sensations découvertes durant cette « nuit ». En effet, tout un pan du livre est consacré aux péripéties sexuelles du personnage principal. Dès le chapitre concernant la visite du musée, le lecteur est immergé par un univers au premier abord surprenant, se caractérisant par la prédominance du sexe et ses dérivés sur toute forme d’art (sculptures, gravures, bas-reliefs…). Cependant, cette visite s’avère rapidement agaçante en raison du voyeurisme désagréable du narrateur vis-à-vis de l’archéologue, situant le spectateur à une place qui ne lui procure que le malaise. De plus, ce chapitre, de même que les scènes ultérieures, devient lassant et répétitif, multipliant les synonymes et les positions lascifs.

Le narrateur, un certain Alain, s’éprend ensuite pour deux jeunes femmes aux attraits semblant le satisfaire. Le trio se lie tout d’abord par les noms, Alain, Marina, Anna Maria, proches de l’anagramme par les nombreuses similitudes dans le choix des lettres. La lettre « a » unifie les trois, pouvant se relier au terme « antique ». L’ambition d’Alain Jaubert est d’ainsi communier ces quatre termes le temps d’une nuit. De même, la durée induit la notion d’un moment éphémère, où toutes les limites sont repoussées. Les trois personnages s‘ébattent en conséquent dans de multiples jeux sexuels pendant plus du tiers du récit. Les personnages féminins sont étrangement sous le charme de l’homme, n’hésitant pas à exhiber leurs attraits et à se dénuder, répondant à ses fantasmes inassouvis. Par leur obéissance joyeuse, les personnalités de ces deux femmes s’avèrent creuses et incompréhensibles. Quant au personnage principal, par son obsession constante des formes féminines, et non des caractères ou sentiments, peut fortement inquiéter et rend la lecture plus pénible, le lecteur n’ayant peu ou pas d’attache au travers des personnages.

La recherche permanente de sensations sexuelles, en dépit des émotions humaines, se manifeste également par un amalgame de descriptions et d’observations de plus en plus grotesques et scrupuleusement détaillées. Ces scènes dénuées d’intérêt manquent cruellement de sensualité. L’érotisme antique que Jaubert prétend reconstituer se transforme, par son style morne et obsessionnel, en une démonstration uniquement pornographique. Jean-Baptiste Del Amo avait su, avec Une éducation libertine, donner à ses rares scènes sexuelles une atmosphère âcre et fascinante dans les bas-fonds de Paris. Une nuit à Pompéi est loin de la cruauté sexuelle de l’Antiquité, où l’ambiguïté des rapports entre les individus se manifestait, certes par la sexualité, mais aussi par le rang social, la position politique ou les richesses.

Ce livre pose évidemment la question de la place du lecteur dans une œuvre littéraire. Doit-il se reconnaître, s’identifier afin d’adhérer à l’œuvre ? L’écriture d’Alain Jaubert peut maintenir à distance le lecteur, voire le repousser au vu de sa position vis-à-vis des actions de ses personnages. Mais son parti pris est défavorisé par un style d’écriture ne traduisant aucune émotion, loin de l’effet éphémère et saisissant que cherche à obtenir Jaubert dans ce court laps de temps qu’est « une nuit à Pompéi ». Celle-ci tombe en ruines dont le souvenir ne subsistera pas.

Oriane Sidre

Critique : « Qui touche à mon corps je le tue »

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Propriété privée

 

Qui touche à mon corps je le tue  de Valentine Goby

 

De la victime au bourreau, ce roman aborde un thème dérangeant avec une crudité poétique.

♥♥♥♥

 

L’auteure retrace l’histoire tragique de trois vies réunies par le thème de l’avortement. Mais ce dernier n’est pas le sujet principal du roman. Effectivement, Valentine Goby a voulu développer dans son livre la difficulté des rapports à notre corps et à la liberté : « Dors, Lucie L., moi je choisis de te regarder depuis cette courbe de ton dos, depuis ce point du monde où tu es unique, où tu échappes à toute catégorie, à tout devoir, ni femme, ni fille, ni mère, seulement une silhouette aux contours fragiles, une personne, née d’un long, patient travail de reconquête. »

A l’âge de 34 ans, l’écrivain a déjà écrit cinq romans. Pour la première fois, elle fait partie de la sélection 2008 du Prix Goncourt. Auparavant, elle a reçu plusieurs prix littéraires : le prix de la fondation Hachette, le prix Méditerranée des jeunes, le prix du Premier de l’Université d’Artois, le prix Palissy et le prix René Fallet en 2003 pour son roman La note sensible. En 2007, elle publie L’échappée qui témoigne déjà d’un sens aigu de la souffrance.

