jan 23 2012

LA BLONDE OU LA ROUSSE (PAL JOEY) 1957

Publié par Caroline dans films années 1950      

de George Sidney (1916 – 2002)

avec Frank Sinatra, Kim Novak, Rita Hayworth

(95 mn)

Joey, séducteur notoire, est particulièrement apprécié dans le cabaret qu’il vient juste d’intégrer. Il remarque une voix douce et un corps de jeune déesse, Linda English, mais succombe à l’argent et au renom dans les bras de Mrs Simpson, ancienne strip-teaseuse ayant fait un riche mariage. Grâce à elle, il peut donc s’offrir le cabaret de ses rêves mais la rousse encore flamboyante voit d’un mauvais œil l’ingénue Linda…

Ma critique :

Adapté d’un show à Broadway, le personnage de Pal Joey avait été crée pour Gene Kelly, ce film est une prodigieuse réussite dans le registre de la « Comédie Musicale » (mais le titre en français est une fois de plus complètement stupide).

A sa sortie, les critiques y ont surtout vu une sorte d’allégorie du déclin d’Hollywood, et plus particulièrement du genre « musical ». Il faut plutôt y voir un rite de passage…

L’âge d’or hollywoodien est évidemment incarné par la magnifique Rita Hayworth, dont le choix n’est pas dû au hasard, mais précisément pour souligner ce côté du cinéma encore très étincelant, brillant (chevelure rousse flamboyante) mais qui vieillit doucement (même si Rita Hayworth reste sublime dans le rôle de cette star vieillissante !), et s’oppose à un nouveau style plus moderne, plus désinvolte, incarné par la jeune Kim Novak, à la beauté blonde et plus froide, qui montre déjà un féminisme naissant, une modernité annonçant la « nouvelle vague ».

 

Mais « Pal Joey » doit être regardé avant tout pour ce qu’il est : une superbe comédie musicale. Tous les « ingrédients » sont en place pour le plaisir des yeux et des oreilles… Avec la présence du crooner à la voix d’or, qui nous offre un véritable récital de ses plus belles chansons : « The lady is a tramp » – « My funny Valentine » – « What do I care for a dame » –   ♫ Bewitched  ♫…

Rita Hayworth, Kim Novak, Frank Sinatra… sous la houlette de George Sidney : à ne manquer sous aucun prétexte !

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jan 21 2012

VERTES DEMEURES (GREEN MANSIONS) 1959

Publié par Caroline dans films années 1950      

de Mel Ferrer (1917 – 2008)

avec Audrey Hepburn, Anthony Perkins, Lee J. Cobb

(115 mn)

 

Un jeune homme, Abel, fuyant la révolution qui ensanglante son pays, se réfugie au coeur de la forêt amazonienne, dans l’espoir de trouver la force de se venger. Il est accueilli par une tribu tribu d’Indiens qui croient qu’une sorcière blanche hante la contrée. Ils demandent donc au jeune Abel, en échange de l’hospitalité, d’aller la tuer. Mais Abel découvre une jeune femme, Rami, vivant cachée avec son grand père, et en tombe amoureux

Ma critique :

Ce film réalisé par Mel Ferrer, le mari d’Audrey Hepburn, est essentiellement connu pour…son immense fiasco. Dans l’ensemble, il fut jugé insipide, sommet du kitsch, frôlant le ridicule, et sera un désastre au box-office.

Mais en le regardant, je me suis dit que ce n’était pas réellement un « film ». J’y ai vu une série de tableaux magnifiques, un conte, une allégorie. Cette « sorcière blanche » nous invite à la suivre dans la magie et l’innocence de son existence. Et Audrey Hepburn (jugée là aussi déjà trop « âgée » pour incarner cette très jeune fille) transforme la « sorcière » en Fée, charmante, gracile. Elle tombe inévitablement sous le charme de ce jeune homme désinvolte, et le guide sur son chemin vers un apaisement intérieur, le repos de l’âme, le retour à une certaine innocence qu’il avait perdue dans son désir aveugle de vengeance.

Ce film est un « enchantement », au sens littéral. Il faut vouloir se laisser envoûter, ou ne pas regarder.

Ainsi, Green Mansions n’est peut-être pas un film. Juste un songe. Mais certainement tout à fait « hors catégorie ».

