Chirac : Sarkozy peut attendre…

Une orchestration pour marquer
Qu’il est dur de passer le flambeau! Qu’il est difficile de laisser supposer, même seulement, que tel ou tel peut succéder, être un digne héritier. Mitterand avec Jospin, Jospin avec Royal, Chrirac aujourd’hui avec Sarkozy.

Le Président a fait un discours dynamique, montrant une véritable envie de finir en beauté, voir d’embellir. Mais point un mot sur sa succession qui ne devait pas gâcher le point final. Pas de transition, pas d’officialisation. Ce discours du 11 mars était son discours.

3 phases : 1) un bilan dont il est fier, dorrure de la République, auto-portrait sous forme d’auto-promo ; bilan si bien présenté qu’il en vient à justifier qu’il a déjà beaucoup fait et qu’il n’a pas besoin de se représenter. 2) Les souhaits qui sont des conditions pour mériter l’héritage ; le seigneur adoubera un successeur anti-extrémiste, fier d bilan français du président, européen convaincu, défenseur de la France souveraine dans le monde. 3) les sentiments ponctués par un zoom peu discret façon Endemol qui fut une ponctuation finale toute en émotion.

Ne pas louper sa sortie

Tout dans l’image! Le Président a tout misé sur son originalité. Il a voulu montré qu’il quittait son poste en forme. Seul Président en forme à partir : pas viré comme de Gaulle ; pas mort comme Pompidou ; pas perdant comme Giscard d’Estaing ; pas malade comme Mitterrand.

Alors oui, comme il le fait depuis début janvier, il a tout mis en oeuvre pour tout finir en beauté. Après les sommets, les conférences et les musées il voulait finir comme tout ténor de la politique : sur le discours. Pour la première fois il a sûrement dit le plus de vérité et les yeux dans les yeux sans la tape sur la croupe ou sa fameuse poignée de main.

les guignols

Et Sarkozy?

Il attendra, comme tous ses camarades, qu’une note fasse l’affaire ou qu’une sortie soit l’occasion. Il n’aura pas le droit à une passation historique mais au passage de témoin sans se toucher la main. Il sait que cela viendra mais désormais la forme importe peu, cela viendra…

Sarkozy veut être le dauphin plus que le requin, nul doute que Chirac lui en donner l’occasion sans avoir ronger son frein. On peut imaginer facilement la discussion qu’ils ont eu en regardant « Le Président » et ce beau dialogue entre Bernard Blier et Jean Gabin. Alors imaginer les en regardant le film et nous en reparlerons.

le président

Et vous?

Chirac trouve-t-il en Sarkozy son héritier? Qu’avez-vous pensé de ce moment de télévision présidentiel?

Chirac : Sarkozy, ce fils…

Quelle fin de règne?

L’allocution du 11 mars est un moment d’Histoire. Ce n’est pas trop que de le dire. Jacques Chirac est une synthèse de la Vème République. Il est le seul à avoir été ministre ou Premier ministre sous tous les présidents, puis président lui-même et par deux fois. Il a connu tous les travers de cette constitution, de la cohabitation à un suffrage remporté à plus de 80%. 40 ans le sépare de son secrétariat d’Etat à sa fin de mandat présidentiel, 40 ans entre le surnom de « bulldozer » à son statut de sage. 40 ans sur 50 ans de République. Quel parcours!

photo officielle

De toutes les histoires à tous les coups bas ; des affaires aux lustres ; député rural, maire de la capitale et résident du Palais.

Pourtant dimanche, il sera le dernier gaulliste de De Gaulle. Il sera à l’heure du choix, celui de sa succession. L’avenir n’est plus lui mais est fait, en partie, par lui. Tout aurait été plus facile pour lui si il avait eu seulement à adouber Villepin. Mais aider Sarkozy est, sûrement,i un fardeau pour cet homme très rancunier.

Un peu d’Histoire

Nicolas Sarkozy est ce fils qu’il n’a jamais eu et pour le candidat, Jacques Chirac est un père adoptif. Ils se sont admirés quand le jeune RPR allait aux meetings du père fondateur du parti. Ils ont vécu ensemble quand l’un était Maire de Paris, l’autre était Maire de Neuilly (l’ainé de la famille obtient les lettres de noblesse). Mais pas de paternité spirituelle entre les deux hommes, ils ne s’admirent que dans l’action. Et si ce n’est la différence physique on pourrait être surpris cette filiation de caractère, d’instinct et d’ambition.

duel au soleil?

