DAPHNE
Rouge. On voit son album, Carmin, le second. On voit la couleur de ses sentiments profonds. On la voit elle, Daphné, la fée à voix d’or : celle qui nous ferait presque venir les larmes aux yeux avec des mots prononcés au bon moment, au bon endroit. Daphné, ce n’est pas seulement beau. C’est transportant, transperçant même. Pour nous comme pour une majorité, un seul mot d’ordre : Succ, qu’est ce qui donne, dans sa chanson “Déclaration à Celui”, l’envie de danser, de sauter, de s’envoler pour ne jamais redescendre ?
La sincérité du mouvement, sa délicatesse ? Une vraie déclaration d’amour, pas une bête succession de momber. Une fois l’ivresse procurée par la musique passée, nous nous demandons : pourquoi. Ouiots creux. Daphné ne ment pas, Daphné n’exagère pas. On le sait. On le sent. Ou ses vers, une grande caisse de métaphores aux milles et un sens, dans lesquels toujours réside ce fabuleux sentiments d’amour, qui en deviendrait presque douloureux à force de sincérité. Dans chacun de ses mots sont inscrits à l’encre noire son admiration, son respect et sa reconnaissance. Elle énonce doucement les quatre éléments, la Terre, l’Air, le Feu puis l’Eau, avec une seule constante : ses désirs inchangés, qui font le lien entre rien et tout. Serait-ce sinon le Monde, étrange et surnaturel, dans lequel elle nous transporte en même temps qu’elle, “portée par un centaure” ? Pour nous, pas besoin de centaure, sa voix et sa musique suffisent. On aimerait que jamais ne termine ce moment, pendant lequel les secondes ses transforment en minutes, les humains en animaux, pendant lequel rien n’est plus doux que le son des violons derrière sa voix, pendant lequel nous quittons notre galaxie pour une autre, plus joyeuse, plus exotique, plus animale.
Son don de transformation, qui lui permet de passer de l’alligator au dragon d’or en passant par l’aéroport, elle le partage avec celui, qui quitte sa peau d’humain, banale et sans interêt, pour celle d’un rhinocéros, d’une course folle, d’un sémaphore. La peau d’un centaure. Chez Daphné, tout n’est que douceur et volupté. Elle ne parle pas de simples animaux mais bien de chimère, de mélanges étonnants autant que détonants.
Elle est un alligator et elle marche. Mais pas tête baissée, ni sans réfléchir. Ca, c’est le rôle du Rhinocéros, et le rhinocéros, c’est lui. Elle débute discrètement en 2005, avec L’Emeraude, son premier opus. Elle est lancée par Benjamin Biolay, enfin c’est ce qu’elle en dit. En 2007, c’est le tour de Carmin. Carmin, comme rouge carmin. L’Emeraude, comme vert emeraude. Daphné dévelloperait-elle une serieuse addiction à la couleur ? Pendant l’écriture de Carmin, elle se dit complètement obsédée par le rouge, elle ne voit que du rouge partout, ses vêtement, ses draps, ses meubles. Ses mots. Et cela ne lui déplaît pas.
L’indescriptible et incernable sentiment que l’on ressent pendant « Déclaration à Celui » s’installe quelque part dans un coin de notre cerveau et nous répète, comme une rangaine intuitive, combien Daphné est douce, combien ses mots son empreints d’une foudroyante sincérité. Ce sentiment nous guide pendant notre voyage au pays des Merveilles, ce monde parallèle dont elle sait si bien nous entourer. Ce sentiment qui, s’il le pouvait, nous crierait avant que ne débute la chanson, le grand voyage : « Attachez vos ceintures ! »
Tags : Chronique, daphné
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