sept 28 2011

L’INQUIÈTANTE DAME EN NOIR (THE NOTORIOUS LANDLADY) 1962

Publié par Caroline dans films années 1960      

de Richard Quine (1920 – 1989)

avec Kim Novak, Jack Lemmon, Fred Astaire

(120 mn)

William Gridley, un jeune diplomate américain, est envoyé à Londres. A la recherche d’un appartement à louer en ville, il postule auprès de la ravissante Carlyle Hardwicke qui consent à lui céder l’appartement. Mais ce qu’il ignore, c’est qu’elle est le suspect numéro 1 du meurtre de Miles Hardwicke, époux de cette dernière, dont on n’a jamais retrouvé le corps.

Ma critique :

Richard Quine… suite ! Et apothéose, car ce film est cette fois complètement réussi, jubilatoire et farfelu, comédie parodiant le film noir (certains y voient d’ailleurs une parodie hitchcockienne).

L’équation est simple : ajoutez « L’adorable voisine » + « La panthère rose » et vous obtenez le parfait « L’inquiétante dame en noir » (titre français encore une fois assez nul !). Car il s’agit de l’ultime et très aboutie collaboration entre Richard Quine et Blake Edwards…

Ajoutez à ce duo une distribution ne laissant rien au hasard, avec des seconds rôles très stéréotypés (d’ailleurs l’Inspecteur loufoque de Scotland Yard, ne parvenant jamais à résoudre une affaire, est une ébauche de l’Inspecteur Clouseau joué par Peter Sellers dans la « Panthère Rose »).

Jack Lemmon, une fois de plus, parfait, génial. Un visage (souvent filmé en gros plans) qui parvient à changer d’expression en une seconde et nous faire passer du rire aux larmes, de l’angoisse au soulagement, de la méfiance aux sentiments les plus passionnés.

A ses côtés, un Fred Astaire inattendu, la soixantaine alerte, toujours aussi élégant (ah… sa démarche dans les couloirs de l’Ambassade, dans son immuable imperméable blanc), qui virevolte au milieu de cette comédie avec sa désinvolture et sa démarche dansante, soulignées par une caméra très mouvante.

Et ma plus grande surprise a été pour Kim Novak, qui m’a vraiment étonné tout au long de ces 2 heures. Richard Quine la filme évidemment dans toute sa splendeur, soulignant sa silhouette parfaite, son visage énigmatique de femme fatale et mystérieuse (leur collaboration remonte à 1954), mais il révèle aussi une femme espiègle, mutine, enjouée, à laquelle nous n’étions pas habitués (est-ce aussi pour cette raison que l’on a parlé de parodie hitchcockienne ?).

Le rythme de ce « chef d’œuvre » va crescendo. Quine prend d’abord le temps de nous détailler chaque situation, chaque personnage, pour finir, sur fond de musique de kiosque, au bord de la mer dans une maison de retraite, par partir dans tous les sens, avec des courses-poursuites loufoques, véritable apothéose !

Si vous n’avez pas encore vu cette perle rare, dépêchez vous (si vous habitez Paris, profitez du cycle Blake Edwards à la cinémathèque, la projection est prévue le 15 octobre).

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sept 25 2011

NEW-YORK MIAMI (IT HAPPENED ONE NIGHT) 1934

Publié par Caroline dans films années 1930      

de Frank Capra (1887 – 1991)

avec Clark Gable, Claudette Colbert, Walter Connolly, Alan Hale        

(105 mn)

Ellie Andrews, jeune fille gâtée, échappe à l’emprise de son père millionaire qui veut l’empêcher d’épouser un play-boy sans avenir.  En route pour New-York et obligée de se cacher, elle prend le bus et rencontre Peter Warner, journaliste au chômage, qui ne tarde pas à comprendre qu’il pourrait tenir là un de ses meilleurs « scoop ». Mais la route sera semée d’embûches pour l’un comme pour l’autre…

Ma critique :

Un commentaire pertinent sur mon blog m’a fait remarquer une grande lacune : pas d’article sur « It happened one night », qui est pourtant un bijou de comédie hollywoodienne, probablement le point de départ de toute cette tradition des « screwball comedy ».