Tout pourrait aller bien si le parricide n’avait eu lieu. Ni les idées, ni les sentiments ne pouvaient les séparer mais la trahison les mit dos à dos. La Chiraquie expulsa le paria qui  fit un parcours christique des mieux préparés : traversée du désert, repentance et affirmation de ses idées. Et Chirac céda sur son deuxième mandat, pas sur le chef du gouvernement mais sur une présence qu’il dût, lui-même, en public, juger comme indispensable. Sarkozy lui reprit tout l’héritage : le parti, les amis (pas les plus proches) et dimanche, peut-être, ses convictions.

En déblogant l’info, à en juger les médias, c’est un des grands faits de campagne attendu.

Du côté des candidats

Sarkozy attend ce moment depuis si longtemps, douze années, qu’il ne sait si il peut y croire avec certitude. Chirac reste pourtant son modèle, ce modèle qui a tout réussi sans faire de concession ni cas de conscience. Ce serait la pierre d’achoppement de son ouvrage, lui qui vient d’obtenir le ralliement de Simone Veil. Sarkozy attend depuis si longtemps, douze années, que si il s’agit d’un petit « oui » ce sera déjà beaucoup. Il doit cependant planer cette idée que Chirac puisse se venger, la dernière claque pour donner une leçon, faire comprendre les choses pour mûrir, la punition, à l’ancienne.

Les autres candidats espèrent, au plus profond de leur conscience inconsciente, que Chirac sème le trouble même si tout politique sait ou au moins doit savoir que la raison l’emporte.

Et vous?

Avant dimanche ou après? Que doit faire Chirac? Quelles sont vos impressions d’avant et d’après allocution?

Présidentielles : la démocratie comme prétexte?

Aïe! Le climat en cette fin de récolte de parrainages est tellement tendu que cela ne présage rien de bon pour l’avenir. Les candidats sont mis en garde à vue, des opposants s’entraident, les ordinateurs sont forcés pour obtenir des listes, les patrimoines enchaînent le Canard dans la polémique. Pire, un maire, tellement dégoûté du climat actuel mais son parrainage aux enchères.
Bouh! Pas terrible et il ne reste plus grand chose pour que la campagne se refasse une image.

Un peu d’Histoire immédiate?
Pourtant l’offre démocratique semblait prometteuse. Les candidats à la candidature confimés comme leader de leurs partis, après des élections internes, promettaient pour les uns la démocratie participative, pour les autres qu’ils avaient changé. Pour certains ils se plaçaient au centre par esprit d’ouverture, pour d’autres la web campagne était un moyen pour chacun de se faire entendre.

Le premier avertissement fut les travers « renseignements généraux » dont nous avons déjà parlé. Les coups bas à l’intérieur des partis laissèrent la place aux coups bas entre formations politiques. La peur de ne pouvoir se présenter faute de parrains suffisants nous ammène au constat d’aujourd’hui : tout est permis sauf le bon droit démocratique.

Bien sûr, et hélas, ce n’est pas une nouveauté! Toute démocratie, de l’antique à la moderne, fit preuve de ses limites dès qu’il s’agissait de prendre le pouvoir. Tout pouvoir agissant pour son propre compte, il est rare d’avoir vu la moindre abnégation. Ce que l’on peut intégrer dans une dictature, on ne peut l’admettre dans une démocratie ou alors parlons de « démocrature ».

autour de l'urne

Du côté des candidats

Parlons d’abord des bons élèves, semble-t-il, qui ne font pas de bruit et ne soulèvent pas les enquêtes médiatiques. Les Verts, le PC, LO, la LCR, José Bové, le PS et l’UDF se sont isolés, au moins du débat autour des parrainages. 5 candidats font parler d’eux. Corinne Lepage parle de pression à l’encontre des maires qui souhaitent la parrainer. Nicolas Sarkosy demandent à des maires de donner leur parrainage à Olivier Besancenot et Jean-Marie Le Pen. Nicolas Miguet est mis en garde à vue pour détournement de parrainage. Jean-Marie Le Pen, encore lui, accuse Philippe de Villiers d’avoir fait récupérer des listes de maires sur un des ordinateurs dans son QG, « Le Paquebot ».

Déjà des « fouilles » dans des QG avaient eu lieu voilà peu, comme pour celui de Ségolène Royal. Déjà, on parle de moins en moins d’idées et plus de petites phrases ou de manoeuvres. Les médias ont du mal à faire mieux que de transmettre ces petits croches pieds ou de s’amuser à parler du patrimoine de M. Sarkosy ou du couple Royal-Hollande.

