Chronique sur Rocé

Rocé par Virginie 0 commentaire »

Chronique lycéenne
Artiste choisi : Rocé
Puisque 2006 a semblé marquer un certain retour du rap français, du moins en termes de ventes ; cela n’a rien d’éxagéré que de dire que le dernier album de Rocé sort au bon moment. “Identité en Crescendo” parle à l’intelligence de l’auditeur, dès le premier morceau Rocé est en plein dans l’actualité! Au moment où notre ministre de l’intérieur conseillait à ceux qui n’aimaient pas la France de la quitter, lui avait déjà écrit “Je Chante La France”. Un texte fort sur une instru à l’atmosphère alourdie par la trompette où il défend l’idée qu’une France peut aussi se changer, et que ce n’est pas un hasard s’il est mal vu de chanter la Marseillaise ou du Sardou. Rocé pose ses conditions avant de franchir le pas. Quant aux exemples de ceux étant parvenus à faire bouger les choses, il n’a pas eu à les chercher trop loin, d’abord son histoire familiale, et plus particulièrement celle de son père, Aldolfo Kaminsky, résistant pendant la seconde guerre mondiale. Rocé assume son héritage et demande à son pays de l’accepter comme être multiple et il chantera la France. Une fois de plus il fait preuve d’un véritable talent dans l’écriture. Le flow, lui n’est pas forcément renversant comme c’est le cas lorsqu’on prend soin de bien prononcer ses propos. Dans “Identité en Crescendo” Rocé pratique la fusion entre sa voix et ce genre musical, comme dans beaucoup d’autre de ses morceaux mais là il a opté pour le jazz. On ne va pas faire un historique des liens qui unissent le jazz et le rap, mais il faut avouer que ce courant n’a pas vraiment été exploité en France. “Identité en Crescendo” un album important pour ceux qui aime le rap et qui choisit ces cibles avec détermination.

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Rocé chante la France

Rocé par Angéliqued 0 commentaire »

C’est un banlieusard parisiens aux multiples origines. Russe, algérien, argentin, juif et musulman, mais ses racines sont française. Rocé est un citoyen français, bien français. Rocé chante la France haut et fort dans Identité en crescendo. Quatre ans après son premier opus Top départ, Rocé revient avec un bel album. Du rap, certes, mais loin du rap qu’on imagine, celui avec de nombreux clichés. C’est un album audacieux marqué par une métrique abrupte et des boucles déroutantes.

Dans cet album paraît “Je chante la France”, où Rocé dénonce la décadence française et les mêmes problèmes qu’il y a des décennies qui reviennent indéfiniment. Ces problèmes , ce sont ceux d’intégration, de reconnaissance des étrangers qui se sont battus pour notre patrie. Rocé fait référence d’ailleurs à “Vichy et collaboration” où son père était résistant, et à la clandestinité à cause de ses appartenances.

Rocé ne se contente pas de constater, comme le font la majorité des rappeurs actuels. En plus de ses dénonciations plus que cash, Rocé veut aussi agir et chanter une France qui ne vivra ni dans le secret, ni dans la censure. Il brise ce silence qui étouffe les cris et les répliques, et fait entendre sa voix sur un fond jazz. Rocé chante la France, la vraie.

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chronique lycéenne

Rocé par Anaïs 0 commentaire »

Chronique lycéenne 2008

 

Rocé, l’être aux origines multiples et à l’esprit ouvert rappe Je chante la France sur un air vieillot basé sur une mélodie basique calée sur la caisse claire mais s’autorisant toutes les audaces. Il ose parler de sujets délicats qui ont toujours dérangé la population: le pays français, son gouvernement et les différences sociales ou raciales. C’est grâce à l’ironie du refrain et à la philosophie de ses couplets qu’il met en avant le PARTAGE. Rocé est l’antithèse du rap car il n’a rien à voir avec les rappeurs actuels. Lui, aide la société et pense «ON» contrairement à d’autres qui se plaignent et pensent «JE». C’est un des rares rappeurs français à faire l’unanimité dans et hors le cercle du rap, grâce à l’utilisation d’un grand nombre de belles images: comme l’intégration «Qu’elle m’accepte comme être multiple et je chanterai la France» ou encore la pauvreté «Personne n’avait besoin de ça la pauvreté à outrance».

Sa principale idée est de prendre en compte les erreurs du passé pour construire ensemble un avenir qui sera sans erreur.

Ses belles paroles nous convertissent et nous conduisent vers le bien.

L’excellence de son dernier album Top départ nous laisse bouche bée, le souffle coupé, presque ahuri. Rocé, c’est «quelques grammes de finesse dans un monde de brutes». Rocé c’est un auteur, un vrai. On ne se contente pas de bouger la tête en rythme, on écoute ce qu’il dit. Quand il prononce ses paroles sur un air très pur, ça claque dans l’air et ça fait réfléchir.

 

 


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RoCe,le novateur

Rocé par Medhi 0 commentaire »

BiOgRaPhIe:

José Kaminsky est un rappeur français né en 1977 à Bab El-Oued (faubourg d’Alger) en Algérie d’un père argentin d’origine russe (Adolfo Kaminsky) et d’une mère algérienne. Ils déménagent en France quand il est jeune, et il grandit en banlieue parisienne, à Thiais (94). Il choisit d’exercer son art sous le pseudonyme de Rocé. Sa première approche de la musique se fera grâce au violon, qu’il apprend au conservatoire.Il sort un premier album, Top Départ. Il devient très influencé par le free jazz. Il fait ses premières apparitions sur disque en 1996, puis en 1998 en livrant deux maxi-singles chez Chronowax, Pour l’horizon / De ma haine à ta haine et Ricochets / Encore et encore. Avec ces deux disques, Rocé reçoit de nombreuses critiques élogieuses de la part du milieu du Hip Hop et est repéré par DJ Mehdi qui inclut un de ses titres, On s’habitue, sur Espion le EP paru en 2000.

En 2002, son 1er album Top départ sort logiquement sur Chronowax. 2 vidéo clips en sont extrait « Changer le monde » et « On s’habitue ».

Fin 2005/début 2006 sort un nouveau maxi comprenant deux nouveaux titres extrait du second album : « Appris par cœur » et « Besoin d’oxygène »

Le 9 mai 2006 sort le deuxième album de Rocé Identité en crescendo sur no Format, et est distribué parUniversal Jazz. Cet album est co-écrit avec Djohar Sidhoum-Rahal, musicienne, écrivaine, poétesse. Les cloisonnements musicaux et identitaires sont balayés par cet opus de 13 titres sur lequel on retrouve des collaborations inattendues. Le légendaire Archie Shepp au saxophone, Antoine Paganotti du célèbre groupe MagmaParis Combo et Jacques Coursil, talentueux trompettiste sont les invités de cet album que Rocé défend sur scène avec un DJ, DJ Sparow et un contrebassiste membre d’Urban Dance Squad : Syl Matadin. L’année 2006 a déjà trouvé l’un de ses albums majeurs. La pochette est tirée d’une peinture de Jay One (BBC).

source : wikipédia

DiScOgRaPhIe:

Les Fouliens (Sampler No Format / Vibrations, 2005)
Top Départ (Chronowax / V2, 2002)
Pour l’Horizon (Espionnage, 1998)
Ma Face en Première Page (Prolifik, 1997)
Respect (Different Teep, La Rime Urbaine, Alariana, 1996)

source:www.identiteencrescendo.net

ArTiClEs:

Du haut de ses 29 ans, le rappeur Rocé livre un combat peu ordinaire contre la médiocrité et le formatage. Son deuxième album “Identité en Crescendo” ne veut surtout pas se laisser enfermer et dérive en toute conscience vers le free-jazz et la chanson française de qualité sans perdre de vue ses origines hip hop. Un pari audacieux remporté haut la main grâce à des textes intelligents et des invités prestigieux comme l’immense Archie Shepp (“Attica Blues”, “Blasé”…) qui ne sont pas là juste pour mettre une couche de vernis. Avec ce disque, le rap se décloisonne et gagne un supplément d’âme. Une bouffée d’air frais à consommer sur scène avec la tournée d’automne du rappeur qui démarre ces jours-ci.

source:www.poponews.com

Après un premier album “Top Départ”, Rocé a choisi de quitter la piste de course pour prendre des chemins de traverse plus propices à la réflexion personnelle et à la création artistique. Rocé aurait pu ne jamais revenir sur le terrain du rap. Il y est cependant revenu en enregistrant un second album. En artiste libre et sans label. Libre est en effet le terme qui qualifie le mieux Rocé. Après un premier titre “Les fouliens” volontairement déroutant, le public parle déjà de free jazz pour son prochain album “Identité en crescendo”. A l’écoute des 12 titres qui constitueront “Identité en crescendo”, il apparaît pourtant que Rocé revient plus free rap que free jazz ! Les bases rythmiques du rap sont conservées et le flow de Rocé reste classique. Toujours aussi déclamatoire. C’est donc avant tout l’état d’esprit du free jazz que partage Rocé, avant d’en partager la musique. Quatre musiciens recoupant ses réflexions personnelles et une même envie artistique viennent enrichir la création de Rocé sur quatre titres : Archie Shepp, Antoine Paganotti. Jacques Coursil, Potzi. Lorsque Rocé évoque son travail avec ces artistes, c’est avec beaucoup de modestie. Comme s’il jaugeait sa carrière de moins d’une décennie à celle de toute une vie. Un artiste qui doute et se questionne cherche des réponses. Rocé tend à les chercher à travers ses albums. Un second album qui n’aurait pu mieux porter son nom qu’”Identité en crescendo”.

source:www.justlikehiphop.com

Au printemps dernier est sorti Identité en Crescendo, le second album de Rocé. Une écriture toujours aussi profonde, mais un nouveau label et un nouveau style de production, très axée free jazz. Bref, suffisamment de nouveauté pour titiller notre curiosité et vouloir en savoir plus. Rencontre avec l’homme.

source:www.90bpm.net

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Rocé un rappeur peu ordinaire .