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déc 24 2011

IT HAPPENED ON 5TH AVENUE – 1947

Publié par Caroline dans films années 1940      

de Roy Del Ruth (1893 – 1961)

avec Victor Moore, Ann Harding, Charles Ruggles, Don De Fore

(115 mn)

Chaque année, en période hivernale, un clochard trouve « refuge » dans l’immense hôtel particulier d’un millionnaire à New-York, celui-ci passant ses hivers en Floride. Cette fois, il héberge un jeune homme (et ses amis), venu à NY pour trouver travail et logement. Il les invite tous à « partager » son logement! Les choses se compliquent quand la fille du millionnaire, ayant fuit sa pension, vient se cacher dans la demeure de son père… Elle se fait également passer pour une jeune fille sans foyer ni travail. Tous vont ainsi passer un Noël inattendu et chaleureux! 

Ma critique :

Une charmante comédie… qui ressemble à du Capra, enchante comme du Capra, mais est simplement une charmante comédie de Noël, que je conseille vivement à tous ceux qui ont envie de renouer avec « l’esprit de Noël » !

Grâce à un homme espiègle et plein d’optimisme, des destins vont se croiser et s’unir autour du sapin. Chacun va réfléchir sur sa présence en ce lieu étrange, tenter de réparer les erreurs du passé, et tous vont former pour quelques heures une grande et belle famille…

C’est plein de « bons sentiments », d’émotion, de douceur. Certains diront que c’est trop conventionnel et bourré de clichés ? N’est ce pas précisément ce qui fait cet esprit de Noël ? Car derrière tous ces clichés, se cache une jolie morale, qui réchauffe les cœurs et nous fait sourire avec bienveillance.

Le rêve est là, sur notre écran, et durant quelques heures d’évasion, la magie opère… le Père Noël est passé !

 

Joyeux Noël et Bonnes Fêtes à tous les cinéphiles….

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nov 29 2011

LES LIAISONS SECRÈTES (STRANGERS WHEN WE MEET) 1960

Publié par Caroline dans films années 1960      

de Richard Quine  (1920 – 1989)

avec Kim Novak, Kirk Douglas, Walter Matthew

(120 mn)

Larry Coe, un architecte révolutionnaire, traverse une grave crise conjugale. Il fait alors la connaissance de sa voisine, Maggie, qui vit une situation similaire à la sienne. Ces deux personnages se rapprochent peu à peu, tissent des liens amoureux, apprennent à se connaitre tout en affrontant les commérages, les doutes, et leurs propres peurs.

Ma critique :

Le couple Kim Novak / Kirk Douglas, dirigé par Richard Quine, est littéralement fascinant. L’alchimie entre les 2 acteurs crève l’écran d’un bout à l’autre du film, et même Kirk Douglas montre ici une fragilité, une sensibilité, qui nous étonnent.

Par certains aspects, « Les liaisons secrètes » m’a beaucoup ému car il m’a rappelé certains films de Douglas Sirk (« Tout ce que le ciel permet » ou « Le Secret magnifique »). Il contient tout ce côté « mélodrame » dans le beau sens du terme, souligné par les couleurs, splendides, des plans de caméra très statiques, de superbes gros plans sur les regards, les expressions, pouvant se passer de dialogues. Mais à la différence de Sirk, R. Quine travaille ici au début des années 60, qui marque un tournant dans le cinéma, et aborde plus directement des sujets « dérangeants » (pour l’époque), que Sirk ne faisait qu’évoquer en filigrane.

Derrière une histoire finalement assez banale, se cache toute une réflexion sur la solitude, les remises en question rencontrées au cours d’une vie, aussi bien sur le plan sentimental, familial, que professionnel en ce qui concerne le personnage de K. Douglas, architecte qui souhaite sortir de la routine purement technique de son métier pour aborder son côté plus artiste, créatif et innovateur. La remise en question dans sa vie concerne tous ses aspects, et ne se limite pas à la seule anecdote sentimentale.

Kim Novak, une nouvelle fois dirigée par Quine est confiante, donc parfaite…en femme mystérieuse, toujours, mais touchante, hésitante, fragile et tiraillée. En un mot, sublime.

Le film soulève également (tout comme chez Douglas Sirk) l’intolérance et l’esprit étroit de ces banlieues bourgeoises de l’époque aux Etats-Unis (mais cela a-t-il vraiment changé ? je pense ici à l’excellente série « Desperate Housewives » notamment !).

