DEBORAH KERR

30 septembre 1921 – 16 octobre 2007

Surnommée « la Rose anglaise d’Hollywood », Deborah Kerr est aujourd’hui considérée comme une des plus grandes Stars hollywodiennes des années 50.
Sa carrière débute en Angleterre (elle est née en Ecosse), au théâtre, puis au cinéma dans des films mineurs.
C’est une de mes actrices « fétiches » (juste après Audrey Hepburn… elles ont d’ailleurs en commun leur rêve de jeunesse : être danseuse classique) car elle représente distinction et talent, discrétion et force de caractère, atouts plutôt rares dans ce métier !

En 1947, elle obtient le « Prix des Critiques de New-York », grâce au film britannique de Michael Powell « Le narcisse noir » (voir article blog), dans lequel elle incarne une religieuse bouleversante. Sa carrière est ainsi lancée, et elle signe un contrat avec la MGM.
Mais D. Kerr est exigeante, non seulement envers son métier, mais aussi envers elle-même. Au début des années 50 elle tourne de nombreux films d’aventures (« Les mines du roi Salomon » ou « Le prisonnier de Zenda »), essaye le Péplum (« Quo Vadis »), et pourtant, elle n’est pas du tout satisfaite de sa carrière, lui offrant selon elle des rôles de second plan, toujours dans l’ombre d’hommes tenant le rôle principal.
C’est alors qu’elle est engagée, en 1953 (année où elle s’installe définitivement aux Etats-Unis), par Fred Zinnemann pour tourner le très célèbre « Tant qu’il y aura des hommes » (voir article). Le réalisateur voulait précisément Deborah pour ce rôle ambigu, car l’image que l’actrice renvoyait à l’écran (et sa personnalité même) allait à l’encontre du personnage. Ainsi, le public allait être intrigué, aurait envie d’aller plus loin dans l’histoire…et le talent immense de D. Kerr ferait le reste ! Elle tourne donc aux côtés de Burt Lancaster, Montgomery Clift, Frank Sinatra, et brise enfin son image de femme effacée et un peu trop lisse. La fameuse « scène du baiser » échangé dans les vagues avec B. Lancaster reste gravée à jamais dans la mémoire de tous les cinéphiles dignes de ce nom !
Immense succès de « Tant qu’il y aura des hommes », mais l’intelligence et la pudeur lui évitent de tomber comme tant d’autres dans l’ivresse du succès (à tel point que nous savons d’ailleurs peu de choses sur sa vie privée, et lorsqu’elle est morte, il y a un an, beaucoup ignoraient qu’elle avait vécu jusque là !).
En 1956, elle va nous étonner de nouveau avec « Le Roi et moi », essayant ainsi un nouveau genre, la comédie musicale, et s’y montrant parfaite, une fois de plus, dépassant presque son partenaire Yul Brynner.
Ce sont ses « années fastes », durant lesquelles elle va enchainer les tournages, de grands et beaux films, avec de grands partenaires comme Robert Mitchum (qui dira qu’elle était « une actrice de génie et une partenaire de choix »), Gregory Peck, Cary Grant, Kirk Douglas etc…
En 1964, elle tourne avec Richard Burton dans « la nuit de l’iguane », film impressionnant, au milieu duquel elle nous apparaît tel un ange, au visage lumineux, au regard pur, passant au travers d’une atmosphère décadente et sulfureuse sans être affectée.  A l’image de sa vie…
Elle souhaite alors se retirer des plateaux de tournage, et ne tournera plus que quelques films mineurs.
Ce n’est qu’en 1994 qu’Hollywood lui décerne un « Oscar d’Honneur » pour l’ensemble de sa carrière ! Un hommage émouvant, certes, mais bien tardif !

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Filmographie sélective (et personnelle) :

1947 – Le narcisse noir (Black narcissus)
1950 – Les mines du roi Salomon (King Solomon’s mines)
- Quo Vadis ?
1952 - Le prisonnier de Zenda (The prisoner of Zenda)
1953 – Tant qu’il y aura des hommes (From here to eternity)
1956 – Le Roi et moi (The King and I)
1957 – Bonjour tristesse
- Dieu seul le sait (Heaven knows, Mr Allison)
- Elle et Lui (An affair to remember)
1958 – Le voyage (The journey)
1959 – Un matin comme les autres (Beloved infidel)
1960 – Ailleurs l’herbe est plus verte (The grass is greener)
1964 – La nuit de l’iguane (Night of iguana)


3 commentaires pour “DEBORAH KERR”

  • Jacques dit:

    Ton clip vidèo est extrêmement émouvant, comme Déborah…
    Quelle est la musique ??
    Une réflexion qui me vient : différemment de certains autres acteurs, je me dis à chacun des rôles de manière indépendante que Deborah Kerr a interprété : quelle magnifique actrice, sans forcément la relier à ses autres films. Elle avait le chic, le charme et a priori la modestie de ne pas faire d’abord du « Deborah Kerr », mais de se couler dans ses personnages… Une toute grande, décidemment…

  • Caroline dit:

    Pour info, la musique est celle du film « An affair to remember », of course!!!

  • Emerson dit:

    Eh bien ! Un article sur Deborah Kerr avant Audrey Hepburn !
    Dans la vidéo, c’est vrai qu’elle semble avoir eu plusieurs vies ; comme le dit Jacques, elle se coule dans ses personnages.

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