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ROCE

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Revue de presse:
1er interview: Bokson

Ton précédent album date d’il y a 5 ans. Et j’ai cru comprendre que tu avais délibérément voulu ce long laps de temps avant de sortir ton second disque. A l’heure où les artistes (et sans doute surtout leurs maisons de disque) recherchent la surmédiatisation à tout prix pour exister, ta démarche ne risquait-elle pas d’être suicidaire? N’as-tu pas eu peur que les gens t’aient oublié malgré tes débuts remarqués?

Rocé: Si, c’est un risque d’attendre si longtemps avant de réapparaître sur le devant de la scène. Mais, je voulais refuser toutes les collaborations qu’on me proposait et rien sortir avant ce second album, parce que pour moi il marque une rupture avec ce que je faisais avant et avec ce qui se fait en général dans le rap français. De toute façon, c’est très dur d’arriver avec un deuxième album différent du premier en très peu de temps. Et puis, c’est toujours un beau challenge de devoir tout recommencer.

Comment s’est passé la rencontre avec le label No Format? Tu peux nous toucher deux mots de ce label singulier?

Rocé: Je cherchais un label qui puisse me correspondre. C’est-à-dire un label qui ne soit pas enfermé dans un style et dans une manière trop étroite de défendre son produit. No Format est un label capable de défendre un disque quel que soit son style. Mon projet aurait perdu de sa force s’il avait été dans un label exclusivement rap qui n’a qu’une seule manière de le promouvoir. Je n’aurais pas pu élargir mon public. J’ai la prétention de faire de la musique, et même si c’est du rap, je veux que ça touche tous les amateurs de musique en général. Je voulais aussi qu’il y ait une certaine classe dans la présentation de mon projet. La même classe qu’on peut sentir sur un vieux disque vinyle de free jazz. Ce n’est pas évident de trouver le label qui te correspond en tant qu’artiste, et c’est tout ça que j’apprécie chez No Format.

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2éme interview: Just like hip hop

Avec le recul comment juges-tu ton premier album “Top Départ” ? Est-ce qu’il correspond à ce que tu en attendais ?

Oui. Disons que c’était un premier album très rap, très scolaire. J’avais besoin de faire ce disque là pour faire mes marques, je remettais toute ma discographie, c’est à dire mes maxis, « On s’habitude » d’Espionnage. C’était une manière de digérer tout mon passé dans le rap pour pouvoir ensuite tourner la page. Il fallait que je fasse un album pour ça sans savoir ce qui allait arriver après, parce que je me demandais comme beaucoup de gens je pense si je n’allais pas arrêter, si je n’allais pas passer à autre chose. C’était une fin de chapitre, sans savoir exactement ce qui allait se passer après, même s’il y avait les concerts et la promo du disque. C’est un premier disque avec des débuts de messages, des débuts d’idées. Je suis satisfait de la plupart des morceaux mais “Top Départ” était un album qui déjà à l’époque devait ramener autre chose, c’était seulement le début d’un truc.

Et au niveau de l’accueil de la part du public et des médias ?

C’est mieux que ce à quoi je m’attendais. Je pensais qu’on allait faire 4000 ou 5000 ventes alors qu’il a fait 18 000. Je pensais qu’on aurait de la promo dans les média hip hop de base alors qu’il a été bien accueilli par des magazines de tous styles, hors presse musicale. C’est super large par rapport à ce que j’avais à dire à l’époque, je ne m’étais pas préparé à ça. C’était strictement du rap, même si ça commençait à partir vers l’easy listening via “Plus d’feeling”, au niveau des textes ça partait vers d’autres trucs mais toujours dans l’univers rap. Je ne m’attendais pas à une promo aussi large.

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Chronique:

Puisque 2006 semble marquer un certain retour du rap français, du moins en termes de ventes; puisque Booba s’éclate chez Cauet, et que Diam’s appelle à voter PS sur Canal; cela n’a rien de pompeux ni d’exagéré que de dire que le dernier album de Roce sort au bon moment. L’album “Identité en Crescendo” parle à l’intelligence de l’auditeur. Et même si son géniteur ne fait que donner un point de vue sur des sujets de société ou sur des comportements plus individuels, il donne l’occasion de réfléchir en pointant du doigt.

Dès le premier morceau, Roce est en plein dans l’actualité! Au moment où notre ministre de l’intérieur conseillait à ceux qui n’aimaient pas la France de la quitter, lui, avait déjà certainement écrit “Je Chante La France”. Un texte fort sur une instru à l’atmosphère alourdie par la trompette de Jacques Coursil, ou il défend l’idée qu’une France peut aussi se changer, et que ce n’est peut-être pas un hasard s’il est mal vu de chanter la Marseillaise ou du Sardou. Roce pose ses conditions avant de franchir le pas. Quant aux exemples de ceux étant parvenus à faire bouger les choses, il n’a pas eu à les chercher bien loin. Juste jusqu’à son histoire familiale, et plus particulièrement sur celle de son père, Adolfo Kaminsky, résistant pendant la seconde guerre mondiale, puis militant actif anticolonialiste. Roce assume son héritage, et demande à son pays de l’”accepter comme être multiple et [il] chantera la France”. La majorité de ses textes sont de la même envergure: en plus de soigner le fond, il fait une nouvelle fois preuve d’un véritable talent dans l’écriture. Le flow, lui, n’est pas forcément renversant, comme c’est souvent le cas lorsqu’on prend soin de bien articuler ses propos. «Identité En Crescendo» est un album qui, dans le propos, renvoie évidemment à des groupes comme la Rumeur ou Assassin.Mais c’est justement en opposition à ceux-ci et à leur choix de productions souvent élémentaires, que l’on peut aborder le second intérêt de cet opus.

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BIBLIOGRAPHIE:

http://www.justlikehiphop.com/interview.php?id_interview=34

http://www.bokson.net/hiphop/inter_1104.html

http://www.bokson.net/hiphop/chronique/2037.html

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BIOGRAPHIE:

Rocé, de son vrai nom José Kaminsky, est né en 77 et fait ses premières armes dans le rap en 98, en livrant deux maxi-singles chez Chronowax. Avec ces deux disques, Rocé est repéré par DJ Medhi qui inclut un de ses titres, On s’habitue, Sur Espion le EP paru en l’an 2000. Un an plus tard, il enregisyte finalement son premier album, Top Départ, sous l’égide de nombreux producteurs tels que Dj Mehdi, Ol Tenzano, Dave-1 et Atrack. En 2006 il livre le disque Identité en crescendo.

DISCOGRAPHIE:

Les Fouliens (Sampler No format / Vibrations, 2005)

Top Départ (Chronowax / V2, 2002)

Pour l’horizon (Espionnage, 1998)

Ma Face en Premier Page (Prolifik, 1997)

Respect (Different Teep, La Rime Urbaine, Alariana, 1996)

SOURCE:

http://www.identiteencrescendo.net:photos.html

http://www.rap2france.com/site-internet-officiel-roce-skyblog-myspace-roce.php

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