C’est également le 1er film à remporter 5 oscars, en 1934. Petite production au départ, Capra voulait faire un film simple, sans prétention, et à petit budget. Ce fut un immense succès auprès du public… grâce au talent du réalisateur, porté par deux acteurs remarquables, des images magnifiques, un noir et blanc lumineux. Je pense tout particulièrement à la scène de la « traversée » de la rivière, scintillante, mais aussi au visage de Claudette Colbert, couchée sur la paille et auréolée par la lumière de la lune. Sublime.

L’actrice n’était pourtant absolument pas intéressée par ce tournage, bouclé en 4 semaines, sur sa demande. Et jusqu’à la surprise de l’Oscar, elle déclarait que c’était le plus mauvais film qu’elle ait jamais tourné !

Clark Gable n’était guère plus motivé, mais il pose déjà ici tout son futur personnage de Rhett Buttler dans « Autant en emporte le vent » tourné 5 ans plus tard (et j’y reviendrai !). Il est parfait en grand macho au cœur tendre, viril et charmant. Irremplaçable.

La dernière image de ce film adorable et bouleversant, avec la « chute des murs de Jericho » est une formidable trouvaille de Capra, très symbolique des mœurs hollywoodiennes et génialement filmé.

Du grand Art, à voir, et revoir, inlassablement…

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sept 20 2011

L’ADORABLE VOISINE (BELL, BOOK AND CANDLE) 1958

Publié par Caroline dans films années 1950      

de Richard Quine (1920 – 1989)

avec James Stewart, Kim Novak, Jack Lemmon, Ernie Kovacs

(105 mn)

Gillian est la plus séduisante des sorcières de Greenwich village. Intelligente, belle, elle tient sagement un magasin d’antiquités. Mais Gillian est triste en cette soirée de Noël, quand son regard croise son charmant et distingué voisin. Celui-ci étant sur le point de se marier, elle décide, aidée par son frère et sa tante, de l’envoûter. Très vite, elle ne rêve plus que d’une chose : devenir une femme comme les autres et être aimée sans avoir recours à la magie !

Ma critique :

Les remake de « Bewitched » ou autres peuvent aller se cacher à côté d’un film comme celui-ci (je ne parle évidemment pas ici de la série universellement connue des années 60, qui demeure un « must » et pour laquelle j’ai une affection toute particulière !).

Le thème de la sorcellerie au cinéma est certes largement exploité, mais avec Richard Quine (oui, le même que dans ma précédente « critique », mais chronologiquement antérieur dans sa carrière), on plonge carrément dans le domaine où il excelle : la comédie hollywoodienne, classique, charmante, loufoque à souhait (n’oublions pas d’ailleurs que Blake Edwards a longtemps été le scénariste de Quine) mais toujours pleine de tendresse.

Avec des acteurs merveilleux pour souligner tout son talent de réalisateur :

-       Kim Novak, à mon humble avis TOUT sauf « adorable » (selon le titre français, encore une fois à côté) : belle, troublante, mystérieuse, à la silhouette féline irréprochable, est parfaite.

-       James Stewart (oui, même couple et même année que le grand « Vertigo » de Hitchcock), gentleman innocent, obstiné, jouet naïf de cette famille de sorciers, mais qui, grâce à la magie ( !) de l’amour, dévoilera le côté humain de la belle sorcière…

-       Jack Lemmon, pas forcément dans son plus grand rôle, mais acteur fétiche de Quine (6 comédies ensemble), incarne un sorcier gentiment diabolique.

Les amateurs d’effets spéciaux seront évidemment déçus (mention spéciale au chat, dont le nom m’enchante « Pyewacket »), car il n’y a ici que du talent au service de la sorcellerie. Très peu de mouvements, pas d’agitation, presque jamais de lumière du jour, et encore moins de scènes d’extérieur. Economie de moyens pour un effet… ensorcelant ! Et grande symbolique des couleurs (devrais-je dire de la monochromie), avec notamment les tenues de Kim Novak, tout en noir au début, et en blanc à la fin !

