LE SECRET MAGNIFIQUE (THE MAGNIFICIENT OBSESSION) 1954
De Douglas Sirk (1900 – 1987)
avec Jane Wyman , Rock Hudson , Agnes Moorehead
(110mn)

Riche play-boy jouisseur et cynique, Bob Merrick, victime d’un accident en hors-bord dû à son imprudence, a été ramené à la vie grâce à un inhalateur emprunté au docteur Wayne Phillips. Mais il a involontairement causé la mort de ce dernier, terrassé par un malaise cardiaque et qui conservait toujours son inhalateur avec lui. Se sentant coupable, Merrick tente de se racheter en proposant un chèque de 2 500 dollars à Helen, la veuve du médecin disparu dont l’hôpital doit faire face à de graves échéances. Mais Helen refuse son offre. La maladresse du jeune homme provoque un nouvel accident dont, cette fois, Helen sortira aveugle. Merrick rencontre alors un ami du docteur Phillips, Edward Randolph, qui l’initie à l’idéal altruiste sur lequel le médecin disparu avait basé sa vie.
Ma critique :
Douglas SIRK, le réalisateur de ce film, est à mon avis, aujourd’hui, l’un des plus grands auteurs du cinéma mélodramatique hollywoodien, pour ne pas dire LE plus grand, le maitre incontestable. Et j’aurai l’occasion sur ce Blog d’en parler à plusieurs reprises…
Pour comprendre les films de Sirk, il faut avant tout savoir qu’il est un poète du cinéma, un peintre en technicolor et cinémascope, un artiste génial. Et il faut également méditer sur la phrase qui a influencé toute sa carrière, lue dans l’Evangile selon Saint-Paul, selon laquelle tant que l’on est en vie, on voit obscurément, comme dans un miroir, mais une fois au Royaume des Cieux, tout devient clair. J’y reviendrai dans sa biographie, mais pour réellement bien appréhender l’œuvre de Sirk (et à plus forte raison ‘The magnificient obsession ») il faut commencer par connaître l’homme.
Ici, Douglas Sirk aborde directement le sujet de l’aveuglement. Mais il va beaucoup plus loin que l’aveuglement physique, causé par l’accident au début du film. C’est de l’aveuglement moral dont il est avant tout question, et Rock Hudson (dont il fera une star, et son acteur fétiche), interprète magistralement cet homme aveuglé par son orgueil, puis littéralement illuminé par la suite, et ouvrant enfin les yeux…

La beauté de la « photo », qui deviendra la marque de fabrique de Sirk, les plans de caméra volontairement prolongés, sont déjà bien en place. Douglas Sirk est un cinéaste du regard.
Et ceux qui parleront ici de « 2nd degré » sont probablement ceux qui refusent de s’émouvoir face à ce genre de film mélodramatique. Il n’y a pas de 2nd degré chez Sirk : juste une profonde sincérité, une foi, une croyance.
Et ce « Secret Magnifique » qui nous intrigue tout au long du film, se révèle splendide, éblouissant.
A noter la présence de l’actrice Agnès Moorehead (souvent présente dans les films de Sirk), dans le rôle de l’infirmière…à des années lumières de son rôle d’Endora dans « Bewitched » (Ma sorcière bien-aimée), la série culte des années 1960!
Visiteurs
27 mai 2008 à
Ah, ça c’est vraiment un beau film…
La rédemption improbable de Rock Hudson est très émouvante, et il n’est guère possible d’oublier ces superbes images.
Et la flamboyante Endora est parfaite en infirmière incorruptible.
On attend donc avec impatience l’article sur Douglas Sirk !
28 mai 2008 à
Je n’ai jamais vu Le Secret Magnifique, mais après avoir largement entendu parler de Douglas et d’Hudson, j’imagine la beauté du film.
15 juin 2008 à
Eh bien, ce Bob Merrick porte la poisse visiblement!
Ton article, comme d’habitude, donne envie de voir le film!!! Et d’apprendre à mieux connaître ce merveilleux Douglas Sirk.