Et si l’on devait ne regarder ce film que pour une seule scène, ce serait pour celle de la fin, magnifique à tous points de vue.

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nov 5 2011

LES PASSAGERS DE LA NUIT (DARK PASSAGE) 1947

Publié par Caroline dans films années 1940      

de Delmer Daves  (1904 – 1977)

avec Humphrey Bogart, Lauren Bacall, Agnes Moorehead  

(105 mn)

Vincent Parry s’évade de prison où il était enfermé pour un meurtre qu’il n’a pas commis : celui de sa femme. Souhaitant lui-même découvrir le véritable coupable, il rencontre sur son chemin la belle Irene Jansen qui décide de lui venir en aide parce que son propre père a autrefois subi la même injustice. Traqué sans relâche par la police, traîné dans la boue par une presse qui se gargarise de sensationnalisme, l’homme est amené à subir une opération de chirurgie esthétique pour tenter paradoxalement de redevenir lui-même..

Ma critique :

Film noir, couple mythique, de bons ingrédients…

Mais ce film, pourtant moins connu que « Le port de l’angoisse » (1945) ou « Le Grand Sommeil » (1946), a la particularité d’introduire, dans l’histoire du cinéma, une méthode appelée la « caméra subjective ». Et c’est au réalisateur Delmer Daves que l’on doit cette trouvaille. Ainsi, durant toute la 1ère heure, Bogart est là, sa voix, son regard nous invitent et nous guident au cœur de l’histoire. Mais le regard de Bogart est le nôtre. Il est à la fois acteur et spectateur.  La caméra habile de Daves suit des plans inattendus : tantôt les pieds, tantôt les mains dévoilent la présence du personnage. Jamais son visage, qui n’apparaitra (à la suite d’une transition très symbolique, que je vous laisse découvrir) que durant la dernière demi heure du film !

Le génie de Daves, surtout connu pour ses westerns humanistes (je pense aux merveilleux « 3 :10 pour Yuma » ou « La flèche brisée ») consiste ici à déguiser le sujet difficile de l’identité en une simple enquête policière (enquête menée par le condamné), et à le filmer de manière très symbolique, puisque le personnage central ne deviendra lui même qu’après avoir changé son apparence physique.

Ainsi, chaque personnage a son importance, puisque chacun d’eux nous renvoie une image du « héros ». Et il faut reconnaitre qu’ils se sont tous surpassés. Coup de chapeau à Agnes Moorehead (la fameuse Endora de la série « Bewitched », essentiellement connue pour ce rôle, alors qu’elle a joué des personnages nombreux et variés, avec beaucoup de talent), qui est parfaite en femme jalouse, fourbe et finalement lâche… rôle peu flatteur, qu’elle mène avec brio.

Comme toujours chez Delmer Daves, les images sont pleines de poésie. Il filme ici la brume et l’obscurité de San Francisco dans un noir et blanc qui s’accorde aussi parfaitement avec le sujet.

A l’écran pour la 3ème fois, marié depuis peu, le couple mythique Bogart / Bacall traverse les épreuves avec force et élégance. La fusion entre eux est la même d’un côté ou de l’autre de la caméra.

« Dark passage » n’est peut-être pas un « grand » film, mais c’est un très bon film, abordant de façon originale des sujets graves et difficiles comme l’injustice, la perte d’identité, devenir soi-même en dehors du regard des autres, en faisant tomber les masques.

A voir absolument ! (le « trailer » est médiocre… mais il a le mérite de ne pas dévoiler l’histoire!)

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oct 25 2011

UN MARIAGE COMPLIQUÉ (HOLIDAY AFFAIR) 1949

Publié par Caroline dans films années 1940      

de Don Hartman  (1900 – 1958)

avec Robert Mitchum, Janet Leigh

(90 mn)

 

Jeune et ravissante veuve, Connie élève seule Timmy, son fils de six ans. Au moment de Noël, elle se rend dans un grand magasin pour faire de l’espionnage commercial. Steve, un des vendeurs, tombe sous le charme de sa cliente. Conscient de son attitude suspicieuse, il accepte malgré tout de lui rendre service au détriment de son poste.

