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Biographie:

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Né en Algérie en 1977, Rocé, arrive en France à 4 ans. Au tout début des années 90, il commence à faire ses armes dans le rap, attiré par la contestation et la créativité du mouvement Hip Hop. C’est un des rares rappeurs à avoir tout de suite fait l’unanimité. Son premier morceau Ma Face En Première Page, sorti sur un maxi vinyle en 1997 (Espionnage) est aujourd’hui collector. Cette expérience lui octroie déjà le respect de ses pairs. Rocé participe ensuite à de nombreux projets, invité sur une multitude d’albums de rap français, il poursuit avec la sortie de 2 maxis vinyles. En 2002 il sort son premier album Top Départ. Cet album a un franc succès, il est apprécié par ses auditeurs pour la richesse et la complexité des textes, ainsi que pour la spontanéité de l’interprétation. Rocé est estimé aussi bien par le milieu du rap que par celui du jazz ou de l’éléctro.

Après 4 ans d’absence voulue, voici son nouvel album, Identité En Crescendo. « Appelle ça du rap, du slam, du punk, cela ne me regarde plus ». Voilà comment Rocé décrit sa musique, qu’il défend sur scène avec un DJ et un contrebassiste. Rap, jazz, free, Rocé déjoue les cloisonnements musicaux, mais pas seulement… car les cloisonnements identitaires ne résistent pas, eux non plus, à sa vision du monde : « avec ma tête de métèque, de juif errant, de musulman ; ma carte d’identité suspecte, d’étudiant noir, de rappeur blanc ».

À travers sa musique et ses textes, Rocé ose transporter la complexité de son individu. Mère musulmane, Père juif. Mère algérienne, Père russe. La couleur de la peau de sa mère est noire. La couleur de la peau de son père est blanche. Argentin sur les papiers jusque sa majorité. Et Rocé, en homme libre, est un artiste. Un rappeur qui ne se réduit pas à cette équation. Là où les fouliens voyaient une source intarissable d’instabilité, craintifs face à une telle richesse, Rocé a puisé la force de la logique plutôt que la certitude des termes de l’équation. Rocé est né de tout cela certes, et c’est beaucoup. Mais Rocé part, regarde loin, rap pour l’horizon, scrute le monde qu’il change, les yeux braqués sur le lendemain, déjà nostalgique de ce qu’il n’a pas encore accompli. Il n’est héritier de rien, il ne se prévaut d’aucune souffrance. La légitimité il s’en moque, c’est à la liberté qu’il travaille.

Rocé est du parti de l’humanité, élève de toutes et de tous. Si l’on doit se rappeler d’où il vient, c’est pour se souvenir de sa complexité. Pas de clichés, des images. Pas de postures, une dynamique. La périphérie et le centre qui créent le troisième genre. Rocé n’additionne pas les cartes identitaires, il dessine la carte du monde, du multiple va à l’un, de l’un à l’infini, englobe dans son regard acéré la détermination, la malice, la justesse au service de la justice. Parce que la carte n’est pas le territoire, on oublie très vite les papiers argentins de Rocé, son état civil, ses taches de rousseur, ses yeux verts, ses cheveux crépus, son grand écart mal habile de Parisland à Banlieueland, ses maux et leurs prisons.

Rocé, ses mots, loyal plutôt que fidèle, courageux dans le doute, sait quand l’humanité souffre, ne détourne pas le regard et perce de son espoir les carapaces. Il ne se ment pas à lui même, ne comptez pas sur lui pour vous mentir.

Discographie :


TOP DEPART
2001


IDENTITE EN CRESCENDO
2006

 

http://www.musikafrance.com/new/pages/album1.php?idalbum=2312

Revue de presse :

Une interview :

 

Ton précédent album date d’il y a 5 ans. Et j’ai cru comprendre que tu avais délibérément voulu ce long laps de temps avant de sortir ton second disque. A l’heure où les artistes (et sans doute surtout leurs maisons de disque) recherchent la surmédiatisation à tout prix pour exister, ta démarche ne risquait-elle pas d’être suicidaire? N’as-tu pas eu peur que les gens t’aient oublié malgré tes débuts remarqués?

R : Si, c’est un risque d’attendre si longtemps avant de réapparaître sur le devant de la scène. Mais, je voulais refuser toutes les collaborations qu’on me proposait et rien sortir avant ce second album, parce que pour moi il marque une rupture avec ce que je faisais avant et avec ce qui se fait en général dans le rap français. De toute façon, c’est très dur d’arriver avec un deuxième album différent du premier en très peu de temps. Et puis, c’est toujours un beau challenge de devoir tout recommencer.
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Une chronique sur son deuxième album :”Identité En Crescendo” (No Format/Universal Jazz).

