L’unification progressive des marchés du travail dans l’UE

octobre 23rd, 2008

Un peu d’auto-promotion, pour une fois.  J’ai eu l’occasion de travailler sur les marchés du travail européens au moment où Manpower France construisait une offre de service de recrutement à l’étranger dans les secteurs où règnent des pénuries de main-d’œuvre.

Cette expérience s’est révélée particulièrement enrichissante car les préoccupation opérationnelles des cadres de l’entreprise entraient directement en relation avec avec ma réflexion plus académique. Nous avons présenté notre travail le 31 septembre dans le cadre prestigieux du lycée Louis Le Grand devant un parterre de professeurs de sciences économiques et sociales, et il y a même une vidéo !

Un schéma sur les causes de la crise financière

octobre 1st, 2008

La semaine dernière, Rémi Jeannin a proposé sur son blog une description très pédagogique des événements qui ont conduit à l’actuelle crise financière.  Celle-ci connaît chaque jour de nouveaux rebondissements, que l’on peut regrouper en trois catégories : nous faisons face en même temps à une crise de liquidité, à des dépréciations d’actifs et à des risques de faillites de banques et d’assurances.

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La jurisprudence européenne, entre concurrence et droits sociaux

septembre 15th, 2008

Des flux de main-d’oeuvre peuvent se produire lorsqu’une entreprise communautaire envoie ses salariés dans un autre État membre que celui dans lequel ils travaillent habituellement, dans le cadre d’une prestation de service transfrontalière. Une des craintes liée au détachement de travailleurs à l’étranger porte sur le dumping social, c’est-à-dire « toute pratique consistant, pour un Etat ou une entreprise, à violer, à contourner ou à dégrader, de façon plus ou moins délibérée, le droit social en vigueur – qu’il soit national, communautaire ou international – afin d’en tirer un avantage économique, notamment en termes de compétitivité » (Rapport d’information sur le dumping social en Europe, 25 mai 2000, p. 10).

La Commission européenne souhaite en effet accroître la concurrence dans le secteur des services. Elle a du renoncer au principe du pays d’origine à la suite de la polémique autour du projet de directive Bolkestein sur les services : pour un socle de droits protecteurs minimaux impératifs définis limitativement, le droit du travail applicable est celui du pays où le salarié exerce son activité. Il y a donc une harmonisation du droit européen dans les domaines suivants :

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Ces délocalisations qui échouent

janvier 20th, 2008

En stage d’observation pendant 2 mois chez Manpower, les 14 heures de train hebdomadaires pour rallier Paris me laissent peu de temps pour ce blog. L’avantage, comme je suis rattaché à la direction de la communication et des relations extérieures, c’est que je peux assister à toutes sortes de conférences et de débats dans des lieux et/ou avec des intervenants prestigieux.

Par exemple, c’est dans une salle du Sénat que l’European Business School organisait le 11 janvier dernier une « Conférence Prestige » sur le thème « Ressources humaines et délocalisations ».

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Harvard aide les classes moyennes supérieures

décembre 29th, 2007

L’éducation est intimement liée à la structure sociale et aux possibilités de mobilités ascendantes offertes aux individus. C’est pourquoi la possibilité d’accès aux études supérieures est un enjeu de taille pour les familles, mais aussi pour la société dans son ensemble.

Comme ses rivales les plus prestigieuses, l’université de Harvard s’est beaucoup impliquée depuis plusieurs années dans des programmes de réduction des frais d’inscription pour les élèves (brillants) de milieux défavorisés. Depuis 2004, les familles ayant moins de 40 000 $ (27 000 €) de revenus annuels sont exonérées de droits d’inscription (seuil porté à 60 000 $ en 2006, ce qui rend 60 % des ménages aux États-Unis éligibles à cette mesure, d’après les statistiques du Census Bureau). Le 10 décembre dernier, l’université a toutefois amorcé un tournant dans sa politique d’aides financières : une partie des revenus de la dotation de 35 milliards de $ et des dons faits à l’établissement sera désormais consacrée à aider des familles relativement aisées, dont les revenus s’étendent de 120 000 à 180 000 $ par an (82 000 à 122 000 €).

