DIAMANTS SUR CANAPÉ (BREAKFAST AT TIFFANY’S) 1961
de Blake Edwards (1922- )
avec Audrey Hepburn , George Peppard , Patricia Neal
(115 mn)
Holly Golightly n’a qu’une passion: les bijoux. Il ne se passe pas de nuits sans qu’elle fasse un arrêt devant la vitrine de Tiffany’s, le célèbre joaillier de la Cinquième Avenue… Sa vie trépidante et ses goûts fantasques surprennent son voisin de palier, l’écrivain Paul Varjak. Elle provoque la fureur de son autre voisin, le Japonais Yumoshi, fatigué par ses « parties » bruyantes jusqu’à une heure avancée de la nuit Toutes les semaines, Holly rend visite au gangster Sally Tomato dans la prison de Sing-Sing qui lui remet des messages « météorologiques » à porter à ses complices. Varjak commence à s’intéresser à cette curieuse jeune femme, à tel point qu’il délaisse sa maîtresse, Edith, la jolie décoratrice qui l’entretient. Mais Holly ne veut épouser qu’un homme riche…
Ma critique :
Film mythique, intemporel, illuminé par la présence de cette actrice sublime, véritable icône d’un style incomparable.
En portant à l’écran le court roman de Truman Capote (écrit en 1958), Blake Edwards transforme une féroce satire de certains milieux bourgeois new-yorkais en un véritable « bijou » de sophistication, une histoire charmante et drôle, sans toutefois oublier le côté poignant de la désillusion.
Truman Capote considérait Marilyn Monroe comme l’incarnation absolue de Holly Golighty, et regretta toujours le choix d’Audrey Hepburn. Pourtant, aujourd’hui encore, qui d’autre pourrait aussi bien incarner ce personnage à la fois mélancolique et léger, d’une fraicheur surprenante, avec cette classe incomparable, ce charme qui n’appartiennent qu’à Audrey !
La critique du journal « Variety », lors de la sortie triomphale du film sur les écrans, résume parfaitement ce sentiment :
« Le plus attirant dans Breakfast at Tiffany’s, c’est son héroïne Holly Golighty, esprit libre et charmant, extravagant et amoral, à l’âme secrètement romantique. En la personne pétillante d’Audrey Hepburn, elle prend vie avec fougue à l’écran. »
Et Audrey Hepburn prend dès lors une place inébranlable dans le cœur et l’esprit du public.
Le générique du début constitue à lui seul une scène anthologique : Holly, au petit matin, en tenue de soirée devant la vitrine du célèbre joalilier Tiffany, dégustant un pain aux raisins et un café, sur la 5è Av. encore déserte, accompagnée par la merveilleuse musique d’Henry Mancini…
Mancini reçut d’ailleurs l’Oscar de la Meilleure B.O pour le film, et celui de la Meilleure Chanson pour « Moon River ».
Là encore, A. Hepburn est parfaite dans son interprétation, et Mancini disait que parmi les milliers de versions de cette chanson qui seront reprises par la suite, celle d’Audrey reste de loin la meilleure.
De nature plutôt introvertie, l’actrice prétendait que le rôle de Holly, très extrovertie, avait été difficile à jouer. Elle ajoutait, avec tout son humour discret et enjoué, que les deux scènes les plus pénibles avaient celle du générique, car elle détestait par dessus tout manger des pains aux raisins, et celle où elle devait jeter « Le Chat » sous la pluie battante, ce qui lui fendait le cœur !
Une mention spéciale, d’ailleurs, pour « Le Chat » (n’oublions pas que nous sommes à Hollywood), qui obtient le fameux « Patsy Award » pour sa prestation dans le film (award spécial pour les animaux !).
Un « bémol » toutefois (mais léger) concernant le personnage de Mickey Rooney, le voisin japonais, superflu et bien trop caricatural (certains ont même parlé de racisme gratuit !), n’ajoutant vraiment rien au film, si ce n’est quelques moments d’agacement.
Breakfast at Tiffany’s est un film qui marque lui aussi ce début de l’évolution qui sera celle du cinéma des « sixties », en offrant une comédie novatrice, aux allures déjantées, prodigieusement loufoque.
A noter quelques phrases cultes d’Holly :
« You look très distingué » !
« Quelle night ! » (à sa sortie de prison)
Je pourrais parler des heures de ce film , mais vais simplement vous dire :
A VOIR, REVOIR, écouter, regarder avec des oreilles et des yeux neufs à chaque fois, encore et encore… sans jamais se lasser !


Visiteurs
8 février 2009 à
Moi, j’aime bien M. Yamoshi..lol… Sans doute que de mettre M. Rooney sur l’affiche, c’était chic… Et mention aussi au très élégant Jose Luis de Villalonga…
Je ne savais pas qu’il existait des « Patsy Award » ! C’est vrai qu’ils lui font passer un mauvais 1/4 d’h à ce pauvre chat !! Et les « phrases cultes » sont délicieuses !
Difficile de passer sur la 5ème Avenue devant la vitrine de Tiffany’s sans penser à ce merveilleux film et à la si extraordinaire Audrey (et finalement à toi, car le rôle aurait très bien pu t’aller, non ??)
9 février 2009 à
Pour info… Mickey Rooney et Blake Edwards étaient très copains (ils ont été « roommates »), et la carrière de Rooney dans les années 60 était un peu « dans le creux de la vague »… Son pote lui a donné un rôle pour le relancer un peu!
Et moi, j’aime les pains aux raisins (et Tiffany’s!).
Merci pour tous ces comm!
17 février 2009 à
Je « skippe » un peu tes dernières reviews, déjà pour prétendre que je n’ai pas de retard =), mais surtout pour commenter CE film. Après les James Dean, « Breakfast At Tiffany’s » est sans l’ombre d’un doute mon film préféré dans ceux que tu as critiqués jusque là !
Un après-midi de mauvais temps à Paris, ce n’était pas gagné que je l’aime, et pourtant, je le considère comme un vrai CHEF D’OEUVRE. Audrey Hepburn est fabuleuse – et ce George Peppard qui ne semble pas très connu (?), n’est pourtant pas mal non plus !