Rocé par Marine 0 commentaire »

Rocé …

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Source: http://www.identiteencrescendo.net/images/Jump.jpg

 

 

 

Biographie :

 

 

 

Rocé, de vrai nom José Kaminsky , est un rappeur français , il est né en 1977 à Bal El-Oued ( Algérie ), d’un père argentin d’origine russe et d’une mère algérienne . Durant sa jeunesse il déménage en France , et grandit dans la banlieue de Paris , à Thiais ( 94 ). Pour la première fois , il approche la musique à l’aide d’un violon au conservatoire . Il fut très influencer par le free-jazz et fait sa première apparition sur disque 1996.Il devient alors un des rares rappeurs à faire l’unanimité dans et hors du monde du rap . En 2002, il sort un album Top Départ.

 

 

 

Plus tard,il veut faire une croix sur le rap et prendre de nouveaux horizons , de nouvelles ressources et sonorités . Il cherche à tout prix une expression singulière . Mais , il décide de faire entendre sa différences dans ce cadre hostile du hip-hop sclérosé par ses clichés et ses codes .

 

 

 

Son deuxième album, Identité en Crescendo, sera donc un disque de rap basé sur la même formule beat + sample + flot avec des productions basiques mais s’autorisant toutes les audaces et une écriture directe avec des mots simples qui exprime des pensées qui elles ne le sont pas .Cela créer un disque de rap qui tranche avec la production du rap actuelle , un disque qui reste libre dans son propos et dans sa forme avec des invités qui ne font pas parti de ce monde :Antoine Paganotti (jazz),Potzi ,Jacques Coursil (free-jazz),Archie Shepp (blues).Un disque de rap donc, mais pas seulement, la personnalité de son auteur étant de toute manière bien trop riche pour se satisfaire d’un quelconque carcan. Il est citoyen français aux multiples origines (russe, algérienne, argentine, juive, musulmane), rappeur blanc, étudiant noir, banlieusard et parisien, il est tout ça et bien d’autres choses encore, la somme de ses multiples expériences, rencontres, réflexions et lectures. Il n’aime pas du tout qu’on lui parle d’intégration , ou même d’appartenance à un groupe , une tribu.Il préfère chanter sa foi en l’individu, sa capacité à se jouer des clichés et des moules, son humanité qui s’exprime de mille et une façons.Changer le monde est son ambition depuis le premier jour, mais aujourd’hui il veut en plus ramener un autre vocabulaire, d’autres problématiques, bref “ sortir le rap de l’enfance ” en lui offrant de nouvelles perspectives, des portes de sortie. Pour cela, il a longuement affûté son propos avec l’aide de son acolyte Djohar, pesant et repesant chacun de ses mots, parce qu’il voulait pouvoir assumer cet album de A à Z, en revendiquer chaque phrase, chaque son, chaque détail même. Le résultat est à la hauteur : Un disque unique, singulier, dégagé de toute posture, rejetant les schémas établis aux abîmes, l’œuvre sans compromis d’un rappeur nageant à contre courant dans le flot parisien, Tout à fait lui .

 

 

 

 

 

Sources :

 

 

 

http://www.identiteencrescendo.net/bio.html

 

 

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roc%C3%A9_(chanteur)

 

 

 

Discographie :

 

 

 

Les Fouliens (Sampler No Format / Vibrations, 2005)
Top Départ
(Chronowax / V2, 2002)
Pour l’Horizon
(Espionnage, 1998)
Ma Face en Première Page
(Prolifik, 1997)
Respect
(Different Teep, La Rime Urbaine, Alariana, 1996)

 

 

 

Source :

 

 

 

http://www.identiteencrescendo.net/disco.html

 

 

 

Article de presse :

 

 

 

 

 

Rocé : « sortir le rap de l’enfance »

 

 

 

Clotilde Monteiro

 

 

 

Avec « Identité en crescendo », Rocé tente d’ouvrir au rap une voie extérieure au business et au jeunisme. Après une escale à Mantes-la-Jolie, dans le cadre des rencontres de La Villette « Hors les murs », il est au Trabendo, à Paris, le 4 novembre.

 

 

 

 

 

 

« Vous êtes là Mantes-la ? » Le public clairsemé de jeunes encapuchés de Mantes-la-Jolie (Yvelines) répond aussitôt aux trois rappeurs de Vicié, qui, micro sur la bouche, scandent leur hymne, le Son des Yvelines (1). L’auditoire se presse au pied de la petite scène du Centre d’action culturelle Georges-Brassens pour échanger des tapes, main contre main, avec ceux qu’ils sont venus soutenir. Deux groupes locaux, Medouze, de Limais, et Vicié, donc, de Mantes-la-Jolie, ont succédé, pour un set de trente minutes chacun, à Rocé, invité vedette de cette chaude soirée du 28 octobre, organisée dans le cadre des Rencontres de La Villette « Hors les murs ». Bien que valeur montante et respectée de la scène hip-hop française, ce soir, Rocé rame. Les amateurs n’arrivent en nombre qu’un peu avant la fin de son concert. Histoire de lui signifier qu’ils sont venus pour leurs potes, qui rapperont après. Tout au long de sa prestation, seuls les « petits Blancs » répondent aux sollicitations du chanteur qui invite à se rapprocher de la scène ou à participer en faisant du bruit. Accompagné de DJ Sparow et du contre-bassiste, Syl Matadin (d’Urban Dance Squad), Rocé redouble d’énergie pour enchaîner ses chansons. Il rappe les textes de son deuxième album, Identité en crescendo (2), coécrits avec Djohar, encore étudiante et adossée en fond de salle, bravant les regards qui le défient et l’insolence nonchalante de ces aficionados à qui on ne la fait pas. Ce public met Rocé – né d’un père juif d’origine russe et de nationalité argentine et d’une mère algérienne – en demeure de prouver qu’il est un « vrai ». Pas d’applaudissements. C’est l’usage, la planète rap répond à d’autres codes, désacralisant la scène et ceux qui prétendent y monter. Rocé dit ne pas s’en formaliser, « c’est la règle » à laquelle il se plie depuis ses premiers concerts à Thiais (Val-de-Marne) à l’âge de douze ans. « C’est l’esprit originel des joutes oratoires, bande contre bande », ajoute-t-il. Il sait que l’écoute est là pour certains, et intermittente pour d’autres.

 

 

 

Ce presque trentenaire, né en Algérie et arrivé en France à l’âge de quatre ans, a l’ambition de « sortir le rap de l’enfance, tel est [son] rêve d’enfant ». Des mots lisibles sur le tee-shirt qu’il arbore sur scène, extraits de sa chanson « Appris par cœur ». Ne pas être là où on l’attend. Pour lui, seuls s’en sortent les artistes qui savent se renouveler et « ne pas rouler sur leur fond de commerce ». Résister aux sirènes du business et du rap commercial, mais aussi au jeunisme ambiant et infantilisant, en proposant un album où chaque mot pèse et chaque texte en dit long (parfois trop ?). Idem pour les partis pris musicaux de cet album intégralement composé par Rocé et auquel participent Potzi, de Paris Combo, avec sa guitare manouche, le légendaire Archie Shepp au saxophone, Jacques Coursil, éminente figure du free jazz à la trompette, et Antoine Paganotti, du célèbre groupe Magma, à la batterie. Pour Rocé, le genre musical est un détail, juste une étiquette pour les bacs des disquaires. Il ne s’interdit aucune incursion et refuse les postures convenues. « Appelle ça du rap, du slam, du punk, ça ne me regarde plus. » Paroles scandées et calées sur une caisse aussi claire que son regard qui scrute le public en face. Des rythmiques basiques ou déstructurées viennent en contre-point du discours toujours roboratif, parce que « la parole n’est pas donnée à tout le monde », constate celui qui se qualifie d’« étudiant noir et de rappeur blanc » dans sa chanson « le Métèque ».