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Classe, race, ethnicité

décembre 21st, 2007

Par le terme « classes sociales », on entend désigner des groupes sociaux relativement homogènes, différenciés les uns des autres par des critères socioéconomiques (les revenus essentiellement, mais aussi la qualification, le lieu d’habitation, etc.)

C’est cette homogénéité qui est remise en question depuis une vingtaine d’années par les nouvelles approches sociologiques des inégalités. On assisterait à une fragmentation des représentations des inégalités, qui passeraient de plus à plus à l’intérieur même des groupes sociaux. Ainsi, de nouveaux clivages sociaux doivent être pris en compte : rapports de genres (l’étude de la domination masculine attirant particulièrement les sociologues masculins célèbres en fin de carrière), de générations (voir les travaux de Louis Chauvel) ou discriminations ethnoraciales. Ces études ne visent pas à remplacer le concept de classes sociales, mais à l’enrichir.

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La vraie valeur de la richesse

décembre 16th, 2007

Il n’y a pas que les classes moyennes, dans la vie. Un peu de luxe et de distinction, aujourd’hui : intéressons-nous aux riches.

Barclays Wealth, filiale de gestion de fortunes d’une grande banque britannique, vient de publier une étude intitulée La vraie valeur de la richesse. On y apprend notamment que, d’après les professionnels du secteur, il faut disposer d’une dizaine de millions de dollars en actifs liquides pour se sentir vraiment à l’abri du besoin. L’étude, réalisée auprès d’environ 800 personnes dans le monde montre que la perception de la richesse change avec le montant des actifs disponibles pour les placements financiers.

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Où (en) sont les classes moyennes ?

décembre 10th, 2007

Témoin des inquiétudes actuelles sur un possible retour des inégalités, le Crédoc publie aujourd’hui une étude tendant à montrer que les classes moyennes, définies par un critère de revenu, voient leur situation se dégrader. Cette publication est consultable ici.

Au même moment, le Centre d’analyse stratégique organisait un colloque au Sénat dont l’objet était « Classes moyennes et politiques publiques« . Un des thèmes de la journée était la définition de ces fameuses classes moyennes, dont le débat public fait grand cas sans jamais parvenir à les identifier précisément.

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Comment (se) représenter le chômage ? (2 : approches macroéconomiques)

décembre 9th, 2007

Les approches microéconomiques des déséquilibres sur le marché du travail conduisent à considérer que le chômage est volontaire (il résulte d’une volonté collective, comme par exemple la fixation d’un salaire minimum ou d’allocations-chômage généreuses, et/ou d’une volonté individuelle, comme l’allongement de la durée de prospection du marché de l’emploi ou le refus d’entretenir son employabilité en se formant). Mais ne serait-il pas possible de concevoir la possibilité d’un chômage involontaire ?

Le premier à s’engager sur cette voie est John Maynard Keynes, au début de sa Théorie général de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie [1936]. Le chômage « keynésien » est un chômage involontaire parce qu’il résulte d’une insuffisance de la « demande effective », c’est-à-dire la demande solvable anticipée par les entrepreneurs, qui les pousse à modifier leur comportement d’offre de biens et services (effective, en anglais, c’est ce qui est efficace, qui produit des effets).

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Comment (se) représenter le chômage ? (1 : approches microéconomiques)

novembre 30th, 2007

Le chômage, c’est bien sûr la situation d’un individu dépourvu d’emploi, disponible rapidement et qui en cherche un. Mais même une définition aussi simple suscite de nombreuses questions, comme en témoignent les difficultés de l’Insee à compter les chômeurs. Comment les économistes peuvent-ils penser le chômage ?

Dans la théorie néoclassique standard, le travail est conçu comme une marchandise qui s’échange sur un marché contre un certain prix (en réalité, un prix relatif : le salaire est exprimé en unités de bien). Ce sont les travailleurs qui possède cette force de travail, et qui l’offrent sur le marché du travail. Les entreprises expriment une demande de travail (elles offrent des emplois).

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