L’info-formationnelle pas seulement pour les étudiants …
29 03 2007La théorie de l’information a fait l’objet de recherches beaucoup plus approfondies ces dernières années et nous place aujourd’hui en face de nouveaux discours informationnels.
De nouvelles zones d’échanges (les trading zones de Galison) sont apparues entre les disciplines et c’est une vers une véritable culture informationnelle que nous devons nous tourner aujourd’hui. On a cependant encore trop tendance aujourd’hui à limiter le concept de culture informationnelle à l’acquisition de connaissances et de théories motivées par l’engouement actuel autour du sujet, à la culture informatique presque automatisée des usagers sur leurs machines, à la culture purement professionnelle de l’information, à la cyberculture. Il s’agit plus aujourd’hui d’accorder une importance aux mécanismes informationnels structurant tous les champs de notre activité humaine, de développer un travail autour de ces mécanismes donnant naissance à des habiletés informationnelles trop souvent oubliées dans une société trop rapidement passée au stade d’ « information ». Même si les enseignants font le constat pour leurs élèves d’un usage quasi systématique du réseau Internet dans le cadre de leur recherche pour un retour très pauvre ponctuée presque toujours d’un manque de repères critiques sur la démarche utilisée, la diversité des sources consultées et des résultats obtenus, il apparaît que la majeure partie des enseignants ne sont pas plus adeptes que leurs étudiants en ce qui concerne les habiletés informationnelles à l’exception faite de l’analyse et de la sélection de ressources qu’ils sembleraient mieux maîtriser.
La « googlelisation de l’information » que je qualifie de recherche limitée à un seul robot rend ainsi complètement invisible toute autre source d’information que pourraient être les ressources papier, la consultation d’ouvrages en bibliothèques, les banques de données, les portails spécifiques, les ressources en accès libre, etc. Alors pas question d’aborder en plus, me direz vous le web invisible car on ne sait même pas que cela existe et de toute façon Google trouve tout ! On passe donc aussi à côté d’outils de recherche spécifiques et même s’il s’avérait qu’une ressource électronique soit intéressante, l’étudiant n’en connait bien souvent pas la manière de la citer dans son travail. Dans l’éducation au XXI° siècle, le premier constat que l’on puisse faire aujourd’hui est que notre société doit faire face à un nouveau paradigme éducationnel caractérisé par :
- Une culture de l’immédiateté
Par rapport à la culture dite classique, la culture informationnelle s’inscrit dans l’acquisition de connaissances en accéléré issue d’une navigation dans l’action parfois incontrôlée de ressources le plus souvent en ligne. Dans cet espace, l’apprenant doit apprendre dés le plus jeune âge à ne plus simplement faire confiance dans les outils automatiques de sélection de l’information tels que Google mais plus à s’interroger sans cesse sur ses mécanismes d’acquisition de l’information au sein de ces outils (s’informer, informer, structurer, synthétiser)
- Une familiarisation à la médiation et à de nouveaux espaces
Notre éducation, nos habitudes, nos usages, notre activité nous ont accommodés à une certaine vision, une certaine perception et répartition de l’information dans un espace le plus souvent réduit. Il convient aujourd’hui de revoir autrement l’organisation de la saisie, de la structuration et de la représentation de nos espaces de recherche. Habitué jusqu’à ce jour à des méthodes empiriques de recherche menées en cours, l’apprenant demeure aujourd’hui le seul expert de sa recherche face à un seul outil qu’il privilégie et se doit par là même d’acquérir la dimension de veilleur professionnel.
