L’encyclopédie Wikipédia dans le processus de recherche informationnelle
7 01 2007Le mouvement “WIKIPEDIA”
L’encyclopédie internationale Wikipédia (à l’origine Nupedia) rédigée, corrigée, réécrite, enrichie par ses lecteurs joue aujourd’hui un rôle de plus en plus important dans la démarche de recherche informationnelle menée par les étudiants.
Jean-Paul Pinte, dans le cadre de ses cours et évaluations sur les habiletés informationnelles dans les filières Master mesure aujourd’hui l’impact et la place de plus en plus importante de cette oeuvre collective qui attire plus de 350 millions de visiteurs par mois !! (Journal Le Monde, 3 janvier 2007)
Je ne crois pas que Jimmy Wales, créateur de Wikipédia en 2002 aurait pu imaginer qu’un jour des étudiants de tout pays (on y trouve des articles en 249 langues*) pourraient s’inspirer de son encyclopédie collective basée sur la philosophie du logiciel libre pour mener à bien des travaux comme ils pouvaient le faire avec une encyclopédie papier telle l’encyclopédie Universalis par exemple.
Wikipédia est aussi l’occasion idéale de travailler en commun (en mode collaboratif) grâce aux facilités offertes par le logiciel WIKI qui permet de modifier très vite et à tout moment un site. Un moteur de recherche “Search Wikia” vient de voir le jour en ce début d’année 2007 et conforte aussi le positionnement mondial de cette encyclopédie en ligne.
Le “bac à sable” comme espace d’apprentissage à la synthèse informationnelle
La logique de veille informationnelle se retrouve bien dans cet endroit stratégique de WIKIPEDIA où chacun peut s’essayer à écrire, modifier, mettre en forme et en ligne des articles après avoir employer des outiles de veille et des logiciels collaboratifs.
Les étudiants de Jean-Paul Pinte citent dans leur démarche de veille informationnelle WIKIPEDIA comme un passage obligé (58 %) pour obtenir des précisions sur un thème, un concept, ou encore une définition.
Dans les travaux qu’ils demandent à ses étudiants, les quatre étapes du processus de veille doivent être clairement décrits dans un document dont le choix du support leur incombe (Blog, document html, etc.). C’est dans la définition de la problèmatique du thème à traiter que les étudiants font le plus appel à l’encyclopédie en ligne. Ainsi, de plus en plus WIKIPEDIA est pris au sérieux autant que l’encyclopédie BRITANNICA par exemple.
Une fois l’étape de collecte et de tri de l’information réalisée l’étudiant doit synthétiser son travail de recherche et d’analyse sous la forme de “fiche synthèse action” dans laquelle il va décrire les tendances, les orientations, tout ce qu’il a pu apprendre et acquérir en terme de nouvelles connaissances. C’est un travail de rédaction qui s’engage alors et dans lequel Jean-Paul Pinte entend intégrer ses étudiants comme des WIKIPEDIENS. L’organisation actuelle de cet espace collaboratif permet en effet aujourd’hui une certaine véracité et qualité de l’information nécessitant de loin une attitude différente du simple “copier/coller” actuel.
Nous rentrons alors dans le principe du “Copyleft” - Jeu de mot réalisé à partir du Copyright américain permettant à tout à chacun de copier, redistribuer et modifier un contenu initial, de le mettre en ligne sur un autre site, sans être contraint de s’acquitter des droits de reproduction.
Wikipédia au même titre que le site d’échanges vidéo Youtube et l’outil Myspace (réseau social) sont emblèmatiques du Web 2.0, l’Internet participatif qui place l’utilisateur au coeur de son fonctionnement.
Pour information, une rencontre est proposée le 23 jnavier 2007 dans le cadre du cycle “Vive la Culture Numérique” en collaboration avec la Bibliothèque Municipale de Lyon sur le thème: ”Wikipédia, serions-nous tous des lumières ?”
Pour en savoir plus plus :
www.docforum.tm.fr
(*) En tête l’anglais à 29%, puis l’allemand à 9,8%, le français à 7,8%, le polonais, à 6,2%, le japonais à 85,8%, et le reste à concurrence de 41,2 %)
Deux remarques sur Wikipedia :
D’un point de vue éditorial les outils wiki ont la particularité d’inciter à créer un grand nombre d’articles. En effet, sur un article, l’interface suggère de surligner certains termes afin que ces derniers deviennent à leur tour de nouveaux articles. Ainsi au fur et à mesure de la rédaction du billet, le contributeur imagine que sur tel ou tel terme un nouveau développement serait pertinent, à lui ou à d’autres des les écrire. L’effet mutliplicateur est évidement formidable.
D’un point de vue éducatif, la rédaction collaborative pose évidement la question de l’auteur. Peut-on apprendre sans savoir de qui ? De ce point de vue, le blog est évidement plus pratique étant incarné par nature.
A suivre…