Ca sent l’enlisement voir le lisier. En 2002, les mêmes articles parlaient du patrimoine de Jean-Marie Le Pen, qui déjà criait sur les parrainages. Nicolas Miguet sortait un sac plein de fausses promesses…

Et vous?

La démocratie est encore assez rare pour devoir être exemplaire. Pensez-vous que l’attitude des uns et des autres méritent une sanction juridique ou tout au moins dans les urnes?

Salon de l’agriculture : pour une récolte de voix

Jacques Chirac a, peut-être, inauguré son dernier salon de l’agriculture ce samedi 3 mars 2007. Après le champion toutes catégories du tapage de croupes de vaches, les challengers vont essayer de montrer qu’ils sont à l’écoute du monde agricole, qui, lors de l’élection présidentielle se sent délaissé.

Après le lobby Hulot, celui des chasseurs, les associations des cités, au tour des agriculteurs. Mais ces derniers n’invitent pas les candidats, ils les attendent. Le mois de mars et le salon est synonyme de grand oral pour les politiques. Exercice de style, à haut risque, on y teste sa popularité, son endurance et son efficacité. Originalité du moment : un agriculteur est dans la campagne (c’est le cas de le dire) des présidentielles : José Bové. Mais lors de l’émission Dimanche + il ne s’est pas dit encore décidé à se rendre au salon, peut-être une peur d’un accueil mitigé ou une bouderie lié au mauvais score de la confédération paysanne.

salon en 2006 vu par Grifil

Un peu d’Histoire

Je vous parle d’un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître… En 1979 les agriculteurs représentaient 1,2 millions de professionels auxquels s’adjoignaient souvent les épouses et ainés donateurs. Ils représentaient alors la première force d’électeurs que les candidats devaient séduire. Ils se regroupaient sous la bannière de la FNSEA en majorité.

Aujourd’hui, le nombre est passé à 400 000 et la FNSEA, bien que toujours majoritaire, doit partager les militants avec d’autes syndicats comme la confédération paysanne et la coordination rurale. Les politiques ne les oublient pas mais ne les traitent plus en priorité. De plus le reste de la population, très urbanisé et détaché, depuis plusieurs générations, de ses racines agricoles, ne suit plus les revendications des ruraux.

On parle désormais d’agriculture raisonnée, de responsabilité face à la nature et l’industrie agroalimentaire et la surproduction agricole ne fascine plus, elle inquiète. Les candidats ne peuvent plus marcher dans les pas de leurs ainés mais sur des oeufs.

Les candidats

Ils ont presque tous signés le pacte Hulot et doivent désormais parler aux agriculteurs productivistes. Ils sont pour l’Europe ou contre et doivent naviguer entre une agriculture subventionnée et un protectionnisme nationaliste.

Sarkozy va relever le défi d’être l’héritier de Chirac. Bayrou veut lui souffler le bébé en se présentant, déjà, depuis longtemps, sur son tracteur. Royal va se tester sur un terrain souvent mouvant pour la gauche mais avec un expérience de députée et de présidente de Région rurale. Le Pen va en être de sa satisfaction des bons résultats de la coordination rurale, proche de ses idées. De Villiers va encore jouer la Vendée mais là, l’agricole.

Là où la droite est à l’aise, à part, peut-être, le PS (qui dispose de nombreux députés ruraux), le reste de la gauche est très mal vue, voire mal venue. Terrain très miné pour les Verts, il l’est aussi pour la LCR et LO qui sont des partis urbains. Reste le PC qui peut miser sur une sympathie historique plus que d’un soutien effectif.

Il est toujours très amusant de voir les candidats se sentir obligés de tout gouter et de sentir les vaches et autres boucs. A vos écrans jusqu’au 11 mars pour admirer les prouesses et autres bousculades.

Et vous?

Quel est selon vous l’enjeu de l’agriculture de demain? Quelle doit être la position du futur candidat?

Parrainages : point, info ou intox?, et autres paramètres…

Le 20 mars est dans de nombreux esprits de militants en quête du précieux sésame pour permettre à leur candidat d’accéder au premier tour. Comme toute conquête, il y a un Graal, et celui-ci porte le nom de parrainage.

Si pour certains tout semble acquis, d’autres s’interrogent, s’inquiètent et médiatisent leurs doutes et inquiétudes. Le parrainage devient source de suspicion, de menace, de victimisation, de défis aux militants.

