La France dans la mondialisation : quels enjeux ?

Monday, 28 August 07:58 am

Bonjour à toutes et tous et bonne rentrée 2017 !

France culture propose une émission régulière qui nous intéresse au premier chef : « l’économie en question ».

Durant l’été, une de ces émissions a porté sur la question de la France et de l’Europe face à la mondialisation. 30 minutes forts utiles pour compléter les cours de Première et de Deuxième année :

https://www.franceculture.fr/emissions/leconomie-en-questions/la-france-et-lunion-europeenne-au-defi-dune-autre-mondialisation

Bonne écoute !

Économie monétaire, théories et politiques

Wednesday, 17 May 04:49 pm

Je vous signale la sortie d’un nouveau livre auquel j’ai contribué qui, je l’espère, vous sera utile au cours de votre formation. Il est annoncé en librairie et en ligne pour le 7 juin 2017 :

Alain Beitone, Christophe Rodrigues. Économie monétaire, théories et politiques. Armand Colin, coll. « Cursus », 2017

Un des publics prioritaires est celui des étudiants de CPGE. Les questions abordées dans ce livre recoupent de nombreux thèmes présents dans le programme d’ESH-EA : la place de la monnaie dans le financement de l’économie, la politique monétaire, les banques et la régulation bancaire dans la globalisation financière…

J’espère que cela vous sera utile pour votre progression dans la formation !

Euro : par ici la sortie ?

Wednesday, 1 March 03:52 pm

L’économiste français Patrick Artus présente une synthèse de son dernier livre « Euro : par ici la sortie ? » lors d’un entretien sur le site « Xerfi-Canal ». Comme à son habitude, Artus soutient une analyse d’une grande qualité, à la fois claire et rigoureuse. Il montre notamment que le dysfonctionnement institutionnel de la zone euro explique l’absence de la croissance potentielle en son sein. Il montre par ailleurs que la science économique fournit des explications robustes pour comprendre ces dysfonctionnements. Une écoute particulièrement nécessaire pour les candidats aux concours à venir !

http://www.xerficanal-economie.com/emission/Patrick-Artus-Patrick-Artus-Euro-par-ici-la-sortie–5896_3744487.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC280217

Tirer le meilleur du marché européen

Sunday, 5 February 05:43 pm

Le Conseil d’analyse économique (CAE), organisme de recherche rattaché au Premier Ministre vient de publier une note : « tirer le meilleur du marché unique européen ». Elle est téléchargeable ici :

http://www.cae-eco.fr/Tirer-le-meilleur-du-marche-unique-europeen.html

On y apprend notamment que l’économie européenne est affectée par un ralentissement durable de la productivité globale de ses facteurs et que cela se répercute sur l’état des économies des pays membres et, par voie de conséquence, sur les marges de manoeuvre des gouvernements de ces pays en matière de politique économique. Le graphique ci-dessous permet de prendre la mesure de cette difficulté structurelle de l’économie européenne :

Les économistes du CAE font un certain nombre de préconisations qu’il serait souhaitable que les divers candidats à l’élection présidentielle française entendent parmi lesquelles :

  1. les secteurs économiques qui présentent de fortes externalités positives doivent faire l’objet d’une politique de zone, c’est à dire d’un transfert de souverainté vers les instances européennes (énergie et télécommunications)
  2. la lutte contre l’évasion fiscale et sociale ne pourra être efficace que sous la condition d’une meilleure coordination des politiques fiscales et de protection sociale. Sans quoi, les stratégies de dumping social et fiscal conduisant à un alignement vers le bas resteront de mise, renforçant encore davantage le processus récessif à l’oeuvre en Europe avec une atonie profonde de la croissance potentielle !

Les effets macroéconomiques des gains de productivité

Saturday, 21 January 11:25 pm

Une petite vidéo explicative sur les conséquences économiques des gains de productivité. C’est rapide et particulièrement clair. On peut regretter que le concepteur ne pousse pas le mécanisme jusqu’à la prise en compte des effets positifs sur l’environnement, sur la redistribution des richesses et sur l’évolution historique du temps de travail.

http://www.xerficanal-economie.com/emission/Comprendre-l-impact-des-gains-de-productivite-sur-l-economie-4180_2933.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC220117

Bon visionnage !

Zone euro : les conditions pour former une Union monétaire

Friday, 28 October 07:37 am

Dans le numéro de Flash Economie mis en ligne le 27 octobre 2016, l’économiste français Patrick Artus montre sous quelles conditions une zone économique intégrée dotée d’une monnaie unique telle que la zone euro peut devenir une union monétaire à proprement parler, c’est à dire un territoire au sein duquel des taux de change fixes (ou même une monnaie unique) constituent le cadre optimal des ajustements macroéconomiques. L’article est téléchargeable ici :

https://www.research.natixis.com/GlobalResearchWeb/main/globalresearch/ViewDocument/J1-1NpPAROU7xsC6luaqKQ==

Au début des années 1960, l’économiste américain Robert Mundell (photo ci-dessous) avait démontré qu’un groupe de pays forme une zone monétaire optimale à condition que la mobilité des facteurs de production (les capitaux et les travailleurs) intra-zone soit forte. Si tel est le cas, en cas de choc asymétrique sur l’un des pays (crise économique nationale avec montée du chômage par exemple), l’ajustement s’effectue par des déplacements de main d’œuvre et/ou de capitaux avec les autres pays de la zone. C’est ce mécanisme de compensation qui permet de maintenir la fixité des changes.

