3H10 POUR YUMA (3:10 TO YUMA) 1957

de Delmer Daves (1904 – 1977)

avec Glenn Ford , Van Heflin , Felicia Farr , Leora Dana

(90 mn)


Ben Wade et sa bande attaquent une diligence et raflent le coffre rempli d’or qu’elle transportait. En tenant de s’interposer, le cocher est tué. Accompagné de ses deux fils, Dan Evans, un éleveur de la région, a assisté impuissant à la scène. Embrigadé dans la patrouille que le shérif du lieu constitue pour retrouver les bandits, Dan réussit à capturer Ben Wade, qui s’était attardé au saloon de la ville avec Emmy, la jolie serveuse… Butterfield, le propriétaire du coffre volé, offre une prime de 200 dollars à qui conduira le prisonnier dans le train pour Yuma. Dan, qui a un grand besoin de cet argent à cause de la sécheresse qui menace de ruiner sa ferme, accepte la mission….

Ma critique :

Probablement LE plus beau western de tous les temps (à ne surtout pas confondre avec celui de James Mangold, remake de 2008 !). Mais la question est : entre-t-il dans la catégorie « Western » ? ne serait-ce pas plutôt une allégorie du Western?
Certains ont parlé de « sur-western », car c’est un film atypique, mêlant drame psychologique (voire psychanalytique), dépouillement de la mise en scène et de la photo, à une grande « douceur », une pureté tout à fait étonnante.
Tourné volontairement en noir et blanc (et en extérieur, à Sedona, Arizona) afin d’accentuer l’effet de tension et d’aridité, D. Daves se montre ici dans son style le plus « abouti ».
J’ai déjà eu l’occasion de parler de ce cinéaste dans mon blog avec un autre western « La flèche brisée » en 1950 et j’avais cité la phrase qui selon lui est à la base de toutes les relations humaines : « comprendre c’est aimer ». En cela, ses films sont philosophiques, car Daves cherche à faire passer un idéal universel : connaissance, compréhension, éducation.
Dans « 3 :10 to Yuma », deux hommes aux caractères, aux vies, aux aspirations totalement opposés vont apprendre à se connaître et, finalement, s’admirer. Glenn Ford, sans aucun doute dans son plus beau rôle, en bandit arrogant, bavard, intelligent, va tenter par tous les moyens de faire « craquer » un Van Heflin prodigieux, dont le visage (pratiquement toujours filmé en très gros plan), nous montre le combat intérieur qui l’occupe, pour finalement s’illuminer quand son cœur et sa morale triomphent.
On regarde ce film dans un climat de tension extrême, de la première à la dernière minute.
C’est une vraie réflexion sur la droiture, l’héroïsme, l’honnêteté, et le sublimissime final, très symbolique, est littéralement bouleversant.
« 3 :10 to Yuma » ne pourra jamais se démoder car son message restera toujours actuel et universel.

Image de prévisualisation YouTube

Magnifique chanson du générique, par le grand Frankie Laine


5 commentaires pour “3H10 POUR YUMA (3:10 TO YUMA) 1957”

  • Emerson dit:

    Encore une fois, pas vu !
    Mais il a une immense réputation.
    Belle review, très philosophique =)

  • Jacques dit:

    Souvenirs finalement un peu embrumés de l’histoire et des personnages de ce film pourtant hautement…mémorable !!!
    Le générique est superbe !! (ainsi que ta critique sur le combat de deux intelligences et de deux morales…).
    A ajouter à la liste des « à revoir absolument » !!!

  • Jacques dit:

    ça y est !! Je l’ai revu !!! Vraiment fantastique… Et mes souvenirs étaient totalement embrumés… Merci de m’avoir donné l’occasion de savourer ce grand moment de cinema !!

  • Clém dit:

    Le titre m’a interpellée car j’ai failli louer « 3h10 pour Yuma » l’autre jour…. mais c’était en fait celui de 2008!!! Tu l’as vu pour faire la comparaison?
    Malheureusement on ne trouve pas souvent ces « vieux » chefs-d’œuvre hollywoodiens dans nos locations de DVD…
    Très belle critique!

  • COWBOY (1958) | Films et Acteurs dit:

    [...] Certes, l’émotion, le suspens, l’intensité dramatique peuvent sembler fades à côté d’un « 3h10 pour Yuma » ou « La flèche brisée » auxquels Delmer Daves nous a [...]

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