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Blog pour suivre l'année scolaire du CM1a

Moi, j’irai dans la lune

Moi, j’irai dans la lune

Avec des petits pois,

Quelques mots de fortune

Et Blanquette, mon oie.

 

*Nous dormirons là-haut

Un p’tit peu de guingois

Au grand pays du froid

Où l’on voit des bateaux

Retenus par le dos.

 

Oui, j’irai dans la lune,

Je vais recommencer.

Cette fois en cachette

En tenant mes souliers.

 

Pas besoin de fusée

Ni de toute une armée,

Je monte sur Blanquette

Hop ! on est arrivé !

René de OBALDIA, « Innocentines »

 

Iles

Iles

Iles

Iles où l’on ne prendra jamais terre

Iles où l’on ne descendra jamais

Iles couvertes de végétations

Iles tapies comme des jaguars

Iles muettes

Iles immobiles

Iles inoubliables et sans nom

Je lance mes chaussures par-dessus bord

Car je voudrais bien aller jusqu’à vous.

Blaise CENDRARS, « Feuille de route »

 

 

Chevauchée sidérale

A cheval sur ma fusée

Partons pour les galaxies

Cueillir des fleurs étoilées

Dans les nocturnes prairies

*Adieux, les maisons, les prés

L’HLM et le verger !

*A cheval sur ma fusée

Partons pour les nébuleuses

Cueillir des pommes dorées

Dans les régions ténébreuses.

*Adieu, l’école et l’hiver

La rue et le chemin de fer !

*A cheval sur ma fusée

Partons pour le fond du ciel

Cueillir la roue du soleil

Qui fabrique les années.

Georges JEAN

 

Feu rouge, feu vert

 

Feu rouge : les autos inquiètes

foncent. Les piétons s’arrêtent,

lèvent un petit regard

sur le voisin jamais vu,

ébauchent vite un sourire :

ils ne sont plus en retard.

L’accordéon du trafic

se resserre, et c’est l’arrêt,

le feu vert pour les piétons.

Chacun rentre en son cocon,

qui se ressemble s’assemble :

deux par deux s’en vont les jambes

vers des chemins différents.

Les gros phares méprisants

les regardent passer sans rien dire :

les autos sont trop pressées

pour sourire.

 

Armand MONJO,

« La nouvelle Guirlande de Julie »,

Editions ouvrières

 

L’eau dormante

L’eau dormante ne dort pas ;

Elle rêve j’en suis sûr,

Car son rêve,

Elle le murmure,

Doucement,

Pour ceux qui comprennent,

Ceux qui aiment

Son frissonnement.

Son rêve est bien apaisant ;

Il lui donne un aspect tranquille,

Immobile et changeant ;

L’eau dormante sourit,

Elle est heureuse ;

C’est l’eau rêveuse.

Jean ORIZET

 

 

Les quatre éléments

 

L’air c’est rafraîchissant

Le feu c’est dévorant

La terre c’est tournant

L’eau – c’est tout différent

 

L’air c’est toujours du vent

Le feu c’est toujours bougeant

La terre c’est toujours virant

L’eau – c’est tout différent

 

L’air c’est toujours changeant

Le feu c’est toujours mangeant

La terre c’est toujours germant

L’eau – c’est tout différent

 

Et combien davantage encore ces drôles d’hommes

Espèces de vivants

Qui ne se croient jamais dans leur vrai élément.

                                                                                                              Claude ROY

 

Chanson d’automne

*

Les sanglots longs

Des violons

De l’automne

Blessent mon cœur

D’une langueur

Monotone.

*

Tout suffocant

Et blême, quand

Sonne l’heure,

Je me souviens

Des jours anciens

Et je pleure.

*

Et je m’en vais

Au vent mauvais

Qui m’emporte

Deçà, delà,

Pareil à la

Feuille morte.

*

Paul Verlaine, « Paysages tristes »

 

La biche

*

La biche brame au clair de lune

Et pleure à se fendre les yeux.

Son petit faon délicieux

A disparu dans la nuit brune.

*

Pour raconter son infortune

A la forêt de ses aïeux,

La biche brame au clair de lune

Et pleure à se fondre les yeux.

*

Mais aucune réponse, aucune,

A ses longs appels anxieux !

Et le cou tendu vers les cieux,

Folle d’amour et de rancune,

La biche brame au clair de lune.

*

Maurice Rollinat

Avril

Déjà les beaux jours, la poussière,

Un ciel d’azur et de lumière,

Les murs enflammés, les longs soirs ;

Et rien de vert : à peine encore

Un reflet rougeâtre décore

Les grands arbres aux rameaux noirs !

Ce beau temps me pèse et m’ennuie.

Ce n’est qu’après des jours de pluie

Que doit surgir, en un tableau,

Le printemps verdissant et rose,

Comme une nymphe fraîche éclose,

Qui, souriante, sort de l’eau.

Gérard de Nerval

Les quatre éléments

L’air c’est rafraîchissant

Le feu c’est dévorant

La terre c’est tournant

L’eau – c’est tout différent

L’air c’est toujours du vent

Le feu c’est toujours bougeant

La terre c’est toujours virant

L’eau – c’est tout différent

L’air c’est toujours changeant

Le feu c’est toujours mangeant

La terre c’est toujours germant

L’eau – c’est tout différent

Et combien davantage encore ces drôles d’hommes

Espèces de vivants

Qui ne se croient jamais dans leur vrai élément.

Claude ROY


Météorologie

L’oiseau vêtu de noir et vert

m’a apporté un papier vert

qui prévoit le temps qu’il va faire.

Le printemps a de belles manières.

L’oiseau vêtu de noir et blond

m’a apporté un papier blond

qui fait bourdonner les frelons.

L’été sera brûlant et long.

L’oiseau vêtu de noir et jaune

m’a apporté un papier jaune

qui sent la forêt en automne.

L’oiseau vêtu de noir et blanc

m’a apporté un flocon blanc.

L’oiseau couleur du temps, que m’apportera-t-il ?

Claude ROY


La musaraigne et l’ombrelle

Une musaraigne au long nez

Découvrit un jour une ombrelle

Apparemment abandonnée.


« Ce doit être un chapeau, dit-elle,

Pour un éléphant fortuné,

Ou leP.C. d’un colonel !… »

Et la musaraigne amusée

Fit basculer la citadelle

De sa patte au toucher ganté.


Mais au creux douillet de l’ombrelle

Un chat rêvait de mortadelle

Et il croqua la musaraigne.


Pierre BEARN « La nouvelle guirlande de Julie