Pratiques et techniques
Le scientifique pour comprendre le Monde en l’interrogeant a développé des pratiques techniques spécifiques. Historiquement, la première de ces pratiques est l’observation. Elle a ensuite été complétée par l’expérimentation sur les objets étudiés et par la modélisation lorsque ces objets sont inaccessibles à l’expérience. Enfin l’accumulation de connaissances scientifiques résultant de ces pratiques a conduit à utiliser les ressources documentaires livresques ou numériques sur les résultats et les démarches déjà menés par d’autres. Aujourd’hui, le scientifique se doit de maîtriser de façon pratique les démarches utilisant toutes ces approches.
Le scientifique doit savoir observer. Il doit être capable pour cela d’ utiliser les outils permettant l’observation d’objets relevant de différentes échelles, du microscopique à l’astronomique. Il doit être aussi capable de représenter et de lire les résultats d’observations. Cette observation scientifique résulte toujours d’une interrogation préalable qui guide alors l’observation.
L’utilisation de moyens optiques, tels que la loupe binoculaire ou le microscope, nécessite ainsi 1/une bonne connaissance de l’outil afin 2/de réussir ses réglages, d’effectuer les bons choix d’objectifs, voire d’utiliser correctement ses dispositifs facilitant l’observation (ex : filtres analyseur et polariseur pour observer des roches - platine de la loupe binoculaire en fonction des couleurs de l’objet observé) ; 3/de respecter le matériel (utilisation raisonnée, rangement)
La préparation d’objets à observer est aussi nécessaire que ce soit 1/les préparations qui seront soumises à une observation microscopique ou 2/les mises en évidence de structures anatomiques par des dissections qui doivent, dans les deux cas, être d’une qualité telle qu’elles soient favorables à ces observations.
Bien sûr, il doit, au terme de ses observations, être capable de la représenter par un dessin (représentation fidèle) ou par un schéma (représentation simplifiée) selon les codes définis par la communauté scientifique afin que la lecture de ces représentations soient partagées par tous.
Le scientifique doit aussi savoir expérimenter. Il s’agit, au cours d’une expérimentation de mener un protocole afin de tester l’hypothèse de l’intervention d’un facteur dans le déroulement d’un processus qui est interrogé. Aujourd’hui les expérimentations peuvent être assistées par ordinateur (EXAO).
Il s’agit alors 1/de respecter les différentes étapes du protocole ; 2/d’utiliser de façon raisonnée le matériel, les fonctionnalités du logiciel, les produits utilisés… et 3/de toujours respecter le matériel en le rangeant après toute utilisation.
Il s’agit aussi de savoir relever les résultats de cette expérimentation (mesures, observations ) sans oublier de noter les résultats de l’expérience témoin, indispensable pour valider l’hypothèse de l’intervention ou non d’un facteur.
Le scientifique peut être amené à modéliser un phénomène qu’il souhaite interroger du fait de l’inaccessibilité de celui-ci à l’observation ou à l’expérimentation directe.
L’utilisation d’un modèle, numérique ou non, pour observer ou expérimenter est toujours construit en analogie avec le réel. Sa correspondance avec le réel doit donc être exprimée. Sa manipulation, ensuite, relève soit de l’observation, soit de l’expérimentation selon l’objectif retenu.
La manipulation du modèle apporte des résultats. Ces résultats doivent être relevés au niveau du modèle et ensuite, seulement, utilisés par analogie, pour exprimer la réalité.
Le scientifique s’appuie sur les connaissances établies antérieurement par ses pairs. Il est donc amené à se documenter pour mener ses démarches d’investigations suscitées par ses questions qui visent à comprendre et à connaître les causes d’un effet.
Il est donc nécessaire qu’il maîtrise l’utilisation de sources d’informations (lecture d’articles, compréhension de bases de données numériques) afin d’être en capacité de sélectionner des données pertinentes au regard de la question qui motive sa recherche.
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