Raisonnements
Raisonner, cette capacité est indispensable pour mener une activité scientifique mais elle est aussi indispensable pour juger de cette activité ! Le scientifique comme le citoyen non porté à construire des explications scientifiques mais obligatoirement concerné par les conséquences de ces explications (nouvelles techniques, implications éthiques ou sociales…) doivent donc connaître les diverses procédures de raisonnement. Le scientifique devra maîtriser celles qui sont productrices de savoir : les démarches explicatives et hypothético-déductives, le citoyen (qui peut être bien sûr scientifique) pourra se contenter seulement de les comprendre mais il devra obligatoirement maîtriser l’argumentation à partir de données scientifiques et les démarches explicatives propres aux sciences.
Commençons par l’argumentation. Elle nécessite de maîtriser le langage et les outils scientifiques de la communication afin de convertir des faits (ex: des résultats scientifiques) en arguments.
Pour argumenter, il est donc nécessaire de savoir que l’argumentation en sciences vise à l’adhésion d’un lecteur ou d’un auditeur à une information et qu’elle nécessite d’être capable de 1/ sélectionner efficacement (c’est à dire de façon pertinente, exhaustive et exacte) des informations de textes scientifiques ou d’outils de représentation d’informations scientifiques et de 2/ les relier de façon cohérente (connecteur logique adapté) avec l’information sujette à argumentation.
L’argumentation peut se résumer à ces deux capacités mais, bien souvent, elle nécessite de relier entre-elles, avec le connecteur logique adapté, des informations de provenances diverses (de sources documentaires diverses ou de connaissances que nous avons sur un sujet) avant de relier l’ensemble ou ce qui en ressort, toujours de façon cohérente avec l’information sujette à argumentation.
Une argumentation particulière, plus globale cette fois-ci, est celle qui vise à apporter des éléments qui confortent une théorie. C’est le cas, par exemple, de la théorie de l’évolution. Ainsi, l’origine commune du vivant, élément de cette théorie, est-elle confortée par l’accumulation d’observations montrant l’existence de points communs entre tous les êtres vivants : des preuves, c’est à dire des arguments, d’une parenté et donc d’une origine commune. Ces preuves, par leur nombre, et auxquelles il est possible d’apporter celles relatives aux processus de diversification (mutations, sélection naturelle, observations paléontologiques) sont plus nombreuses que celles plaidant pour une diversité originelle. En appliquant alors le principe de parcimonie connue encore sous le nom de “rasoir d’Occam”, moine franciscain du 14ème siècle, selon lequel la thèse la plus recevable est celle qui rassemble le plus de preuve, permet alors de retenir l’idée d’origine commune.
Le raisonnement phylogénétique relève de cette argumentation en 1/identifiant le nombre d’états de caractères dérivés il permet 2/de repérer quelles sont les espèces les plus apparentés
La démarche explicative doit être selon l’implication dans la voie scientifique comprise ou maîtrisée. Elle a pour objectif de repérer puis d’exprimer les causes à un effet. Elle nécessite aussi de maîtriser le langage et les outils scientifiques afin de convertir des connaissances scientifiques en autant d’arguments pour exprimer des causes à un effet.
Pour expliquer, il est donc nécessaire de savoir que l’explication en sciences vise à exprimer les causes d’un effet et qu’elle nécessite 1/ de sélectionner efficacement (c’est à dire de façon pertinente, exhaustive et exacte) des informations de textes scientifiques ou d’outils de représentation d’informations scientifiques ; 2/ de les relier à l’effet dont est recherchée l’explication en choississant un connecteur logique exprimant la démarche d’explication, c’est à dire permettant de transformer les informations relevées en causes.
La aussi l’explication peut être plus complexe en nécessitant de relier les informations de plusieurs documents entre elles ou avec des connaissances avec bien sûr le connecteur logique adapté.
Mais attention dans tous les cas l’expression de tels raisonnements doit se faire en fournissant les précisions que sont les valeurs chiffrées ou les descriptions.
La démarche hypothético-déductive est mise en oeuvre en sciences expérimentales pour établir des démarches explicatives. Elle consiste en la formulation d’une hypothèse à un problème posé. La formulation de cette hypothèse relève d’une démarche inductive s’appuyant sur des connaissances particulières et aboutissant à une généralisation qu’exprime cette hypothèse. Elle consiste ensuite à la confrontation de cette hypothèse à ses conséquences provoquées par l’expérimentation (démarche expérimentale) ou par l’observation.
Cette démarche nécessite 1/de formuler une hypothèse à un problème posé ; 2/de prévoir des conséquences vérifiables de cette hypothèse au travers d’une observation ou d’une expérimentation ; 3/de valider ou de rejeter cette hypothèse au regard du résultat expérimental ou de l’observation.

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