Lors du dernier congrès des maires de france, certains avaient prévenus : ils n’étaient pas là uniquement pour servir de gratte-papier et passée l’élection ne plus être pris en compte. De plus, loin de vouloir servir de marche-pied démocratique, les maires semblent vouloir aussi marquer leur conviction. Lors des élections de 2002, certains n’avaient pas hésité à donner leur nom pour permettre une meilleure représentativité. Mal leur en a pris et pris à partie, ils furent pour certains accusés d’avoir aider le FN, d’autres d’avoir aider des candidats de gauche, empêchant ainsi le PS d’être au second tour. Chat échaudé craint l’eau froide et beaucoup se sont isolés des conflits pour se consacrer à leur mandat local.

Pochette de jeu pour plus de 18 ans

Comment ça marche?

La procédure de parrainage existe depuis la mise en place du suffrage universel en 1962. De 100 signatures au départ, le Conseil constitutionnel fut obligé de définir un cadre plus stricte. On retrouve sur son site toutes les indications utiles et clairement énoncées pour comprendre la mise en place du système :

« La réforme souhaitée fut réalisée par la loi organique n° 76-528 du 18 juin 1976. Pour être candidat, il faut désormais avoir obtenu 500 signatures émanant d’au moins 30 « départements ou territoires d’outre-mer » (les Français de l’étranger constituent un département fictif), sans que plus du dixième de ces 500 signatures (soit 50) proviennent d’un même département ou territoire. »

Les grands partis profitent déjà, sur les 40 000 grands électeurs parrains potentiels, d’un vivier suffisant pour permettre de se présenter. Pour d’autres, la situation est plus délicate car la signature peut paraître comme un engagement derrière un candidat. Certains candidats représentent enfin une idée transversale qui peut être marquée à droite, à gauche ou chez les deux et ne pas engagé à tout jamais un maire, un président de communauté de communes ou un député.

Au jour d’aujourd’hui

Il y a le club des confirmés : Royal, Sarkosy, Buffet et Bayrou. Les 500 à confirmer : Le Pen, de Villiers, Laguiller, Nekkaz (indépendant) et Allenbach (parti fédéraliste). Suit le club des 400 connus : Bové, Voynet, Besancenot, Lepage, Dupont-Aignan. Les 400 moins connus : Miguet(Rassemblement des contribuables français) et Nihous (Chasse, pêche, nature et tradition). Les « entre 300 et 400″ : Waechter( Mouvement écologiste indépendant) et Gamerre (génération écologie). Enfin certains sont déjà loin : Cheminade (solidarité et progrès) et Govermatori (la France en action).

Mais bon, entre ceux qui disent ne pas avoir, ceux qui disent en avoir, ceux qui en ont plus par rapport aux promesses annoncées, ceux qui accusent les autres de dire qu’ils e ont, ceux qui disent que les autres font pression ou leur en piquent… Vivement le 20 mars pour que tout soit au clair. Ce jour là nous verrons qui fait quoi, qui soutient qui et qui peut être un concurrent sérieux.

Et vous?

Pensez-vous qu’un élu doit parrainer par conviction politique, en favorisant un parti, ou par conviction démocratique, en permettant à des candidats d’être présents?

AIRBUS : vol au-dessus d’un nid de coucou

L’actualité reprise en plein vol par les présidentiables : coup de poker qui allie l’emploi, le social, l’aménagement du territoire, l’Europe, la mondialisation, … Les ingrédients pour une bonne bouffée de terrain pour des candidats qui veulent s’imposer.

Les syndicalistes d’Airbus vont avoir un programme plus que chargé : Royal, Bayrou, Sarkozy ont déjà prévu de les rencontrer. Les médias se sont emparés du sujet, donc le champ est ouvert pour une onne promotion sur le terrain.

Un peu d’Histoire

Le société fêtera ses 40 ans en 2010, mais la trentaine est difficile, faite de joies et de pleurs. Joies tout d’abord, lorsque le consortium EADS détrône Boeing en vendant, enfin, plus d’avions que le fameux concurrents américains, leader jamais contesté. Fierté européenne, voire trop plein d’orgueil qui oublie le regain américain.

logo
Mais les retards à l’allumage de l’A380, le retour des grosses commandes pour Boeing, mettent des bâtons dans les roues d’EADS qui se voit contrainte d’appliquer, avec un plan drastique « power 8″ de son nouveau dirigeant Louis Gallois, une supression de 10000 emplois en Europe. Les consequences peuvent être sous l’image des dominos : entreprises, sous-traitants, services, … Une affaire européenne, une affaire d’Etat en pleine élections.

flotte
Côté candidats
Ségolène Royal a d’abord ouvert le feu à Mont de Marsan le 1er mars en rendant le gouvernement responsable. 8 régions de gauche sont prêtes à devenir actionnaire de l’entreprise, comme leur homologue allemand. La politique par la preuve : argument choc des candidats. Nicolas Sarkosy n’est pas en reste et reprend, lors du Grand Journal sur Canal plus son expérience avec Althstom et le sauvetage de l’entreprise.