 

 

 

Source :

 

 

 

http://www.politis.fr/article1866.html

 

 

 

Autres articles :

 

 

 

 

http://www.ladepeche.fr/article/2008/03/05/439837-Lavelanet-Les-chemins-non-balises-de-Roce.html

http://www.humanite.fr/2007-04-20_Cultures_Quand-le-texte-se-taille-une-chanson

Bibliographie :

 

 

 

 

 

 

http://www.ladepeche.fr/article/2008/03/05/439837-Lavelanet-Les-chemins-non-balises-de-Roce.html

http://www.humanite.fr/2007-04-20_Cultures_Quand-le-texte-se-taille-une-chanson

http://www.politis.fr/article1866.html


http://fr.wikipedia.org/wiki/Roc%C3%A9_(chanteur
)

 

 

 

http://www.identiteencrescendo.net/images/Jump.jpg
http://www.identiteencrescendo.net/bio.html

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roc%C3%A9_(chanteur)

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Rocé

Rocé par Alexandre 0 commentaire »

 

REVUE DE PRESSE:

Chronique:

 

Rocé / Identité en crescendo

Label : Universal Jazz
Sortie : 05/2006

L’avancée d’Olympe de Gouges, dans une lutte sans récompense, tous ces êtres dont la réplique remplaça un long silence, tous ces esprits dont la fronde a embelli l’existence, leur renommée planétaire aura servi à la France.
Nos pays lointains sont loin, mais fiers comme une mère… patrie, voyant son enfant parti mais qui jamais ne l’oublie, qui défie l’intégration si d’amnésie il s’agit, rentre dans la patrie si c’est pour en être grandi. Lire la suite…

Interview:

Ton précédent album date d’il y a 5 ans. Et j’ai cru comprendre que tu avais délibérément voulu ce long laps de temps avant de sortir ton second disque. A l’heure où les artistes (et sans doute surtout leurs maisons de disque) recherchent la surmédiatisation à tout prix pour exister, ta démarche ne risquait-elle pas d’être suicidaire? N’as-tu pas eu peur que les gens t’aient oublié malgré tes débuts remarqués?

Si, c’est un risque d’attendre si longtemps avant de réapparaître sur le devant de la scène. Mais, je voulais refuser toutes les collaborations qu’on me proposait et rien sortir avant ce second album, parce que pour moi il marque une rupture avec ce que je faisais avant et avec ce qui se fait en général dans le rap français. De toute façon, c’est très dur d’arriver avec un deuxième album différent du premier en très peu de temps. Et puis, c’est toujours un beau challenge de devoir tout recommencer. Lire la suite…

 

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Rocé toi même tu sais !

Rocé par Sullivan 0 commentaire »

Chronique :



17.62/20
Note du rédacteur : 17

Son « top départ » sorti chez Chronowax en 2002 résonne encore, et voici José Kaminsky, alias Rocé, qui nous livre sont très attendu nouvel effort, cette fois-ci chez Universal Music Jazz : Identité en Crescendo.

Alors que notre Hip Hop Français devient de plus en plus prévisible car nous pouvons, comme dans la théorie des jeux, anticiper raisonnablement les déplacements de ses pions aux discours rythmés dans les mesures et les temps, Rocé arrive dans la foule avec ce disque qui est d’ailleurs beaucoup plus qu’un disque : c’est un hymne à la réflexion.

Même s’il est accompagné de grands noms du Jazz (Archie Sheep, Potzi, Jacques Courcil, Antoine Paganotti), Rocé est un homme qui évolue, pense, écrit et travaille seul, sans se tromper d’ordre. 13 titres qu’il programme, arrange et réalise lui-même, avec comme ligne de conduite de ne pas en avoir. L’idée étant simplement de porter un regard, extérieur à toutes influences, sur notre monde, notre pays, ses êtres vivants. De sa bouche sort le venin qui détruira les stéréotypes, les idées reçues, un rappel aux Lumières : « les fouliens ». Mais il se sert également de son art pour s’attaquer à des questions politiques, comme sur « je chante la France » et « des problèmes de mémoire », dans lesquelles il évoque l’intégration, l’éducation nationale et sa sélection d’informations : « …À force de s’intégrer on finira ongle incarné… ».

La plupart des titres débutent par des slams en guise de présentations, amateurs du genre se régaleront de la plage 3 « seul », entièrement parlé, on nous rappelle quelques aspects positifs à se retrouver seul, sans ses origines, son pays, ses amis, ses ennemis, son prénom et nom. Autre titre phare, « besoin d’oxygène », et le besoin de se retrouver seul loin de l’influence de nos médias : « …ça fait parti du patrimoine, tu sais, tant de clichés si bien figés, c’est pas neuf/ c’est ça qui fait tant de succès, un noir, un maghrébin et un gun… ».

‘Identité en crescendo’, une réflexion sur l’art de préserver son esprit, l’entretenir, le faire grandir. Rocé nous rappelle que la musique n’est pas uniquement du divertissement, car même s’il joue avec les mots, il n’en reste pas moins que son disque est des plus sérieux. L’objectif est clair : un changement de mentalité ou la spéléologie au plus profond de notre âme, à la conquête d’une piste de décollage direction le bonheur.

-Jay Mil-

-Hamed-

Source :

http://medias.rap2k.com/forum/post-3283-1148382511_thumb.jpg

http://www.rap2k.com/albums-rap-24844-identite-en-crescendo.html

Interview :

Ton précédent album date d’il y a 5 ans. Et j’ai cru comprendre que tu avais délibérément voulu ce long laps de temps avant de sortir ton second disque. A l’heure où les artistes (et sans doute surtout leurs maisons de disque) recherchent la surmédiatisation à tout prix pour exister, ta démarche ne risquait-elle pas d’être suicidaire? N’as-tu pas eu peur que les gens t’aient oublié malgré tes débuts remarqués?

Si, c’est un risque d’attendre si longtemps avant de réapparaître sur le devant de la scène. Mais, je voulais refuser toutes les collaborations qu’on me proposait et rien sortir avant ce second album, parce que pour moi il marque une rupture avec ce que je faisais avant et avec ce qui se fait en général dans le rap français. De toute façon, c’est très dur d’arriver avec un deuxième album différent du premier en très peu de temps. Et puis, c’est toujours un beau challenge de devoir tout recommencer.

Comment s’est passé la rencontre avec le label No Format? Tu peux nous toucher deux mots de ce label singulier?

Je cherchais un label qui puisse me correspondre. C’est-à-dire un label qui ne soit pas enfermé dans un style et dans une manière trop étroite de défendre son produit. No Format est un label capable de défendre un disque quel que soit son style. Mon projet aurait perdu de sa force s’il avait été dans un label exclusivement rap qui n’a qu’une seule manière de le promouvoir. Je n’aurais pas pu élargir mon public. J’ai la prétention de faire de la musique, et même si c’est du rap, je veux que ça touche tous les amateurs de musique en général. Je voulais aussi qu’il y ait une certaine classe dans la présentation de mon projet. La même classe qu’on peut sentir sur un vieux disque vinyle de free jazz. Ce n’est pas évident de trouver le label qui te correspond en tant qu’artiste, et c’est tout ça que j’apprécie chez No Format.

La liste des invités sur l’album est impressionnante: le légendaire saxophoniste Archie Shepp, Gonzales au piano, le guitariste Potzi (Paris Combo), le batteur Antoine Paganotti (Magma), le trompettiste Jacques Coursil… Comment ces personnes se sont-elles retrouvées sur ton disque? Et est-ce difficile de travailler avec des gens qui ne viennent pas de ta sphère? A-t-on l’impression d’avoir plus de choses à prouver?

C’est quelque chose de difficile pour le live mais ça ne l’a pas été sur ce disque. Mon but est de leur laisser une grande liberté, dans l’impro comme dans le temps que je leur ai accordé. Avec Jacques Coursil, on a pu débattre sur mes textes. Et quand il joue, j’ai l’impression qu’il répond à chacune de mes phrases. Avec Archie Shepp, j’ai développé le titre du morceau, il fallait qu’il soit dans l’ambiance du thème, surtout qu’un des titres sur lesquels il joue porte le nom de l’album. Tous ces musiciens m’ont beaucoup impressionné. Mon but, quand j’ai eu l’idée d’avoir des musiciens sur mon album, était de casser les codes du rap. Même s’il y a eu énormément de projets rap-jazz ou rap-musiciens, le mien a une symbolique particulière. Loin du rap-jazz cool de Jazzmatazz ou de ce qu’on peut sentir chez Common ou Talib Kweli. Je préfère qu’on dise que je me rapproche du free jazz. Je ne suis pas très «cool». Dans la musique que j’aime écouter, j’aime être réveillé par la caisse claire, j’aime quand je ne réussis pas à comprendre une phrase musicale à la première écoute. Alors mon but était de secouer l’auditeur plutôt que de le laisser se couler dans une mélodie facile. Les samples sont très free. Il y a Antoine Paganotti de la nouvelle formation Magma, groupe de rock progressif. Tout cela est très loin de la new soul et des musiques cool. Je préfère ramener le hardcore au goût du jour. Archie Shepp et Jacques Coursil ont des choses à dire à propos des Blacks Panthers. Le fait de les inviter est un symbole, un message.