Un album important pour ceux aimant le rap qui choisit ses cibles avec pertinence. Lire la suite …

Un article :

Rocé : « sortir le rap de l’enfance »

par Clotilde Monteiro

Avec « Identité en crescendo », Rocé tente d’ouvrir au rap une voie extérieure au business et au jeunisme. Après une escale à Mantes-la-Jolie, dans le cadre des rencontres de La Villette « Hors les murs », il est au Trabendo, à Paris, le 4 novembre.

« Vous êtes là Mantes-la ? » Le public clairsemé de jeunes encapuchés de Mantes-la-Jolie (Yvelines) répond aussitôt aux trois rappeurs de Vicié, qui, micro sur la bouche, scandent leur hymne, le Son des Yvelines (1). L’auditoire se presse au pied de la petite scène du Centre d’action culturelle Georges-Brassens pour échanger des tapes, main contre main, avec ceux qu’ils sont venus soutenir. Deux groupes locaux, Medouze, de Limais, et Vicié, donc, de Mantes-la-Jolie, ont succédé, pour un set de trente minutes chacun, à Rocé, invité vedette de cette chaude soirée du 28 octobre, organisée dans le cadre des Rencontres de La Villette « Hors les murs ». Bien que valeur montante et respectée de la scène hip-hop française, ce soir, Rocé rame. Les amateurs n’arrivent en nombre qu’un peu avant la fin de son concert. Histoire de lui signifier qu’ils sont venus pour leurs potes, qui rapperont après. Tout au long de sa prestation, seuls les « petits Blancs » répondent aux sollicitations du chanteur qui invite à se rapprocher de la scène ou à participer en faisant du bruit. Accompagné de DJ Sparow et du contre-bassiste, Syl Matadin (d’Urban Dance Squad), Rocé redouble d’énergie pour enchaîner ses chansons. Il rappe les textes de son deuxième album, Identité en crescendo (2), coécrits avec Djohar, encore étudiante et adossée en fond de salle, bravant les regards qui le défient et l’insolence nonchalante de ces aficionados à qui on ne la fait pas. Ce public met Rocé – né d’un père juif d’origine russe et de nationalité argentine et d’une mère algérienne – en demeure de prouver qu’il est un « vrai ». Pas d’applaudissements. C’est l’usage, la planète rap répond à d’autres codes, désacralisant la scène et ceux qui prétendent y monter. Rocé dit ne pas s’en formaliser, « c’est la règle » à laquelle il se plie depuis ses premiers concerts à Thiais (Val-de-Marne) à l’âge de douze ans. « C’est l’esprit originel des joutes oratoires, bande contre bande », ajoute-t-il. Il sait que l’écoute est là pour certains, et intermittente pour d’autres.

Ce presque trentenaire, né en Algérie et arrivé en France à l’âge de quatre ans, a l’ambition de « sortir le rap de l’enfance, tel est [son] rêve d’enfant ». Des mots lisibles sur le tee-shirt qu’il arbore sur scène, extraits de sa chanson « Appris par cœur ». Ne pas être là où on l’attend. Pour lui, seuls s’en sortent les artistes qui savent se renouveler et « ne pas rouler sur leur fond de commerce ». Résister aux sirènes du business et du rap commercial, mais aussi au jeunisme ambiant et infantilisant, en proposant un album où chaque mot pèse et chaque texte en dit long (parfois trop ?). Idem pour les partis pris musicaux de cet album intégralement composé par Rocé et auquel participent Potzi, de Paris Combo, avec sa guitare manouche, le légendaire Archie Shepp au saxophone, Jacques Coursil, éminente figure du free jazz à la trompette, et Antoine Paganotti, du célèbre groupe Magma, à la batterie. Pour Rocé, le genre musical est un détail, juste une étiquette pour les bacs des disquaires. Il ne s’interdit aucune incursion et refuse les postures convenues. « Appelle ça du rap, du slam, du punk, ça ne me regarde plus. » Paroles scandées et calées sur une caisse aussi claire que son regard qui scrute le public en face. Des rythmiques basiques ou déstructurées viennent en contre-point du discours toujours roboratif, parce que « la parole n’est pas donnée à tout le monde », constate celui qui se qualifie d’« étudiant noir et de rappeur blanc » dans sa chanson « le Métèque ».

Lire la suite dans Politis n° 924

(1) Titre inclus dans la compilation 78 superstar, qui réunira le meilleur de la scène rap des Yvelines, tels que Vicié, Effi-Ello, L’s Kadrillle, Express D, Poison, sortie le 12 décembre chez le nouveau label, créé par des jeunes Mantois, Planet Records, diffusé par Satellite distribution.

(2) Universal Jazz.

Concert de Rocé le 4 novembre à 20 h, le Trabendo, 211, av. Jean-Jaurès, parc de la Villette, 75019 Paris, 01 42 01 12 12.

Sitographie :

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http://www.identiteencrescendo.net

http://www.musikafrance.com/new/pages/album1.php?idalbum=2312

http://www.bokson.net/hiphop/inter/184.html

http://www.bokson.net/hiphop/chronique/2037.html

http://www.politis.fr/article1866.html

 

 

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