jan 23 2012

LA BLONDE OU LA ROUSSE (PAL JOEY) 1957

Publié par Caroline dans films années 1950      

de George Sidney (1916 – 2002)

avec Frank Sinatra, Kim Novak, Rita Hayworth

(95 mn)

Joey, séducteur notoire, est particulièrement apprécié dans le cabaret qu’il vient juste d’intégrer. Il remarque une voix douce et un corps de jeune déesse, Linda English, mais succombe à l’argent et au renom dans les bras de Mrs Simpson, ancienne strip-teaseuse ayant fait un riche mariage. Grâce à elle, il peut donc s’offrir le cabaret de ses rêves mais la rousse encore flamboyante voit d’un mauvais œil l’ingénue Linda…

Ma critique :

Adapté d’un show à Broadway, le personnage de Pal Joey avait été crée pour Gene Kelly, ce film est une prodigieuse réussite dans le registre de la « Comédie Musicale » (mais le titre en français est une fois de plus complètement stupide).

A sa sortie, les critiques y ont surtout vu une sorte d’allégorie du déclin d’Hollywood, et plus particulièrement du genre « musical ». Il faut plutôt y voir un rite de passage…

L’âge d’or hollywoodien est évidemment incarné par la magnifique Rita Hayworth, dont le choix n’est pas dû au hasard, mais précisément pour souligner ce côté du cinéma encore très étincelant, brillant (chevelure rousse flamboyante) mais qui vieillit doucement (même si Rita Hayworth reste sublime dans le rôle de cette star vieillissante !), et s’oppose à un nouveau style plus moderne, plus désinvolte, incarné par la jeune Kim Novak, à la beauté blonde et plus froide, qui montre déjà un féminisme naissant, une modernité annonçant la « nouvelle vague ».

 

Mais « Pal Joey » doit être regardé avant tout pour ce qu’il est : une superbe comédie musicale. Tous les « ingrédients » sont en place pour le plaisir des yeux et des oreilles… Avec la présence du crooner à la voix d’or, qui nous offre un véritable récital de ses plus belles chansons : « The lady is a tramp » – « My funny Valentine » – « What do I care for a dame » –   ♫ Bewitched  ♫…

Rita Hayworth, Kim Novak, Frank Sinatra… sous la houlette de George Sidney : à ne manquer sous aucun prétexte !

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jan 21 2012

VERTES DEMEURES (GREEN MANSIONS) 1959

Publié par Caroline dans films années 1950      

de Mel Ferrer (1917 – 2008)

avec Audrey Hepburn, Anthony Perkins, Lee J. Cobb

(115 mn)

 

Un jeune homme, Abel, fuyant la révolution qui ensanglante son pays, se réfugie au coeur de la forêt amazonienne, dans l’espoir de trouver la force de se venger. Il est accueilli par une tribu tribu d’Indiens qui croient qu’une sorcière blanche hante la contrée. Ils demandent donc au jeune Abel, en échange de l’hospitalité, d’aller la tuer. Mais Abel découvre une jeune femme, Rami, vivant cachée avec son grand père, et en tombe amoureux

Ma critique :

Ce film réalisé par Mel Ferrer, le mari d’Audrey Hepburn, est essentiellement connu pour…son immense fiasco. Dans l’ensemble, il fut jugé insipide, sommet du kitsch, frôlant le ridicule, et sera un désastre au box-office.

Mais en le regardant, je me suis dit que ce n’était pas réellement un « film ». J’y ai vu une série de tableaux magnifiques, un conte, une allégorie. Cette « sorcière blanche » nous invite à la suivre dans la magie et l’innocence de son existence. Et Audrey Hepburn (jugée là aussi déjà trop « âgée » pour incarner cette très jeune fille) transforme la « sorcière » en Fée, charmante, gracile. Elle tombe inévitablement sous le charme de ce jeune homme désinvolte, et le guide sur son chemin vers un apaisement intérieur, le repos de l’âme, le retour à une certaine innocence qu’il avait perdue dans son désir aveugle de vengeance.