François Bayrou reste sur le credo européen et appui la réorganisation de l’entreprise repensée au niveau européen. Contrepied de Philippe de Villiers qui pense, lui, qu’il faut recentrer sur la France. Arlette Laguiller évoquait dès lundi sur TF1 son opposition sur les licenciement dans les entreprises faisant des bénéfices.

L’affaire AIRBUS marque les clivages, montre les projets et les actions rapides, permet enfin de voir la réactivité sur le moment des programmes des candidats en phase de cas concrets. Cela permet de se souvenir de 2002 et des derniers moments de campagne durant laquelle la sécurité était venue au coeur des débats. Faute de propositions claires, seuls deux partis s’étaient sortis du lot car ils avaient des réponses aux questionnment. Là, même ressenti, trois partis s’en sortent plutôt bien et sont prêts à répondre vite…tiens les 3 premiers dans les sondages… mais bon les sondages…

Et vous?

Opportunistes ou mise en application des programmes? De quoi sont faîtes les interventions de nos politiques lors des élections selon vous : les effets sont-ils poursuivis de faits?

Journalisme d’opinion et opinion de citoyen : médiacratie

La liberté au pillon
Pour ceux qui n’ont pas opinion sur rue et qui peuvent écrire les pires saloperies, point de sanction médiatique. Mais la carte de journaliste est devenue cause de chômage technique pour peu qu’on y associe un amour politique ou même, tout simplement, qu’on émette des opinions. Ce n’est pas vrai partout et heureusement. Point de fin d’antenne pour Michel Denisot, écivain à ses heures sur Nicolas Sarkozy. Mais Béatrice Shoenberg et Marie Drucker sont déjà valises à la main pour la période électorale. Pour de raisons de préférence politique dévoilée lors d’une conférence, Alain Duhamel ne chroniquera pas la campagne.

Cependant, à côté de cela, Pascal Sevran soutient un candidat et tient des propos racistes, tout en gardant la présentation de son émission dominicale. Patrick de Carolis nous avait habitué à plus de fermeté et avait renié le deux poids deux mesures lors de la valse estivale de présentateurs devant choisir entre le service public et le service privé. Là point de grand ménage pour le présentateur guimauve.

Certes les rapports médias et politiques ont toujours été très compliqués voire ambigüs entraînant les doutes et les incertitudes de partialité. Mais, quand bien même veut on se montrer exemplaire qu’on en laisse pas moins plâner le doute sur les préférences et les inégalités. Le politiquement correct devient moralement douteux.

Sondage mental

Et les sondages? Mystère absolu de chaque élection, sacrosaint sans religion, sanctuaire de l’opinion. Nous avons déjà évoqué les soucis et surprises en traitant du troisième homme. Mais que ce soit les questions posées, les panels choisis ou les formes de questionnement, les méthodes restent flous. On effectue des sondages dans le vide avant une quelconque validation des signatures. On ne sait combien de personnes n’ont pas souhaité repondre aux sondages et combien il a fallu en questionner avant d’obtenir un panel. On compare des intentions à des questions de confiance. Rien n’est unifié et tout est sujet à interprétation. Pourtant il s’agit de l’info la plus récurrente après la météo, avec les mêmes variations et la même fiabilité à deux jours

fiabilité des sondages par Plantu

Qui peut aujourd’hui se permettre de faire croire qu’il a la tendance de l’opinion et la certitude des résultats : personne. Pourtant, malgré les erreurs et la fausseté, ce fil rouge continue de faire le vote. Car à force de scléroser le débat autour des sondages, on dissout la démocratie dans un bain d’opinion artificiel.

Et vous?

Que peut-on penser de l’opinion avoué mis au placard et de l’opinion fabriqué mis en avant?


L’emploi au coeur des débats?

