Culture informationnelle et droit à l’éducation au XXI° siècle

29 01 2007

Les nouvelles technologies de l’information et de la communication d’une part et la mondialisation et la globalisation d’autre part sont les principales conséquences du nouveau paradigme éducationnel du XXI° siècle.En faisant passer nos sociétés d’une didactique de la rareté de l’information à une didactique de l’abondance d’information, il apparaît en effet que l’un des grands enjeux du XXI° siècle sera de créer les conditions pour que le savoir collectif de l’humanité soit à la disposition du plus grand nombre possible de femmes et d’hommes et pour que les enfants, où qu’ils soient, puissent s’éduquer tout au long de la vie et devenir des adultes maîtres d’eux-mêmes et des citoyens responsables.

Pour entrer dans la société de l’information

Participer à l’économie du savoir et intégrer la société de l’information au XXI° siècle nécessitent de plus en plus notre participation à certains apprentissages visant à obtenir des  habiletés et compétences informationnelles  qu’exigent aujourd’hui tout employeur ou organisme professionnel de la part des diplômés.

Parmi ces compétences nous pouvons citer celles de mieux connaître son environnement informationnel, ses différents lieux, sources et outils de consultation, de déterminer ses propres centres d’intérêts et propres besoins précis en information.

Pour cela, chacun de nous devra avoir la capacité de déterminer les limites de sa recherche, de trouver la bonne information, de l’évaluer tout en l’organisant en vue de la diffuser à des fins de décision personnelle ou encore stratégique pour une entreprise ou un travail par exemple.

La culture informationnelle est donc le préalable à toute activité de recherche qui doit aider à développer la pensée critique de chaque individu. Ce sont aussi de nouvelles pistes de développement qui s’offrent à notre éducation dans ce cadre, en offrant le partage d’informations en ligne et la mise en place de réseaux d’idées ou de pensées collaboratives.

En évoquant la culture informationnelle, il est important d’y associer la compétence « veille informationnelle » nécessitée aujourd’hui lorsque l’on évoque la diversité et le nombre de sources d’information  sur la toile qui continuent d’augmenter de façon exponentielle.

Des incidences sur tous les acteurs de l’éducation

Dans ce contexte les deux grands principes formulés initialement dans
la Déclaration des droits de l’homme (Art.26) : dispositions relatives à l’organisation et dispositions relatives  aux finalités de l’éducation suivies de mises à jour sont affectés et perdent de leur sens renvoyant notre système éducatif avec une acuité sans précédent vers la question du « droit à pouvoir savoir » plutôt que celle du « droit à savoir ».

Ainsi, parlons nous aujourd’hui plus souvent d’apprenance (l’apprendre à apprendre) que d’apprendre, de « (e) learning » et de formation tout au long de la vie plutôt que d’éducation.

Dans cette nouvelle toile de fond se dessinent pour chaque acteur de l’éducation de nouveaux rôles et tâches  

- L’enseignant « Pasteur » transmettant ses savoirs de manière unidirectionnelle, nous passons à l’enseignant « Passeur », facilitateur d’apprentissage, producteur de contenus et promoteur du processus de réflexion et d’investigation de l’apprenant dans sa préparation et son ouverture d’esprit à la production de nouveaux savoirs.

- L’apprenant apprend à construire son propre savoir et son mode de compréhension grâce à des cartes conceptuelles et aux ressources issues des nouvelles technologies de l’information et de la communication.  

- Les bibliothèques dépassent leur rôle d’information et d’orientation vers les ressources  informationnelles en offrant de nouveaux environnements et services adaptés aux services des étudiants et des chercheurs (aide à la collecte pertinente d’information, maîtrise des outils de recherche, formation des apprenants à la culture et à la veille informationnelle pour avancer dans leur domaine d’études, système d’alerte prévenant des nouvelles ressources et outils informationnels dans leurs domaines d’enseignements, participation active aux environnements numériques de travail et collaboration avec d’autres services de l’université tels les centres de formation, les services aux étudiants, etc.)

(Extrait de la thèse de Doctorat de Jean-Paul Pinte soutenue publiquement le 18/12/2006)


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