PASSION FATALE (THE GREAT SINNER) 1949
De Robert Siodmak (1900 – 1973)
avec Gregory Peck, Ava Gardner, Melvyn Douglas
(105 mn)

Parti pour effectuer un long séjour à Paris, Fédor, un écrivain russe, rencontre dans le train la fascinante Pauline Ostrovski. Il décide d’interrompre son voyage initialement prévu afin de ne pas la quitter à Wiesbaden. Pauline y retrouve bientôt son père, le général Ostrovski, qu’une dévorante passion du jeu enchaîne tous les soirs au casino de la ville. Le militaire, presque ruiné, est pour ainsi dire contraint d’accorder la main de sa fille au directeur du casino, Armand de Glasse. Bien résolu à sauver Pauline de ce triste sort, Fédor tente lui aussi sa chance au jeu. Il se trouve rapidement pris par la fatale et infernale passion.
Ma critique :
En ce mois de novembre durant lequel une chaine du câble diffuse « une Intégrale dédiée à un pur héros », c’est-à-dire une « rétrospective Gregory Peck » très lacunaire (Peck ayant tourné une 50aine de films) et bien tardive pour un hommage digne de ce nom puisque son décès remonte à juin 2003… (http://tcmcinema.fr/programmes/2009/10/28/integrale-gregory-peck/) je reviens, le temps d’un film, aux années 40 !
Très peu diffusé, jamais sorti en DVD en France, « The Great Sinner » est pourtant un film qui ne laisse pas indifférent.
Automne 1948. La MGM est en pleine gloire, et veut célébrer dignement ses « 25 ans » en produisant un film fastueux. Elle engage 2 scénaristes pour imaginer une histoire (très) librement inspirée du roman de Dostoïevski « Le joueur », et charge Robert Siodmak (plutôt spécialisé dans le « film noir ») pour le mettre en scène.
Gregory Peck accepte immédiatement le rôle de Fédor (Dostoïevski !), romancier fasciné, et rapidement possédé, par l’univers du jeu. Ava Gardner, d’une beauté prodigieuse lui donne la réplique en interprétant Pauline, ange et démon.

Le couple est sublime, les décors très kitsch valorisés par une belle photographie, les scènes romantiques complètement surréalistes et la passion du jeu (mise en parallèle avec l’histoire d’amour) parfaitement transposée à l’écran, à tel point que nous sommes parfois surpris par cette fièvre qui nous prend et nous emmène dans l’univers des « jeux sont faits », attendant nous aussi l’annonce du croupier avec intensité !
4 heures de pellicule… un massacre au montage, pour atteindre 110 minutes : Siodmak était le bon réalisateur, mais la MGM pas le bon studio ! La sortie est un « flop ».
Pourtant, tous les ingrédients étaient là… et Gregory Peck nous montre son grand talent, passant du gentleman à l’homme déchu, puis au cours d’une scène magnifique, au pécheur repenti.
A noter, la présence assez extraordinaire d’Agnès Moorehead (future Endora dans « Bewitched »), déjà un peu sorcière en tenancière du « Mont de Piété » !!!

Visiteurs
29 novembre 2009 à
Suis complètement fan de la sublime Ava Gardner , (et grand admirateur de Gregory Peck, of course…)! Tous les 2 déjà stars en 1949 mais encore plutôt au début de leurs carrières ? Atmosphère hollywoodo-doestoïevskienne (!!), sans doute bien différente des Neiges du Kilimanjaro (qu’il faut aussi que je revois…), tout comme Agnès Moorehead a l’air carrément(dans ton beau preview) so much different de la future Endora..ouah…
20 décembre 2009 à
Gregory Peck m’amuse beaucoup avec des rouflaquettes, mais pas autant que la « jeune » Endora qui n’a ici pas vraiment le même style ! Décidément, les Américains aiment le jeu ; si le film ne se déroule pas à Las Vegas, ça a l’air tout comme.
8 janvier 2010 à
Et bien ton article était vraiment parfait !! Les acteurs sont magnifiques, le scénario dostoïevskien a tout pour lui, et on goûte avec grand plaisir ce que la MGM avait concocté dans son arrière cuisine…en rêvant néanmoins à un petit supplément de magie (Agnès Moorehead, assez terrifiante, n’avait sans doute pas encore tous les pouvoirs d’Endora ??). Gregory et Ava, ouahhh, quel beau couple !!