Donner du sens à l’information, la traiter, l’échanger, la critiquer …

4 06 2007

Dans mes travaux avec des étudiants de Master j’ai testé ces 4 verbes d’action et j’ai vécu le chemin de l’accès aux savoirs de ce que l’on peut appeler aujourd’hui des apprentis chercheurs.

Il va même jusqu’à dire que ces mêmes actions constituent les enjeux majeurs pour l’intégration des TIC en éducation au XXI° siècle et place maintenant la maîtrise de l’information (Information literacy) au carrefour des savoirs et au coeur des disciplines et de l’éducation à la citoyenneté.

Ces compétences informationnelles constituent sans nul doute un champ disciplinaire qu’il conviendrait de reconnaître au même titre que le B2i ou encore le c2i. Il s’agit donc de faire acquérir dés le plus jeune âge l’acquisition des notions fondamentales autour des sciences de l’information et de la communication.

L’Euroréférentiel (1) Information et documentation (2004) constitue un bel outil pour celles et ceux qui veulent mesurer l’impact  de ce champ disciplinaire qu’est aujourd’hui la recherche informationnelle.

Dans le décor informationnel tout à changé avec les TIC depuis la première circulaire en 1982 (2) indiquant que le documentaliste devait travailler en liaison étroite avec le conseiller d’éducation et les professeurs pour une action formatrice qui fait se rejoindre action éducative et action pédagogique. Une autre circulaire dite de mission pour les documentalistes en 1986 (3) placera en objectif prioritaire l’initiation et la formation des élèves à la recherche documentaire. A l’époque les outils de recherche se limitaient aux dictionnaires, aux encyclopédies et en tout dernier lieu à quelques fichiers informatisés accessibles par une recherche indexée qui pouvaient encore laisser croire à l’étudiant qu’il avait le tour du problème … De même la restitution des travaux demandés par le professeur se faisait le plus souvent sur papier ou par exposé oral.

Avec les TIC, tout ceci vole en éclats et c’est à un tout autre rapport au savoir et au pouvoir que les acteurs de l’éducation doivent faire face. Il me semble même que nous ayons dépassé le stade de la recherche dite pertinente par les opérateurs logiques dits booléens si utilisation de ceux ci il y eut en éducation ?

Aujourd’hui, de plus en plus, on pense qu’il n’y a point de salut en dehors de Google et cette situation nous replonge d’emblée dans la problèmatique de la satisfaction ou de l’insatisfaction totale autour de la pertinence de l’information trouvée. La nécessaire prise en compte de l’information pour construire des connaissances doit non seulement concernée les étudiants mais aussi tout le corps enseignant et les documentalistes pour une collaboration autour de l’un des sept piliers du socle commun de connaissances et de compétences que j’appellerais ici la culture informationnelle.

Dans ce décor, l’enseignant n’est-il pas en train de devenir un documentaliste et le documentaliste un « architécaire », pilote documentaire d’un système d’information pertinent. Il y a fort à parier pour cette dernière catégorie une intégration des tâches quotidienne plus proche de celles de l’enseignant et une ouverture très diversifiée de ses lieux d’activité qu’avant le déluge informationnel.

Longtemps plongés dans des habitudes forgées par leur cursus universitaire, les enseignants doivent aujourd’hui adopter une véritable attitude professionnelle au regard de l’information allant même jusqu’à l’interdisciplinarité informationnelle entre collègues dés le collège et le lycée par exemple.

Il y a de celà cinq ans presque, j’évoquais le concept de veille pédagogique. C’est bien de ce dont il s’agit aujourd’hui pour la question de la formation des apprenants aux habiletés informationnelles que l’on se situe au niveau de l’ enseignant, du documentaliste, du conseiller d’éducation, voire encore du chef d’établissement.

1 http://www.certidoc.net/fr/euref1.pdf

2 Objectifs pour la vie scolaire dans les collèges – circulaire n° 82-230 du 02/06/82.

3 Circulaire n° 86-123 du 13 mars 1986




La veille informationnelle comme outil d’intégration d’une société du savoir dans le troisième millénaire (*)

1 03 2007

Chacun de nous, les prospectivistes, économistes et politiques s’accordent aujourd’hui pour donner au savoir, à la compétence, aux moyens de les acquérir et donc à l’apprentissage, une fonction vitale dans le développement des personnes, des organisations et des nations de ce XXI° siècle naissant.

Le livre blanc sorti en 1995 et intitulé « Enseigner et apprendre » avaient déjà pour unique objectif : Préparer les Européens à passer sans heurts à une société fondée sur l’acquisition des connaissances, où l’on ne cesse d’apprendre et d’enseigner tout au long de la vie, autrement dit à une société cognitive.

Notre modèle scolaire serait dominé comme le cite Carré dans son ouvrage sur l’apprenance[1] par «Le scénario de la transmission et les figures de l’élève ou du formé, réceptacles plus ou moins volontaires, plus ou moins passifs, de l’action éducative du maître ou du formateur ».

Des sujets sociaux apprenants cités par Dumazedier[i] aux travailleurs du savoir (Bouchet, 2004), notre enseignement se doit de toute urgence de jouer un rôle principal dans ce capitalisme cognitif et saisir cette chance, cette opportunité exceptionnelle de renouvellement de nos conceptions en matière d’éducation, de formation et de pédagogie pour que chacun puisse s’intégrer dans les sociétés du savoir et développer un capital humain apte à affronter les savoirs de nos sociétés.

