L’ENJEU (STATE OF THE UNION) 1948
Publié par Caroline dans films années 1940de Frank Capra (1897 – 1991)
avec Spencer Tracy, Katharine Hepburn, Angela Lansbury, Van Johnson
(125 mn)
Kay Thorndyke vient de perdre son père, magnat de la presse. Avide de pouvoir, elle décide de contrôler le parti républicain en choisissant un candidat « anonyme » qu’elle espère pouvoir manipuler dans la course à la présidence : Grant Matthews, homme d’affaires irréprochable, marié et père de famille. Mais le succès de sa campagne politique dû au départ à son honnêteté et son charisme, va peu à peu changer l’homme, rapidement manipulé par quelques rapaces du monde de la finance. Malgré le soutien de sa femme, G. Matthews perd de vue les raisons de son engagement.
Ma critique :
Voici un film d’actualité…datant de 1948 ! Génie de Monsieur Capra, qui tout en gardant sa belle idéologie développée une dizaine d’années plus tôt avec « M. Smith goes to Washington » expose ici ses désillusions, non pas sur l’homme lui-même, mais sur son pays et les hommes qui le gouvernent. Peu importe qu’ils soient de droite ou de gauche, Démocrates ou Républicains, Capra va à l’essentiel : la corruption des milieux politiques et la quête de pouvoir individuel au détriment du bien public.
Spencer Tracy, très inspiré semble-t-il par son rôle, est au mieux de sa forme, et nous entraine avec lui dans le tourbillon de sa campagne électorale. Le film, pourtant très long (un peu plus de 2h !), ne nous laisse pas souffler une minute, sauf au moment des rares scènes d’intimité entre S. Tracy et K. Hepburn, parfaites de complicité et d’émotion. Il s’agit de la 5ème collaboration du couple à l’écran, et leur entente est palpable.
Les autres acteurs sont tout aussi spontanés et brillants. Angela Lansbury, dans le rôle de la journaliste sans scrupule, me fait penser à Bette Davis. A noter que cette bonne actrice devra attendre l’âge de 40 ans, et son succès avec la série « Arabesque », pour que son talent soit vraiment reconnu. Van Johnson, nous offre un bon directeur de campagne, enthousiaste et parfois un peu naïf, mais assez touchant au final.
Ainsi, rien n’a vraiment changé, aux Etats-Unis ou bien plus près de nous… Les hommes politiques sont littéralement hypnotisés par leur propre quête (de pouvoir, et même, aujourd’hui, de célébrité), oubliant bien souvent les hommes qu’ils gouvernent, leur pays, l’écologie, et les idéaux.
Du grand Capra, qui sait malgré tout conserver sa dose d’optimisme et la partager pour notre plus grand bonheur de cinéphile.












































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