Résumé du chapitre sur les conflits

18 01 2009

Conclusion sur les conflits sociaux

Quand on parle de conflit social, on pense avant tout au conflit du travail opposant d’un côté les salariés, de l’autre le patronnat. Marx a le premier théorisé ces conflits du travail opposant prolétaires, possédant uniquement leur force de travail et bourgeois les exploitant en s’appropriant leur plus-value.

Les conflits du travail portent le plus généralement sur les conditions de travail, sur les salaires, la durée du travail, la reconnaissance au travail et le respect du droit du travail.

Dans ces conflits les parties sont représentées par des syndicats.

Un syndicat est une association de défense professionnelle. Il faut clairement distinguer les syndicats de salariés (CGT- CFDT- FO- CFTC- CFE-CGC) des syndicats d’employeurs (medef- CGPME).

Ces syndicats doivent représenter et défendre les intérêts des membres d’une même profession. Le syndicat vise donc à améliorer les conditions de vie et de travail des salariés. Ces buts se traduisent par certaines activités : organisation de manifestations, de grèves, mais aussi de négociations avec le patronat, rôle d’information.

Les syndicats s’institutionnalisent depuis leur autorisation officielle en 1884 pour le privé et 1924 pour la fonction publique. Ils tendent à devenir de plus en plus un pôle de négociation, une médiation entre salariés et patrons.

Toutefois, il existe un paradoxe : engagement intense des militants mais faiblesse du taux de syndicalisation chez les salariés. Un fossé se creuse entre les syndicats et leurs bases.

Le taux de syndicalisation est le rapport entre le nombre de syndiqués et celui des syndicalisables c’est à dire le nombre des salariés.

Depuis 1949, le taux de syndicalisation a perdu 32 points.

On observe donc une forte désyndicalisation en France.

De plus, la France est l’un des pays d’Europe où le taux de désyndicalisation est le plus faible : seulement 7% en 2007.

Les conflits du travail sont de moins en moins nombreux en France : 2 pics en 68 et 95, sinon il y a de moins en moins de journées individuelles non travaillées du fait des conflits sociaux. En 2000, on est à 500 milles journées individuelles non travaillées.

Les conflits concernent désormais le plus souvent l’emploi et notamment les problèmes de licenciements et de précarisation. Ces conflits sont dit défensifs car ils viennent en réponse à des décisions d’entreprise ou de l’Etat allant contre les intérêts des travailleurs (et non plus offensifs). Les grèves sont souvent le dernier recours aux fermetures d’usines, aux licenciements comme chez Moulinex, Marks et spencer.

De plus la présence d’un chômage de masse et la crainte de perdre son emploi n’incitent pas à des conflits offensifs.

De nouvelles formes de conflits du travail apparaissent : pétitions ou débrayage.

Cette faiblesse des conflits du travail ne signifie pas la fin des mobilisations collectives, mais le mouvement ouvrier à laisser la place à de mouvements sociaux différents, ayant des acteurs, des objets et des formes différentes : on parle de nouveaux mouvements sociaux (Touraine)

« Un mouvement social est une entreprise collective de protestation et de contestation, visant à imposer des changements d’importance variables dans la structure sociale et/ou politique. » F.Chazel

Parler de nouveaux mouvements sociaux c’est sous-entendre qu’il en existe des anciens. Le mouvement ouvrier était en effet jusqu’au années 70 le mouvement social traditionnel ayant pour vocation de transformer la société dans sa totalité (revendication globalisée) en agissant sur le travail.

Sur les 40 dernières années, la société a muté (changement social) vers plus d’individualisme. Des sphères autonomes se sont développées ayant chacune une revendication propre, autre que le travail. Ces revendications ne portent plus sur la société entière mais sur des objets limités, soit relevant de la sphère privée soit sur des segments limités tels l’immigration, les mal-logés, l’environnement, la mondialisation, les droits des femmes….

Avec les NMS on a donc le passage d’un mouvement ouvrier central aux revendications globales à une multiplicité de NMS autonomes aux revendications précises.

Ces NMS ont :

- De nouveaux acteurs : les « travailleurs » ne sont plus les seuls à manifester leur mécontentement. On voit aujourd’hui, les étudiants, les chômeurs, les opposants à l’installation d’une décharge nucléaire, les femmes, les Corses ou les homosexuels, par exemple, manifester leur mécontentement.  Autrement dit, des acteurs, qui peuvent être par ailleurs des travailleurs, ont fait irruption sur la scène des conflits au nom d’intérêts non exclusivement matériels, post-matérialistes comme le dit A. Touraine. Ces nouveaux acteurs se réunissent sur la base d’un rejet commun d’une situation qu’ils jugent préjudiciable soit à leurs propres intérêts, soit aux intérêts des générations futures (cas des écologistes, par exemple).

- Des valeurs nouvelles ( repérables par les objets de conflits) : ces nouveaux mouvements sociaux vont avoir pour objet, par exemple, la défense de l’environnement, la réalisation de l’égalité hommes / femmes, la défense des consommateurs. Derrière ces objets, apparaissent des valeurs : la défense des minorités (les noirs, les homosexuels, …) ou de la défense des droits (mouvements des sans papier, des sans logement, des sans …). Les plus grandes manifestations de ces dernières années ont concerné la défense de l’école privée (en 1985), au nom des valeurs religieuses, et la défense du service public (en 1995).

