Steichen Edward
20 juin, 2008 Regards de photographes Aucun commentaireL’auteur est Edward Steichen.L’oeuvre s’appelle Marlène Dietrich et date de 1934.Cette image fait partie de la collection Courtesy The Richard and Jackie Hollander Collection.On peut la voir à Los Angeles.Sur la photo,elle a les épaules nues et main gantée de fine dentelle, comme dessinée à même la peau…
l y a là Marlene Dietrich en 1934, l’année de L’Impératrice rouge; elle émerge d’un somptueux fauteuil club, visage offert mais insondable, fidèle à elle-même en somme, quand soudain on découvre dans l’angle sa petite main gantée de guipure qui semble supplier… Agonisante ou revenante, on hésite. L’image est non seulement belle, mais troublante. Tout comme ce portrait de l’actrice américaine d’origine chinoise Anna May Wong, sensation des années 1930, qui fut d’ailleurs partenaire de Marlene dans Shanghai Express: sa tête coiffée à la Louise Brooks repose sur une surface laquée noire, à côté d’un dahlia blanc… Comme coupée. Et quel intrus fait donc s’agripper et se retourner la reine Garbo, en 1928? Une souris? Un assassin?Immortaliser les beautés, restituer leur glamour mais aussi les doter d’une force obscure, c’est peut-être le talent le plus spectaculaire qu’avait Edward Steichen, qui fait jusqu’à la fin de l’année, au Jeu de paume, l’objet d’une toute première rétrospective européenne. Mais, en plus de 400 photos venues du monde entier, l’événement offre plus que l’occasion de se pâmer devant un Who’s Who vintage: Edward Steichen (1879-1973), américain d’origine luxembourgeoise, est – ni plus ni moins – un monument de la photographie, qui a influencé le médium tout au long de sa vie. D’abord, par sa production prolifique et protéiforme (du portrait à la nature morte, en passant par le nu, le reportage de guerre ou encore la chronique sociale). Ensuite, par ses positions ou responsabilités: militant de l’avant-garde (au sein du groupe Photo Secession, de la revue Camera Work), il est devenu plus tard l’influent directeur de la photographie de Vogue et de Vanity Fair, puis le conservateur du genre au MoMA, à New York. Sans compter qu’il fut aussi peintre, typographe, horticulteur… Chez Steichen, l’arrière-plan est aussi riche que le premier.Steichen, une épopée photographique. Jeu de paume, 1, place de la Concorde, Paris (VIIIe), 01-47-03-12-52. Jusqu’au 30 décembre. Fermé le lundi. Entrée: 6; tarif réduit: 3. http://www.jeudepaume.org/Edward Steichen est né à Bivange, au Luxembourg, le 27 mars 1879. Ce n’est que quelques mois qu’Edouard Jean Steichen passe, après sa naissance, au Grand-Duché, avant que ses parents n’émigrent aux Etats-Unis d’Amérique. Sa mère l’encourage continuellement dans ses élans artistiques et, à quinze ans, Edward Steichen commence des études dans un atelier photographique. Il prend sa première photo en 1895, à l’âge de seize ans. Mais il se tourne d’abord vers la peinture, jusqu’en 1922.Entre-temps, à 21 ans, il prend la nationalité américaine et participe à la Première Guerre mondiale en tant que directeur de photographie aérienne des Forces alliées. .Les mérites de ce grand homme dans les domaines de la culture et des droits de l’homme, lui valent la plus haute distinction civile américaine, la Presidential Medal of Freedom, en 1963.Edward Steichen est mort le 25 mars 1973, à West Redding (Connecticut).
Nadège et Justine

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