Le titre original, bien plus satisfaisant, fait allusion à une phrase « rituelle » des sorciers pour mettre fin à un sort =

RING THE BELL

CLOSE THE BOOK

AND QUENCH THE CANDLE 

Nous sommes bel et bien au cœur de la magie de cinéma… Un film à voir absolument !

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sept 14 2011

DEUX TÊTES FOLLES (PARIS WHEN IT SIZZLES) 1964

Publié par Caroline dans films années 1960      

de Richard Quine (1920 – 1989)

avec William Holden, Audrey Hepburn, Tony Curtis, Mel Ferrer, Raymond Bussières

(110 mn)

Scénariste en panne d’idées, Richard Benson se voit attribuer, dans son hôtel parisien avec vue sur Tour Eiffel, une charmante secrétaire, Gabrielle Simpson. Leurs deux imaginations vont galoper et inventer toutes sortes de scénarios farfelus, allant du film d’espionnage au film historique, en passant par la comédie musicale et… la love story, qui sera leur propre histoire !

Ma critique :

Probablement le film d’Audrey Hepburn qui a été le plus souvent critiqué et mal accueilli, lui reprochant une absence de « scénario », son côté brouillon et mal dirigé.

Pourtant, n’est-ce pas justement tout ce que Richard Quine cherche à mettre en avant : la médiocrité grandissante des productions cinématographiques de l’époque, cette période charnière du début des années 60 ?

Il y a en fait 2 films en un : celui, classique, de la rencontre entre l’écrivain bourru et en mal d’écriture, avec la « secrétaire » pleine de vie, d’optimisme, leur histoire sentimentale, tendre, émouvante, et celui que l’on peut qualifier à première vue de loufoque, Richard Quine innovant alors dans le « nonsense », qui cache précisément toute cette dérision et cette critique acerbe.

Mais il y a aussi, en regardant plus attentivement, un véritable hommage à la carrière d’Audrey Hepburn, avec de très nombreuses allusions plus ou moins cachées à ses films, que je vous invite à deviner… « My Fair Lady », directement, puisque Audrey cite le personnage d’Eliza Doolitle, « Sabrina » par la distribution, puisque l’on sait que William Holden était tombé fou amoureux d’A. Hepburn pendant le tournage, et ne s’est jamais remis de leur rupture (la petite histoire prétend d’ailleurs que le tournage de « Paris when it sizzles » avait dû être interrompu en raison d’une dépression de W. Holden), « Breakfast at Tiffany’s »… Il y a même une apparition de Mel Ferrer, le mari d’Audrey à cette époque ! Et il y a surtout le charme, l’élégance, la légèreté d’Audrey Hepburn…magnifique.

Apparition, également, de Tony Curtis pratiquant magistralement l’auto-dérision avec un rôle « second rôle » alors que l’acteur est au sommet de sa gloire !

Je vous le dis, ce film fourmille de trouvailles, d’anecdotes et de références que l’on découvre… Peut-être à force de le regarder ?!

Richard Quine a tourné durant la même année « Une vierge sur canapé » et « Comment tuer sa femme », loufoques mais dans lesquels on reconnaît le savoir faire de Quine dans la comédie brillante et sophistiquée, tendre aussi, comme dans « L’adorable voisine » en 1958.

Et, cerise sur le gâteau, la voix de Frank Sinatra soulignant ce visage lumineux d’une Audrey Hepburn inoubliable :

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TRAILER =

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juil 10 2011

AVANTI ! (1972)

Publié par Caroline dans films années 1970      

de Billy Wilder (1906 – 2002)

avec Jack Lemmon, Juliet Mills, Clive Revill

(140 mn)


Homme d’affaires pressé, Wendell Armbruster III, débarque en urgence à Ischia, Italie pour récupérer la dépouille de son père, décédé pendant ses vacances. Il y découvre que son géniteur est mort avec sa maîtresse qu’il venait retrouver là-bas chaque été depuis dix ans. Maîtresse qui avait une fille, Pamela, âme romantique qui désire que le couple soit enterré sur place. Wendell voudrait étouffer le scandale et rapatrier le corps pour des funérailles en grandes pompes aux Etats-Unis. La lenteur de l’administration, des quiproquos, mais surtout l’amour, vont modifier le cours des choses.