Ce film est un « enchantement », au sens littéral. Il faut vouloir se laisser envoûter, ou ne pas regarder.

Ainsi, Green Mansions n’est peut-être pas un film. Juste un songe. Mais certainement tout à fait « hors catégorie ».

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sept 20 2011

L’ADORABLE VOISINE (BELL, BOOK AND CANDLE) 1958

Publié par Caroline dans films années 1950      

de Richard Quine (1920 – 1989)

avec James Stewart, Kim Novak, Jack Lemmon, Ernie Kovacs

(105 mn)

Gillian est la plus séduisante des sorcières de Greenwich village. Intelligente, belle, elle tient sagement un magasin d’antiquités. Mais Gillian est triste en cette soirée de Noël, quand son regard croise son charmant et distingué voisin. Celui-ci étant sur le point de se marier, elle décide, aidée par son frère et sa tante, de l’envoûter. Très vite, elle ne rêve plus que d’une chose : devenir une femme comme les autres et être aimée sans avoir recours à la magie !

Ma critique :

Les remake de « Bewitched » ou autres peuvent aller se cacher à côté d’un film comme celui-ci (je ne parle évidemment pas ici de la série universellement connue des années 60, qui demeure un « must » et pour laquelle j’ai une affection toute particulière !).

Le thème de la sorcellerie au cinéma est certes largement exploité, mais avec Richard Quine (oui, le même que dans ma précédente « critique », mais chronologiquement antérieur dans sa carrière), on plonge carrément dans le domaine où il excelle : la comédie hollywoodienne, classique, charmante, loufoque à souhait (n’oublions pas d’ailleurs que Blake Edwards a longtemps été le scénariste de Quine) mais toujours pleine de tendresse.

Avec des acteurs merveilleux pour souligner tout son talent de réalisateur :

-       Kim Novak, à mon humble avis TOUT sauf « adorable » (selon le titre français, encore une fois à côté) : belle, troublante, mystérieuse, à la silhouette féline irréprochable, est parfaite.

-       James Stewart (oui, même couple et même année que le grand « Vertigo » de Hitchcock), gentleman innocent, obstiné, jouet naïf de cette famille de sorciers, mais qui, grâce à la magie ( !) de l’amour, dévoilera le côté humain de la belle sorcière…

-       Jack Lemmon, pas forcément dans son plus grand rôle, mais acteur fétiche de Quine (6 comédies ensemble), incarne un sorcier gentiment diabolique.

Les amateurs d’effets spéciaux seront évidemment déçus (mention spéciale au chat, dont le nom m’enchante « Pyewacket »), car il n’y a ici que du talent au service de la sorcellerie. Très peu de mouvements, pas d’agitation, presque jamais de lumière du jour, et encore moins de scènes d’extérieur. Economie de moyens pour un effet… ensorcelant ! Et grande symbolique des couleurs (devrais-je dire de la monochromie), avec notamment les tenues de Kim Novak, tout en noir au début, et en blanc à la fin !

Le titre original, bien plus satisfaisant, fait allusion à une phrase « rituelle » des sorciers pour mettre fin à un sort =

RING THE BELL

CLOSE THE BOOK

AND QUENCH THE CANDLE 

Nous sommes bel et bien au cœur de la magie de cinéma… Un film à voir absolument !

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juil 6 2011

LE CAVALIER DU CRÉPUSCULE (LOVE ME TENDER) 1956

Publié par Caroline dans films années 1950      

De Robert D. Webb (1903 – 1990)

avec Debra Paget, Elvis Presley, Richard Egan

(90 mn)


Trois frères de l’armée des confédérés entreprennent de voler un trésor des Yankees, avant de découvrir que la guerre est terminée, et qu’ils sont maintenant considérés comme des hors-la-loi. Après s’être partagés le butin, ils rentrent chez eux, mais l’un d’eux, Vance, découvre que sa bien-aimée, Cathy, s’est mariée avec son jeune frère, Clint….

