1889, La Tour Eiffel,

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1889, La Tour Eiffel,
la Tour de 300 mètres !

« L’Homme n’est heureux que de Vouloir et d’Inventer », ALAIN (philosophe français, 1868-1951)

Qui est Gustave EIFFEL ?

Ø Gustave BONICKAUSEN, dit EIFFEL, puis Gustave,

Ø Il naît en 1832 à Dijon,

Ø Sa mère a le sens des affaires et gagne une petite fortune dans le commerce de la houille,

Ø Cela permet au jeune homme de faire de bonnes études,

Ø G.E. entre à l’Ecole Centrale et prend pour spécialité la chimie puis s’oriente vers la métallurgie,

Ø Il devient le secrétaire particulier de Charles NEPVEU dont les ateliers sont spécialisés dans la construction de matériel ferroviaire,

Ø Il fait son premier chantier important : la construction du pont métallique de Bordeaux qui fait la réputation du jeune ingénieur en 1858, à 26 ans,

Ø Il forme sa propre entreprise en 1867 qu’il installe à Levallois : La Société des Etablissements Eiffel,

Ø Les ateliers se spécialisent dans la construction de ponts et de viaducs pour lesquels EIFFEL et ses collaborateurs perfectionnent les procédés de fondation à l’air comprimé et de montage,

Ø C’est l’irrésistible ascension puis la gloire avec la Tour de 300 mètres,

Ø Parmi les plus importantes réalisations en France comme dans le monde entier, il faut citer : la gare de l’Ouest de Budapest (1875- 1877), le pont Maria-Pia sur le Douro à Porto (1875-1877), le pont routier de Cubzac sur la Dordogne (1879-1884), le viaduc de Garabit dans le Cantal (1880-1884), l’ossature de la Statue de la Liberté éclairant le monde (1881-1886), la coupole du grand équatorial de l’observatoire de Nice (1885-1886), puis les ponts portatifs démontables de système Eiffel qui furent exportés dans le monde entier

Ø La Tour de 300 mètres marque le terme de sa carrière de constructeur,

Ø G.E. se retire des affaires et abandonne en 1893 la direction des Etablissements de Levallois,

Ø Il se consacre jusqu’à sa mort en 1923 à Paris, à la recherche en météorologie et aérodynamique,

Ø En météorologie, il améliore les méthodes de mesures et en aérodynamique, il teste toutes sortes de surfaces et notamment des modèles d’avions,

Ø Homme de science et de progrès, il réunit de prodigieuses qualités d’action, d’organisation et de communication lui permettant de réaliser cette tour monumentale, lui apportant la gloire.

La naissance d’une tour, tour en fer de 300m de hauteur destinée à l’Exposition universelle de 1889

(Manifestation, destinée à célébrer le centenaire de la Révolution française, née dans le contexte de crise économique et d’instabilité politique des années 1880),

Ø Nul monument ne semble plus lié à l’art moderne que la Tour Eiffel,

Ø Origine : 1882, Maurice KOECHLIN (1856-1946), chef du bureau des études de l’entreprise Eiffel, et son collègue Emile NOUGUIER ont l’idée de construire une tour métallique très haute pour donner de l’attrait à cette exposition de 1889,

Ø En 1884, ils établissent un avant-projet (calculs sommaires et croquis) et le soumettent à EIFFEL, qui déclare ne pas s’y intéresser mais autorise ses 2 ingénieurs à poursuivre l’étude,

Ø Ceux-ci font appel à la collaboration de l’architecte Stephen SAUVESTRE, pour l’établissement d’un dessin à grande échelle qui est soumis au sculpteur BARTHOLDI et au commissaire général de l’exposition des Arts décoratifs,

Ø EIFFEL décide de s’associer au projet,

Ø En septembre 1884, EIFFEL dépose une demande de brevet d’invention « pour une disposition nouvelle permettant de construire des piles et des pylônes métalliques d’une hauteur pouvant dépasser 300m »,

Ø Il passe en décembre 1884 un contrat avec NOUGUIER et KOECHLIN qui lui cèdent la propriété exclusive du brevet,

Ø G.E. apporte en 1885 les indispensables précisions techniques,

Ø Après avoir fait voter le budget de l’exposition nouvelle, le ministre du commerce dans le gouvernement FREYCINET (Président du Conseil), arrête le programme du concours ouvert pour cette manifestation,