Si tu avais le choix, que préférerais-tu: que les invités de ton album t’ouvrent la voie vers une audience plus large, ou bien que le public hip hop «basique» découvre des univers musicaux différents de ceux auxquels ils ont accès habituellement?

Je pense d’abord au public hip hop. Mais pour moi le hip hop ne veut rien dire. C’est une classification comme une autre, qui va faire en sorte que certains ados s’habillent comme ci, et d’autres, qui écoutent du métal, s’habillent autrement. Moi je fais de la musique, ce qui m’importe c’est le message et la qualité ou la performance des musiciens. Quand j’ai voulu que le nom «Archie Shepp» soit écrit sur mon album, c’est entre autres pour le faire découvrir aux plus jeunes, leur montrer que nous avons des exemples à suivre différents de ceux que les gros médias veulent bien nous montrer.

Malgré ce côté jazz que tout le monde souligne (nous y compris), je trouve que ton album reste tout de même très hip hop, voire old school (le flow, le contenu…). Une façon de dire que tu ne laisses pas cette musique à ceux qui veulent la sucer jusqu’au sang?

Le hip hop n’a plus rien de hip hop, dans le sens où ce n’est plus un mouvement. Un mouvement, c’est une vague qui vient rompre le consensus culturel d’une époque. Aujourd’hui, le hip hop n’est pas un mouvement mais une corporation comme n’importe laquelle, saturée d’individus qui ne jurent que par leur piston et leurs débouchés commerciaux, bref une corporation bien «à la française». Alors oui, c’est une rupture que j’ai voulu faire, une rupture avec le hip hop mais justement parce que le hip hop ne veut rien dire en soit, c’est juste ce qu’on en fait. Mon disque est un disque de rap, de musique, qui a comme ambition de déstabiliser, de secouer. Et si un autre rappeur vient me dire qu’il est plus hip hop que moi, j’acquiescerai volontiers. Par contre, s’il vient me dire qu’il est meilleur que moi, ça sera un autre débat.

Tes textes sont très revendicatifs, mais pas seulement contre les cibles habituelles (l’Etat, etc.). Tu es aussi très dur envers le monde du rap et plus généralement envers chaque personne qui se laisse dévorer par un groupe de pensée. Ca me fait penser aux vieux Public Enemy où Chuck D invectivait la communauté noire à se ressaisir, à s’éduquer… Il y a des groupes qui ont marqué ton développement intellectuel? Penses-tu qu’un texte de chanson puisse changer les mentalités?

Bien sûr qu’une chanson peut aider à changer les mentalités. Et ceux qui disent l’inverse dans le rap sont les premiers à s’habiller comme de vrais zulus!! Et avec des mentalités chamboulées par la culture afro-américaine. Les groupes qui ont marqué mon développement intellectuel sont Assassin, NTM, Ministère Amer, surtout que j’étais jeune et j’apprenais tout par cœur. Voilà, il y a aussi certainement Paris et Public Enemy, mais je ne comprenais pas les paroles, c’était plus l’intention qui passait. Le plus dur pour un artiste qui a une ambition de vouloir changer les choses, c’est de réussir à garder toute la légèreté musicale dans son message. Pour moi, celle qui excellait dans cet art, c’est Nina Simone.

Tu cites plusieurs écrivains dans l’album (Aimé Césaire, Kateb Yacine, Machiavel…). On sent que tu nourris beaucoup tes textes avant de les écrire… Que tu co-écris d’ailleurs, avec ton amie Djohar. Comment se passe le processus de rédaction à quatre mains?

C’est pas quelque chose de calculé, ça s’est fait naturellement. Au fil des discussions, chacun apporte ses trucs, ses façons de le dire. On va réfléchir sur des thèmes et puis une fois le texte fini, on va en redébattre. Au final, on doit tomber d’accord. Parfois c’est très rapide, parfois laborieux, ça oblige à une certaine rigueur et une certaine précision, d’autant qu’elle a la critique acerbe et percutante. On a une culture hip hop commune. Et mine de rien, elle a des connaissances rapologiques étonnantes alors qu’elle est plus jeune que moi. En même temps, elle a apporté un côté studieux de par son parcours et sa vie «officielle», et les références que tu cites sont en partie liées à cela. Ce contraste a beaucoup enrichi l’album. Au-delà de la co-écriture des textes, son avis a compté aussi dans la composition, le mix et l’artwork. C’est une amitié qui a donné un tournant à ma carrière et qui lui a aussi permis de passer du camp des passionnés à celui des acteurs du rap.

Alors qu’on n’a jamais autant aimé nous ranger dans des petites cases bien rassurantes (d’où cette obsession de l’insertion), que le monde se réfugie dans des schémas manichéens (les gentils vs les méchants), il semblerait que les gens ne savent plus du tout qui ils sont et ce qu’ils doivent penser. Peut-être parce que ce n’est pas toujours aussi simple de tenir dans une seule case? C’est le propos du morceau «L’un Et Le Multiple». L’éternelle dualité entre l’individu et le groupe?

Oui, on ne peut pas se définir, se faire une gueule. C’est impossible parce qu’on naît complexe et cette complexité n’est pas figée dans le temps, elle évolue selon le contexte et l’époque. Alors du coup, les schémas d’intégration sont complètement ridicules et produisent des discours comiques comme, par exemple, le fait que Malek Bouti ou Fadela Amara parlent encore d’eux-mêmes comme étant des «jeunes issus de l’immigration». Ils ne sont plus jeunes du tout, mais ils ne sont pas capables d’inventer leur propre case, qui doit correspondre à chacun, et pas à un cliché du descendant de l’immigré, toujours jeune et en apprentissage. C’est pareil pour ces jeunes rappeurs de… 40 ans qui ne savent pas avoir un discours de leur âge. Si Zap Mama ou Idir ne s’embêtent pas avec ce genre de conneries, c’est parce que il n’y a pas de pancartes médiatiques ou institutionnelles qui les collent.

A une époque, le hip hop était un peu le fils spirituel du free jazz pour son côté libre (dans la forme) et contestataire (dans le fond). C’était le nouveau moyen d’expression d’une communauté opprimée. Aujourd’hui, on a l’impression que c’est plutôt des petits blancs, ou en tout cas des gens issus de la classe moyenne, qui font évoluer ce style de musique en l’ouvrant à de nouvelles sonorités (Sage Francis, Buck 65, les groupes chez Anticon, etc. aux U.S, ou Psykick Lyrikah, Kwal, Svinkels et quelques autres en France…). Ton avis sur la question?

Je ne pense pas que le hip hop ait été la continuité du free jazz. Le hip hop sort plus directement de la funk et un peu de la soul. Dans la forme, le hip hop est très funk, avec des gros break beat très carrés, très commerciaux, très efficaces et aguicheurs. Avec un sens politique très simple, très commercial aussi. Quand le bpm du rap s’est ralenti, il y a eu plus d’inspiration soul. Mais le free jazz est une musique qui est tout sauf efficace, une musique qu’on ne peut pas comprendre à la première écoute, et surtout c’est une musique de live. Beaucoup de morceaux de funk et de rap ont été fait pour être joué par des DJ, pas dans le free jazz. Et le free jazz est une musique très politique, certains morceaux sont de la politique même. Pas la funk, même si le mot «funk» a une histoire politique assez riche. Par rapport aux nouvelles sonorités, elles viennent de partout en réalité, quelle que soit la classe sociale. Outkast, avec leur évolution assez spéciale sur le deuxième et troisième album, en sont un bon exemple. Quasimoto aussi. Ou Son of Bazerk. Après il y a des groupes qui n’ont que leur image «spé» comme fond de commerce, ça ne rime à rien, c’est le cas de le dire d’ailleurs.

Source : http://www.bokson.net/download/artiste/tofroce.jpg

On a l’impression que tu préfères rester à l’écart d’une quelconque scène. Y a-t-il néanmoins des artistes de la sphère hip hop hexagonale ou internationale avec qui tu aimerais travailler à l’avenir?

Je ne sais pas trop. J’ai fait énormément de featurings à mes débuts. Maintenant, j’essaie de construire quelque chose d’assez ambitieux, alors je reste dans mon cocon.

Depuis quelques semaines, les maisons de disques et les médias s’intéressent beaucoup au mouvement slam avec Grand Corps Malade par exemple… Penses-tu que ce mouvement à plus à y gagner ou à y perdre?

