LES HAUTS DE HURLEVENT (WUTHERINGS HEIGHTS) 1939

De William Wyler (1902 – 1981)

avec Laurence Olivier, Merle Oberon, David Niven

(100 mn)


Pris dans une tempête au milieu des plaines anglaises, un homme se réfugie au domaine des Hauts de Hurlevent. Le maître des lieux, Heathcliff, se montre peu aimable, mais la domestique, en lui offrant l’hospitalité pour la nuit, se met à lui raconter son histoire. Jeune bohémien, Heathcliff est recueilli par charité par M. Earnshaw, ancien maitre des lieux. Hindley, le fils de celui-ci conçoit une profonde haine envers ce nouvel arrivant alors que Cathy, la sœur de Hindley sympathise immédiatement avec Heathcliff. Earnshaw meurt et les années passent. Heathcliff est le domestique des Earnshaw. Hindley sombre dans la boisson alors que Cathy qui aime Heathcliff rêve d’une vie seigneuriale.

Ma critique :

« Je ne peux pas vivre sans ma vie.

Je ne puis mourir sans mon âme ».

On ne « présente » plus les « Hauts de Hurlevent », pas plus que William Wyler ou Laurence Olivier. Ce sont des géants hollywoodiens incontestés et absolument indémodables. Pas plus que l’on ne présente le roman d’Emily Brontë, publié en 1847, dont le film est inspiré.

Au départ, associer Wyler et « Les Hauts de Hurlevent » semble relever de l’anachronisme (surtout pour moi, « fan » inconditionnelle de « Vacances Romaines » du même Wyler !). Pour l’anecdote, d’ailleurs, le tournage s’annonçait très mal avant même de commencer, car Laurence Olivier refusait catégoriquement de tourner avec une autre que Vivien Leigh, sa compagne, et David Niven ne voulait surtout pas travailler avec Wyler ce « tyran absolu » selon lui !


Et puis, Wyler est connu, et souvent critiqué, pour la « neutralité » de son style, ce qui, à priori, aurait pu nuire au sujet. Mais c’est peut-être précisément cette neutralité qui a permis au réalisateur de pouvoir « résumer » le livre à l’écran, en gardant le cœur de l’histoire, son côté mélodramatique et fantastique, sans l’alourdir ni le déformer. Il nous raconte cette histoire sur laquelle on sent planer l’ombre de l’horreur. Grâce à son talent d’observateur, et à un rythme très soutenu, Wyler nous tient littéralement captivés et tendus vers le dénouement tragique que l’on connait pourtant dès le départ.

Toute l’ambivalence morale des personnages est aussi très bien exprimée, certes moins violemment que dans le livre, et Laurence Olivier est un Heathcliff prodigieux. Pour ma part, c’est le rôle dans lequel je l’aime tout particulièrement, car il n’a pas le côté parfois prétentieux et hautain, son jeu semblant presque « forcé » (tout en restant admirable), qu’il peut avoir dans ses grands rôles shakespearien. Certes, Wyler n’est peut-être pas le réalisateur le plus « intéressé » par le romantisme cosmique d’Emily Brontë, ce romantisme qui s échappe des lieux clos (ce que Wyler aime à décrire) pour aller courir dans la lande sauvage et balayée par les vents. Mais il décrit à merveille les différents caractères : Cathy, la passionnée, devenue une épouse bourgeoise et superficielle. Heathcliff, torturé, prisonnier de son désir de vengeance (enfermé dans son manoir délabré), sombre et romantique.

« Les hauts de Hurlevent » de William Wyler reste, grâce à tout cela, la plus belle adaptation de cette violente et sombre histoire d’amour du cinéma hollywoodien.

Image de prévisualisation YouTube


Un commentaire pour “LES HAUTS DE HURLEVENT (WUTHERINGS HEIGHTS) 1939”

  • Jacques dit:

    Encore un film que j’étais totalement persuadé d’avoir vu maintes et maintes fois…et qui me semble une complète découverte en visionnant ta vidéo !! J’ai adoré le livre et maintenant ta magnifique critique, so, now, let’s see this great Wyler’s movie !!

Laisser un commentaire