Ø Il y est notamment indiqué : « les concurrents devront étudier la possibilité d’élever sur le Champ-de-Mars une tour en fer à base carrée, de 125m de côté à la base et de 300m de hauteur. Ils feront figurer cette tour sur le plan du Champ-de-Mars, et, s’ils le jugent convenables ils pourront présenter un autre plan sans ladite tour »,

Ø Le 12 juin 1886, une commission présidée par LOCKROY écarte comme irréalisable les projets concurrents de celui d’EIFFEL (BOUCHER, HENRY, MARION, POCHET, ROBERT, ROUGER et SPEYSER),

Ø Il est déclaré à l’unanimité que « la Tour à édifier en vue de l’Exposition universelle de 1889 devait offrir nettement un caractère déterminé, qu’elle devait apparaître comme un chef-d’œuvre original d’industrie métallique et que la Tour Eiffel semblait seule répondre pleinement à ce but »,

Ø En janvier 1887, G.E. s’engage à terminer la Tour pour l’inauguration de l’Exposition universelle,

Ø Les organisateurs retiennent en janvier 1887 l’emplacement du Champ-de-Mars en bordure de Seine,

Ø L’exposition fermée, la Ville de Paris sera propriétaire de la Tour Eiffel en gardant pendant 20 ans la jouissance comme complément du prix des travaux,

Ø Cette jouissance d’exploitation sera prolongée en 1910 de 70 ans mais reprise en 1980 par la Société nouvelle d’exploitation de la Tour Eiffel (S.N.T.E.) où la Ville de Paris est majoritaire.

La construction : 2 ans, 2 mois et 5 jours

Ø Le 1er janvier 1887, EIFFEL prend possession de son grand carré sablonneux sur le Champ-de-Mars,

Ø Le 26 janvier 1887 : 1er coup de pioche,

Ø Du 28 janvier au 30 juin 1887 : travaux de fondation,

Ø Le 30 juin 1887, commence le montage de la partie métallique,

Ø Tout est préparé dans les ateliers de Levallois-Perret,

Ø Le bureau d’étude dirigé par Maurice KOECHLIN qui, pour l’ossature de la Tour seule, fit plus de 1 700 dessins,

Ø Le bureau de détail dirigé par PLUOT établira 3 628 dessins détaillant 18 038 pièces différentes,

Ø Les travaux avancent rigoureusement,

Ø Il y a une préparation absolue et complète des différentes pièces hors du chantier,

Ø Sur le chantier, c’est simplement la mise en place et l’assujettissement scrupuleux des pièces les unes avec les autres,

Ø Le 14 février 1887, Le Temps publie « Les artistes contre la Tour Eiffel » : inutile et monstrueuse Tour Eiffel, Tour vertigineusement, ridicule dominant Paris, gigantesque et noire cheminée d’usine, odieuse colonne de tôle boulonnée,

Ø Guy de Maupassant (écrivain français, 1850-1893) qualifie la Tour de chandelier creux et de squelette disgracieux et Joris-Karl Huysmans (écrivain français, 1871-1968) la compare à un suppositoire vulgaire et criblé de trous,

Ø En mars 1888, on atteint le premier étage et en juillet 1888, le deuxième,

Ø La Tour sera la preuve éclatante des progrès réalisés en ce siècle par l’art des ingénieurs,

Ø Septembre et décembre 1888 : mouvement de grève sur le chantier,

Ø Le 31 mars 1889, le montage est terminé et le drapeau tricolore est hissé au sommet du paratonnerre,

Ø Du 15 mai au 6 novembre 1889, pendant toute la durée de l’Exposition, la Tour reçoit 1 953 122 visiteurs, soit une moyenne journalière de 11 800 visiteurs,

Ø Les recettes sont de 6 509 901 francs et 80 centimes, pour un coût total de construction de 7 457 000 francs, (la différence sera rapidement comblée après la clôture de l’Exposition),

Ø Les ascenseurs ne fonctionnent pas encore, celui du 1er étage sera mis en service 2 mois après l’inauguration.