Pour moi, le slam, ça ne veut encore rien dire en France. Dans le sens où Juliette Greco, Serge Reggiani, Mouloudji, Ferré, et bien d’autres, des conteurs, des acteurs, sont à des années lumières dans la performance, le jeu, l’émotion, l’interprétation que ce que font en général les slameurs français. On est au pays de la condescendance et du piston. Si ton pote ou ta grand-mère a écrit un joli petit poème et que, pour une bière, elle ose combattre sa timidité pour le lire devant la petite ambiance du bar du coin, on en parle comme d’une révolution musicale. Je veux bien, sauf qu’aux USA, elle se mangerait des cailloux. Parce qu’ils pensent art en pensant performance. Parce que le meilleur et le plus fort est celui qui ramène le plus d’émotion, qui a le mieux travaillé son œuvre. C’est ça la musique, c’est le travail et le respect du travail. L’aboutissement, c’est quand on arrive à faire croire que notre travail n’est qu’un simple talent. Mais ici on croit encore au talent sans travail! C’est comme si le talent tombait du ciel, parce que tu es le fils de untel ou que tu as décidé d’être artiste. En 1989, quand les rappeurs français arrivaient à Radio Nova avec un nouveau morceau, c’était avec une volonté d’être fort, très fort. Le slam en France en est encore au stade du divertissement. Personne n’oserait dire à un slameur, qui a livré tout ce qu’il y a dans son cœur, que ce qu’il fait est nul parce que pas travaillé. On préfère dire que c’est quelqu’un de sensible. C’est le même problème que dans le cinéma français. Va dire à la fille de Gainsbourg ou au fils de Depardieu qu’ils ne savent pas jouer, on te traitera de jaloux et de haineux. Mon plus grand slameur reste Gil Scott-Heron. Tu me diras qu’à cette époque, le slam n’existait pas. Je te répondrais qu’à cette époque la qualité existait déjà et ne se cachait pas derrière des nouveaux genres. Les genres musicaux sont un détail dans la musique. Quand j’ai vu Archie Shepp, la première chose qu’il m’a dit c’est: «j’ai fait du rap avant toi, mon premier disque c’était déjà du rap»… Je me rappelle qu’à l’arrivée de MC Solaar ou IAM sur les grosses ondes des radios, tout le monde disait qu’au moins ils allaient ouvrir des portes. Je n’ai jamais compris pourquoi et comment Solaar pourrait ouvrir des portes à Ministère Amer, à Chuck D, à Archie Shepp. Pour casser un mur, il faut casser des schémas. Ceux qui sont surmédiatisés le sont parce qu’ils correspondent aux schémas. Ce sont des groupes qui, de toute façon, seraient rentrés par la grande porte. Et ils ne l’ont pas ouverte, les portiers de l’industrie s’en chargent.

Rassure-nous, on ne va pas devoir encore attendre 5 ans pour entendre un prochain album de Rocé?

Non, ne vous inquiétez pas! Je vais essayer de tenir un rythme plus serré.

C’est une tradition chez Bokson, on te laisse le mot de la fin…

Merci, bonne écoute, et bonne continuation…

Kalcha
16/07/2006

Source :

http://www.bokson.net/hiphop/inter/184.html

Interview N°2 :

Source : http://www.respectmag.fr/local/cache-vignettes/L226xH226/8_Roce-255ff.jpg

Pour ce nouvel album, tu as signé chez NoFormat!… Comment s’est faite ton arrivée chez eux??

J’avais déjà l’idée du projet. Un pote les as démarché pour moi. En les rencontrant j’ai réalisé que je les connaissais déjà. Tout de suite ça a collé. Il y a immédiatement eu un parallèle évident entre “Identité en Crescendo” et la philosophie de NoFormat!. Ce label regroupe des artistes qui ne sont pas forcément identifiables, il n’y a pas d’évidence à leur réunion. Ce label est une division d’Universal Jazz. Mais ce que j’aime c’est que leur champ de vision est plus large. Pour moi ils n’ont pas appliqué la technique habituelle du street marketing Hip Hop. On a cherché à atteindre d’autres gens. On en a peut-être touché autant qu’un label classique, mais ils viennent d’univers plus diversifiés

Trois albums à tendance Jazz sont sortis en 2006: Oxmo Puccino, Abd El Malik et toi un peu avant… Que penses-tu de ces projets??

Ils sont tous différents. Il y a autant de styles que de rappeurs. C’est finalement comme les Américains, autant de genres que de groupes. J’apprécie le travail d’Oxmo, même si ce n’est pas du tout la même chose. Il y a aussi une explication à tout ça. En concert si tu veux avoir un son particulier, des instruments, le Jazz c’est ce qui convient le mieux au Rap.

Tu as joué au Point Ephémère cet automne dernier sur un plateau organisé par Génération88.2. Tu es passé juste après Kohndo qui n’a pas sorti d’album jazzy, mais se présente sur scène entouré d’un band. Ça te va qu’une radio fasse de cette tendance jazz une sorte de scène indé ?

Je fais les disques dont j’ai envie. Si je fais bien mon boulot, les gens comprennent ce que je veux. 88.2 a voulu faire un festival. Il s’est trouvé que ça s’est mis à ressembler à leur playlist. Du coup ils ont eu besoin de nous par nécessité d’objectivité sinon ils se seraient grillé à ne passer que les groupes avec lesquels ils ont des accords. Ça n’allait pas plus loin que ça. Je sais tout à fait comment ça se passe et je m’en tire bien.

A te voire sur scène, ça l’air d’être une vraie souffrance de te retrouver face au publique… C’est si viscéral que ça pour toi de monter sur scène ?

C’est un mélange entre le plaisir et la performance. Je joue avec les règles et les techniques. Mais au final c’est quand même un vrai plaisir, un dépassement. J’ai décidé qu’on ne serait que 3 sur scène. Même si tout seul les possibilités sont infinies et que ça donne le vertige, je préfère. Parce que si être pleins ne sert qu’à masquer les faiblesses, c’est dommage. On sera peut-être un peu plus nombreux plus tard, mais pour l’instant 3 c’est un bon équilibre. J’ai un vrai trac sur le premier morceau. On attaque les concerts par “L’un et le multiple” et ce n’est pas évident parce que la voix est très en valeur et le texte très lourd de sens. Mais je dois avouer que je progresse en aisance. Il aurait fallu me voire il y’a plusieurs années. A côté, mon trac d’aujourd’hui n’est rien !

“La musique est un cri qui vient de l’intérieur ?”

(rires)… Oui voilà !

Au festival “Sons d’Hiver’ en février, tu vas jouer avec Archie Shepp qui est également sur certains des morceaux de ton album. Ça représente quoi pour toi de jouer avec lui ?

Ce n’est pas évident. Ce n’est pas n’importe qui. Pour l’instant c’est moi qui dirige les musiciens, mais avec lui c’est impossible. Dans le rap, tu connais la musique à l’avance, la durée exacte, parce qu’elle sort des machines et du dj. Tu sais aussi quels textes tu vas sortir. Là je ne sais pas à quoi m’attendre, le premier truc imprévu chamboule tout. Tout se passe au feeling dans le free jazz. La seule chose sûre est l’invitation. C’est Rocé featuring Archie Shepp. Le reste, surprise !

Tu sembles avoir une grosse culture musicale et dans tes textes on retrouve beaucoup de références littéraires… Ta sensibilité tend plutôt vers quoi ?

Plein de choses… Pour ce qui est de la musique, je ne sais plus quoi écouter pour me détendre. A chaque fois que j’écoute quelque chose, je suis en permanence en train d’y chercher des trucs à prendre pour mes productions. Sinon je suis pas mal fasciné par l’oeuvre de Quincy Jones. Justement pour tout ce qu’il a fait niveau production. C’est incroyable. En littérature, je suis sur Milan Kundera ces temps-ci. Mais en général je vais dans tous les sens.

On ne le sait pas forcément, mais tu as commencé aux côtés d’une des grosses familles du rap français… Tu peux nous en dire plus sur tes débuts dans ce milieu ?

J’ai grandi à Thiais et vers mes 12 / 14 ans j’étais connecté avec Idéal J et Idéal Sénior qui est devenu Different Teep. En 96 Manu Key a écouté ma maquette de “Respect”. Il a voulu mettre le morceau sur l’album de Different Teep. Et puis tout s’est enchaîné. Mehdi a sorti mon premier maxi sur Espionnage. C’était “Pour l’Horizon”, distribué par ce qui est devenu Chronowax. Mon frère Ismael s’est toujours occupé de mes productions à l’époque même si ce n’étaient pas toujours les siennes qui sortaient sur disque. Carlito a ensuite rejoint Espionnage. Puis Chronowax s’est transformé en un label et j’ai été leur premier artiste en production. Voilà c’est tout ce qui concerne mes débuts, de 94 à 2002. Puis ça a été la sortie de mon premier album, “Top Départ” produit par Mehdi avec des featuring de Manu Key et JL.

Quels sont tes rapports aujourd’hui avec ces gens ?