Dans son nouvel ouvrage, Valentine Goby aborde le sujet difficile de l’avortement, avec une écriture viscérale et émouvante. Elle expose trois personnages : Marie G., une faiseuse d’anges, Lucie L., une femme qui avorte, et Henri D., l’exécuteur. Ces destins brisés, ces vies tourmentées et indirectement mêlées nous font partager leurs doutes, leur douleur, leur enfance et leurs souffrances. Le fait qu’il s’agisse de personnes ordinaires rend le roman plus poignant : « Demain, il sera l’exécuteur des hautes oeuvres, mais à l’instant, le corps passé dans un pyjama bleu aux genoux distendus, les joues rêches, l’haleine lourde, il est ce que les journaux nomment un homme ordinaire. »

Qui touche à mon corps je le tue est un titre en forme de menace, il nous percute. Mais on le ressent différemment après la lecture du récit de ces trois héros, qui sont touchés jusqu’au tréfond de leur intégrité physique. Ce livre est une lumière éblouissante qui jaillit d’un thème profondément sombre.

Vanessa Paget

Phrase du 21 octobre 2008

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« La seule respiration d’un homme, silencieuse et profonde avant le chant, avant rien, vaut toutes les vocalises. »

Valentine GOBY – Qui touche à mon corps, je le tue

La traversée du Mozambique par temps calme

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Le capitaine Belalcazar et son équipe, composée de personnages tous plus loufoques les uns que les autres, entreprend un long voyage en quête d’une mystérieuse cité inca : Païtiti. Là-bas dit-on, l’or coule à flots, ce qui ne manque pas de donner du courage à l’équipe qui traversera des paysages très divers, semés de multiples surprises, et affrontera pour notre plus grand plaisir de nombreuses embûches absolument improbables.
En nous faisant croire pendant les soixante-dix premières pages à un roman d’exploration quelque peu absurde mais réaliste, Patrice Pluyette s’amuse à nous surprendre en introduisant subitement un bateau fantôme, un pirate géant surgi de nulle part, ou encore en faisant disparaître mystérieusement une femme à bord, Malebosse, dont nous n’entendrons plus parler avant la dernière phrase du livre. Le récit bascule dans la science fiction tout en conservant un cadre réel. Cette combinaison de genres subtilement mesurée invite volontiers le lecteur à suivre le périple pour le moins singulier de personnages atypiques et sympathiques aux personnalités presque aussi désarçonnantes que leurs noms, tels qu’Hug-Gluq, Petit Pénis, Inyoudgito, ou tout simplement… Jean-Philippe !
S’inscrivant dans un univers proche du conte, La traversée du Mozambique fait également écho à Candide de Voltaire par sa structure déconstruite.
Ayant l’audace de décrire un détail moindre avec la plus grande intention, Pluyette se plaît tout autant à emporter le lecteur dans un délicieux voyage bien improbable, passant des glaces de la banquise à la chaleur humide de la jungle en quelques lignes seulement. Cette alternance incessante de la digression et de l’ellipse offre un rythme rebondissant, imprévisible, dynamique, appuyé sur une narration au présent délicatement parsemée de clins d’œil au lecteur, «sachant que la circonférence de ce nuage avoisine les deux cent mètres, vous calculerez approximativement la hauteur de la montagne», nous interpelle-t-il par exemple. Même si le suspense est parfois clairement aboli volontairement («Hug-Gluq disparaîtra dans une chute d’eau vertigineuse au chapitre 49 de ce livre», nous signale très naturellement l’écrivain), le lecteur n’est jamais au bout de ses surprises : l’équipage, toujours piégé dans des situations abracadabrantes dont on n’imagine pas l’issue possible, est finalement tiré d’affaire par une trappe secrète au beau milieu de l’Antarctique, ou encore par le retour à la vie inattendu d’un Jean-Philippe mort dix-neuf chapitres plus tôt. Le ton ironique de Patrice Pluyette ajoute une couleur alléchante à l’histoire ; impossible de s’ennuyer !
La plume légère de l’auteur glisse délicatement sur toutes les pages du roman, offrant un rythme mélodique à la lecture. «Escaladant l’ubac, bivouac au sommet, désescaladant l’adret, non sans adresse» en est une preuve magnifique, et résonnent ainsi les mots du jeune écrivain, choisis avec une attention particulière.
Sous cette épatante exploration du monde pas si calme que cela après tout, se cache une réelle réflexion sur le bonheur : on parvient à cueillir une belle morale à l’extrémité de ce bouquet multicolore.
Maëlle Teutsch

Rencontre du 13 Octobre : Photos

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Axel et la dédicace de A.JaubertMmes Bertrand et Kieffer, M. Gentit (FNAC)

Article du jour , carnet de bord 16/10/2008

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hello everybody..!

Il est maintenant 10h50 et nous sommes le jeudi 16/10/2008 comme vous avez pu le remarquer ci-dessus.

 

Ca y est les photos tant attendues sont enfin arrivées dans le carnet de bord…

…ouvrez-le donc pour les admirer, ne serait-ce que par curiosité…

 

Aussi, les phrases du jour sont… A jour ! Enfin ! [ :-) ] Et un compte rendu de nos derniers déplacements complete celui present sur le site…

Sur ce, auf wiedersehen!

 

Fanny, Orane, Aurore et Charline!

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