LA FLECHE BRISEE (BROKEN ARROW) 1950

de Delmer Daves (1904 – 1977)

avec James Stewart, Jeff Chandler, Debra Praget      

(95 mn)

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Arizona, 1870. La guerre fait rage entre les Blancs et les Apaches. Ancien éclaireur, Tom Jefford apprend patiemment le chiricahua, puis part dans les montagnes rencontrer le chef Cochise pour faire des propositions de paix. Hôte du camp apache, il s’éprend d’une Indienne d’une merveilleuse beauté, Sonseeahray. De retour àTucson, Tom annonce les premières promesses de Cochise à la population incrédule : les courriers seront autorisés à traverser son territoire.

Ma critique :

« Broken Arrow » est un film majeur dans l’histoire du western américain, et marque un réel tournant, en changeant (ou du moins en essayant) l’idéologie concernant les indiens. Il est considéré comme le premier film d’indiens s’efforçant de donner une vision différente des 1ers américains et de leur lutte contre l’envahisseur blanc. La grande nouveauté consiste à décrire les deux univers sans jamais prendre parti pour l’un ou l’autre. Même l’ONU a rendu hommage à ce film parce-qu’il présente un monde où les gens en conflit savent se respecter.
Les héros sont simples, généreux, mais luttent contre des moulins à vent, et la meilleure bonne volonté du monde arrive difficilement à bout de la haine et des rancoeurs.
Le réalisateur, Delmer Daves, a un style moins « composé » que Ford, moins violent ou dramatique, avec des plans souvent très longs. J’ai presque envie de le rapprocher d’un réalisateur comme Frank Borzage (dont j’ai beaucoup parlé), dans le sens de la sensibilité et de l’approche des conflits ou de la détresse des hommes. Et comme chez Borzage (et là, c’est encore plus étonnant puisqu’avec Daves on se trouve dans le « Western »), il accorde une place importante aux personnages féminins. Ce sont elles qui expriment la morale. Ses scènes d’amour sont sublimes (celle au bord du lac notamment), Delmer Daves excelle dans l’art de montrer la tendresse, la douceur (là encore, un peu comme Borzage ).
Non seulement ce film est un tournant dans l’histoire cinématographique, mais aussi dans la carrière de James Stewart qui aborde pour la 1ère fois le Western, et évolue vers des rôles plus sombres et plus complexes que ceux dans lesquels on a eu l’habitude de le rencontrer (chez Capra ou Lubitsh). On (re)découvre un très grand acteur, inégalable peut-être, dans son interprétation des moments de colère, de révolte, de violence réprimées. Son regard dans la scène finale est remarquable, extraordinaire !
Les westerns de Daves ont une âme et une force particulières (apogée avec « 3h10 pour Yuma »), ce sont des œuvres d’une grande justesse (il faut dire que Daves, étant encore un jeune étudiant, est parti vivre et étudier la culture et le peuple indien, qu’il a vécu parmi eux plusieurs mois, et qu’il a vraiment cherché à comprendre). Il veut combattre toute idée de racisme, de supériorité raciale. Son credo est le suivant :
« Comprendre, c’est aimer ».


Un commentaire pour “LA FLECHE BRISEE (BROKEN ARROW) 1950”

  • Jacques dit:

    Comme quoi, avant de regarder certains films, une présentation du contexte de sa réalisation est particulièrement utile ! Merci !
    Souvenir d’un James Stewart parfait, à qui on aimerait bien ressembler : la classe…

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