Pour ceux que j’ai invité ce sont des gens que j’apprécie. Je fais justement très attention aux gens que j’invite sur mes projets. Ce ne sera jamais la tête d’affiche du moment avec qui je regretterai d’avoir collaborer quelques années après. Il y a deux choses qui doivent passer, le côté humain et le côté artistique. A une époque, on m’a proposé de faire un couplet sur un morceau de Moby. J’ai refusé parce que je ne pense rien de sa musique et encore moins du type. De toute façon il leur fallait un rappeur français, le genre de truc où t’es interchangeable. Je n’aime pas me plier au jeu. Je fais ce que je veux parce que je fais de la musique. C’est le seul endroit où je bosse en refusant d’avoir un patron. Sinon, avec les rappeurs en général, on a juste un rapport de courtoisie aujourd’hui. Au début tu fais avec les amis que tu as, ton environnement, et c’est normal. Mais j’ai voulu me diriger de tout ça pour faire mes propres choix. Il n’y a rien de définitif à cet éloignement. Chronowax a fermé en 2004, mais je les avais déjà quittés. Je me suis renfermé dans ma bulle, j’habitais déjà à Paris. J’ai rencontré Djohar en 2002 avec qui j’ai coécrit “Identité en Crescendo”. Ce deuxième album est le fruit de notre monde, il est plus personnel.

La pochette d’ “Identité en Crescendo” reprend une pièce de JayOne… Tu es très impliqué dans la culture Hip Hop en général??

J’ai toujours eu une touche graffiti. En 97 JayOne avait fait mon logo déjà. Puis la pochette de “Top Départ” a été faite par Satur. Ce n’était pas particulièrement prévu, mais mon nouvel album reprend une toile de JayOne, J’ai vu la toile, j’ai immédiatement pensé qu’elle serait parfaite pour la pochette, il se trouvait qu’elle était de Jay. Ç fait une logique, c’est tant mieux. Il n’y a pas de rupture comme ça. Mais, on a chacun notre voie, eux la peinture, moi la musique. Je ne cherche pas plus de connexions que ça.

Tu as écrit le scénario de “The Funk Hunt”, un Kourtrajmé réalisé par Romain Gavras… Ça s’est fait comment ?

J’avais déjà écrit le scénario. Je l’ai donné à Mehdi pour qu’il fasse un son qui collerait dessus. Il avait un morceau vraiment canon mais qui était destiné au 113 et c’est devenu “Prince de la Ville”. Ensuite Romain Gavras est parti tourner le film à New York. On a refait une autre musique une fois le film terminé mais elle est en dessous du premier morceau de Mehdi. Pour la musique, chacun a fait sa partie en fonction de l’époque dans le film, Kifondat, Lord Funk et moi, c’était bien de travailler comme ça.

On doit souvent t’en parler mais, est-ce que c’est le métissage dont tu es issue et ta pluri-culture qui t’aident à avoir autant de recul sur l’Humanité, la France, la politique, la culture ?

Ça m’aide à avoir du recul dans un contexte donné. Je ne me suis jamais retrouvé protégé par telle ou telle communauté. Du coup je ne suis pas le porte-parole d’un groupe précis. Mais ce n’est pas par multi appartenance que j’ai pris conscience de ça. Vu que je n’avais pas de protection particulière, j’ai évité le repli communautaire. De plus en plus de gens réalisent que le manque de curiosité est malsain. Moi je le sais du fait de ne pas pouvoir entrer dans un cliché. Tout en n’étant pas attentiste, j’ai énormément d’exigence envers les gens, pas de la dureté, de l’exigence. Je suis né en Algérie, c’est donc normal que ça fasse partie de mes préoccupations. Mais sans que chacun de mes morceaux soit un tract, je tiens à la libération de l’identité. Mon premier album était pour le Hip Hop, mon second parle à l’Humanité comme dit Djohar, pour la suite, on verra…

Quel est ton sentiment sur la visibilité du Rap et des rappeurs dans les médias ?

Aujourd’hui les médias font tout. Sans les médias, on a l’impression qu’on n’aurait pas d’existence. Maintenant pour ce qui est du Rap, les médias l’ont rendu comme ils le voyaient. Foncièrement ils veulent que l’on dise ce qu’ils attendent. Désormais le Rap est intégré, il est compris, attendu dans un certain style. Il ne peut plus être transgressif puisqu’il est si médiatisé, codifié. Il n’y a quasiment plus de médias qui laissent aux artistes la liberté de développer des idées nouvelles ou différentes.

Tu dis: “Sortir le Rap de l’enfance tel est mon rêve d’enfant”. Quel est le reproche majeur que tu fais à cette musique??

Le Rap est gagatisé. Il est devenu le plus facile possible. Il n’y a plus de messages, c’est seulement du constat. Finalement tous les rappeurs vivent plus ou moins la même chose, la cité, etc. Alors ils voient qu’untel fait son beurre en racontant un truc qui est leur quotidien aussi, du coup ils font la même chose puisque ça marche. C’est devenu un fonds de commerce. Quand c’est différent ça commence par effrayer. Ce n’est qu’à force d’insistance que les gens finissent par tendre une oreille, mais c’est long. Finalement la critique que je fais au Rap est la même que je fais à la Société, on y retrouve les mêmes racismes, les mêmes clichés. Elle est loin l’époque où jeune, je voulais montrer aux grands rappeurs ce dont j’étais capable. À l’époque les premiers albums étaient cent fois plus matures que tout ce qui sort maintenant. Mais les anciens vieillissent mal. On se déguise pour rentrer dans les clichés.

Propos recueillis et transcrits par Thibault pour 90BPM
Février 2007

Source :

http://www.90bpm.net/interview/roce.htm

Bibliographie :

www.rap2k.com

www.90pbm.com

www.respectmag.fr

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Revue de presse

Rocé par Virginie 0 commentaire »

REVUE DE PRESSE

La critique [evene]

par Rémy Pellissier

Rocé, c’est un rappeur sans concession. Rocé, c’est “quelques grammes de finesse dans un monde de brutes”. Rocé, c’est un auteur, un vrai. Quand il scande ses paroles avec son flow très pur, ça claque dans l’air et ça fait réfléchir. On ne se contente pas de bouger la tête en rythme, on écoute ce qu’il dit. Et il y a matière à reflexion… Rocé prend son temps, loin des sorties annuelles de disques baclés par ses pairs rappeurs. Ses références à lui, ce seraient plutôt Moustaki ou Renaud. En concert, l’homme est nature. Pas de chichis, pas de blabla… Ses chansons parlent pour lui. Les instrumentations sont très dépouillées, souvent très proches d’un univers jazzy (Archie Shepp a joué sur l’album de Rocé !). En plus du DJ, un contrebassiste officie sur scène et apporte un petite touche supplémentaire, un peu de la rondeur et de l’âme d’un instrument acoustique. Pour Rocé, ce concert est une de ses toutes premières expériences scéniques importantes durant laquelle il tient seul la tête d’affiche. On le sent. Si l’homme est discret par nature, il semble vraiment impressionné par son audience et par l’atmosphère qui se dégage du Nouveau Casino ce soir. Les gens l’aiment, et Rocé est intimidé. Pendant le concert, il perd le fil de ses paroles à deux ou trois reprises. Mais ce n’est pas grave. Rocé est nature. Rocé ne flambe pas, il ne sait pas faire… Il rappe parce qu’il a des choses à dire. Et c’est pour ça qu’on l’aime !

http://www.evene.fr/culture/agenda/roce-11134.php?critiques

INTERVIEW

Ton précédent album date d’il y a 5 ans. Et j’ai cru comprendre que tu avais délibérément voulu ce long laps de temps avant de sortir ton second disque. A l’heure où les artistes (et sans doute surtout leurs maisons de disque) recherchent la surmédiatisation à tout prix pour exister, ta démarche ne risquait-elle pas d’être suicidaire? N’as-tu pas eu peur que les gens t’aient oublié malgré tes débuts remarqués?

Si, c’est un risque d’attendre si longtemps avant de réapparaître sur le devant de la scène. Mais, je voulais refuser toutes les collaborations qu’on me proposait et rien sortir avant ce second album, parce que pour moi il marque une rupture avec ce que je faisais avant et avec ce qui se fait en général dans le rap français. De toute façon, c’est très dur d’arriver avec un deuxième album différent du premier en très peu de temps. Et puis, c’est toujours un beau challenge de devoir tout recommencer.

Comment s’est passé la rencontre avec le label No Format? Tu peux nous toucher deux mots de ce label singulier?


Je cherchais un label qui puisse me correspondre. C’est-à-dire un label qui ne soit pas enfermé dans un style et dans une manière trop étroite de défendre son produit. No Format est un label capable de défendre un disque quel que soit son style. Mon projet aurait perdu de sa force s’il avait été dans un label exclusivement rap qui n’a qu’une seule manière de le promouvoir. Je n’aurais pas pu élargir mon public. J’ai la prétention de faire de la musique, et même si c’est du rap, je veux que ça touche tous les amateurs de musique en général. Je voulais aussi qu’il y ait une certaine classe dans la présentation de mon projet. La même classe qu’on peut sentir sur un vieux disque vinyle de free jazz. Ce n’est pas évident de trouver le label qui te correspond en tant qu’artiste, et c’est tout ça que j’apprécie chez No Format.