- Des formes d’action nouvelles : dans ces domaines, la grève traditionnelle n’est pas possible. L’expression prendra donc des formes différentes : boycott de certains produits,  marches de protestation, barrages routiers, occupations de locaux, destructions matérielles, grèves de la faim, sits-in, pétitions, etc… Le registre est varié mais vise souvent à occuper l’espace public de manière à être visible. Ces actions sont destinées à faire pression sur les autorités politiques, seules habilitées à transformer les règles, et à prendre à témoin le plus de citoyens possible. On peut aussi dire que la plupart de ces nouveaux mouvements sociaux sont marqués par une méfiance vis-à-vis des organisations traditionnelles (syndicats, partis politiques, par exemple) et de leurs méthodes, souvent dénoncées comme centralisatrices et sclérosantes pour la spontanéité et l’initiative individuelles.

Exemple du Mouvement féministe :

Valeurs : Le mouvement féministe n’est pas récent et se retrouve dans tous les pays développés. A l’origine, dès le 19ème siècle, la revendication était essentiellement politique : il s’agissait d’obtenir le droit de vote. Dans les années 60, les revendications féministes vont changer de nature : elles vont porter sur le droit à disposer de son corps (liberté de contraception et d’avortement), sur la domination au travail et dans la famille (partage des tâches), et sur l’égalité des droits dans tous les domaines.

Acteurs : Toutes les femmes sont loin d’adhérer à des groupes féministes tel MLF mais les revendications féministes développent chez de nombreuses femmes le sentiment d’appartenance à un groupe dominé. L’identité féminine est affirmée en tant que telle, cela génère de nouvelles solidarités.

Formes d’actions : humour, incidents médiatiques, recours à des célébrités

Les NMS diffusent et renforcent des valeurs qui jusque là étaient secondaires dans la société. Prenons des exemples : l’égalité homme/femme pour le mouvement féministe, la nature pour le mouvement écologiste, le libéralisme culturel pour le mouvement homosexuel.



« L’état des inégalités 2007″- sous la direction de Louis Maurin

18 01 2009

L’état des inégalités en France 2007- Observatoire des inégalités.

Sous la direction de L.maurin.

Statistiquement les inégalités diminuent.

Il existe un pays où les inégalités de revenus entre les citoyens baissent, où les écarts de salaires entre hommes et femmes se réduisent, où la scolarité évolue au profit des plus démunis et même où la pauvreté diminue,… . Ce pays, c’est la France ! C’est les statistiques qui le prouvent.

En 1970, les 10% les plus riches gagnent au moins 4,8 fois plus que les 10% les plus pauvres. En 2003, seulement 3,2 fois plus.

Il y a 35 ans, les femmes salariées du privé gagnaient les 2/3 du salaire des hommes, de nos jours elles en gagnent plus de 80%.

En 1970, 18% des personnes vivaient avec moins de 60% su salaire médian. En 2003, seulement 12%.

En 1970, 20% des jeunes d’une génération obtenaient le bac. Aujourd’hui, ils sont 62%.

Attention, les statistiques sont trompeuses. Que prennent-elles en compte ???

Persistance d’inégalités.

Depuis 10ans, l’échec scolaire ne baisse plus. Le taux de bacheliers augmente mais quelque soit la PCS d’origine, et ce diplôme se dévalorise. Les inégalités se déplacent vers le haut.

Dans le domaine de la consommation, plus de 80% des ménages sont équipés de téléphone mobile, la distinction se fait désormais sur la consommation de services ou de biens culturels..

Dans le domaine du logement, les jeunes sont frappés de plein fouet par la hausse des prix de l’immobilier.

Dans le domaine de la santé, les écarts d’espérance de vie tendent à s’accroître.

Depuis 10ans les femmes rattrapent plus difficilement leur retard sur les hommes.

Les minorités « visibles » sont invisibles des statistiques françaises. Manque de sources.

Inégalités et idéal démocratique.

Ces inégalités sont d’autant plus insupportables que la République française proclame l’égalité des citoyens.

Il existe un lien étroit entre démocratie et égalité. L’égalisation des conditions est le moteur pour Tocqueville de la démocratie, entraîne la fin des sociétés d’ordre, les hommes se considèrent comme semblables. Donc, pour nous le renforcement des inégalités est une anomalie. (VS self made man).

Pour louis Chauvel, une grande part de ce malaise français est du au ralentissement du rattrapage entre catégories sociales. Le « no futur » des jeunes.

Inégalités et discrimination

La lutte contre els discriminations n’a as pour objectif de modifier la stratification sociale mais seulement de rétablir une concurrence juste entre les individus pour l’accès à certaines positions.

Inégalités, pauvreté et exclusion.

Les questions de lutte contre la pauvreté et contre l’exclusion n’épuisent pas la débat sur les inégalités. Une société sans pauvre ni exclus n’est pas forcément une société égalitaire.