Les différentes étapes de la construction photographiées depuis le Trocadéro

Informations complémentaires 

Ø Il n’y eu aucun accident pendant la construction qui s’est faite en 26 mois,

Ø 50 ingénieurs et dessinateurs ont exécuté 5 300 dessins,

Ø 100 ouvriers ont façonné 18 038 pièces en fer,

Ø Entre 150 et 300 ouvriers ont travaillé sur le site très bien encadré,

Ø Lors de sa construction, 16 vérins (ayant chacun une puissance de 800 tonnes) furent utilisés pour soulever les arbalétriers constituant l’armature principale de chaque pilier,

Ø Une fois l’horizontalité de la plate-forme du 1er étage assurée, la charpente métallique fut fixée dans des fondations de maçonnerie qui, pour les 2 piles situées du côté Seine, descendent jusqu’à 14m de profondeur, au niveau du lit du fleuve,

Ø Les vérins furent enlevés,

Ø Les fondations ont nécessité 30 973m3 de déblais et 12 500m3 de maçonnerie,

Ø La Tour comprend 18 038 pièces en fer percées de 7 millions de trous,

Ø 620 feuilles de 3 à 18,5 mm assemblées par 55 000 rivets.

Petite histoire

Ø 1900, éclairage entièrement électrique,

Ø 19 octobre 1901, SANTOS-DUMONT contourne la Tour avec un dirigeable (un coup de vent faillit le projeter sur le sommet),

Ø 1913, on parle de démolir la Tour, la guerre de 1914-1918 la sauvera en en faisant un centre militaire radiotélégraphique,

Ø 1920, on pense utiliser le fer de la Tour pour reconstruire des usines dans les régions dévastées,

Ø Le 30 décembre 1921, Sacha et Lucien GUITRY réalisent la 1ère émission radio en direct,

Ø 1922, les émissions de Radio-Tour-Eiffel commencent,

Ø Le 2 juin 1923, un journaliste, Pierre LABRIC, à la suite d’un pari, descend à bicyclette l’escalier à partir du 1er étage,

Ø En 1926, Léon COLIOT tente de passer en avion entre les pieds de la Tour, il s’écrase aveuglé par le soleil,

Ø De 1925 à 1936, publicité lumineuse pour Citroën, réalisée en 6 couleurs, 250 000 ampoules, elle était visible à 38 km (le « N » mesurait 20,8 m de hauteur),

Ø En 1937, la galerie à arcatures est supprimée au profit d’un simple auvent horizontal, jugé plus « moderne »,

Ø De 1940 à 1944, occupée par les allemands,

Ø De 1944 à 1946, occupée par l’armée américaine,

Ø Le 1er juin 1946, rouverte au public,

Ø Le 9 juillet 1954, Alfred THOMANEL, un allemand de 22 ans, l’escalade,

Ø En 1957, installation d’une plate-forme pour recevoir les paraboles de diffusion en direct des émissions des 3 chaînes de télévision,

Ø En 1964, la Tour est classée monument historique,

Ø 1980-1985, rénovation,

Ø Le 1er décembre 1983, vente aux enchères de l’escalier en colimaçon qui allait du 2ème au 3ème étage (morceaux : de 50 000 à 180 000F),

Ø Le 12 décembre 1985, nouvelles illuminations (352 projecteurs éclairant la Tour de l’intérieur).

Caractéristiques

Ø Ascenseurs : 3 du sol au 2ème étage ; 2 hydrauliques (1899) sont dans les piliers ouest et est ; depuis 1965, un ascenseur électrique transporte 106 personnes et fait 12 allers-retours par heure,

Ø Dilatation : la face exposée aux rayons solaires se dilate : le sommet s’éloigne du soleil et décrit une courbe de 18 cm qui vient se refermer le soir sur son point de départ ; la hauteur peut diminuer de 15 cm par grand froid,

Ø Eclairage : 352 projecteurs de 1 000 W ; coût annuel : 600 000 F (soit 91.469,41 €) en 1987 [auparavant, (éclairage de l’extérieur) 2 500 000 F (soit 381.122,54 €),

Ø Escalier : 1 665 marches jusqu’à son sommet (1710 à l’origine),

Ø Hauteur : 312,27 m à l’origine (avec drapeau) ; 320,75 m après l’ajout d’une antenne TV en 1956 ; 1994 : 318,7 m (hauteur avec antenne de télévision) ; 324 m aujourd’hui, y compris l’antenne de télévision à son sommet,

