Dans la peau d’un potier : les CE2-CM1 de l’école Georges Lasserre, Talence

Les poinçons permettent de réaliser le décor du moule avec lequel seront produites les céramiques sigillées.

Au cours de la journée de visite à Loupiac, les élèves participant au projet Loupiac l’Antique ont pu découvrir l’artisanat gallo-romain avec la fabrication de poinçons. Ces poinçons permettaient de réaliser les décors soignés d’un type particulier céramique fine destinée au service à table caractéristique de l’Antiquité romaine, la céramique sigillée. Ces céramiques portent fréquemment l’estampille d’un atelier de potier.

Les enfants ont découvert cette technique et réalisé de beaux poinçons personnalisés. Ils ont ensuite pu s’essayer à la réalisation d’un décor avec des reproductions de poinçons antiques. Bravo à eux pour leur travail !

Dans la peau d’un potier

Après avoir été des archéologues en herbe lors de la première venue de Fanny, nous voici potiers en herbe !
Nous avons découvert la céramique sigillée.
Les potiers signaient leurs céramiques pour les retrouver quand la cuisson était terminée.
Pour cela, ils utilisaient des poinçons.
Voici les nôtres… »

 

 

 

Décor avec les poinçons

 

Et si vous souhaitez en savoir un peu plus sur la céramique, cliquez ici !

A l’école en Gaule romaine

L’école dans l’Antiquité

A sa naissance, l’enfant gallo-romain ne fait pas encore tout à fait partie de la famille. En raison de la forte mortalité infantile à cette époque, on attend quelques jours pour s’assurer de sa santé, avant de lui donner son premier bain et un prénom. Ce rituel de passage officialise l’entrée de l’enfant dans la famille. Il est alors placé sous la protection des dieux de la maison, les dieux Lares.

École romaine – Bas-relief, Trèves

A 7 ans, l’enfant est appelé puer. Il va pouvoir apprendre à lire, écrire et compter avec un maître d’école, le magister ludi : c’est l’équivalent de l’école primaire. Il semblerait que beaucoup d’enfants gallo-romains suivaient cet enseignement afin de connaître les bases du latin, la langue officielle de l’empire romain, même s’ils continuaient d’utiliser la langue gauloise chez eux.

Vers l’âge de 12 ans, seule une partie des garçons, ceux appartenant aux classes les plus aisées, pouvaient suivre l’enseignement secondaire. Les élèves
étudiaient les textes des grands auteurs grecs et latins avec un professeur nommé le grammaticus.

A l’âge de 16 ans, les garçons sont considérés comme de jeunes adultes, des adulescens. Les enfants des familles les plus fortunées peuvent poursuivre des études supérieures avec un rhétor, qui leur enseigne l’art de bien parler, du discours. Ils pourront alors poursuivre une carrière dans la politique ou devenir avocat par exemple.

Qui va à l’école ?

Pendant l’Antiquité, l’école est chère et concerne surtout les enfants des villes. Les familles les plus pauvres n’ont pas les moyens d’envoyer leurs enfants à l’école. Les garçons aident leur père aux champs, les filles sont à la maison avec leur mère. Les enfants d’esclaves doivent eux aussi travailler comme leurs parents.

La plupart des enfants ne vont qu’à l’école primaire, et apprennent un métier dès l’âge de 12 ans.

Les filles, quittent souvent l’école à 12 ans, et sont surtout destinées à devenir des épouses (uxor) puis des mères de famille (matrona). Seules les filles de familles aisées peuvent quelquefois poursuivre leurs études et étudier les auteurs grecs et latins, apprendre à chanter et jouer d’instruments de musique.

Ainsi, seuls les enfants des familles aisées, et surtout les garçons, avaient accès à une bonne éducation.

Comment apprend-on à lire et compter ?

