LES GRANDS ESPACES (THE BIG COUNTRY) 1958
de William Wyler (1902 – 1981)
avec Gregory Peck , Jean Simmons , Carroll Baker , Charlton Heston , Burl Ives , Charles Bickford
(185 mn)
Venant de Boston, James McKay, ancien marin, arrive dans le petit village de San Rafael, au coeur de l’Ouest américain, pour y retrouver sa fiancée Patricia, fille du major Terrill, gros propriétaire de la région. Une terrible rivalité oppose ce dernier à l’éleveur Hannassey : tous deux désireraient s’emparer d’une petite bande de terre, Big Muddy, contenant la seule source d’eau potable de la contrée. Les rudes coutumes de l’Ouest heurtent beaucoup McKay, soucieux de conserver une stricte neutralité dans le pays. Il s’attire pourtant la haine de Leech, le contremaître du ranch Terrill, secrètement amoureux de Patricia. Au cours d’une randonnée, McKay rencontre Julie Maragon, l’institutrice propriétaire de Big Muddy et tombe amoureux d’elle.
Ma critique :
Ce film mérite sa place parmi tous les autres, même s’il a été beaucoup critiqué, ne serait-ce que parce qu’il représente « l’anti-western » par excellence.
Anti-western, car il est tout simplement une critique du Western, prônant la non-violence. Il faut ici préciser que le film est produit par Gregory Peck (en association avec W. Wyler), qui lançait sa propre maison de production afin, justement, de pouvoir mieux choisir les sujets de ses films, et mettre en avant son engagement personnel contre la violence.
Il se distribue évidemment le rôle principal, celui du héros qui refuse d’être héroïque, le sympathique marin bostonien débarquant dans ce Texas aride et violent qui ne veut pas se battre ni se servir de son pistolet pour régler les problèmes.
Pourtant le tournage va s’avérer plus difficile que prévu car l’entente entre les deux amis (Wyler et Peck) devient vite houleuse. Lors d’une interview au sujet de « The big country », Peck a déclaré : « Nous avions des problèmes de scénario. Mais un jour, Wyler m’a littéralement insulté. Après tant d’années de collaboration, je me suis senti trahi ».
Il faut dire aussi que tout le film est tourné en décors naturels, à Red Rock Canyon, sous une chaleur torride ! Mais cela donne pour nos yeux de spectateur de superbes images , une ampleur, une impression d’immensité collant parfaitement au sujet et, pour une fois, au titre (non seulement le titre original, mais aussi sa traduction française, fait rarissime !). L’impression de lenteur que beaucoup reprochent à ce film en fait au contraire tout son charme. La scène de la bagarre entre G. Peck et Charlton Heston (qui accepte ici un 2nd rôle peu sympathique, ce qui est tout à son honneur !), filmée longuement, avec de grands « plans » de caméra est prodigieusement moderne.
Au final, « The big country » est un film attachant, tout en contraste…et à voir, ne serait-ce que pour le magnifique Gregory Peck !



Visiteurs
14 novembre 2008 à
Une très bonne année cinématographique, 1958…..
Je ne me souviens plus du tout de la fin…, mais des diverses oppositions entre l’homme de l’est, Boston, la mer et les hommes de l’ouest, le Texas, la terre, et celle entre 2 supers acteurs, notre bienaimé Gregory Peck, et Ch. Heston, celle aussi entre les 2 femmes l’une d’action l’autre de culture, ou encore entre les 2 familles aux valeurs si contrastées… Un grand film !
21 novembre 2008 à
Pas vu – je commence à avoir honte… – mais entre William Wyler (un autre réalisateur important dans ce blog il me semble !) et Gregory Peck, ça peut difficilement être mauvais. De plus, très « gandhiesque », prônant la non-violence.
11 décembre 2008 à
Je ne savais pas que Gregory Peck avait produit des films!
Décidément, il n’a fait que des choses bien ce beau Gregory!
10 mars 2009 à
Un superbe western “moderne” américain.Un des derniers chefs d’oeuvre hollywoodiens du genre (avant les abominables westerns spaghetti italiens!),avec de grands noms du cinéma! Réalisateur, acteurs, musique: tout est de qualité dans ce film dépouillé et grandiose (comme son titre).Antagonisme entre le ciel et la terre,(soleil et poussière), les blonds (Caroll Baker, Charlton Heston )et les bruns (Jean Simmons,Grégory Peck),entre le raffinement et la violence l’élégance et la rusticité,l’ordinaire et le sublime.A voir absolument pour se faire une opinion, mais surtout pour se faire plaisir! Les premières images du film (course d’une diligence à travers les grands espaces sur une musique innoubliable )vous mettent immédiatement en condition. J’avais 12 ans quand je l’ai vu pour la première fois.50 ans plus tard ces images sont toujours dans mes yeux et la musique dans mes oreilles !…
24 décembre 2010 à
Gigantesque !