Ma critique :

Grandiose ! Ce film est un véritable « melting pot » à la Billy Wilder, dans lequel le spectateur peut trouver tout ce qui l’enchante : humour (noir ou rose), tendresse, sentiment, critiques sociales, leçons de vie, le tout encadré par des dialogues génialissimes, et des images très « carte postale » de l’Italie.

Dès les premières minutes (avant le générique), sans aucun dialogue, les thèmes récurrents de Wilder sont posés : jeux de rôles, déguisements, ambiguïté… Regardez =

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Jack Lemmon est tout de suite dans son élément, et le restera tout au long du film, évoluant vers un personnage moins caustique, plus tendre, plus émouvant, mais toujours avec classe et justesse. Le duo Wilder / Lemmon est décidément une réussite !

On pourrait reprocher l’étirement dans le temps (2h20…), d’autant plus que Wilder nous avait habitué à un cinéma plus « rythmé », à la limite de l’essoufflement (cf « Certains l’aiment chaud »). On est ici plongé dans le farniente, la « dolce vita ». Et derrière la farce, parfois morbide, se cache toute une critique pertinente : Wilder observe l’Amérique puritaine et capitaliste à travers la lorgnette d’une Italie hédoniste et plus laxiste. On sent nettement où va sa préférence !

Wilder + Lemmon transportés dans les années 70 et dans un cadre européanisé = nostalgie hollywoodienne, dernier vestige de toute une tradition, une culture cinématographiques qui s’effondrent. Mais dialogues loufoques, situations cocasses, quiproquos délirants font de ce « vestige » une transition plutôt optimiste, qui nous livre une vraie plaidoirie en faveur de l’amitié, la sociabilité et l’amour.

Un exemple de ces dialogues farfelus, sommet du genre :

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La merveilleuse scène de « l’enterrement » dans le charmant petit cimetière italien m’a inévitablement fait penser à cet autre cimetière, moins pittoresque mais tout aussi surréaliste, au cœur de Los Angeles, et à cette épitaphe extraordinaire, véritable pirouette finale et éternelle du grand Billy Wilder…




juil 6 2011

LE CAVALIER DU CRÉPUSCULE (LOVE ME TENDER) 1956

Publié par Caroline dans films années 1950      

De Robert D. Webb (1903 – 1990)

avec Debra Paget, Elvis Presley, Richard Egan

(90 mn)


Trois frères de l’armée des confédérés entreprennent de voler un trésor des Yankees, avant de découvrir que la guerre est terminée, et qu’ils sont maintenant considérés comme des hors-la-loi. Après s’être partagés le butin, ils rentrent chez eux, mais l’un d’eux, Vance, découvre que sa bien-aimée, Cathy, s’est mariée avec son jeune frère, Clint….

Ma critique :

Rapide « article » pour un film qui a éveillé ma curiosité pour deux raisons :

-       certainement le « western » le plus kitsch que j’ai pu avoir l’occasion de regarder… jusqu’au bout !

-       mais surtout, 1er film d’Elvis Presley (que l’on aime, ou pas… on ne peut rester indifférent), pour lequel la cultissime chanson « Love Me Tender » a été spécialement crée.

Au départ, Elvis ne voulait pas mélanger ses carrières d’acteur et de chanteur, car il « rêvait de devenir un James Dean ou un Marlon Brando » (sic). Mais les chansons furent imposées par les producteurs qui craignaient la déception des fans (déjà nombreux) d’Elvis. Ce sera le seul film d’Elvis dans lequel il n’a pas le premier rôle !