Affronter ne voulant pas dire uniquement acquérir de l’information par l’unique transmission de l’information mais bien par la mobilisation de l’apprenant, de ses ressources cognitives, voire affectives, de sa motivation (registre conatif[2]).

La chance est aussi du côté de la pédagogie en la repositionnant au centre des questions vives qui animent l’apprentissage du XXI° siècle.

C’est ainsi qu’il convient d’impliquer l’apprenant et l’enseignant dans le processus de création de savoirs par le principe de la servuction[3].

Dans ce contexte, la fonction d’apprentissage devient stratégique à tous les niveaux de l’organisation sociale et il est raisonnablement possible de penser que nous sommes en train de passer à une économie apprenante au sein de laquelle le succès des individus, des entreprises, des régions et des pays passera avant tout par la capacité à apprendre pour accompagner les propos de l’OCDE (2000).

On peut lire aussi dans un rapport du Conseil Economique et Social Européen (CESE, 2000) : « Dans la société de la connaissance, la rémunération n’est plus liée aussi directement qu’autrefois au temps consacré à effectuer un travail donné, mais dépend dans une mesure accrue de l’habileté, de l’originalité et de la rapidité dont une personne fera preuve pour identifier de nouveaux problèmes et les résoudre. »

Au cœur de ces « nouvelles » habiletés cognitives se situe la veille informationnelle, véritable clé de voûte du nouveau système apprenant que nous nous proposons d’analyser ici.

Ce chapitre situe donc le contexte institutionnel dans lequel prend place la nécessité d’une veille informationnelle c’est-à-dire dans la logique de l’évolution de la recherche documentaire pratiquée depuis plus d’un demi-siècle et aujourd’hui rendue encore plus complexe avec le développement du Web. Nous évoquerons ensuite le concept de veille et son évolution récente dans nos sociétés en passant par sa typologie par domaine avant d’en décrire enfin ses applications sous l’angle de l’éducation (objet de la thèse). Nous concluerons enfin alors sur la nécessité urgente d’en faire une matière à enseigner dés le plus jeune âge avant d’en décrire un exemple d’application possible à l’université.

 

(*) Extrait de la thèse de Doctorat de Jean-Paul Pinte soutenue le 18/12/06



[1] CARRE, P., « L’apprenance, vers un nouveau rapport au savoir », Dunod, Paris, 2005, 194 pages

[2] Ce terme fait référence au conatus de Spinoza repris par Reuchlin en psychologie pour qualifier le choix et l’orientation des conduites.

[3] La servuction est la relation entre l’usager, le professionnel et les objets (machine, interface, documents, etc.). Il s’agit d’une contraction entre les mots « service » et « production ».



[i] DUMAZEDIER, J., « Penser l’autoformation », Lyon , chronique sociale, 2002




La perception de la connaissance par des étudiants

27 02 2007

Dans le cadre de sa thèse sur la culture et la veille informationnelle en éducation, Jean-Paul Pinte a questionné lors de la pré-rentrée 2004-2005 plus de 1000 étudiants à propos de la phrase suivante :

« La connaissance n’est pas trouvée, elle doit être créée »

Il vous invite à découvrir les constats et remarques tirées des travaux des étudiants lors de cette petite dissertation d’un quart d’heure.

A lire ici




Une thèse sur la veille informationnelle en éducation

14 11 2006

La veille informationnelle en éducation pour répondre au défi de la société de la connaissance au XXI ème siècle : Application à la conception d’une plateforme de veille et de partage de connaissances en éducation : Commun@utice »

Cette thèse sera soutenue par Jean-Paul Pinte le lundi 18 décembre 2006 à 10 h.

COMPOSITION DU JURY
Mr Clément Paoli, Professeur des Universités, Université Marne La Vallée, directeur de thèse
Mr Henri Dou, Professeur des Universités, Université Aix-Marseille 3, directeur associé de thèse
Mr Yann Bertacchini, Maître de Conférences, HDR, Université Toulon Var, rapporteur
Mr Thierry Karsenty, Ph.D., Université de Montréal, titulaire de la chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation, rapporteur

Lieu : Université de Marne La vallée
IUT de Champs Sur Marne, 2, Rue Albert Einstein
77440 – Champs Sur Marne (voir plan d’accès ci-dessous)
Amphi Blaise Pascal
http://iut.univ-mlv.fr/index.php?mod=plan_acces
EN QUELQUES MOTS

Cette thèse traite de la problématique de l’accès de masse à l’information et au savoir en éducation au XXI° siècle. L’analphabète d’hier était celui qui ne savait ni lire ni écrire. Aujourd’hui, on parle d’ « infopauvre » pour celle ou celui qui ne saura apprendre, désapprendre et réapprendre dans le décor de surinformation, d’infobésité, de sérendipité que nous impose Internet.
La première partie de la recherche présente l’évolution des savoirs au travers du temps et dresse une distinction entre les concepts d’information, de savoir et de connaissance pour nous amener progressivement vers une société des savoirs partagés.

Une seconde partie positionne l’université comme catalyseur et partenaire de cette société du savoir dans laquelle la gestion des connaissances impose un nouveau rapport au savoir et au pouvoir.
La troisième partie définit la veille informationnelle en éducation comme le centre du processus de recherche informationnelle pour une meilleure utilisation de la connaissance et pour une application plus conceptuelle du savoir.
A l’heure du Web sémantique, des environnements numériques de travail et du e-learning, la dernière partie propose COMMUN@UTICE, comme une solution de veille et de partage de connaissances autant que d’acquisition de nouvelles compétences informationnelles pour les enseignants, les apprenants et les bibliothèques.