Ma critique :

Rapide « article » pour un film qui a éveillé ma curiosité pour deux raisons :

-       certainement le « western » le plus kitsch que j’ai pu avoir l’occasion de regarder… jusqu’au bout !

-       mais surtout, 1er film d’Elvis Presley (que l’on aime, ou pas… on ne peut rester indifférent), pour lequel la cultissime chanson « Love Me Tender » a été spécialement crée.

Au départ, Elvis ne voulait pas mélanger ses carrières d’acteur et de chanteur, car il « rêvait de devenir un James Dean ou un Marlon Brando » (sic). Mais les chansons furent imposées par les producteurs qui craignaient la déception des fans (déjà nombreux) d’Elvis. Ce sera le seul film d’Elvis dans lequel il n’a pas le premier rôle !

L’histoire en elle-même reste assez plate et attendue, les acteurs de seconde zone, même si la jolie Debra Paget fait de son mieux !


Je laisse la vidéo à votre appréciation…

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mai 11 2011

LA MAISON DES OTAGES (THE DESPERATE HOURS) 1955

Publié par Caroline dans films années 1950      

de William Wyler (1902 – 1981)

avec Humphrey Bogart, Frederic March, Arthur Kennedy

(120 mn)


La police recherche trois bandits : deux frères, Glen et Hal Griffin, et Sam Kobish, une brute criminelle qui les accompagne. Les fugitifs se réfugient dans la maison de Dan et Eleonor Hilliard et prennent en otage Eleonor et les deux enfants, pour quelques heures, qui se prolongent sur quelques jours…Chacun des membres de la famille doit poursuivre ses occupations quotidiennes, sans éveiller les soupçons de la police ou des voisins. Mais peu à peu, la situation devient psychologiquement tendue, du côté des otages comme des malfaiteurs.

Ma critique :

Magnifique film noir de William Wyler, qui n’en finit plus de nous étonner par son immense talent, en touchant avec génie à tous les genres. Car c’est lui qui nous offre en 1939 « Les hauts de Hurlevent », en 1953 « Vacances romaines », en 1958 « Les grands espaces », en 1959 « Ben-hur », en 1966 « Comment voler un million de $ », pour ne citer qu’eux !

Le film commence par une scène banale, petit déjeuner d’une famille typiquement américaine dans les années 50. Le mari part au travail, les enfants sont en retard pour l’école, et la mère reproche gentiment à son petit garçon de laisser trainer son vélo dans le jardin. Tout est dans ce détail. Leur vie va basculer car l’œil des bandits sera attiré par ce vélo. Ainsi, rien ne serait arrivé si…. ?

Wyler distille le suspens et l’angoisse à petites doses tout au long de ces 2 heures que l’on ne voit pas passer. La tension psychologique augmente dans le huis-clos de la maison (le film était à l’origine une pièce de théâtre). L’ambiance m’a rappelé par son côté opposition bourgeoisie américaine / gangster sans foi ni loi l’admirable « The reckless moment » de Max Ophüls (49), mais je pense aussi à « The petrified forest », premier rôle d’Humphrey Bogart en gangster impitoyable, prenant déjà en otage des innocents enfermés dans leur univers quotidien.


Bogart est encore une fois parfait en truand n’ayant rien à perdre, mais qui va devoir se battre d’une façon inhabituelle, face à ce père de famille incarné admirablement par Frederic March (prodigieux, vraiment) n’ayant pour toute arme que sa réflexion, son intelligence et sa grande fermeté.


Le dénouement est aussi brillant et haletant que tout le film… Un bijou du genre « noir ».