Ma critique :

Une jolie histoire, des acteurs talentueux et charmants, Hollywood 1949… rien à ajouter, si ce n’est que les comédies romantiques d’aujourd’hui n’arriveront jamais à rivaliser !!

Le réalisateur Don Hartman n’a pas laissé un souvenir particulier dans l’histoire du cinéma (il n’a réalisé que 5 films), il était plutôt un homme de Broadway, mais cette comédie est vraiment brillante.

L’histoire veut que le film ait été une commande spéciale et urgente afin de « sauver » l’image de Robert Mitchum, alors impliqué dans une histoire de trafique de marijuana et menacé de prison. Il lui fallait donc un rôle de « gentil » (ce qui n’est pas si fréquent dans sa carrière), qu’il incarne avec tout son talent et sa désinvolture. Il adopte une attitude humble, paternaliste, tout en restant le beau Mitchum bourru légendaire !

Il faut dire qu’il est accompagné de l’adorable Janet Leigh, âgée de 22 ans (future épouse de Tony Curtis), ingénue et séduisante à souhait, et désarmante même pour un « macho » comme Robert Mitchum ! C’est d’ailleurs le succès de ce film qui lancera sa carrière… qui atteindra son apogée avec sa performance dans « Psychose » d’Hitchcock.

Le tout est donc vraiment distrayant, joli à regarder, sentimental sans pathos… Un bon petit moment de cinéma.

DVD aux Editons Montparnasse, EXTRAIT VIDEO


sept 28 2011

L’INQUIÈTANTE DAME EN NOIR (THE NOTORIOUS LANDLADY) 1962

Publié par Caroline dans films années 1960      

de Richard Quine (1920 – 1989)

avec Kim Novak, Jack Lemmon, Fred Astaire

(120 mn)

William Gridley, un jeune diplomate américain, est envoyé à Londres. A la recherche d’un appartement à louer en ville, il postule auprès de la ravissante Carlyle Hardwicke qui consent à lui céder l’appartement. Mais ce qu’il ignore, c’est qu’elle est le suspect numéro 1 du meurtre de Miles Hardwicke, époux de cette dernière, dont on n’a jamais retrouvé le corps.

Ma critique :

Richard Quine… suite ! Et apothéose, car ce film est cette fois complètement réussi, jubilatoire et farfelu, comédie parodiant le film noir (certains y voient d’ailleurs une parodie hitchcockienne).

L’équation est simple : ajoutez « L’adorable voisine » + « La panthère rose » et vous obtenez le parfait « L’inquiétante dame en noir » (titre français encore une fois assez nul !). Car il s’agit de l’ultime et très aboutie collaboration entre Richard Quine et Blake Edwards…

Ajoutez à ce duo une distribution ne laissant rien au hasard, avec des seconds rôles très stéréotypés (d’ailleurs l’Inspecteur loufoque de Scotland Yard, ne parvenant jamais à résoudre une affaire, est une ébauche de l’Inspecteur Clouseau joué par Peter Sellers dans la « Panthère Rose »).

Jack Lemmon, une fois de plus, parfait, génial. Un visage (souvent filmé en gros plans) qui parvient à changer d’expression en une seconde et nous faire passer du rire aux larmes, de l’angoisse au soulagement, de la méfiance aux sentiments les plus passionnés.

A ses côtés, un Fred Astaire inattendu, la soixantaine alerte, toujours aussi élégant (ah… sa démarche dans les couloirs de l’Ambassade, dans son immuable imperméable blanc), qui virevolte au milieu de cette comédie avec sa désinvolture et sa démarche dansante, soulignées par une caméra très mouvante.

Et ma plus grande surprise a été pour Kim Novak, qui m’a vraiment étonné tout au long de ces 2 heures. Richard Quine la filme évidemment dans toute sa splendeur, soulignant sa silhouette parfaite, son visage énigmatique de femme fatale et mystérieuse (leur collaboration remonte à 1954), mais il révèle aussi une femme espiègle, mutine, enjouée, à laquelle nous n’étions pas habitués (est-ce aussi pour cette raison que l’on a parlé de parodie hitchcockienne ?).

Le rythme de ce « chef d’œuvre » va crescendo. Quine prend d’abord le temps de nous détailler chaque situation, chaque personnage, pour finir, sur fond de musique de kiosque, au bord de la mer dans une maison de retraite, par partir dans tous les sens, avec des courses-poursuites loufoques, véritable apothéose !