- Etages : 1er à 57,63 m au-dessus du sol, 2ème à 115,73 m, 3ème à 276,13 m. Les 4 piliers ont leurs centres situés suivant les sommets d’un carré de 125 m de côté. Entre les piliers, des arcs (purement décoratifs) de 74 m de diamètre se développent. Largeur à la base 127,50 m,

Ø Matériau : fer,

Ø Peinture : repeinte tous les 7 ans, la Tour à reçu 17 couches de peinture brune, dite ferrubrou (obtenue avec du jaune de chrome et de l’oxyde de fer) ; surface 200 000 m² ; 25 peintres ; poids d’une couche : 5 tonnes ; heure de travail : 40 000,

Ø Poids total : 9 700 tonnes en 1889 (7 300 pour la partie métallique), 10 100 tonnes en 1981, allègement de 1 343 tonnes en 1983 (après travaux) ; charge au sol 4,5 kg/cm²,

Ø Surface au plancher : 1er étage 4 200 m², 2ème étage 1 400 m², 3ème étage 350 m²,

Ø Vent : par vent de 180km/h, le plus fort jamais enregistré, le sommet oscille et décrit des ellipses,

Ø Vue du sommet par temps clair : au nord à 60 km, ouest 70, sud 55, est 65,

Ø Personnes pouvant se tenir sur la Tour en même temps : 5 000 dont 1er étage 3 000, 2ème 1 600, 3ème 400.

La Tour Eiffel restera l’édifice le plus haut du monde jusqu’à la construction à New York en 1930 du Chrysler Building, de 319 mètres puis de l’Empire State Building en 1931, de 348 mètres.


Le masque démasqué !

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Porter un masque, le regard du masque, la parole du masque, le nez du masque, le masque partagé, le demi-masque, le masque sur tige, le masque multiplié, un masque et un costume, le masque neutre

     
 Un masque ne peut être porté que s’il est percé d’orifices qui assurent à l’acteur une vision suffisante pour appréhender l’espace scénique et s’y déplacer. Détaché du corps, il retrouve brutalement son statut d’objet.

‚ Vision et regard sont deux notions distinctes. La vision renvoie à un phénomène purement biologique et le regard définit une expression, un caractère. Il arrive fréquemment que l’axe de vision de l’acteur ne coïncide pas avec le regard du masque. Il en est généralement ainsi pour les masques de grande taille. Des trous destinés uniquement à la vision doivent être alors ouverts à la hauteur des pommettes par exemple. Parfois, l’acteur ne peut voir que par les narines ou la bouche du masque. En imposant son regard, le masque assume pleinement son rôle de simulacre. Les yeux sont sculptés et/ou peints. En privilégiant la vision au détriment de son propre regard, le masque va découvrir l’œil et le regard de l’acteur. Il laisse apparaître l’œil pour mieux révéler le regard.

ƒ Certains masques ne sont pas conçus pour véhiculer la parole. Les bouches sont closes (masques muets). Pour certains masques, le menton est séparé et est fixé par des ficelles qui passent par de petits trous situés dans la section de raccordement selon un trajet qui les rend invisibles. La mâchoire entraîne ce menton mobile qui reprend sa place dès que la bouche se referme. La plupart des masques ne recourent pas à ce jeu des articulations mais utilisent la bouche pour ce qu’elle est : un orifice, fendu, ouvert, immobile, le lieu du souffle et de la voix.

„ En plus de la vue et du toucher, l’odorat joue un rôle important dans l’approche et la connaissance du masque. Chaque masque possède en quelque sorte son odeur propre : odeur des matériaux qui le constituent : bois, cuir,…. Le nez se présente aussi comme le seul axe vertical, la ligne de partage entre le côté droit et le côté gauche. Il est l’élément saillant qui se prête à de nombreuses métamorphoses. Certains masques sont caractérisés par une double expression.

… Le demi-masque revêt la partie supérieure du visage. Il le partage ainsi par recouvrement en deux territoires : celui du masque et celui du visage. Il arrive aussi que le demi-masque dissimule uniquement la partie inférieure du visage.

† Le masque sur tige apporte la solution la plus radicale aux contraintes physiques endurées par l’acteur (difficulté à respirer, transpiration, poids, réduction du champ de vision…). Sa conception relève d’une idée toute simple : séparer le masque du visage. L’acteur tient dans sa main la tige qui est fixée dans le menton du masque. Paradoxalement, le seul lien du masque avec le corps passe par la main qui le tient et le manipule.