La liste des invités sur l’album est impressionnante: le légendaire saxophoniste Archie Shepp, Gonzales au piano, le guitariste Potzi (Paris Combo), le batteur Antoine Paganotti (Magma), le trompettiste Jacques Coursil… Comment ces personnes se sont-elles retrouvées sur ton disque? Et est-ce difficile de travailler avec des gens qui ne viennent pas de ta sphère? A-t-on l’impression d’avoir plus de choses à prouver?

C’est quelque chose de difficile pour le live mais ça ne l’a pas été sur ce disque. Mon but est de leur laisser une grande liberté, dans l’impro comme dans le temps que je leur ai accordé. Avec Jacques Coursil, on a pu débattre sur mes textes. Et quand il joue, j’ai l’impression qu’il répond à chacune de mes phrases. Avec Archie Shepp, j’ai développé le titre du morceau, il fallait qu’il soit dans l’ambiance du thème, surtout qu’un des titres sur lesquels il joue porte le nom de l’album. Tous ces musiciens m’ont beaucoup impressionné. Mon but, quand j’ai eu l’idée d’avoir des musiciens sur mon album, était de casser les codes du rap. Même s’il y a eu énormément de projets rap-jazz ou rap-musiciens, le mien a une symbolique particulière. Loin du rap-jazz cool de Jazzmatazz ou de ce qu’on peut sentir chez Common ou Talib Kweli. Je préfère qu’on dise que je me rapproche du free jazz. Je ne suis pas très «cool». Dans la musique que j’aime écouter, j’aime être réveillé par la caisse claire, j’aime quand je ne réussis pas à comprendre une phrase musicale à la première écoute. Alors mon but était de secouer l’auditeur plutôt que de le laisser se couler dans une mélodie facile. Les samples sont très free. Il y a Antoine Paganotti de la nouvelle formation Magma, groupe de rock progressif. Tout cela est très loin de la new soul et des musiques cool. Je préfère ramener le hardcore au goût du jour. Archie Shepp et Jacques Coursil ont des choses à dire à propos des Blacks Panthers. Le fait de les inviter est un symbole, un message.

Si tu avais le choix, que préférerais-tu: que les invités de ton album t’ouvrent la voie vers une audience plus large, ou bien que le public hip hop «basique» découvre des univers musicaux différents de ceux auxquels ils ont accès habituellement?

Je pense d’abord au public hip hop. Mais pour moi le hip hop ne veut rien dire. C’est une classification comme une autre, qui va faire en sorte que certains ados s’habillent comme ci, et d’autres, qui écoutent du métal, s’habillent autrement. Moi je fais de la musique, ce qui m’importe c’est le message et la qualité ou la performance des musiciens. Quand j’ai voulu que le nom «Archie Shepp» soit écrit sur mon album, c’est entre autres pour le faire découvrir aux plus jeunes, leur montrer que nous avons des exemples à suivre différents de ceux que les gros médias veulent bien nous montrer.

Malgré ce côté jazz que tout le monde souligne (nous y compris), je trouve que ton album reste tout de même très hip hop, voire old school (le flow, le contenu…). Une façon de dire que tu ne laisses pas cette musique à ceux qui veulent la sucer jusqu’au sang?

Le hip hop n’a plus rien de hip hop, dans le sens où ce n’est plus un mouvement. Un mouvement, c’est une vague qui vient rompre le consensus culturel d’une époque. Aujourd’hui, le hip hop n’est pas un mouvement mais une corporation comme n’importe laquelle, saturée d’individus qui ne jurent que par leur piston et leurs débouchés commerciaux, bref une corporation bien «à la française». Alors oui, c’est une rupture que j’ai voulu faire, une rupture avec le hip hop mais justement parce que le hip hop ne veut rien dire en soit, c’est juste ce qu’on en fait. Mon disque est un disque de rap, de musique, qui a comme ambition de déstabiliser, de secouer. Et si un autre rappeur vient me dire qu’il est plus hip hop que moi, j’acquiescerai volontiers. Par contre, s’il vient me dire qu’il est meilleur que moi, ça sera un autre débat.

Tes textes sont très revendicatifs, mais pas seulement contre les cibles habituelles (l’Etat, etc.). Tu es aussi très dur envers le monde du rap et plus généralement envers chaque personne qui se laisse dévorer par un groupe de pensée. Ca me fait penser aux vieux Public Enemy où Chuck D invectivait la communauté noire à se ressaisir, à s’éduquer… Il y a des groupes qui ont marqué ton développement intellectuel? Penses-tu qu’un texte de chanson puisse changer les mentalités?

Bien sûr qu’une chanson peut aider à changer les mentalités. Et ceux qui disent l’inverse dans le rap sont les premiers à s’habiller comme de vrais zulus!! Et avec des mentalités chamboulées par la culture afro-américaine. Les groupes qui ont marqué mon développement intellectuel sont Assassin, NTM, Ministère Amer, surtout que j’étais jeune et j’apprenais tout par cœur. Voilà, il y a aussi certainement Paris et Public Enemy, mais je ne comprenais pas les paroles, c’était plus l’intention qui passait. Le plus dur pour un artiste qui a une ambition de vouloir changer les choses, c’est de réussir à garder toute la légèreté musicale dans son message. Pour moi, celle qui excellait dans cet art, c’est Nina Simone.

Tu cites plusieurs écrivains dans l’album (Aimé Césaire, Kateb Yacine, Machiavel…). On sent que tu nourris beaucoup tes textes avant de les écrire… Que tu co-écris d’ailleurs, avec ton amie Djohar. Comment se passe le processus de rédaction à quatre mains?

C’est pas quelque chose de calculé, ça s’est fait naturellement. Au fil des discussions, chacun apporte ses trucs, ses façons de le dire. On va réfléchir sur des thèmes et puis une fois le texte fini, on va en redébattre. Au final, on doit tomber d’accord. Parfois c’est très rapide, parfois laborieux, ça oblige à une certaine rigueur et une certaine précision, d’autant qu’elle a la critique acerbe et percutante. On a une culture hip hop commune. Et mine de rien, elle a des connaissances rapologiques étonnantes alors qu’elle est plus jeune que moi. En même temps, elle a apporté un côté studieux de par son parcours et sa vie «officielle», et les références que tu cites sont en partie liées à cela. Ce contraste a beaucoup enrichi l’album. Au-delà de la co-écriture des textes, son avis a compté aussi dans la composition, le mix et l’artwork. C’est une amitié qui a donné un tournant à ma carrière et qui lui a aussi permis de passer du camp des passionnés à celui des acteurs du rap.

Alors qu’on n’a jamais autant aimé nous ranger dans des petites cases bien rassurantes (d’où cette obsession de l’insertion), que le monde se réfugie dans des schémas manichéens (les gentils vs les méchants), il semblerait que les gens ne savent plus du tout qui ils sont et ce qu’ils doivent penser. Peut-être parce que ce n’est pas toujours aussi simple de tenir dans une seule case? C’est le propos du morceau «L’un Et Le Multiple». L’éternelle dualité entre l’individu et le groupe?

Oui, on ne peut pas se définir, se faire une gueule. C’est impossible parce qu’on naît complexe et cette complexité n’est pas figée dans le temps, elle évolue selon le contexte et l’époque. Alors du coup, les schémas d’intégration sont complètement ridicules et produisent des discours comiques comme, par exemple, le fait que Malek Bouti ou Fadela Amara parlent encore d’eux-mêmes comme étant des «jeunes issus de l’immigration». Ils ne sont plus jeunes du tout, mais ils ne sont pas capables d’inventer leur propre case, qui doit correspondre à chacun, et pas à un cliché du descendant de l’immigré, toujours jeune et en apprentissage. C’est pareil pour ces jeunes rappeurs de… 40 ans qui ne savent pas avoir un discours de leur âge. Si Zap Mama ou Idir ne s’embêtent pas avec ce genre de conneries, c’est parce que il n’y a pas de pancartes médiatiques ou institutionnelles qui les collent.

A une époque, le hip hop était un peu le fils spirituel du free jazz pour son côté libre (dans la forme) et contestataire (dans le fond). C’était le nouveau moyen d’expression d’une communauté opprimée. Aujourd’hui, on a l’impression que c’est plutôt des petits blancs, ou en tout cas des gens issus de la classe moyenne, qui font évoluer ce style de musique en l’ouvrant à de nouvelles sonorités (Sage Francis, Buck 65, les groupes chez Anticon, etc. aux U.S, ou Psykick Lyrikah, Kwal, Svinkels et quelques autres en France…). Ton avis sur la question?