Le taux de chômage baisse, on pourrait dire plutôt fortement, et se situe en dessous des 9% de la population active. Et si les chiffres de l’INSEE montrent un fléchissement général sur toutes les tranches d’âges (avec un plus pour les 25-49 ans) et les sexes (bonus pour les femmes), les réalités sont diverses. Les écarts sociaux se creusent : les tranches des hauts salaires côtoient celles des travailleurs pauvres. Surconsommation et survie se retrouvent en plus grand nombre d’une présidentielle à l’autre.

Alors que se passe-t-il dans les débats électoraux, qui, il est vrai, sont dépourvus d’axes forts? L’emploi reste une préoccupation forte mais, tout comme la sécurité, les indices descendants, est peu à peu éludée des programmes de tête et des grandes fêtes électorales.

affiche ATTAC

Certes, après pratiquement deux générations de chômage, le plein emploi devient un leurre épuisé et un retour impossible. Certes, on se satisfait de l’emploi, partiel, aidé ou partagé. Certes la modification du statut du salarié via son contrat provoque des levées de bouclier, come pour les manifestations contre le CPE. Pourtant les échos restent faibles et nombre d’entre nous serait satisfait de connaître les volontés des uns et des autres. Il est temps de jeter un oeil sur les programmes car l’Histoire est jonchée de promesses difficillement tenues et de meetings enflammés.

Un peu d’Histoire

cf « Le chômage à une histoire »

Le chômage avait certes connu une alerte avec la crise de 1929 mais jamais son nombre et sa durée ne fut telle que ce que nous connaissons depuis désormais 35 ans. Bientôt deux générations auront connu l’épée de Damoclès de la peur du chômage. Une génération salariale, du début de l’employabilité jusqu’à la retraite aura vécu dans cette crainte.

Du choc pétrolier de 1973, véritable déclencheur de prémices de la fin des années 1960, jusqu’à 1981, les politiques surfèrent sur une première vague de l’optimisme. Le gouvernement Chirac, sous Giscard d’Estaing(1974-1981), voyait « le bout du tunnel » et le gouvernement Barre serrait les finances dès le passage du million de sans-emploi.

En 1981, la politique de relance de Pierre Mauroy ne fit rien pour pallier le problème malgré le fait de se voir « chef de guerre contre le chômage ». Les politiques se succèdèrent entre promotion de la libre entreprise et de l’emploi aidé sans pour autant revenir à un plein emploi stable et structuré. En 1993, les 3 millions de chômeurs étaient atteints puis dépassés avant de baisser qu’à partir de 2000.

Rares sont alors les français n’ayant pas connu au moins une fois cette situation sur la génartion ayant commencé à travailler dans les années 1970. Et rien ne prédit un renouveau pour autant malgré la baisse.

Du côté des candidats

Le champ des promesses est large car le nombre de chômeurs représente un fort électorat et souvent un électorat mécontent et désabusé qui se laisse tenter par un vote protestataire.

La candidate PS a affiché le dimanche 11 février deux tendances dans ses propositions : le rejet de la politique de la droite avec la suppression des contrats types CNE ; la création de nouveaux emplois dits emplois tremplins, petits frères des emplois-jeunes. Reste le maintien des 35 heures et la garantie de la fonction publique, mesures symbole de la gauche. Le PC va plus loin tout en étant en accord sur l’abrogation des contrats de la droite, il veut plafonner l’usage d’emploi précaire dans les entrepises et collectivités et propose un passage au 32 heures. LO et la LCR vont sur une réduction du temps de travail à 32 puis à 30 heures, un CDI comme unique contrat et un licenciement interdit. Enfin les Verts, présentent des idées originales pour les créateurs d’entreprises et la transmission d’entreprises en lien avec les droits et le statut salarial. Caractérisitiques communes de tous les partis de gauche : un smic à 1500 euros et une aide à l’autonomie pour les jeunes.

L’UMP propose trois mesures principales : le contrat unique ; la fusion assedic-unedic ; le renforcement des devoirs des chômeurs. Le partie du gouvernement suit le rythme enclenché depuis 5 ans et le programme n’est que l’illustratuion de lois déjà prêtes. L’UDF suit une partie de ce programme concernant les bénéficiaires des minimas sociaux mais en améliorant leur retour vers l’emploi. Les centristes vont aussi dans le sens de la petite entreprise avec des charges exonorées pendant 5 ans pour deux emplois créés ; des démarches administratives simplifiées. A noter deux mesures nouvelles : le CDI unique et la TVA sociale. Le FN parle de la suppression de la loi Aubry, du revenu parental et de la préférence nationale à l’emploi. Il part des PME, TPE et commerçants comme vivier de l’emploi et outils privilégiés de la formation. Le MPF se rapproche de ce programme sur les structures d’emploi à privilégier : 50 % de charges en moins pour les petites entreprises afin de créer 1 millions d’emplois. La préférence nationale va en plus de l’emploi vers l’achat de produits.