L’histoire en elle-même reste assez plate et attendue, les acteurs de seconde zone, même si la jolie Debra Paget fait de son mieux !


Je laisse la vidéo à votre appréciation…

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juin 23 2011

ESCALE A HOLLYWOOD (ANCHORS AWEIGH) 1945

Publié par Caroline dans films années 1940      

de George Sidney (1916 – 2002)

avec Gene Kelly, Frank Sinatra,  Kathryn Grayson

120 mn

Les deux amis Clarence Doolittle et Joseph Brady se ressemblent peu : Joseph passe pour un  » Don Juan « , alors que Clarence, trop timide, n’ose rien entreprendre. Pendant leur service militaire dans la marine, ils obtiennent une permission à Hollywood. Ils font la connaissance de Susan Abbott, une chanteuse qui travaille aux studios comme figurante pour payer ses leçons de chant et permettre à son neveu Donald, petit garçon rêvant de s’engager dans l’armée, de subsister. Clarence croit avoir trouvé en elle la femme de sa vie et, pour l’aider, Joseph met son ami en valeur.

Ma critique :

Une perle parmi les comédies musicales hollywoodiennes (malgré quelques lacunes dans le scénario), et pour beaucoup, le meilleur film de Gene Kelly, qui excelle dans tous les numéros de danse.

Une chorégraphie parfaite, orchestrée par Stanley Donen et Gene Kelly, et une musique qui remporte l’Oscar en 1946.


C’est avec ce film que Gene Kelly se fait réellement une place à Hollywood. Jusque là, il se produisait essentiellement sur les planches de Broadway, où il remportait un vif succès. En 1944, il fait ses débuts de chorégraphe pour Rita Hayworth. Avec « Escale à Hollywood » il obtient sa première nomination aux Oscars en tant que Meilleur Acteur. Chaque scène de danse du film est parfaite. Non seulement, Kelly est le danseur prodigieux que l’on connaît, mais il semble entrainer avec lui chacun de ses partenaires. Depuis la petite fille, au cours de cette charmante scène près de la fontaine, jusqu’à Sinatra, qu’il fait sauter de lit en lit dans le dortoir de l’armée, en passant par la mythique séquence de danse avec la souris Jerry. Cet épisode est une référence du genre, et a nécessité une année de travail ! Au départ, elle avait été refusé par la MGM, précisément en raison de la difficulté de synchronisation (et parce que Kelly souhaitait Mickey Mouse mais Disney avait refusé). Gene Kelly transforme en danseur tout ce qui bouge à ses côtés. Avec grâce et talent.


Et c’est aussi cette comédie musicale qui va révéler Sinatra au cinéma. Il vient tout juste de signer son 1er contrat avec la MGM. Agé de 30 ans, on est émerveillé et surpris par son physique de jeune premier, plutôt timide et maladroit. Mais on reconnaît déjà ses yeux bleus et sa voix qui deviendront légendaires. Frank Sinatra dira plus tard à propos de ce film : « Quand je suis arrivé à la MGM, je n’étais rien dans le monde du cinéma. J’étais un crooner, avec 2 pieds gauches. Gene Kelly m’a appris tout ce que je sais (c’était un vrai bourreau de travail) et c’est en partie grâce à lui que je suis devenu une star ».


Le duo Kelly – Sinatra fonctionne parfaitement, et « Escale à Hollywood » est un modèle du genre « musical », même si son succès reste inférieur aux futures « Un Américain à Paris » ou encore « Chantons sous la pluie ». A mes yeux, c’est dans ce rôle que Gene Kelly me semble le plus authentique et naturel derrière la perfection de ses interprétations.