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fév 25 2011

LA RIVIÈRE SANS RETOUR (RIVER OF NO RETURN) 1954

Publié par Caroline dans films années 1950      

De Otto Preminger (1905 – 1986)

avec Marilyn Monroe, Robert Mitchum, Rory Calhoun

(95 mn)


Matt Calder se rend dans un campement de chercheurs d’or pour retrouver son jeune fils, Mark, qu’il a dû laisser quelques années plus tôt. Avant de suivre son père, Mark va faire ses adieux à Kay, une chanteuse de saloon qui a pris soin de lui. Kay est fiancée avec Harry, jeune joueur de poker qui a gagné (en trichant) une mine d’or située dans une ville voisine. Le père et le fils s’installent dans une ferme près de la Rivière sans retour, un fleuve tumultueux, dans une région sauvage. Un jour, ils sauvent de la noyade Kay et Harry, mais celui-ci, pressé de gagner la ville, assomme Matt, lui vole cheval et fusil, laissant ainsi les 3 autres à la merci des indiens. Une seule solution pour survivre : descendre la Rivière sans retour…


Ma critique :

« Rien ne doit s’interposer entre moi et mon rôle..

Sentir qu’on se débarrasse de tout le reste

Laisser aller…

L’esprit

L’âme

Pas de pose

Ecouter le corps pour l’émotion

Seulement sentir

Et comment j’entends la chanson – le ton nait de l’émotion… »

Marilyn Monroe

Ce « poème » écrit par Marilyn reflète exactement l’état d’esprit dans lequel elle incarne son personnage dans « River of no return »… Tout en émotion, en sensualité. Jamais elle n’a été, et ne sera, aussi bouleversante et belle que dans ce film (elle y est une version apaisée de ce qu’elle sera dans son dernier film « The Misfits »). Marilyn, intemporelle, touchante et authentique.


Otto Preminger n’est pas un spécialiste du genre « Western ». Mais ce film n’est un western que dans un sens symbolique. C’est une allégorie du Western, genre auquel il emprunte seulement les paysages, grandioses (tourné en extérieur, au Canada), et quelques indiens sans pitié. Mais ils ne sont qu’un décor, un prétexte. Cette « Rivière sans retour » (nom donné à ces rapides par les Indiens eux-mêmes, nous apprend Mitchum au cours du film) est en fait un parcours initiatique, pour les 2 principaux personnages, Matt et Kay, un chemin vers une libération, ponctué d’obstacles, d’échecs, d’incertitudes, et parfois aussi, de repos…


Preminger cadre parfaitement son film dès les premières images, nous montrant Robert Mitchum taillant un arbre, rivière en fond d’écran, paysage grandiose, calme absolu. L’homme taciturne, stoïque, face à une nature magnifique mais que l’on sent vaguement menaçante. Menace qui pourrait venir aussi de l’homme lui-même, ses regrets, ses culpabilités, ses angoisses. Cadre qui se prolonge avec le générique, gravé dans une planche de bois.


Mitchum est parfait dans ce rôle, même s’il n’était absolument pas enthousiaste pour tourner le film qu’il appellera toujours « Picture of no return ». Personnage peu bavard, évoluant avec détachement parmi les méandres de cette « rivière » et de sa vie. Force naturelle, qui va très vite séduire une Marilyn pourtant avide de richesses et de succès.

Les luttes ne seront pas toutes extérieures, mais aussi intérieures, chacun menant un combat à la fois contre lui, mais aussi contre l’autre, ses idées préconçues, pour finir par révéler le meilleur de chacun.

C’est donc un Western moral, puisque l’amour finit par l’emporter sur la cupidité, sur le désir de vengeance… Superbe !

Les deux « faces » de Marilyn à travers ces deux chansons = sublime Marilyn…

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fév 22 2011

LA COMTESSE AUX PIEDS NUS (THE BAREFOOT CONTESSA) 1954

Publié par Caroline dans films années 1950      

De Joseph Mankiewicz (1909 – 1993)

avec Ava Gardner, Humphrey Bogart, Marius Goring, Rossano Brazzi

(120 mn)


Une matinée pluvieuse, un cimetière. Les célébrités se bousculent pour assister aux funérailles de Maria Vargas. Un de ses proches, le réalisateur Harry Dawes se souvient… Avec le producteur Kirk Edward , ils avaient découvert Maria en Espagne dans le cabaret où, danseuse de flamenco elle se produisait. Protégée par Dawes des manigances du producteur, elle devient en trois films une vedette internationale…

Ma critique :

Encore un de ces films « majeurs » dans l’histoire du cinéma hollywoodien, que l’on peut regarder plusieurs fois sans jamais y voir, ou ressentir, la même chose. Il m’est arrivé de le détester, de l’adorer, parfois même de le trouver « finalement » ennuyeux et pompeux… Mais jamais il ne laisse indifférent.

