La démarche de veille informationnelle

28 11 2006

Dans le cadre de ses cours de recherche d’information stratégique de Master 1 et 2, Jean-Paul Pinte demande à ses étudiants de développer une culture informationnelle dont la démarche et les outils visent à développer certaines compétences de base dans la recherche de l’information.

Ces compétences comprennent la définition du sujet de recherche, le choix des sources d’information, l’utilisation des nouvelles technologies, le repérage de l’information, l’évaluation et l’utilisation de l’information. La veille informationnelle est organisée sur une période active de recherche d’un minimum de trois mois.

Le fruit de la veille effectuée est retranscrit sur un outil collaboratif de type blog ou WIKI et une attention particulière est accordée la façon dont l’étudiant s’approprie l’information et la traite dans le cadre d’une recherche.

La veille automatisée opérée ensuite grâce des techniques de surveillance de type push ou pull permet de demeurer au courant des nouvelles publications et des développements de la recherche dans un domaine particulier.

La veille informationnelle ne peut être opérée que dans la mesure où les étudiants maîtrisent toutes les étapes et stratégies de recherche documentaire qui sont dispensées durant des modules de cours de 24 h en présentiel.

Les consignes de veille informationnelle communiquées aux étudiants :

- éviter la recherche unique sur Google

- Naviguer dans le Web invisible (quels outils ?, quelles trouvailles ?)

- Utiliser les techniques de la cartographie (Kartoo, Mapstan) pour affiner ses recherches

- Faire appel au minimum à 1 annuaire, 2 moteurs de recherche, 3 métamoteurs et 1 agent intelligent d’alertes sur le Web

- Télécharger et tester au moins deux outils de veille automatisée sur la période de test donnée (généralement 30 jours)

- Devenir « Lectacteur » et donc acteur de ses connaissances en discernant le grain de l’ivraie

- Citer les sources et respecter les droits d’auteur lors de la restitution d’une analyse ou d’une recherche

- Détecter 1 ou 2 experts dans le domaine de la recherche, analyser leur cartographie sur le Web




Approche de la culture informationnelle

24 11 2006

La culture informatique et la culture informationnelle sont venues trop vite constituées une société dite « cyberculturelle ».
Ainsi, la culture informationnelle concerne aujourd’hui tout le monde en quête d’information et dépasse largement la production et la fourniture de l’information (intellectuelle ou matérielle) autrefois détenues par le monde de la documentation, des bibliothèques, de l’information scientifique et technique.
En éducation, la prise de conscience est encore trop partielle et la plupart des enseignants et universitaires n’ont pas encore tous saisi ou manifesté un vif intérêt envers les mécanismes structurant aujourd’hui les divers champs de l’activité intellectuelle de recherche d’information.

Notre éducation doit s’efforcer en plus d’enseigner des compétences de base que sont lire, écrire et compter, l’acte d’apprendre à chercher, à évaluer et à utiliser l’information pour eviter de développer une génération d’infopauvres à l’aube du Web 3.0

La culture informationnelle semble en effet être aujourd’hui trop encore réduite à un simple instrument de navigation qui ne doit plus laisser la place au hasard, à la sérendipité et à l’infobésité mais une technique qui doit s’apprendre dés le plus jeune âge.

Développer les habiletés informationnelles ne se limite pas uniquement à le cible des étudiants mais touche aussi les enseignants pour qui il y a un vif intérêt à savoir comment gérer et évaluer l’information pertinente ou non qu’ils rerouveront ci et là dans les travaux réalisés par leurs étudiants.  Il est bien sûr ici question du plagiat et de la façon dont les étudiants s’approprient les connaissances, de la manière dont ils vont y apporter leur contribution.

Description de pratiques

Les expériences menées partent d’un cours donné en présentiel à partir duquel des ressources complémentaires sont déposées sur une plateforme numérique de ressources.
Des groupes de travail qui se révèleront vite des groupes de veille rassemblés dans des salles virtuelles adaptées vont alors travailler sur des sujets de recherche proposés par l’enseignant sur cette même plateforme.

En s’appuyant sur les méthodes de veille (mallette de veille) et outils de recherche vus en cours, les étudiants de Master ont une période allant de 3 à 4 mois pour mener à bien les étapes ci-dessous de recherche et de traitement de l’information en vue de les publier sur un document qui pourra être un document html, un blog, voire encore un Wiki.

- Définition du champ de la recherche, de sa géographie

- Définition des mots clés, des lieux de recherche (Web, bibliothèques,etc.)
- Description précise de la démarche de recherche (outils, évaluation, …)
- Sélection des résultats pertinents obtenus (synthèse d’articles, droits d’auteur, sources, …)
- Synthèse globale du travail de recherche, tendances, …

Dans ce schéma, l’enseignant reste au centre du savoir tout en pouvant interagir dans les groupes de recherche de manière ponctuelle ou par le biais des questions posées via la plateforme.