‡ Il arrive aussi que le masque abandonne le visage pour couvrir la nuque. Il fait surgir son double ou son jumeau. Double face d’une même réalité, visages identiques, visages antinomiques (homme/femme, gai/triste…). Ces faces ne peuvent être perçues que successivement.

ˆ Perruques et coiffures accompagnent et complètent souvent le masque. Elles font partie du masque. Dans de nombreux cas, le masque ne se réduit pas uniquement à la forme du visage. Il arrive souvent que le masque et costume ne fassent qu’un et soient conçus comme tels.

‰ Afin d’aider les acteurs à se débarrasser de leurs habitudes de jeu, ont leur fait porter un masque sans expression. Il se présente comme un visage au repos, idéalisé par la symétrie, ni froncement de sourcil, ni sourire, ni rictus.

 

« Masques et théâtres masqués en Orient et en Occident », Actualité des Arts Plastiques, CNDP,1980, n°50

« Danses de la Terre », Françoise Gründ, Editions de la Martinière, 2001 

Le masque

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Le masque est universel et son origine remonte à la nuit des temps

Le masque, ce curieux accessoire aux formes et aux fonctions multiples, est sans doute l’une des plus anciennes expressions des sociétés humaines. Enigmatique, inquiétant, interpellant, comique…, le masque – cet autre moi – permet à son porteur… « le masqué » de dissimuler son identité, de transformer son apparence et ceci, à première vue, sans destination utile. A travers le temps et à travers l’espace, ses formes et ses usages sont diversifiés presque à l’infini.

     

        Origine des différents masques présentés : (de gauche à droite),  Océanie, Afrique noire, Asie, Europe, Amérique  centrale,  Amérique du Sud.

Essai de définition

L’ethnologie* nous apprend que l’homme a inventé des techniques et des arts propres à modifier son apparence physique.

* étude scientifique et systématique des sociétés dans l’ensemble de leurs manifestations linguistiques, coutumières, politiques, religieuses et économiques, comme dans leur histoire particulière.

Grâce aux informations collectées et analysées par les ethnologues nous pouvons tenter de définir la notion de masque :

Ä Au sens restreint et habituel du mot, le masque est « un faux visage, dont on se cache la figure pour se déguiser ». Certains auteurs ont donc proposé une approche plus large du masque, considérant qu’il y a masque lorsqu’un objet couvre tout ou partie de la figure pour déguiser le porteur ou dissimuler son identité.

  • Le masque est un objet surajouté au corps et plus précisément conçu pour s’adapter au visage. Il s’accompagne le plus souvent d’un déguisement complet.

  • Le masque n’a donc de sens que porté, aussi serait-il erroné de ne voir en lui, malgré l’immobilité de ses traits, qu’un objet statique apparenté à la statuaire. Le masque appartient au corps, exige qu’un corps l’habite. Il ne faut jamais oublier lorsque l’on visite un musée que les masques enfermés dans leurs vitrines ne sont plus alors – en dépit de leur beauté formelle – que des dépouilles réduites au silence.

  • Le port du masque est strictement régi. Il apparaît lors de cérémonies magiques ou religieuses, de fêtes profanes et de représentations théâtrales. Celles-ci se tiennent dans des lieux sacrés ou conçus à cet effet (temple, théâtre), à certaines périodes de l’année (carnavals), à certaines heures du jour ou de la nuit (les représentations de kolam commencent à la tombée de la nuit). En fait, le masque accompagne l’homme tout au long de sa vie : de son initiation à sa mort (rituels funéraires) ; il ponctue ses travaux (rituels saisonniers) ou ses joies (le théâtre).

S’il est souhaitable d’admirer les masques en mouvement, il est également nécessaire de les voir évoluer dans un contexte aussi fidèle que possible. Cette remarque ne s’applique pas uniquement aux cérémonies à caractère rituel mais aussi à n’importe quelle représentation théâtrale. Ainsi certains spectacles du Bread and Puppet Theatre, conçus pour la rue, ont-ils été dénaturés lorsqu’ils ont été donnés sur une scène à l’italienne.