Et la raison principale de ces égarements réside dans la mise en scène, très étudiée : la même histoire racontée par 4 personnes différentes. Cette narration, parfaite et captivante d’un point de vue stylistique, me dérange par son côté récitatif. D’autres films de Mankiewicz prenaient des allures de récit, par exemple « L’aventure de Mme Muir » en 1947 ou « All about Eve » en 1950, avec voix-off et retour sur image, sans toutefois tomber dans le côté répétitif que je pourrais reprocher à « La comtesse aux pieds nus ». Ici, ce sont DES voix-off, très monocordes, que l’on parvient finalement mal à différencier, et l’on se perd dans les méandres du récit en perdant de vue l’essentiel : l’émotion.


Pourtant, les acteurs sont tous prodigieux, même les seconds rôles (rien n’est laissé au hasard !). Ava Gardner, littéralement éblouissante, belle et mystérieuse, joue son plus beau rôle (le sien ? on a plutôt évoqué la vie de Rita Hayworth). Humphrey Bogart est le plus attachant de tous, incarnant le personnage le plus sensible, émouvant, intègre et sincère (« rescapé » de la jungle hollywoodienne), l’ami, le confident vieillissant… tout en restant le Bogart légendaire, dès la 1ère image du film, dans son imperméable beige sous la pluie diluvienne, stoïque. Même Rossano Brazzi, n’ayant pourtant pas des talents d’acteurs époustouflants (cf « Interlude » de Sirk dont j’ai fait la critique récemment), colle ici parfaitement à la peau du personnage.


Au delà du récit multiple, Mankiewicz utilise un procédé qui sera la base des récits modernes (et je pense notamment aux films de Gus Van Sant, ou carrément, dans un registre plus « populaire » à des TV Shows comme « Lost ») : les flash-back, à l’intérieur même d’un flash-back… et sa version « alternative », de la même séquence vue sous un angle différent.

Ainsi, d’un point de vue purement cinématographique, Mankiewicz nous livre une perfection. Mais c’est peut-être ce qui dérange : tout est trop parfait. Or, le fond de l’histoire est précisément l’imperfection ! l’éternel paradoxe de cette femme déchirée (et c’est une observation récurrente chez le réalisateur, passionné de psychologie) entre son désir d’indépendance, de liberté (pieds nus dans la poussière), et sa quête d’un idéal, version Prince Charmant de Cendrillon, bien entendu inaccessible… car imparfait !

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BONUS ! 2ème vidéo (cette « bande annonce » étant assez fade)… Ma scène préférée du film : Ava Gardner est simplement fabuleuse…

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jan 22 2011

EMBRASSE-LA POUR MOI (KISS THEM FOR ME) 1957

Publié par Caroline dans films années 1950      

de Stanley Donen (1924 – )

avec Cary Grant, Suzy Parker, Jayne Mansfield

(105 mn)


Honolulu, 1944. Trois héros du Pacifique s’octroient une permission à San Francisco: Crewson, Mac Cann et Mississip. Ils se font loger dans un palace aux frais d’un profiteur de guerre, Turnbill. Grâce à un subterfuge, Crewson organise une gigantesque « party » dans l’appartement. Parmi les nombreuses femmes, deux font sensation, Gwenneth, fiancée de Turnbill, et Alice. Mais un sous-officier s’inquiète de leur situation irrégulière…

Ma critique :

Voici un film qui se déguste et s’apprécie comme une coupe de champagne : pétillant, léger, euphorisant, et avec modération !

Cary Grant prétendait que pour faire le succès d’un film, il lui fallait du rythme. On est loin, ici, d’un rythme comme dans « Singin’ in the rain » ou même « Charade » du même Stanley Donen, mais on se laisse volontiers entrainer.