Tablette de cire et style

Abaque

Si tous les Romains n’avaient pas les moyens d’envoyer leurs enfants très longtemps à l’école, l’éducation était prise très au sérieux par les parents. Les maîtres d’école étaient souvent sévères, et pouvaient punir les élèves avec une baguette en bois, la férule. La classe se faisait dans la boutique du maître d’école, où il n’y avait pas de tableau. Les élèves s’asseyaient sur des bancs en bois, et s’entraînaient à écrire sur des tablettes en bois recouvertes de cire posées sur leurs genoux, avec un style en métal. Le professeur possédait parfois des textes écrits sur du papyrus avec de l’encre de seiche, ou faite avec de la suie. Pour apprendre à compter, les élèves utilisaient un boulier ou une abaque, ou plus simplement des jetons.

Semaine du Goût : la cuisine antique

Pour continuer cette semaine du goût, nous vous proposons une petite douceur romaine de saison, la patina de poires.

« A condition de les cuire avec du miel, toutes les variétés de poires sont excellentes pour l’estomac. » Pline, Histoire naturelle, L. XXII.

Cette recette utilise un ingrédient bien particulier, le garum.

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Amphore bétique à garum, type Dressel-7-11

 

Cette sauce de poisson fermenté dans du sel était très appréciée des romains, qui l’utilisaient pour tous types de plats. Son pouvoir salant est équivalent à celui du sel, et comme ce dernier c’est un exhausteur de goût, c’est-à-dire qu’il relève les saveurs d’un plat. Le garum le plus prisé à l’époque romaine était produit en Bétique, dans le sud de l’Espagne. Il faisait l’objet d’un commerce très important et était exporté dans tout l’empire romain dans des amphores Bétiques, qui voyageaient par bateau.

Il existe un équivalent actuel du garum, la sauce nuoc-mâm, utilisée dans la cuisine asiatique pour accompagner les nêms par exemple. Attention pour la patina de poires quelques gouttes de garum (ou de nuoc-mâm) suffisent !

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Restitution d’une cuisine romaine, andalousie-culture-histoire.com

Le vin employé dans cette recette est le passum, un vin paillé. Ce type de vin est encore produit de nos jours dans le Jura, où l’on termine la maturation des raisins de vendanges tardives sur des clayettes de paille. On obtient ainsi un vin très liquoreux, que vous pouvez remplacer par un liquoreux de votre cave ! Même si l’alcool du vin s’évapore au cours de la cuisson, vous pouvez aussi le remplacer par du jus de pomme ou de raisin.

Patina de poires (patina de piris)

D’après le livre : Saveurs et senteurs de la Rome antique – 80 recettes d’Apicius Renzo Pedrazzini et Michèle Tesseyre, éditions Clairsud

Ingrédients :

  • 4 poires bien mûres
  • 5 cL d’huile d’olive

    Banquet romain, mosaïque

  • 3 œufs entiers
  • 2 cuillères à soupe de miel
  • 1 dL de passum, vin paillé (ou jus de pomme ou de raisin)
  • 1 pincée de cumin en poudre
  • Un peu de poivre du moulin
  • Quelques gouttes de garum (sauce asiatique nuoc-mâm)

Éplucher les poires, les couper en quatre et enlever le trognon et les pépins.

Mettre les poires à cuire à feu doux et à couvert, avec l’huile d’olive, le miel, le cumin, une pincée de poivre et quelques gouttes de garum.

Lorsque les poires sont cuites, les écraser en purée. Battre les 3 œufs en omelette et les rajouter à la purée de poires. Mouiller avec le vin paillé, bien mélanger.

Verser le mélange dans un plat de service allant au four ou dans des ramequins individuels.

Cuire 1h30 au bain marie, à four très doux. Le temps de cuisson peut varier en fonction de la taille du plat, de votre four… pensez à surveiller la cuisson !

Servir très frais, avec un tour de poivre du moulin.

Semaine du Goût : recette gauloise

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Intérieur d’une maison gauloise © Bibracte

 

Afin de vous mettre en appétit en cette semaine du Goût, nous vous proposons une recette gauloise. La cuisine gauloise se préparait fréquemment dans un gros pot à cuire en céramique, l’ancêtre du faitout ! Les ragoûts, bouillies, soupes et bouillons mijotaient donc longtemps, tout doucement sur le feu de bois….