Mundell

Or, un tel dispositif n’est bien entendu pas à l’œuvre actuellement dans la zone euro comme le rappelle P. Artus. Il n’est pas à l’œuvre en particulier du fait de l’absence de politiques économiques de zone, conjoncturelles et structurelles, en dehors de la politique monétaire qui est de la compétence de la Banque centrale européenne. En particulier, il n’existe pas de dispositif de mutualisation des dettes publiques entre les pays membres de l’euro de sorte qu’en cas de choc, le contexte institutionnel de la zone conduit à une aggravation des écarts entre les performances macroéconomiques des pays membres. Un tel mécanisme de « creusement des écarts » se produit en cas de choc asymétrique, mais il se produit également en cas de choc symétrique dont les répercussions sont variables selon les pays. C’est exactement ce qui se produit en zone euro depuis la crise de 2008. il s’agit d’un choc en partie symétrique (la crise est mondiale et tous les pays d’Europe sont affectés) mais également asymétrique (notamment en raison de l’inégal positionnement des banques selon les pays face au risque systémique produit par la crise). En bout de course, l’impact de la crise sur les dettes publiques en Europe a été très fort mais il a été aussi inégalement réparti entre les pays membres de l’euro. Contrairement à ce qu’on lit ou on entend souvent, ce n’est pas l’euro en tant que monnaie unique qui produit la divergence entre les pays membres et donc les difficultés économiques structurelles très inquiétantes de la zone (une croissance potentielle quasi-nulle par exemple), mais bien l’absence de coordination des politiques économiques et notamment l’absence de dispositif de mutualisation des dettes publiques. Le graphique n°2 de l’article sur lequel s’appuie P. Artus est tout à fait révélateur : en mesurant le niveau de PIB par habitant de quelques pays de la zone euro en % du PIB par habitant de l’Allemagne, il montre que, jusqu’à la crise de 2008, la convergence entre les niveaux de vie était à l’œuvre ! Par exemple, le PIB par habitant de la Grèce représente à peine 50 % du PIB par habitant de l’Allemagne en 1998 (l’euro est entré en vigueur en 1999 et la Grèce l’adopte en 2001), contre près de 70 % en 2009 (20 points de gagnés en une décennie !). On voit bien dans le graphique que la tendance est identique pour les autres pays. En revanche, à partir de 2009, le processus se retourne et la zone euro produit alors une divergence considérable entre les pays membres : en 2016, le PIB par habitant de la Grèce a chuté à moins de 40 % du PIB par habitant de l’Allemagne.

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Artus compare la situation macroéconomique de la zone euro avec celle d’un Etat fédéral comme les Etats-Unis. Dans ce dernier cas, la structure fédérale produit un mécanisme de compensation qui bloque le processus de divergence. Et Artus de conclure : « la zone euro ne sera donc une vraie Union monétaire, capable d’assumer les effets de la spécialisation productive des pays, que lorsqu’elle aura mutualisé ses dettes publiques, ce qui rend indifférent l’endroit où les salariés payent leurs impôts« .

Bonne lecture !

Oliver HART et Bengt HOLMSTROM

Thursday, 13 October 11:59 am

Le lundi 10 octobre 2016, le « Prix d’économie de la Banque de Suède en hommage à Alfred Nobel » a été remis à deux chercheurs :

  • Oliver Hart, économiste américain d’origine britannique, professeur à l’Université de Harvard (Boston, Etats-Unis)
  • Bengt Hölmstrom, économiste finlandais, professeur au Massachussets Institute of Technology – MIT (Boston, Etats-Unis)

Ce prix récompense leurs travaux sur l’analyse du fonctionnement des firmes, plus précisément sur la théorie des contrats. Hölmstrom notamment montre dans de nombreux articles (dont le premier a été : Moral Hazard and Observability, 1979, The Bell Journal of Economics, 10 (1): 74-91.) comment à partir d’un modèle « Principal – agent », il existe un phénomène de hasard moral qui se met en place en raison d’une situation d’asymétrie informationnelle : l’agent (c’est à dire les salariés mais également le manager par exemple) décide d’un certain montant « d’effort » dans l’entreprise qui est par nature inobservable et qui risque fort de ne pas correspondre aux attentes du principal (l’employeur ou… les propriétaires actionnaires de l’entreprise) telles qu’elles sont fixées par le contrat. Leurs études montrent alors comment les entreprises mettent en place des dispositifs de régulation (arrangements informels mais aussi des règles nouvelles incitatives et où contraignantes) qui ont pour fonction de réduire cette asymétrie informationnelle et par conséquent, d’améliorer l’efficience organisationnelle de la firme. En fin de compte, la question qui est posée par leurs travaux est celle de l’efficacité de la coordination des agents au sein de l’organisation productive qu’est l’entreprise. Cette efficacité ne va pas de soi, mais elle peut s’améliorer – ou se réduire – selon les modes de régulation qui sont mis en place.