« Kiss them for me » doit être pris pour ce qu’il est : une comédie. Certaines scènes de « party » dans la chambre d’hôtel des officiers me rappellent presque la fameuse scène de « Breakfast at Tiffany », sans la touche délirante  de Blake Edwards…

Toutefois, derrière la comédie on découvre un sujet plus grave, camouflé : une critique acerbe de tout ce qui touche à cette immense « machine de guerre » des USA. Ces officiers qui désobéissent aux ordres et s’octroient une permission dont ils comptent bien profiter afin d’oublier leur quotidien qui frôle la mort, et tout le côté absurde de ces batailles dont ils finissent par ne plus même connaître la raison initiale. Et de manière plus directe, une critique de toute l’économie de guerre, particulièrement tournée en dérision avec le monologue de l’industriel du papier cherchant à démontrer l’importance capitale du papier en temps de guerre (« les ordres, les permissions, même jusqu’aux serviettes… »). Le ton devient alors nettement plus incisif, et la comédie tourne au vinaigre.

Mais la morale (à l’américaine) sera sauve, puisque le sens du devoir va l’emporter au final.

Les acteurs jouent chacun leur rôle avec décontraction et bonne humeur, Cary Grant égal à lui-même en personnage à la fois grave et plein d’humour. La palme est cependant décernée à Jayne Mansfield, particulièrement délirante, parfaite image de la playmate blonde platine à la cervelle d’oiseau.


L’idylle entre Cary Gant et Suzy Parker manque un peu de crédibilité et de conviction, sans doute là aussi afin de souligner le côté superficiel de ces 4 jours de permission, et de pouvoir finir avec « l’amour de la Patrie » avant tout !

Une comédie hollywoodienne secondaire, mais qui se laisse regarder avec grand plaisir et en souriant.

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jan 7 2011

INTERLUDE (1957)

Publié par Caroline dans films années 1950      

De Douglas Sirk (1897 – 1987)

avec June Allyson, Rossano Brazzi, Marianne Cook

(90 mn)


Helen Banning arrive à Munich pour travailler aux services d’information. L’organisation d’un concert lui fait rencontrer Tonio Fisher, chef d’orchestre renommé. Bien que le docteur Dwyer, un de ses compatriotes, lui fasse une cour assidue, Helen s’éprend de Tonio dont elle accepte les invitations et suit les concerts en coulisse.

Ma critique :

« Voilà ce qui m’enchante chez Douglas Sirk, ce délirant mélange : classicisme et modernisme, sentimentalisme et raffinement, cadrages anodins et Cinémascope endiablé. Tout ça, on le voit bien, il faut en parler comme Aragon des yeux d’Elsa, en délirant beaucoup… Peu importe, la seule logique dont Sirk s’embarrasse, c’est le délire ». (Godard)

J’ouvre donc 2011 avec mon réalisateur « fétiche », Sirk, dans un film mineur sur le plan du succès, des acteurs et de l’influence, mais un film tellement sirkien malgré tout !

Dès l’entrée, nous sommes projetés dans une sorte de « roman photo », guidés par June Allyson, que l’on découvre à son arrivée en Europe, jeune américaine émerveillée, que l’on devine à la recherche d’un rêve, au coeur de cette « vieille Europe » symbolique pour tant d’américains (et plus symboliquement encore, au sein du Romantisme allemand, retour à son pays « d’origine » pour le réalisateur, avec un tournage en décor naturel).

Tout semble factice, tout droit sorti des clichés et d’un décor d’Opéra, mais la magie du Maître opère : Sirk et ses cadrages, ses couleurs, son côté « too much », mais tellement esthétique et étudié, que chaque image est un petit chef d’œuvre en elle-même (et je pense notamment à la première apparition de la femme du musicien, dont le visage se reflète dans le piano, sublime tableau).

