le travail à la chaine à renault Sandouville

27 10 2009

dans ce reportage, les ouvriers de Renault décrivent leur vie de travailleur à la chaîne.

http://www.ina.fr/economie-et-societe/vie-sociale/video/I04225010/productivite-a-l-usine-renault-sandouville.fr.html



Les grandes lignes du rapport Stiglitz

14 10 2009

Le premier chapitre s’intéresse à «la mesure classique du produit intérieur brut (PIB)». La recommandation 1 précise que «pour évaluer le bien-être matériel, il faut analyser les revenus et la consommation plutôt que la production». Le PIB est certes l’indicateur le plus couramment utilisé, mais il masque de nombreuses disparités individuelles. Pour mieux les appréhender, la recommandation 2 propose de «renforcer l’analyse du point de vue des ménages». Pour mieux percevoir la réalité de chaque individu, les États doivent mesurer la situation des individus en fonction de leur catégorie et non d’une moyenne nationale. C’est par exemple ce qu’a commencé à faire l’Insee en montrant l’évolution de l’inflation ou du pouvoir d’achat par catégories de ménages classés selon leurs revenus. Chiffres démontrant que la hausse des prix est plus élevée pour les catégories défavorisées. La recommandation 3 va encore plus loin  : «l’analyse de la situation des ménages doit prendre en compte leur patrimoine». Un ménage qui dépense tous ses revenus annuels en consommation améliore son bien-être présent mais réduit son bien-être futur. Pour la commission, il faut traiter la situation des ménages comme un bilan d’entreprise, en séparant l’actif et le passif. Enfin, et surtout, l’analyse de la richesse d’un pays et des habitants doit prendre en compte une dimension totalement délaissée, qui figure dans la recommandation 5, «mesurer les activités non marchandes». Concrètement, l’activité d’une mère au foyer n’est pas mesurée par la comptabilité publique. Au contraire, si la femme travaille et que le couple emploie quelqu’un à domicile pour effectuer ses tâches ménagères cela est comptabilisé dans la richesse nationale alors que le résultat est finalement le même. Plus généralement, la commission estime fondamental de prendre en compte «la façon dont les gens dépensent leur temps». Une forme de richesse comme une autre.

Le deuxième chapitre du rapport est consacré à l’analyse subjective de «la qualité de vie». Selon la commission, il ne faut pas prendre en compte uniquement la dimension matérielle de la richesse des ménages mais analyser son environnement. La recommandation 6 estime que «des efforts substantiels doivent être accomplis pour développer des instruments de mesure solides et fiables en matière de connexion sociale, d’environnement politique ou encore d’insé­curité, qui servent à calculer la satisfaction» de chacun. Cette catégorie d’indicateur regroupe par exemple l’analyse du taux de mortalité ou encore du taux de morbidité, qui mesure l’évolution de la taille, du poids et des conditions de santé des travailleurs. Ces indicateurs doivent aussi porter sur le niveau d’éducation, de démocratie ou encore de sécurité, deux facteurs clefs du bien-être.

Enfin, le chapitre III se penche sur la mesure du développement durable. Face au maquis d’indicateurs dans le monde qui permettent de calculer plus ou moins précisément le caractère vert de la croissance, la commission prône une approche la plus simple possible. La recommandation 11 propose ainsi de créer des indicateurs monétaires du développement durables, capables «de calculer la variation des stocks». Aujourd’hui, par exemple, les catastrophes naturelles sont comptabilisées comme réduisant l’activité économique à un instant donné, donc le PIB. Avec une approche par les stocks «les catastrophes seront considérées comme une dépréciation du capital naturel ou physique». Vu sous cet angle, une croissance dite durable sera une croissance qui permettra une augmentation du stock humain et physique d’un pays et une croissance non durable se traduira par une baisse de ce stock. Dis autrement, les générations futures auront un capital inférieur à celui des générations présentes.



Prix Nobel d’économie

14 10 2009

Le prix Nobel d’économie a été attribué lundi aux Américains Oliver Williamson et Elinor Ostrom, la première femme récompensée, pour leur travaux séparés montrant que l’entreprise et les associations d’usagers sont parfois plus efficaces que le marché.



calculez votre empreinte écologique !

14 10 2009

en cliquant suivant : http://www.ademe.fr/CLIMACT/



la monnaie est un rapport social, non un bien par J.C Delaunay

11 10 2009

Idées – Tribune libre – Histoire – Article paru dans l’Humanité le 9 décembre 2008

tribune libre

La monnaie est un rapport social, non un bien

Par Jean-Claude Delaunay, économiste, professeur à l’université de Marne-la-Vallée

Autant il est nécessaire d’affirmer haut et fort, parce que c’est vrai, que le capitalisme et ses agents ont perdu la légitimité arrogante à laquelle ils prétendaient jusqu’à une date encore récente, autant il me semble excessif de laisser croire que ce système serait entré dans la phase de sa mort prochaine. Or la notion de monnaie commune mondiale participe de cette idéologie verbalement triomphale sans reposer pour autant sur une analyse correcte des rapports capitalistes. Mais qu’est-ce tout d’abord qu’une monnaie commune et comment la distinguer d’une monnaie unique ?

Soit un ensemble de pays formant une zone monétaire. Ces pays sont dotés d’une monnaie unique si la même monnaie est utilisée partout et si elle est gérée centralement. Une monnaie unique est nécessairement une monnaie commune, mais elle est autre chose dans la mesure où elle n’accorde plus aucun rôle aux monnaies nationales. Considérons maintenant la même zone. Celle-ci est dotée d’une monnaie commune si d’un côté existent les monnaies nationales, gérées de façon autonome les unes des autres et assurant des fonctions internes à chaque pays (achats, épargne, investissements), et si, d’un autre côté, existe une monnaie commune, gérée centralement et destinée au règlement des déficits extérieurs. On voit bien ce que cela pourrait donner au plan mondial. D’un côté, il y aurait les monnaies nationales (le dollar, l’euro, le yuan, etc.). D’un autre côté, il y aurait la monnaie commune mondiale, gérée centralement par un FMI démocratique et destiné à solder les comptes des pays déficitaires.