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Et pour le plaisir d’écouter Sinatra :

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mai 30 2011

LA GARÇONNIÈRE (THE APARTMENT) 1960

Publié par Caroline dans films années 1960      

de Billy Wilder (1906 – 2002)

avec Jack Lemmon, Shirley MacLaine, Fred MacMurray

(115 mn)


C.C. Baxter est employé à la Sauvegarde, grande compagnie d’assurance. Dans l’espoir d’un avancement il prête souvent son appartement à ses supérieurs qui y emmènent leurs petites amies. Un jour le chef du personnel le convoque et lui apprend qu’il sait tout et lui demande aussi sa clé. Baxter est enfin promu. Mais ce qu’il ignorait c’est que le chef du personnel emmenait dans son appartement la femme dont il était amoureux.

Ma critique :

« La garçonnière » remporte 5 Oscars en 1960, dont celui du meilleur film.

En 1959, « Some like it hot » signe la rencontre Billy Wilder / Jack Lemmon. Le réalisateur adorait le jeu de l’acteur, il était fasciné par son inventivité, et durant le tournage de ce film mythique, il avait déclaré vouloir créer un projet spécialement pour Lemmon.

C’est donc chose faite l’année suivante avec « The Apartment ». Et Wilder offre effectivement à Jack Lemmon un rôle à sa mesure.

J’avoue, j’ai été subjugué par Lemmon. Jusqu’à présent, il avait toujours été pour moi le contrebassiste travesti, hilarant, de « Some like it hot ». Un comique délirant, mais peut-être trop maniéré et grimaçant. Arrogant. Là, j’ai découvert un acteur prodigieux. Le comique est touchant de naturel, et la dimension humaine du personnage de C.C Baxter frappante de vérité. D’ailleurs, Wilder prétendait que la grande qualité de Lemmon était son physique ordinaire : il pouvait peindre Monsieur Tout-le-monde.

Le film débute à la manière d’une comédie grinçante, pour se changer en mélodrame pudique, sans artifice, porté d’un bout à l’autre par le talent des deux acteurs.


Car Shirley MacLaine est merveilleuse ! Touchante à chaque minute, passant de l’espièglerie au désespoir avec une facilité déconcertante.

Le Noir et Blanc somptueux ajoute à la densité de cette jolie satire, triste et drôle. De nombreux gros plans viennent souligner les regards et les mimiques de chacun.

Tony Curtis racontait que Lemmon avait coutume de prononcer toujours la même phrase au moment de jouer une scène : « Voici venu le temps de la magie ! ».

Cinéphiles, voici un moment vraiment magique…

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mai 28 2011

LE CHÂTEAU DU DRAGON (DRAGONWYCK) 1946

Publié par Caroline dans films années 1940      

de Joseph L.Mankiewicz (1909 – 1993)

avec Gene Tierney, Vincent Price, Walter Huston

(100 mn)


1844. Miranda, une fille de fermiers du Connecticut, est appelée au château de Dragonwyck, où vit un cousin éloigné de sa mère, Nicholas Van Ryn, afin de tenir compagnie à sa femme, malade, et à leur fille. Elle tombe amoureuse de Van Ryn, qui, à peine devenu veuf, l’épouse. Mais lorsque le fils de cette union meurt peu de temps après sa naissance, Miranda va découvrir les secrets de son mari…

Ma critique :

Premier film de Mankiewicz en tant que réalisateur, un peu malgré lui puisque le scénario était confié à Lubitsch. Mais victime d’une crise cardiaque, celui-ci demande à son « élève » de relever le défi au dernier moment.

Début prometteur, et annonciateur de la grande carrière que l’on connaît, avec, entre autres, « L’Aventure de Mme Muir » en 1947, « All about Eve » en 1950 ou « La Comtesse aux pieds nus » en 1954.

« Dragonwyck » fait aussitôt penser aux films « gothiques » tels que « Rebecca » (1940 – Hitchcock) ou « Jane Eyre » (1944 – Stevenson), sans toutefois atteindre la tension psychologique ou la dimension sentimentale de ces 2 immenses films !

« Mme Muir », l’année suivante, dans la même lignée, sera plus abouti, plus personnel, avec la même Gene Tierney dans le rôle principal.

