LE TROISIEME HOMME (THE THIRD MAN) 1949
de Carol Reed (1906 – 1976)
avec Orson Welles, Trevor Howard, Joseph Cotten, Alida Valli
(95 mn)
La Vienne de l’immédiat après-guerre, dévastée par les bombardements, divisée en secteurs d’occupation alliée, avec ses rues désertes, ses mendiants aux aguets, ses trafics sordides. Holly Martins, un minable écrivain américain est venu y retrouver son vieil ami Harry Lime. Mais ce dernier a été tué dans un bizarre accident de voiture alors que la police semblait beaucoup s’intéresser à lui et à ses activités. Désireux d’en savoir davantage, Martins mène sa propre enquête, rencontre le major Calloway, le chef de la police de la zone britannique et Anna Schmidt, la maîtresse de Harry dont il s’éprend…
Ma critique :
Ecrit pour l’écran par Graham Greene, ce célèbre thriller britannique est presque aussi parfait que les plus grands d’Hollywood.
Tourné dans les décors authentiques d’une Vienne dévastée, en ruine mais gardant encore toute sa beauté, la caméra nous donne le vertige, tout autant que la musique (d’Anton Karras) qui l’accompagne et nous font vaciller : tous les plans sont filmés en oblique, comme si tout allait basculer, s’effondrer. Et la cithare souligne sans cesse l’intrigue, lancinante, envoûtante, se faisant tantôt discrète tantôt primordiale.
Orson Welles est présent quelques minutes seulement, mais c’est évidemment lui que l’on retient. Et sa phrase mémorable (ajoutée par lui, sous l’impulsion du moment) mérite d’être notée :
« L’Italie a connu 30 ans de terreur sous les Borgia, mais ça a donné Michel-Ange, Leonardo da Vinci, la Renaissance. La Suisse a connu la fraternité et 500 ans de démocratie et de paix. Et ça a donné quoi ? the coucou clock !!! » ; toute la personnalité, tout le jeu du héros se trouvent révélés par cette phrase.
Un film au mystère gothique et au romantisme mélancolique, déroûtant et fascinant.

Visiteurs
1 février 2008 à
Quand on a habité quelque temps en Suisse, la réplique d’Orson Welles a une saveur particulière !?!
Le film est envoutant et déroutant, tous les rôles ont plusieurs facettes, sur fond de catastrophe sanitaire très moderne… On pourrait faire un remake contemporain en Irak ??