L’INQUIÈTANTE DAME EN NOIR (THE NOTORIOUS LANDLADY) 1962
Publié par Caroline dans films années 1960de Richard Quine (1920 – 1989)
avec Kim Novak, Jack Lemmon, Fred Astaire
(120 mn)
William Gridley, un jeune diplomate américain, est envoyé à Londres. A la recherche d’un appartement à louer en ville, il postule auprès de la ravissante Carlyle Hardwicke qui consent à lui céder l’appartement. Mais ce qu’il ignore, c’est qu’elle est le suspect numéro 1 du meurtre de Miles Hardwicke, époux de cette dernière, dont on n’a jamais retrouvé le corps.
Ma critique :
Richard Quine… suite ! Et apothéose, car ce film est cette fois complètement réussi, jubilatoire et farfelu, comédie parodiant le film noir (certains y voient d’ailleurs une parodie hitchcockienne).
L’équation est simple : ajoutez « L’adorable voisine » + « La panthère rose » et vous obtenez le parfait « L’inquiétante dame en noir » (titre français encore une fois assez nul !). Car il s’agit de l’ultime et très aboutie collaboration entre Richard Quine et Blake Edwards…
Ajoutez à ce duo une distribution ne laissant rien au hasard, avec des seconds rôles très stéréotypés (d’ailleurs l’Inspecteur loufoque de Scotland Yard, ne parvenant jamais à résoudre une affaire, est une ébauche de l’Inspecteur Clouseau joué par Peter Sellers dans la « Panthère Rose »).
Jack Lemmon, une fois de plus, parfait, génial. Un visage (souvent filmé en gros plans) qui parvient à changer d’expression en une seconde et nous faire passer du rire aux larmes, de l’angoisse au soulagement, de la méfiance aux sentiments les plus passionnés.
A ses côtés, un Fred Astaire inattendu, la soixantaine alerte, toujours aussi élégant (ah… sa démarche dans les couloirs de l’Ambassade, dans son immuable imperméable blanc), qui virevolte au milieu de cette comédie avec sa désinvolture et sa démarche dansante, soulignées par une caméra très mouvante.
Et ma plus grande surprise a été pour Kim Novak, qui m’a vraiment étonné tout au long de ces 2 heures. Richard Quine la filme évidemment dans toute sa splendeur, soulignant sa silhouette parfaite, son visage énigmatique de femme fatale et mystérieuse (leur collaboration remonte à 1954), mais il révèle aussi une femme espiègle, mutine, enjouée, à laquelle nous n’étions pas habitués (est-ce aussi pour cette raison que l’on a parlé de parodie hitchcockienne ?).
Le rythme de ce « chef d’œuvre » va crescendo. Quine prend d’abord le temps de nous détailler chaque situation, chaque personnage, pour finir, sur fond de musique de kiosque, au bord de la mer dans une maison de retraite, par partir dans tous les sens, avec des courses-poursuites loufoques, véritable apothéose !
Si vous n’avez pas encore vu cette perle rare, dépêchez vous (si vous habitez Paris, profitez du cycle Blake Edwards à la cinémathèque, la projection est prévue le 15 octobre).














































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