BEN HUR (1959)


de William Wyler (1902 – 1981)

avec Charlton Heston , Jack Hawkins , Stephen Boyd , Haya Harareet, , Hugh Griffith

(210 mn)


Judas Ben-Hur, prince de Judée, et sa famille accueillent dans leur demeure un ami d’enfance, Messala, venu prendre la tête de la garnison de Jérusalem. Ben-Hur et Messala, tout à la joie de se retrouver, boivent ensemble à leur amitié. Mais leurs caractères se heurtent : Ben-Hur ne pense qu’à la liberté pour son peuple, Messala ne voit que l’incomparable grandeur de Rome. Quelques jours plus tard, la soeur de Ben-Hur fait tomber accidentellement une tuile sur le cortège du nouveau gouverneur romain. Ben-Hur et sa famille sont emprisonnés sur ordre de Messala. Envoyé aux galères, Ben-Hur sauve, au cours d’un abordage la vie du capitaine Quintus Arrius qui décide, pour le remercier, de le prendre sous sa protection.

Ma critique :

Je termine la « décennie » 1950, comme il se doit, par LE monument cinématographique : le gigantesque « BEN HUR » !
Le film aux 11 Oscars, le plus cher (15 millions de dollars), le plus long (3h20) et sans aucun doute le plus célèbre.
Fin des années 50 : les studios MGM sont au bord de la faillite (la télévision  commençait alors à détrôner le cinéma). Il fallait absolument trouver une solution. La tradition des studios voulait alors que l’on « reprenne » un grand succès antérieur. Ce sera donc Ben Hur, déjà tourné en 1926.
Beaucoup pensent que le personnage de Ben Hur vient de la Bible, mais il fut inventé par un général de la guerre de Sécession qui écrivit un roman en 1876 intitulé « Ben Hur, a tale of the Christ ». Il invente ce prince de Judée, et la trame de l’histoire devient en fait une guerre entre deux êtres : l’un juif, l’autre romain.

La MGM se tourne vers William Wyler, qui a tourné dans les années 50 « Roman Holiday » et « The big country » (entre autres !), et qui rêvait alors de faire un film « à la Cecil B. DeMille » (« Les 10 commandements »), un film large public. Il se lance dans l’aventure avec enthousiasme et toute l’équipe part pour Rome, avec pour mission de sauver la MGM !
On ne peut, aujourd’hui, imaginer le gigantisme que représentait le tournage d’un tel film (on ne possédait pas alors les moyens numériques employés actuellement pour les trucages et montages !). Et le perfectionnisme de Wyler ne laissait rien au hasard. Certains décors demandèrent un an de travail avant de pouvoir tourner une scène. La reconstitution de la ville de Jérusalem couvrait plusieurs milliers d’hectares.
Le choix de Charlton Heston fut aussi celui de Wyler, qui venait de tourner « Les grands espaces » avec lui. La MGM voulait au départ Paul Newman, puis Marlon Brando, et même Rock Hudson qui refusèrent. Aujourd’hui, on ne peut imaginer un autre visage que celui de C. Heston pour incarner magnifiquement Ben Hur.
Aussi perfectionniste que Wyler, on raconte qu’Heston s’entraina pendant une année, chaque matin, pour la scène de la course de chars. Si bien qu’à la fin, il savait manœuvrer un char romain (350 kg !) aussi bien qu’un professionnel, et ne sera doublé que pour quelques scènes jugées trop dangereuses.
La pression était énorme sur ce tournage, pas uniquement parce qu’il s’agissait de « sauver » hollywood, mais aussi d’un point de vue religieux, car les ligues de censure surveillaient de près le tournage. Dans cette version de 1959, la conversion de Ben Hur au catholicisme reste plus vague que dans le livre ou dans la version filmée de 1926. Wyler l’a voulu plus implicite et a préféré souligner la fraternité entre les hommes.
Il attribua cependant beaucoup d’importance à la représentation du Christ. Il disait que c’était un réel défi à relever, et comme en toutes choses, W.Wyler relève ce défi avec toute sa dignité :
« Dans les scènes où doit apparaître le Christ, le meilleur des hommes, j’ai fait en sorte qu’on le voit de dos et que ce soit plutôt la réaction des autres personnes à son égard qui soit filmée. On croit Le voir, entendre Sa voix, mais ce n’est pas le cas. »

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(probablement la plus belle scène, à mes yeux, du film…)

Le succès fut tel que nous le connaissons encore maintenant (les 15 millions de budget rapportèrent au final 80 millions de dollars….la MGM était sauvée !).
Grâce à William Wyler, « Ben Hur » n’est pas seulement un grand Péplum de fiction : il est plein de vie, d’humanité, et comme dans tous ses films, les personnages sont poussés pas des émotions fortes. Il demeure à ce jour une des plus grandes réussites des studios hollywoodiens, par sa splendeur envoûtante et sa majesté.


Un commentaire pour “BEN HUR (1959)”

  • Jacques dit:

    Décidément cette année 1959 recèle bien des trèsors cinématographiques… On ne lasse pas de revoir Ben-Hur avec toutes ses tensions et ses émotions relevant à la fois du grand spectacle mais aussi de l’intime et du mystique… Ton extrait m’avait également frappé lors de mon dernier « visionage »… Merci…

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