Les idées fourmillent donc et le flot de propositions, voire la surenchère ne saurait cesser d’ici avril.

Et vous?

Etes-vous fataliste devant le chômage? Le sentez-vous désormais faire partie de l’emploi et de l’étape obligée sur le parcours du salarié? Le chômage est-il voulu pour faire pression sur les salaires?

L’éducation au débat

Le vendredi 2 février 2007, l’UMP tirait la couverture de l’électorat des profs (considérés plutôt à gauche) vers lui. En démarrant si tôt sur cet électorat, il veut prendre de vitesse la candidate PS qui décortique les débats participatifs et François Bayrou, bon troisième selon les sondages et ancien ministre de l’Education nationale (et surtout un des moins contestés).

Prof

Premier poste budgétaire de l’Etat avec 66 milliards (dont 10 milliards pour la recherche et les universités), soit 20% du total, l’Education est un enjeu en nombre : plus d’un million de fonctionnaires, c’est à dire le premier corps de France et la première entreprise du monde. Et on ne compte pas dans ce budget la contribution des collectivités territoriales en budget et en personnels. Rappelons que les conseils régionaux ont en charge les lycées, les conseils généraux les collèges et les conseils municipaux les écoles maternelles et primaires.

En clair : gros enjeux et on marche sur des oeufs. Oh combien de candidats, combien de ministres d’Etat, se sont cassés les dents sur l’électorat enseignant!

Un peu d’Histoire

Il serait prétentieux de faire mieux que le site du ministère assez synthétique et objectif (non je ne faillote pas!!!). Mais concernant les politiques et l’éducation nationale, le torchon brûle souvent. Savant équilibre, exercice de funanbule, il faut savoir en permanence ne pas trop tirer trop vite et vouloir réformer à tout craint. En ligne de mire pour les candidats de gauche : la loi Fillon. Mais chaque réformateur est remplacé par un « assouplisseur » : Allègre remplacé par Lang , Fillon remplacé par De Robien. Equilibre politique du plusdur au début de mandat au plus souple en fin pour préparer les élections et éviter les grandes grèves.

Même si l’actualité récente (grève du 8 février) est là pour signaler aux candidats et ministre en place que le corps enseignant est présent. Les actions de masse ont souvent lieu lors des premières années pour replacer le débat. Parfois les gouvernements tanguent (Juppé) et les équilibres sont bouleversés. L’Histoire montre toujours la place importante de l’éducation par ses enjeux, sa place dans le budget et la masse salariale.

plantu
Les candidats

A consulter le site www.debat2007.fr très riche et offrant un wiki de comparatifs

Les Verts proposent dès 2008 des Contrats d’Education Innovants sur 200 établissements : dévellopement des activités culturelles, culture du débat, logique de coopération et non de compétition, mobilisation des parents.

L’UMP s’appuit sur les savoirs et l’évaluation des enseignants sur les résultats des élèves et non les méthodes. Elle prône la fin de la carte scolaire et l’autonomie des établissements. n point fort est mis sur les activités extra-scolaires ainsiq ue le bilinguisme. Le secteur privé doit voir ses contraintes assouplies. Enfin les départements doivent se voir transférer les lycées aujourd’hui dévolus aux rgions, des universités des métiers doivent être créés.

L’UDF fait de l’éducation sa priorité. Les acquis fondamentaux sont la première volonté de ce parti. Dans cette logique, un élève de primaire ne doit pouvoir entrer en sixième sans ces fondamentaux. Sur la carte scolaire, l’UDF craint la ghettoïsation avec la suppression. Un accompagnant humain et ferme. Service civil et articulation lycée-université viennent compléter les études des militants.

Le PS est sur son terrain de prédilection. On y démarre dès la maternelle avec une obligation de scolarisation des 3 ans. L’aide gratuite est sollicitée pour éviter la marchandisation scolaire. Les liens entre collège et lycée sont étudiés pour éviter le tri social. Sur l’enseignement privé, les dotations seront évaluées en fonction de la mixité sociale. La réforme du gouvernement Villepin est remis en cause sur l’apprentissage à 14 ans. La prévention comme la sanction sont au programme pour lutter contre les infidélités. Là, le recrutement des enseignants est conditonné à l’expérience sur le terrain.