Résultats obtenus et perspectives

Sur deux ans 240 travaux près de la moitié ont été restitués avec une démarche de recherche limitée uniquement au moteur de recherche Google.

A peine un quart des étudiants ont eu recours aux bibliothèques.
L’expérience menée qui se continue encore à ce jour démontre que peu d’étudiants (30%) ont une approche de recherche continue dans le temps et que la veille automatisée sur les sujets traités reste encore très peu utilisée (22%).
Les échanges avec l’enseignant restent encore trop discrets sur la démarche mais s’accentuent à l’approche des délais prévus.
Plus de la moitié (57 %) des étudiants avouent avoir utilisé la démarche et les outils vus en cours pour d’autres enseignements.

La prise de conscience de l’intérêt d’une démarche organisée de recherche d’information se fait encore attendre chez les étudiants. Le décalage est principalement dû au fait que l’éducation à l’information n’est même pas enseigné à ceux qui sont à la base de l’enseignement: les enseignants
Ces derniers pourraient à leur tour enseigner ces habiletés informationnelles pour une meilleure gestion du savoir et la création de nouvelles connaissances.




Le Web 2.0 et les habiletés informationnelles

21 11 2006

Comme il est écrit dans la définition de WIkipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Web_2.0, le web 2.0 constitue une transition importante du World Wide Web en apportant dans son ensemble aux utilisateurs une collection de sites web, de plateformes, d’applications Web qui pourraient bien demain remplacer nos applications de bureau.�

Dans la société des savoirs partagés, les étudiants d’aujourd’hui seront invités très vite à travailler ensemble, à créer des produits de la connaissance tout en faisant collaborer de manière créative plusieurs compétences et qualifications tirés pour la plupart des outils naissants des sciences de l’information et de la communication.

C’est dans un environnement d’information de masse, d’infobésité et de sérendipité qu’ils devront pratiquer ces qualifications, ces habiletés informationnelles autour de structures traditionnelles de l’information restant à développer et devant être pris en compté dés le plus jeune âge par le système éducatif.

L’habileté informationnelle s’inscrit en effet au XXI° siècle comme une des principales composantes de « l’apprendre � apprendre ». Les compétences à attendre de nos étudiants vont dans le sens de la maîtrise de l’information qui va de la collecte (identification) jusqu’à son interprétation et sa diffusion, voire même sa création.

Se poser les bonnes questions, identifier les experts ou émetteurs d’information, évaluer, analyser, synthétiser et organiser la nouvelle information avec la connaissance existante, communiquer efficacement et créativement les nouvelles connaissances, .. Telles sont en réalité les clés de voûte de l’apprenance au XXI° siècle.

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Une thèse sur la veille informationnelle en éducation

14 11 2006

La veille informationnelle en éducation pour répondre au défi de la société de la connaissance au XXI ème siècle : Application à la conception d’une plateforme de veille et de partage de connaissances en éducation : Commun@utice »

Cette thèse sera soutenue par Jean-Paul Pinte le lundi 18 décembre 2006 à 10 h.

COMPOSITION DU JURY
Mr Clément Paoli, Professeur des Universités, Université Marne La Vallée, directeur de thèse
Mr Henri Dou, Professeur des Universités, Université Aix-Marseille 3, directeur associé de thèse
Mr Yann Bertacchini, Maître de Conférences, HDR, Université Toulon Var, rapporteur
Mr Thierry Karsenty, Ph.D., Université de Montréal, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation, rapporteur

Lieu : Université de Marne La vallée
IUT de Champs Sur Marne, 2, Rue Albert Einstein
77440 – Champs Sur Marne (voir plan d’accès ci-dessous)
Amphi Blaise Pascal
http://iut.univ-mlv.fr/index.php?mod=plan_acces
EN QUELQUES MOTS

Cette thèse traite de la problématique de l’accès de masse à l’information et au savoir en éducation au XXI° siècle. L’analphabète d’hier était celui qui ne savait ni lire ni écrire. Aujourd’hui, on parle d’ « infopauvre » pour celle ou celui qui ne saura apprendre, désapprendre et réapprendre dans le décor de surinformation, d’infobésité, de sérendipité que nous impose Internet.
La première partie de la recherche présente l’évolution des savoirs au travers du temps et dresse une distinction entre les concepts d’information, de savoir et de connaissance pour nous amener progressivement vers une société des savoirs partagés.

Une seconde partie positionne l’université comme catalyseur et partenaire de cette société du savoir dans laquelle la gestion des connaissances impose un nouveau rapport au savoir et au pouvoir.
La troisième partie définit la veille informationnelle en éducation comme le centre du processus de recherche informationnelle pour une meilleure utilisation de la connaissance et pour une application plus conceptuelle du savoir.
A l’heure du Web sémantique, des environnements numériques de travail et du e-learning, la dernière partie propose COMMUN@UTICE, comme une solution de veille et de partage de connaissances autant que d’acquisition de nouvelles compétences informationnelles pour les enseignants, les apprenants et les bibliothèques.