Je ne pense pas que le hip hop ait été la continuité du free jazz. Le hip hop sort plus directement de la funk et un peu de la soul. Dans la forme, le hip hop est très funk, avec des gros break beat très carrés, très commerciaux, très efficaces et aguicheurs. Avec un sens politique très simple, très commercial aussi. Quand le bpm du rap s’est ralenti, il y a eu plus d’inspiration soul. Mais le free jazz est une musique qui est tout sauf efficace, une musique qu’on ne peut pas comprendre à la première écoute, et surtout c’est une musique de live. Beaucoup de morceaux de funk et de rap ont été fait pour être joué par des DJ, pas dans le free jazz. Et le free jazz est une musique très politique, certains morceaux sont de la politique même. Pas la funk, même si le mot «funk» a une histoire politique assez riche. Par rapport aux nouvelles sonorités, elles viennent de partout en réalité, quelle que soit la classe sociale. Outkast, avec leur évolution assez spéciale sur le deuxième et troisième album, en sont un bon exemple. Quasimoto aussi. Ou Son of Bazerk. Après il y a des groupes qui n’ont que leur image «spé» comme fond de commerce, ça ne rime à rien, c’est le cas de le dire d’ailleurs.

On a l’impression que tu préfères rester à l’écart d’une quelconque scène. Y a-t-il néanmoins des artistes de la sphère hip hop hexagonale ou internationale avec qui tu aimerais travailler à l’avenir?

Je ne sais pas trop. J’ai fait énormément de featurings à mes débuts. Maintenant, j’essaie de construire quelque chose d’assez ambitieux, alors je reste dans mon cocon.

Depuis quelques semaines, les maisons de disques et les médias s’intéressent beaucoup au mouvement slam avec Grand Corps Malade par exemple… Penses-tu que ce mouvement à plus à y gagner ou à y perdre?

Pour moi, le slam, ça ne veut encore rien dire en France. Dans le sens où Juliette Greco, Serge Reggiani, Mouloudji, Ferré, et bien d’autres, des conteurs, des acteurs, sont à des années lumières dans la performance, le jeu, l’émotion, l’interprétation que ce que font en général les slameurs français. On est au pays de la condescendance et du piston. Si ton pote ou ta grand-mère a écrit un joli petit poème et que, pour une bière, elle ose combattre sa timidité pour le lire devant la petite ambiance du bar du coin, on en parle comme d’une révolution musicale. Je veux bien, sauf qu’aux USA, elle se mangerait des cailloux. Parce qu’ils pensent art en pensant performance. Parce que le meilleur et le plus fort est celui qui ramène le plus d’émotion, qui a le mieux travaillé son œuvre. C’est ça la musique, c’est le travail et le respect du travail. L’aboutissement, c’est quand on arrive à faire croire que notre travail n’est qu’un simple talent. Mais ici on croit encore au talent sans travail! C’est comme si le talent tombait du ciel, parce que tu es le fils de untel ou que tu as décidé d’être artiste. En 1989, quand les rappeurs français arrivaient à Radio Nova avec un nouveau morceau, c’était avec une volonté d’être fort, très fort. Le slam en France en est encore au stade du divertissement. Personne n’oserait dire à un slameur, qui a livré tout ce qu’il y a dans son cœur, que ce qu’il fait est nul parce que pas travaillé. On préfère dire que c’est quelqu’un de sensible. C’est le même problème que dans le cinéma français. Va dire à la fille de Gainsbourg ou au fils de Depardieu qu’ils ne savent pas jouer, on te traitera de jaloux et de haineux. Mon plus grand slameur reste Gil Scott-Heron. Tu me diras qu’à cette époque, le slam n’existait pas. Je te répondrais qu’à cette époque la qualité existait déjà et ne se cachait pas derrière des nouveaux genres. Les genres musicaux sont un détail dans la musique. Quand j’ai vu Archie Shepp, la première chose qu’il m’a dit c’est: «j’ai fait du rap avant toi, mon premier disque c’était déjà du rap»… Je me rappelle qu’à l’arrivée de MC Solaar ou IAM sur les grosses ondes des radios, tout le monde disait qu’au moins ils allaient ouvrir des portes. Je n’ai jamais compris pourquoi et comment Solaar pourrait ouvrir des portes à Ministère Amer, à Chuck D, à Archie Shepp. Pour casser un mur, il faut casser des schémas. Ceux qui sont surmédiatisés le sont parce qu’ils correspondent aux schémas. Ce sont des groupes qui, de toute façon, seraient rentrés par la grande porte. Et ils ne l’ont pas ouverte, les portiers de l’industrie s’en chargent.

Rassure-nous, on ne va pas devoir encore attendre 5 ans pour entendre un prochain album de Rocé?

Non, ne vous inquiétez pas! Je vais essayer de tenir un rythme plus serré.

C’est une tradition chez Bokson, on te laisse le mot de la fin…
Merci, bonne écoute, et bonne continuation…

Kalcha
16/07/2006

http://www.bokson.net/hiphop/inter/184.html

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R0C3, Je chante la france

Rocé par Maximeb 0 commentaire »

source: http://www.tasteofindie.com/photos/2006-11-09-Roce/roce_008.jpg

Rapographie:

Les Fouliens (Sampler No Format / Vibrations, 2005)
Top Départ
(Chronowax / V2, 2002)
Pour l’Horizon
(Espionnage, 1998)
Ma Face en Première Page
(Prolifik, 1997)
Respect
(Different Teep, La Rime Urbaine, Alariana, 1996)

http://www.identiteencrescendo.net/disco.html

Biographie:

José Kaminsky est un rappeur français né en 1977 à Bab El-Oued (faubourg d’Alger) en Algérie d’un père argentin d’origine russe (Adolfo Kaminsky) et d’une mère algérienne. Ils déménagent en France quand il est jeune, et il grandit en banlieue parisienne, à Thiais (94). Il choisit d’exercer son art sous le pseudonyme de Rocé. Sa première approche de la musique se fera grâce au violon, qu’il apprend au conservatoire.Il sort un premier album, Top Départ. Il devient très influencé par le free jazz. Il fait ses premières apparitions sur disque en 1996, puis en 1998 en livrant deux maxi-singles chez Chronowax, Pour l’horizon / De ma haine à ta haine et Ricochets / Encore et encore. Avec ces deux disques, Rocé reçoit de nombreuses critiques élogieuses de la part du milieu du Hip Hop et est repéré par DJ Mehdi qui inclut un de ses titres, On s’habitue, sur Espion le EP paru en 2000.

En 2002, son 1er album Top départ sort logiquement sur Chronowax. 2 vidéo clips en sont extrait « Changer le monde » et « On s’habitue ».

Fin 2005/début 2006 sort un nouveau maxi comprenant deux nouveaux titres extrait du second album : « Appris par cœur » et « Besoin d’oxygène »

Le 9 mai 2006 sort le deuxième album de Rocé Identité en crescendo sur no Format, et est distribué parUniversal Jazz. Cet album est co-écrit avec Djohar Sidhoum-Rahal, musicienne, écrivaine, poétesse. Les cloisonnements musicaux et identitaires sont balayés par cet opus de 13 titres sur lequel on retrouve des collaborations inattendues. Le légendaire Archie Shepp au saxophone, Antoine Paganotti du célèbre groupe MagmaParis Combo et Jacques Coursil, talentueux trompettiste sont les invités de cet album que Rocé défend sur scène avec un DJ, DJ Sparow et un contrebassiste membre d’Urban Dance Squad : Syl Matadin. L’année 2006 a déjà trouvé l’un de ses albums majeurs. La pochette est tirée d’une peinture de Jay One (BBC).

http://fr.wikipedia.org/wiki/Roc%C3%A9_%28chanteur%29

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Roce, le rap innové.

Rocé par Simon 0 commentaire »


Source : http://www.lillelanuit.com/photos/photos_descriptions/Image/Roce.jpg

 

Biographie : La musique de José Kaminsky, alias Rocé, se situe au croisement de multiples influences. Enfant d’un père argentin d’origine russe et d’une mère algérienne, Rocé vit le métissage dès son plus jeune âge. Quand il débarque en France, il n’est encore qu’un enfant. Il s’initie à la musique grâce aux cours de violon qu’il prend au conservatoire, se passionne pour le jazz, et découvre le rap à l’âge de 12 ans. Il se fait une place dans le monde du hip-hop avec deux maxi-singles très remarqués : ‘Pour l’horizon / De ma haine à ta haine’ et “Ricochet / Encore et Encore”, produits par Chronowax en 1998. Repéré par le DJ français DJ Medhi, il signe enfin son premier opus, intitulé “Top Départ”, en 2002. Il lui faudra quatre ans pour préparer la sortie de son second album, ‘Identité en crescendo‘, qui confirme sa singularité. On y trouve plusieurs collaborations, et notamment celles du célèbre jazzman Archie Shepp l’un des pionniers du free jazz – ou encore Potzi – guitariste du groupe Paris Combo. Rocé dénonce les clichés et refuse la catégorisation. Il travaille sans relâche pour proposer une musique intemporelle, lucide et honnête et compose ainsi son propre style.

(Source : http://www.evene.fr/celebre/biographie/roce-22825.php)

 

Discographie :

Respect (1996) Ma Face en Première Page (1997) Pour l’Horizon (1998) Top Départ (2002) Les Fouliens (2005) Identité en Crescendo ( 2006)

 

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