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© Denis Gliksman, Inrap

 

 


 

Volaille marinée au sel (d’après le livre La Cuisine gauloise continue, A. Flouest et J.-P. Romac, éditions Bibracte et Bleu autour)

Ingrédients :

  • 1 volaille (poule ou canard)

Pour la marinade :

  • miel
  • sarriette
  • thym
  • bouquet garni
  • 250 g de sel
  • quelques grains de genièvre
  • racine de benoîte (ou clous de girofle)

Légumes pour le pot :

  • raves
  • carottes
  • champignons blancs
  • chou-rave
  • poireaux
  • céleri en branche

Préparer la marinade deux jours avant : mélanger le miel, le sel et les aromates (thym, sarriette, baies de genièvre, bouquet garni). Faire bouillir quelques instants, laisser refroidir puis filtrer. Plonger la volaille dans la marinade et l’y laisser reposer deux jours.                 Le lendemain, rincer la volaille à l’eau douce, la mettre dans un pot, glisser quelques légumes, branches de céleri et poireaux dans la bête et disposer le reste des légumes autour.                                                                                                                 Couvrir avec de l’eau bouillante non salée, mettre le couvercle et laisser cuire longtemps à feu doux ….                                                                                                           Servir la volaille découpée entourée des légumes du pot. Le jus, trop salé, ne doit pas être servi.

Document de travail sur la disparition de Pompéi

Voici un document réalisé par l’enseignante de CE2-CM1 de l’école de Cadillac-en-Fronsadais pour enrichir le projet Loupiac l’Antique et préparer la réalisation de peintures murales.

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Pour le télécharger, cliquez ici.

Merci à cette enseignante pour le partage de son travail !

Qu’est-ce que la céramique ?

Céramique vient du grec ancien Kéramos qui veut dire argile ou terre à potier.

Ce mot désigne d’une façon générale tout objet fabriqué en terre cuite : récipients, figurines, jeux, lampes, éléments de décoration et de construction. Les artisans spécialisés dans cette production sont appelés potiers ou céramistes. La céramique appartient aux « arts du feu » (arts utilisant la cuisson par le feu). Elle apparaît avant la métallurgie ou encore la verrerie.

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Cruche à une anse du Ier siècle de notre ère découverte à Périgueux

Les plus anciennes céramiques connues datent d’il y a environ 30 000 ans ; il s’agit de représentations humaines ou animales. Parmi elles se trouve une statuette féminine découverte à Dolní Věstonice en République tchèque ; elle a été datée vers 27 000 av. J.-C.

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Vénus de Dolní Věstonice

En Europe, il faut attendre la sédentarisation des hommes, à la période néolithique (6 000 – 2 300 av. J.-C.), pour que cet artisanat se développe et que les populations utilisent les céramiques dans un but domestique (stockage et cuisson). Pour les périodes plus anciennes, les exemples restent rares.

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Récipient en céramique (Néolithique). © musée d’Archéologie du Jura

Cependant, dans d’autres régions du monde, cet artisanat s’est développé plus tôt. En Chine par exemple, des pots culinaires ont été utilisés par des chasseurs-cueilleurs il y a 20 000 ans. Au Japon, des poteries dont la surface présente un aspect tressé (décor jômon) sont apparues vers 12 000 av. J.-C. A Çatal Höyük (Proche-Orient), au VIIe millénaire av. J.-C., des ateliers de potiers familiaux ont été retrouvés dans une quarantaine d’habitations de la ville.

Dans toute fouille archéologique, la céramique est le matériau que l’on recueille en plus grande quantité. Plusieurs raisons expliquent sa fréquence :
– Elle est facile et peu coûteuse à fabriquer
– Elle remplit de nombreux usages
– Elle est éphémère (la durée d’utilisation moyenne d’un vase est de 10-15 ans), fragile et non recyclable. On doit donc la renouveler fréquemment.
– Elle est imputrescible et s’altère très peu dans le sol.

Leur étude minutieuse par des archéologues spécialistes nommés céramologues :
– Contribue à la datation d’un site archéologique
– Aide à comprendre le statut social des utilisateurs
– Traduit les habitudes alimentaires d’une population
– Permet de déterminer les courants commerciaux
– Fournit des indices sur l’acculturation des peuples