publié par radu le avr 18
La musique des villages roumains d’aujourd’hui est un mélange différemment dosé de chants paysans anciens et nouveaux, de chants d’église orthodoxes et gréco- catholiques, de chants de faubourg, de musique “disco” et toutes sortes de musiques légères, de musiques “étrangères” (qui passent pour serbes, turques ou indiennes), de romances populaires, de pièces chorales d’école ou de foyer culturel, de chansons d’enfants, etc. Cette production musicale coexiste avec une musique folklorique abondamment mise en circulation par les médias ( radio, TV, spectacles, CD,etc.). La production de musique est assurée par des musiciens professionnels, les “lautari”, provenant du village ou, souvent, de la région, parfois d’ailleurs. Dans le temps de la vie quotidienne, les événements musicaux sont vécus selon des fréquences aléatoires. Dans ce melting pot à pulsations chaotiques, certains rituels ( les noces, le baptême, par endroits les rites de fertilité reliés au début ou à la fin des travaux agricoles, au renouvellement de l’an, etc.) relancent au premier plan la musique traditionnelle paysanne en la soumettant parfois, pour un temps, à des normes inédites.
Pendant ces cérémonies, certains chants incontournables sont interprétés à des moments et des endroits préétablis, par des personnes désignées d’avance. D’autres chants sont au contraire choisis, pour les moments “faibles” du rituel, notamment, parmi un répertoire où les acteurs puisent ceux qui leur paraissent les mieux appropriés.
Les jours de fête, la musique et la danse sont un passe-temps naturel des gens. La musique paysanne est principalement monodique (chantée par une seule voix). Les seules formes de polyphonie qu’elle avait connues jusqu’il y a environ deux siècles étaient le bourdon de la cornemuse ou les flûtes jumelées et les hétérophonies accidentelles du chant à l’unisson.
Dans les régions roumaines où la vie musicale traditionnelle est sérieusement affectée par l’urbanisation, le chant vocal a diminué jusqu’au seuil de l’extinction. Le jeu instrumental, par contre, subsiste avec plus ou moins de vigueur. Les gens continuent encore à utiliser des flûtes de toute sorte (”fluiere“), le caval (flûte de grandes dimensions), la cornemuse, la guimbarde, le brin d’herbe, la feuille d’arbre, etc. La perpétuation de la musique instrumentale la plus importante est due aux tarafuri et aux musiciens professionnels (lautari).
Les chercheurs musiciens ont convenu que l’inventaire des genres de la musique paysanne était achevé (ce qui n’était sans doute le cas, mais il fallut décider). Ils ont poursuivi en posant que ces catégories pourraient provenir d’une procédure successive à l’ensemble de la musique paysanne, de deux critères: l’un fonctionnel, l’autre structural. Le premier critère permet de départager les genres occasionnels des genres rituels; le second mène à la specification des genres et de “espèces“. La délimitation de la catégorie “musique occasionnelle” n’a pas fait débat. Elle a été spécifiée, à quelques exceptions près, exclusivement selon le critère de la structure musicale des pièces. On a délimité ainsi la chanson lyrique, une doina (chant long), la mélodie de danse, la musique et les jeux scandés des enfants, la musique pour les enfants. Radu Ciobanu





Compteur