publié par gaaby le fév 26

Les traditions sont cette chose qui rendent une nation unique et différente de toutes les autres. La Roumanie est l’un des pays qui en connaît la valeur. Les traditions sont respectées particulièrement dans les villages où elles sont étroitement liées aux fêtes religieuses. Il y a également des traditions liées aux saisons ou au travail agricole.
Une des traditions les plus anciennes et populaires est celle de « Mărţişor ». Son nom vient du diminutif de « Mars » (Martie), le premier mois du printemps. Le « mărţişor », en soi, est composé de deux parties, la première étant le fin cordon formé de deux fils tressés (l’un rouge et l’autre blanc). La deuxième partie est la figurine – composée de métal, plastique, bois ou porcelain – qui est serrée à la ganse. La forme de la figurine a évolué depuis l’appariton du « mărţişor » (il y a approximativement 8000 ans) jusqu’à présent. Le « mărţişor » traditionnel a la forme d’une fleur, d’un fer à cheval ou d’un trèfle à quatre feuilles.
La seule chose qui n’a pas été changée au cours des années est la combinaison des couleurs du cordon. Les archéologues ont découvert des pierres peintes en rouge et blanc, qu’ils pensent avoir été utilisées comme collier.
Les « mărţişoare » sont offerts le premier jours du Mars aux connaissances et amis, qui les portent à leur poitrine de 9 à 12 jours. Ils symbolisent l’union entre l’hiver et le printemps (le blanc symbolise le printemps et le rouge l’hiver) et l’on considère qu’ils portent de la chance.
Une des légendes les plus connues en lien avec le « mărţişor » est celle de Baba Dochia. Selon cette légende, Baba Dochia était une vieille femme qui avait une fille. Il est dit qu’un jour froid d’hiver, Dochia a envoyé la jeune fille à un cours d’eau pour laver un vêtement noir, en lui disant de ne pas revenir jusqu’à ce que le vêtement devienne blanc. Mais la fille a rencontré un homme s’appelant Mărţişor. À sa grande surprise, l’homme lui a donné une fleur à pétales blancs et rouges et il lui a dit d’essayer de laver le vêtement à nouveau. Grande a été la surprise de Dochia quand elle a vu que sa fille avait réussi à faire ce qui semblait impossible. Et encore plus grande quand elle a vu la fleur blanche à la poitrine de sa fille. Elle pensait que le printemps était arrivé et a décidé de quitter la montagne avec ses moutons. Tandis qu’elle marchait, la vieille Dochia a commencé a enlever ses vêtements, en pensant qu’elle n’en aurait plus besoin. Mais le froid a transformée la vieille Dochia en pierre.
Une autre tradition qui est en relation avec la légende de la vieille Dochia est celle de « Dragobete », qui est considéré comme son fils. Dragobete est la version roumaine de la Saint Valentin et il est célébré le 24 février. On dit que la nature s’éveille à partir de cette fête. Ce jour-là, les villages roumains résonnaient de la joie des jeunes et de la phrase « Dragobete sãrutã fetele »(Le Dragobete embrasse les filles). Les garçons et les filles se réunissaient devant l’église et ils allaient dans la forêt pour cueillir des fleurs des prés. Les filles revenaient dans le village en courant- cette coutume s’appelait « zburãtorit »- poursuivie par un garçon à qui elle plaisait. Si le jeune homme la rattrapait, et qu’il plût à la fille, celle-ci l’embrassait en public. C’était le signe de leurs fiançailles pour une année ou plus.
Tandis que le temps passe et que la population des villages se déplace à la ville, les traditions ne sont plus respectées. Le Martisor semble prouver le contraire.
Gabriela Ghirişan, Cristina Radu et Elena Virdea