Le PC veut agroger les réformes de la droite au gouvernement depuis 5 ans. Pour la maternelle le droit à la scolarité dès deux ans est soulevé. Moyens humains et financiers plus importants mis en avant dans ce programme.

La LCR souhaite abroger les lois des 10 dernières années et nationaliser l’enseignement privé. Une scolarité obligatoire à 18 ans, une allocation de 1000 euros et un logement indépendant viennent illustrer les applications du programme.

Le FN scande « instruire et étudier » comme cheval de bataille avec un retour de l’autorité familiale, scolaire, religieuse et militaire. Appui pédagogique sur des centres régionaux de formations pour les enseignants et retour au manuel de 1923. Enfin méritocratie et apprentissage sont deux pilliers d’une école respectée aux exigences plus affirmées et sélectives.

Et vous?

Beaucoup d’autres candidats sont courts sur le sujet. Vous les soutenez, vous êtes concernés? Comment voyez-vous l’école de demain?

Présidentiables et Renseignements généraux

Comme une balle rebondissant de semaine en semaine, les enquêtes des renseignements généraux animent la campagne et éludent les programmes. A tel point que voilà une semaine présidentielle floue qui sent bon les projets élyséens enlisés. Ce lisier sera-t-il un bon engrais pour le 46 éme candidat déclaré qu’est José Bové? Les doutes gagnent le PS qui met fin aux débats participatifs sur le terrain (Près de 4000 réunions) et en ligne (plus de 120 000 contributions). Le candidat Sarkozy se voit à la tête de bons sondages et François Bayrou grimpe, sorte de grenouille météorologique de la campagne montrant la recherche, chez les électeurs, d’une autre candidature que celles imposées depuis 1 an.

Tous les moyens sont bons

Mais revenons à nos moutons créateurs de phobies de théorie du complot que sont les renseignements généraux. Tout a commencé avec l’affaire des fiches sur Bruno Rebelle. Le Canard Enchaîné du 24 janvier 2007 signale un contrôle de ce conseiller de Ségolène Royal par les RG sur ordre du Ministre de l’intérieur/candidat. Rebond le 26 janvier avec un article du Monde expliquant que les RG cherchaient par ce « contrôle » une vérification de la suceptible violence que pourrait engendrer Greenpeace dont Bruno Rebelle fut directeur général. La Commission Nationale Informatique et Liberté s’impose dans le débat, se rend au siège des RG et annonce le vendredi 2 février que Bruno Rebelle pourra consulter son dossier. OUF! C’est compliqué les affaires de la République. En plus nous n’avons parlé que des faits confirmés. Deux suspicions restent en suspend : Les RG auraient enquêté sur le patrimoine de Ségolène Royal et fait des fiches sur les riverains du QG de campagne de Nicolas Sarkozy.

Un peu d’Histoire

Les Renseignements généraux ne sont que les héritiers des services royaux qui épient depuis tous temps les agissements du peuple et en réfèrent à la tête de l’Etat. Créés officiellement en 1911, leur existence est réelle, leur présence très discrète voire anomyme : lors de meeting, manifestations, réunions… Pas facile de travailler depuis pour un Etat très versatile qui s’est vu pétainiste, décolonisé et très attaché à sa démocratie associative.

Ils n’ont plus, depuis 1995, à mettre le nez ou tout autre ustensile organique ou technologique dans la vie interne des partis politiques (donc pas de Watergate français). Le décret de 1995 est très clair sur les missions :  (décret du 16 janvier 1995) a fixé les missions à la Direction centrale des renseignements généraux de la manière suivante : « La Direction centrale des renseignements généraux est chargée de la recherche et de la centralisation des renseignements destinés à informer le Gouvernement ; elle participe à la défense des intérêts fondamentaux de l’Etat ; elle concourt à la mission générale de sécurité intérieure. Elle est chargée de la surveillance des établissements de jeux et des champs de courses ».

Alors pourquoi tant de remous!!!!!!

Les candidats

Flou artistique et pas de tirs à belle réelle. La candidate PS attaque mais plus via conjoint. François Hollande veut la démission du ministre de l’Intérieur, candidat plutôt muet (genre l’ignorance puni l’insolence). Ca grogne, ça marmonne mais ça ne remplit pas les esprits de l’électorat mais plutôt les poubelles de la République.

Et vous?

Le débat s’est enlisé dans le doute. Banane poltique durant des élections? Réel problème qui questionne sur l’ingérence de l’Etat sur notre vie privée par ses divers services? Une preuve d’une perte de liberté?