Les interprètes ne sont certes pas les plus talentueux ni les plus charismatiques que Sirk ait pu diriger (pour ma part, j’éprouve une antipathie particulière pour J. Allyson), mais ils deviennent secondaires (ce qui peut sembler contradictoire pour un film !). Douglas Sirk, une fois de plus, magnifie tout…

Comme dans tous ses films, pas de « happy end »… Plutôt un retour à la Réalité pour tout le monde : la jeune américaine, et le spectateur. Une manière, pour Sirk, de nous tirer du Rêve en technicolor dans lequel il nous a si délicieusement entrainé, et de nous mettre en garde « attention, les projecteurs vont s’éteindre, vous allez retourner à la lumière crue de vos réalités quotidiennes ! ».

Mais, assis dans notre fauteuil de cinéphile, on se sent rassasié, ébloui, nourri de toute cette opulence de décors, de musique, ce foisonnement de couleurs, de sentiments, et ainsi, apaisé, avec cette certitude de savoir où se trouve la vraie beauté des choses.

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oct 29 2010

LA RONDE DE L’AUBE (THE TARNISHED ANGELS) 1957

Publié par Caroline dans films années 1950      

de Douglas Sirk (1897 – 1987)

avec Robert Stack, Dorothy Malone, Rock Hudson

(95 mn)

Le journaliste Burke Devlin (Rock Hudson) se passionne pour le meeting d’acrobaties aériennes qui doit avoir lieu durant le Carnaval de la Nouvelle Orléans. Fasciné par l’ancien pilote de chasse, Roger Schumann (Robert Stack) reconverti en cascadeur aérien, et par sa femme Laverne (Dorothy Malone), Devlin décide de les loger chez lui, avec leur fils et leur mécanicien, Jiggs. Il veut écrire l’article de sa vie en entrant dans leurs vies et en essayant de comprendre les motivations de chacun. Mais la première session d’acrobaties tourne au drame, et le journaliste est congédié par son patron…

Ma critique :

« Douglas Sirk contemple ces êtres avec tant de tendresse et de splendeur. J’ai rarement éprouvé autant de crainte et de solitude que dans ce film. » R.W. Fassbinder.

On pourrait ne rien ajouter à cette phrase de Fassbinder, grand admirateur de Sirk, tant elle résume parfaitement l’atmosphère du film.

Tiré d’un roman de Faulkner « Pylon », Sirk magnifie encore une fois à l’écran les thèmes qui lui sont chers. Faulkner prétendait que « The tarnished angels » était la meilleure adaptation de tous ses romans portés à l’écran !

Tourné en noir et blanc et entièrement en studio, ce qui convenait parfaitement à Sirk, car il aimait cette atmosphère « marginale », hors de la réalité, qui lui permettait d’avoir recours à « l’artifice », dans tout son sens cinématographique… ce film est un exemple parfait du courant mélodramatique hollywoodien des années 50.

L’histoire de ce trio de personnages, présentée sur fond de Fête Foraine carnavalesque, est magnifiée par la façon de filmer de Sirk. Il montre les failles, la médiocrité de chacun, mais aussi l’envie « d’aller plus haut, plus loin ». Comme toujours chez lui, ses personnages sont les reflets de modèles qu’ils n’atteindront jamais… Malgré leur élan, ils restent tragiquement et tristement à leur niveau « moyen ». Le Carnaval souligne encore mieux tout ce côté « pacotille », grotesque et dérisoire de leur quête. Car ici, le héros (incarné par Robert Stack) ne cherche rien d’autre que de réussir ce qu’il a raté durant la guerre : mourir en héros !

Et là encore, la question de la « happy end » reste posée : le symbolique roman de W. Cather « My Antonia », qui apparaît à 3 reprises au long du film, ne livre-t-il pas une réponse ? Habilement introduite, d’ailleurs, par Rock Hudson dès le début , puisqu’il en donne son interprétation : « fermes en ruines et amours perdues »…

Pour conclure, les mots de Douglas Sirk :

« Ce type qui cherche son identité, un homme qui se tient debout sur des sables mouvants. La terre ferme ne lui procure aucun sentiment de sécurité, c’est dans les airs qu’il cherche ses certitudes. C’est une idée folle de Faulkner, et magnifique, je crois. »

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