Si vous n’avez pas encore vu cette perle rare, dépêchez vous (si vous habitez Paris, profitez du cycle Blake Edwards à la cinémathèque, la projection est prévue le 15 octobre).

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sept 25 2011

NEW-YORK MIAMI (IT HAPPENED ONE NIGHT) 1934

Publié par Caroline dans films années 1930      

de Frank Capra (1887 – 1991)

avec Clark Gable, Claudette Colbert, Walter Connolly, Alan Hale        

(105 mn)

Ellie Andrews, jeune fille gâtée, échappe à l’emprise de son père millionaire qui veut l’empêcher d’épouser un play-boy sans avenir.  En route pour New-York et obligée de se cacher, elle prend le bus et rencontre Peter Warner, journaliste au chômage, qui ne tarde pas à comprendre qu’il pourrait tenir là un de ses meilleurs « scoop ». Mais la route sera semée d’embûches pour l’un comme pour l’autre…

Ma critique :

Un commentaire pertinent sur mon blog m’a fait remarquer une grande lacune : pas d’article sur « It happened one night », qui est pourtant un bijou de comédie hollywoodienne, probablement le point de départ de toute cette tradition des « screwball comedy ».

C’est également le 1er film à remporter 5 oscars, en 1934. Petite production au départ, Capra voulait faire un film simple, sans prétention, et à petit budget. Ce fut un immense succès auprès du public… grâce au talent du réalisateur, porté par deux acteurs remarquables, des images magnifiques, un noir et blanc lumineux. Je pense tout particulièrement à la scène de la « traversée » de la rivière, scintillante, mais aussi au visage de Claudette Colbert, couchée sur la paille et auréolée par la lumière de la lune. Sublime.

L’actrice n’était pourtant absolument pas intéressée par ce tournage, bouclé en 4 semaines, sur sa demande. Et jusqu’à la surprise de l’Oscar, elle déclarait que c’était le plus mauvais film qu’elle ait jamais tourné !

Clark Gable n’était guère plus motivé, mais il pose déjà ici tout son futur personnage de Rhett Buttler dans « Autant en emporte le vent » tourné 5 ans plus tard (et j’y reviendrai !). Il est parfait en grand macho au cœur tendre, viril et charmant. Irremplaçable.

La dernière image de ce film adorable et bouleversant, avec la « chute des murs de Jericho » est une formidable trouvaille de Capra, très symbolique des mœurs hollywoodiennes et génialement filmé.

Du grand Art, à voir, et revoir, inlassablement…

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sept 20 2011

L’ADORABLE VOISINE (BELL, BOOK AND CANDLE) 1958

Publié par Caroline dans films années 1950      

de Richard Quine (1920 – 1989)

avec James Stewart, Kim Novak, Jack Lemmon, Ernie Kovacs

(105 mn)

Gillian est la plus séduisante des sorcières de Greenwich village. Intelligente, belle, elle tient sagement un magasin d’antiquités. Mais Gillian est triste en cette soirée de Noël, quand son regard croise son charmant et distingué voisin. Celui-ci étant sur le point de se marier, elle décide, aidée par son frère et sa tante, de l’envoûter. Très vite, elle ne rêve plus que d’une chose : devenir une femme comme les autres et être aimée sans avoir recours à la magie !

Ma critique :

Les remake de « Bewitched » ou autres peuvent aller se cacher à côté d’un film comme celui-ci (je ne parle évidemment pas ici de la série universellement connue des années 60, qui demeure un « must » et pour laquelle j’ai une affection toute particulière !).

Le thème de la sorcellerie au cinéma est certes largement exploité, mais avec Richard Quine (oui, le même que dans ma précédente « critique », mais chronologiquement antérieur dans sa carrière), on plonge carrément dans le domaine où il excelle : la comédie hollywoodienne, classique, charmante, loufoque à souhait (n’oublions pas d’ailleurs que Blake Edwards a longtemps été le scénariste de Quine) mais toujours pleine de tendresse.

Avec des acteurs merveilleux pour souligner tout son talent de réalisateur :

-       Kim Novak, à mon humble avis TOUT sauf « adorable » (selon le titre français, encore une fois à côté) : belle, troublante, mystérieuse, à la silhouette féline irréprochable, est parfaite.