  • L’apparition du masque est liée à la musique, au chant ou à la parole qui le soutiennent dans sa danse ou son jeu.

  • Enfin, l’existence même du masque requiert la présence d’un public.

  • Le masque pourrait se définir comme un ornement surajouté temporairement au visage lors de manifestations, religieuses ou profanes, accompagnées de musique et destinées à un public.

  • Par extension, les ethnologues appellent également « masque » des représentations de visages, de têtes, des effigies, des mannequins, des carcasses de fibres ou de tissus… ou encore des pendentifs en forme de masques, des masques de poche, des masques de doigts… Si à la suite de Claude Lévi-Strauss (anthropologue, ethnologue et philosophe français, 1908-), l’on prend en compte les peintures corporelles, les tatouages, les fards, les maquillages faciaux, la notion de masque s’élargit considérablement et tend au phénomène universel.

« Masques et théâtres masqués en Orient et en Occident », Actualité des Arts Plastiques, CNDP, 1980, n°50

« Masques du monde… », Michel Revelard et Guergana Kostadinova, La Renaissance du Livre, 2000

Les carnets, la suite !

Carnets de voyage Aucun commentaire

Beaucoup de concentration, cette semaine !

Le travail avance à grands pas. Si certains en sont encore à réfléchir à la structure de leur objet, d’autres en sont à la phase d’achèvement !

tampon

noeud

pastille

application


pliage

papier maché

Toutes ces productions seront à découvrir durant l’exposition d’arts plastiques qui se tiendra début juin.

Rimbaud et les autres (problématique suite)

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A. Rimbaud a écrit « car je est un autre » (lettre à paul Demeny le 15-05-1871).

Initiales

J. Gaudaire-Thor. Initiales. Technique mixte, 2006. Coll. particulière.

      Cette affirmation est paradoxale car elle met en question la frontière entre identité et altérité. Cette formule pose le problème du sujet et de son rapport à autrui. On peut se demander alors où se situe la séparation entre le je et l’autre, qui décide de cette scission? Quel est le rôle de l’autre dans la formation de mon identité ? Celui qui parle ou écrit est-il différent de celui qui « est » ? Comment peut-on être autre à soi-même ?

   Rimbaud adolescent n’était pas comme les autres, Rimbaud poête ne ressemble à aucun autre, Rimbaud s’arrête d’écrire très tôt et part dans une odyssée chez les autres (Aden et l’éthiopie) faire autre chose (« trafiquer dans l’inconnu« ).

   Cela renvoie à Homère avec Ulysse disant dans l’odyssée : »mon nom est personne » à G. de Nerval écrivant au dos d’un portrait de lui par Nadar: »je suis l’autre« . Enfin à Montesquieu « comment peut-on être persan ?« 

Le mot AUTRE et autres mots (problématique)

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A partir de ces mots on s’est posé des questions

Petite problématique

Si je veux définir ou caractériser l’autre je suis obligé de me définir moi pour nous distinguer, mais comment puis-je le faire sans connaître l’autre?

« Je » n’est-il pas toujours l’autre pour celui qui est en face et « me » regarde?

Si nous sommes différents cela nous empêche-t-il d’être frères? Que veut dire l’expression « frères énemis« ? Puis-je être plus ami, plus proche, avec un copain qu’avec mon frère de sang? Identité et égalité veulent-ils dire la même chose? Considérer l’autre comme inférieur n’est-il pas le début d’une forme de racisme sachant que « les hommes naissent libres et égaux en droit »? Le racisme n’est-il pas une forme d’altération de l’image de l’autre?

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photo credit: Xyo-PaléoGyoTio

Du musée ethnographique au musée des arts premiers.

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Ce travail vient en amont de la visite du Musée. Il se compose de 2 étapes. Vous allez travailler par groupe de 2 en salle informatique.  

La problématique de ces deux séquences est la suivante :

Qu’est-ce que le Musée du Quai Branly ? En quoi, ce musée marque-t-il une rupture dans la manière de montrer des objets venus d’ailleurs ?

Les compétences  visées  sont :

- Mettre en œuvre des compétences B2i

- Initier à l’analyse des images filmiques

- Analyser la construction des bandes annonces et les exigences auxquelles elles répondent.

- Faire apparaître les choix narratifs et le montage : existence d’une écriture cinématographique.

- Emettre une opinion argumentée et organisée.

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