Pour aller plus loin, un article sur le site du Monde de l’économie :

http://www.lemonde.fr/economie/article/2016/10/10/nobel-d-economie-oliver-hart-et-bengt-holmstrom-deux-economistes-au-plus-pres-de-l-entreprise_5011402_3234.html

Bengt Hölmstrom (au dessus) et Oliver Hart (en dessous)

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La finance est-elle un facteur de croissance ?

Sunday, 9 October 11:03 am

L’économiste français Thomas Grjebine présente un résumé de ses travaux dans le cadre d’un entretien sur le site « Xerfi-Canal » sur la question des interactions entre le développement de la finance (et par extension de la globalisation financière) et de la croissance économique. L’entretien dure à peine quelques minutes (c’est par conséquent un visionnage « rentable » !) et permet de capitaliser les informations les plus importantes. C’est ici :

http://www.xerficanal-economie.com/emission/Thomas-Grjebine-Finance-et-croissance-le-sacrifice-du-long-terme_3595.html?utm_source=Mod%E8le%20diffusion%20Xerfi%20Canal&utm_medium=email&utm_campaign=XC091016

T. Grjebine est économiste au CEPII. Sa page est consultable ici :

http://www.cepii.fr/CEPII/fr/page_perso/page_perso.asp?nom_complet=Thomas+Grjebine

Et les articles mis en ligne qu’il a rédigé sont ici :

http://www.cepii.fr/blog/bi/contributeur.asp?auteur=Thomas%20Grjebine

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Bonne écoute !

Pauvreté et inégalité dans le monde

Monday, 3 October 08:14 am

La Banque mondiale publie en ce début octobre un rapport sur l’état de la pauvreté dans le monde. Le lien pour télécharger le rapport est ici :

http://www.worldbank.org/en/publication/poverty-and-shared-prosperity

On y apprend en particulier que l’extrême pauvreté, mesurée par la part de la population mondiale vivant avec moins de 1,9 USD par jour (en parité de pouvoir d’achat) a diminué. Contrairement aux idées répandues, la pauvreté extrême n’a par conséquent jamais été aussi faible qu’aujourd’hui. Ce qu’atteste le graphique suivant :

Capture d’écran 2016-10-03 à 07.59.24

Pour autant cette statistique masque des situations disparates : ce recul de la pauvreté s’explique essentiellement par les performances des émergents asiatiques (Chine, Inde et aussi… Indonésie) tandis que la situation du continent africain reste catastrophique et que les inégalités se creusent dans les pays les plus riches (pour 34 des 84 pays étudiés dans le rapport).

Un article de synthèse sur le site de la Banque mondiale (en français !) est disponible ici :

http://www.banquemondiale.org/fr/news/press-release/2016/10/02/tackling-inequality-vital-to-end-extreme-poverty-by-2030

Bonne lecture !

L’économie mondiale 2017 !

Tuesday, 30 August 03:35 pm

Tous les ans, le CEPII publie aux éditions La Découverte, un petit livre intitulé « L’économie mondiale ». Sur le site internet du CEPII, un entretien est proposé avec les deux économistes qui dirigent la publication (I. Bensidou et J. Couppey-Soubeyran). C’est ici :

http://www.cepii.fr/BLOG/bi/post.asp?IDcommunique=476

La lecture attentive de cet entretien me semble très utile car elle éclaire notamment les trois points suivants :

  • La croissance économique potentielle de la planète est aujourd’hui faible, c’est un acquis et les pays émergents ne peuvent plus tirer la croissance mondiale comme ils ont pu le faire pendant de nombreuses années ;
  • Les instabilités géopolitiques sont préoccupantes (conflits armés au Proche-Orient, terrorisme, crises migratoires, Brexit, etc.) et génèrent des tensions planétaires importantes qui ne facilitent pas la coordination des parties prenantes au sein de la gouvernance mondiale.
  • Il est quand même des domaines dans lesquels la régulation progresse même si cela reste nettement insuffisant, le secteur bancaire en Europe par exemple. Sur ce dernier point, les deux auteures précisent la chose suivante : les banques « demeurent vulnérables dans un monde où, comme on l’a vu, ce sont les tensions et l’incertitude qui règnent et, d’autre part, elles alimentent la défiance citoyenne à leur égard. Or, si une nouvelle crise venait à éclater, précisément parce que les réformes n’auront pas réussi à la prévenir, il se pourrait que cette défiance s’exprime dans le choix de mesures radicales, déjà perceptibles dans les débats, comme le retrait du pouvoir de création monétaire aux banques. C’est d’ailleurs là où on croyait naguère le plus aux bienfaits du développement bancaire et financier (en Suisse, en Islande ou, sur le plan institutionnel, au FMI) que ces mesures reçoivent le plus d’écho. Le secteur bancaire en pâtirait alors lourdement, la collectivité peut-être aussi« .

En bref, une lecture stimulante pour alimenter les réflexions sur le programme des deux années de CPGE…

Bonne lecture !