Ce qui frappe ici avant tout, c’est l’opposition entre liberté et enfermement, entre rêve et réalité. Liberté dès la 1ère image du film, avec Gene Tierney courant à travers champs dans son Connecticut natal. Enfermement, bien entendu, entre les murs du château, avec un passage saisissant : la jeune fille, toute à son excitation, contemple depuis le bateau, à travers une longue vue, sa future « prison dorée » ! Ainsi, la vue se rétrécit dans le champ de la lunette, à l’image de son rêve qui va fondre au contact d’une réalité quotidienne effrayante.

La beauté irréelle et lumineuse de Gene Tierney est fascinante, mais son jeu reste toujours, à mon goût, un peu froid, comme si elle mettait une certaine distance avec son personnage de peur de trop se révéler. Esthétiquement parfaite, on peut lui reprocher un manque de passion…


Vincent Price entame ici sa longue carrière « horrifico-gothique » en incarnant ce châtelain terrifiant . Carrière qui se terminera peu avant sa mort, en 1990, avec le rôle du créateur d’Edwards, dans « Edwards aux mains d’argent » de Tim Burton. A sa façon, le Seigneur du Château poursuit lui aussi son rêve, attaché aux traditions ancestrales et prêt à tout pour assurer sa descendance !

Un film qui reste captivant malgré les années, même si la version que nous offre le DVD des éditions Carlotta, parfaite du point de vue restauration de l’image, est déplorable au niveau des sous-titres français, qui nous privent de la moitié des dialogues !

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mai 11 2011

LA MAISON DES OTAGES (THE DESPERATE HOURS) 1955

Publié par Caroline dans films années 1950      

de William Wyler (1902 – 1981)

avec Humphrey Bogart, Frederic March, Arthur Kennedy

(120 mn)


La police recherche trois bandits : deux frères, Glen et Hal Griffin, et Sam Kobish, une brute criminelle qui les accompagne. Les fugitifs se réfugient dans la maison de Dan et Eleonor Hilliard et prennent en otage Eleonor et les deux enfants, pour quelques heures, qui se prolongent sur quelques jours…Chacun des membres de la famille doit poursuivre ses occupations quotidiennes, sans éveiller les soupçons de la police ou des voisins. Mais peu à peu, la situation devient psychologiquement tendue, du côté des otages comme des malfaiteurs.

Ma critique :

Magnifique film noir de William Wyler, qui n’en finit plus de nous étonner par son immense talent, en touchant avec génie à tous les genres. Car c’est lui qui nous offre en 1939 « Les hauts de Hurlevent », en 1953 « Vacances romaines », en 1958 « Les grands espaces », en 1959 « Ben-hur », en 1966 « Comment voler un million de $ », pour ne citer qu’eux !

Le film commence par une scène banale, petit déjeuner d’une famille typiquement américaine dans les années 50. Le mari part au travail, les enfants sont en retard pour l’école, et la mère reproche gentiment à son petit garçon de laisser trainer son vélo dans le jardin. Tout est dans ce détail. Leur vie va basculer car l’œil des bandits sera attiré par ce vélo. Ainsi, rien ne serait arrivé si…. ?

Wyler distille le suspens et l’angoisse à petites doses tout au long de ces 2 heures que l’on ne voit pas passer. La tension psychologique augmente dans le huis-clos de la maison (le film était à l’origine une pièce de théâtre). L’ambiance m’a rappelé par son côté opposition bourgeoisie américaine / gangster sans foi ni loi l’admirable « The reckless moment » de Max Ophüls (49), mais je pense aussi à « The petrified forest », premier rôle d’Humphrey Bogart en gangster impitoyable, prenant déjà en otage des innocents enfermés dans leur univers quotidien.


Bogart est encore une fois parfait en truand n’ayant rien à perdre, mais qui va devoir se battre d’une façon inhabituelle, face à ce père de famille incarné admirablement par Frederic March (prodigieux, vraiment) n’ayant pour toute arme que sa réflexion, son intelligence et sa grande fermeté.


Le dénouement est aussi brillant et haletant que tout le film… Un bijou du genre « noir ».

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