-       James Stewart (oui, même couple et même année que le grand « Vertigo » de Hitchcock), gentleman innocent, obstiné, jouet naïf de cette famille de sorciers, mais qui, grâce à la magie ( !) de l’amour, dévoilera le côté humain de la belle sorcière…

-       Jack Lemmon, pas forcément dans son plus grand rôle, mais acteur fétiche de Quine (6 comédies ensemble), incarne un sorcier gentiment diabolique.

Les amateurs d’effets spéciaux seront évidemment déçus (mention spéciale au chat, dont le nom m’enchante « Pyewacket »), car il n’y a ici que du talent au service de la sorcellerie. Très peu de mouvements, pas d’agitation, presque jamais de lumière du jour, et encore moins de scènes d’extérieur. Economie de moyens pour un effet… ensorcelant ! Et grande symbolique des couleurs (devrais-je dire de la monochromie), avec notamment les tenues de Kim Novak, tout en noir au début, et en blanc à la fin !

Le titre original, bien plus satisfaisant, fait allusion à une phrase « rituelle » des sorciers pour mettre fin à un sort =

RING THE BELL

CLOSE THE BOOK

AND QUENCH THE CANDLE 

Nous sommes bel et bien au cœur de la magie de cinéma… Un film à voir absolument !

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sept 14 2011

DEUX TÊTES FOLLES (PARIS WHEN IT SIZZLES) 1964

Publié par Caroline dans films années 1960      

de Richard Quine (1920 – 1989)

avec William Holden, Audrey Hepburn, Tony Curtis, Mel Ferrer, Raymond Bussières

(110 mn)

Scénariste en panne d’idées, Richard Benson se voit attribuer, dans son hôtel parisien avec vue sur Tour Eiffel, une charmante secrétaire, Gabrielle Simpson. Leurs deux imaginations vont galoper et inventer toutes sortes de scénarios farfelus, allant du film d’espionnage au film historique, en passant par la comédie musicale et… la love story, qui sera leur propre histoire !

Ma critique :

Probablement le film d’Audrey Hepburn qui a été le plus souvent critiqué et mal accueilli, lui reprochant une absence de « scénario », son côté brouillon et mal dirigé.

Pourtant, n’est-ce pas justement tout ce que Richard Quine cherche à mettre en avant : la médiocrité grandissante des productions cinématographiques de l’époque, cette période charnière du début des années 60 ?

Il y a en fait 2 films en un : celui, classique, de la rencontre entre l’écrivain bourru et en mal d’écriture, avec la « secrétaire » pleine de vie, d’optimisme, leur histoire sentimentale, tendre, émouvante, et celui que l’on peut qualifier à première vue de loufoque, Richard Quine innovant alors dans le « nonsense », qui cache précisément toute cette dérision et cette critique acerbe.

Mais il y a aussi, en regardant plus attentivement, un véritable hommage à la carrière d’Audrey Hepburn, avec de très nombreuses allusions plus ou moins cachées à ses films, que je vous invite à deviner… « My Fair Lady », directement, puisque Audrey cite le personnage d’Eliza Doolitle, « Sabrina » par la distribution, puisque l’on sait que William Holden était tombé fou amoureux d’A. Hepburn pendant le tournage, et ne s’est jamais remis de leur rupture (la petite histoire prétend d’ailleurs que le tournage de « Paris when it sizzles » avait dû être interrompu en raison d’une dépression de W. Holden), « Breakfast at Tiffany’s »… Il y a même une apparition de Mel Ferrer, le mari d’Audrey à cette époque ! Et il y a surtout le charme, l’élégance, la légèreté d’Audrey Hepburn…magnifique.

Apparition, également, de Tony Curtis pratiquant magistralement l’auto-dérision avec un rôle « second rôle » alors que l’acteur est au sommet de sa gloire !

Je vous le dis, ce film fourmille de trouvailles, d’anecdotes et de références que l’on découvre… Peut-être à force de le regarder ?!

Richard Quine a tourné durant la même année « Une vierge sur canapé » et « Comment tuer sa femme », loufoques mais dans lesquels on reconnaît le savoir faire de Quine dans la comédie brillante et sophistiquée, tendre aussi, comme dans « L’adorable voisine » en 1958.

Et, cerise sur le gâteau, la voix de Frank Sinatra soulignant ce visage lumineux d’une Audrey Hepburn inoubliable :

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