La monnaie commune mondiale (MCM) actuellement préconisée par les communistes vise trois objectifs majeurs. 1. La monnaie mondiale devrait être désormais considérée comme un bien collectif. La MCM satisferait cette exigence. 2. L’usage de cette monnaie commune rendrait donc caduque la suprématie du dollar. 3. Elle donnerait lieu à des négociations favorables aux pays demandeurs de monnaie pour leur propre développement. Examinons ces objectifs.

I – La monnaie bien collectif mondial ? Oui, mais la monnaie n’est pas un bien, c’est un rapport social. L’eau, l’air, le climat, les océans, par exemple, sont des « biens » tendant à être considérés aujourd’hui comme des biens collectifs. Ils existent physiquement, indépendamment des rapports capitalistes. Les effets désastreux induits sur eux par ces rapports deviennent évidents. Il est donc possible de mener dès à présent à leur égard une lutte répétée et de masse pour leur gestion socialisée, même dans le cadre de rapports capitalistes. Mais la monnaie est l’expression directe des rapports sociaux. Se donner l’objectif d’une MCM suppose donc que les États les plus puissants abandonnent à une institution mondiale, dont ils auraient préalablement accepté la démocratisation en profondeur, le soin de créer cette monnaie et de veiller à son usage démocratique. Cette proposition me semble, pour l’instant, une utopie.

II – Oui, mais « la contradiction vraie » n’est-elle pas le dollar dont il faut anéantir la domination ? À mon avis, la MCM n’est pas en mesure d’assurer ce dépassement. En effet, elle aurait pour but de permettre aux pays déficitaires de régler leurs déficits avec l’extérieur. Mais on n’est plus aujourd’hui dans la même situation qu’en 1944, lorsque Keynes lançait l’idée du Bancor. La MCM imaginée par Keynes visait à aider les pauvres à financer leur déficit à l’avantage de tous (pas de politique restrictive, réductrice du revenu mondial). Or aujourd’hui, les riches (les États-Unis) sont apparemment pauvres (gros déficit) alors que les pauvres (pays émergents) sont apparemment riches (grosses encaisses en dollars). Ce projet de MCM aurait pour finalité première de financer le déficit du pays le plus riche du monde. N’est-il pas incohérent ?

III – Le « système dollar » est une grande noria d’exploitation mondiale du travail salarié, à commencer par le travail des pays émergents. La fin de cette biologie particulière – dont le dollar comme monnaie mondiale est actuellement le sang – ne se fera pas de façon monétaire, à l’aide d’une MCM. Y mettre fin suppose que les pays concernés utilisent pour la satisfaction des besoins de leurs propres populations le travail qu’ils sont obligés d’exporter aujourd’hui. Deux autres aspects sont à envisager. Le premier est la formation vraisemblable de monnaies communes, mais au niveau de zones économiques dotées d’une certaine homogénéité, comme cela tend à se faire dès à présent en Asie et en Amérique latine. Le deuxième, plus sensible à l’idéal des communistes, serait le transfert négocié mais généreux de savoir-faire, de technologies et de services correspondant vers les pays qui émergent ou vers ceux qui n’arrivent pas à émerger. Tout cela nous paraît plus sérieux et plus solide que de vagues bruits à prétention révolutionnaire sur la monnaie commune mondiale.



un article faisant le lien entre fonctions de la monnaie et crise financière

11 10 2009

Retrouver l’usage de la monnaie à des fins collectives

Par Jean-Marie Harribey, maître de conférences à Bordeaux-IV, coprésident d’ATTAC (*).

Devant l’importance de la crise capitaliste qui sévit depuis deux ans, on pourrait être tenté de dire que la tâche est trop grande et, finalement, de renoncer devant ce qui pourrait s’apparenter au treizième des travaux d’Hercule : mettre fin à la logique du profit et de la concurrence en Europe et dans le monde. Ce faisant, on aurait tort, car il se pourrait bien que le maillon faible, celui qui a craqué et précipité le système dans la crise, soit aussi celui par lequel il faut prendre le problème.

La crise financière a éclaté parce que l’institution sociale appelée « monnaie » avait été quasiment privatisée, et cela sur deux plans. Parce que l’organe chargé d’en réguler l’émission, la Banque centrale européenne, n’était ni contrôlé par les pouvoirs publics ni destiné à couvrir les besoins de la dépense publique. Et parce que, partout dans le monde, avec le soutien des principales banques centrales, l’émission de monnaie a été avant tout dirigée pour faciliter les restructurations capitalistes et satisfaire les appétits de la spéculation. La monnaie verrouillée, mise exclusivement au service du développement de la rente financière, que restait-il pour répondre aux besoins sociaux ? Rien, sauf des appels réitérés de la part des Green- span et Trichet pour bloquer les salaires. Pendant ce temps, la machinerie forgée par la finance, libre de tout contrôle et gavée de profits, s’hypertrophiait jusqu’à son collapsus.

Aussi, et sans même attendre la mise en cause globale du capitalisme, il est possible d’enrayer la machine à fabriquer des crises et du marasme social. En commençant par placer sous propriété et contrôle publics les banques centrales et toutes les banques, pas seulement celles qu’il faut sauver de la faillite. De la sorte, tout mouvement de capital suspect d’évasion ou de fraude fiscale, ou bien générateur de destruction d’activités sans possibilité de reconversion, sera arrêté à temps. Sans contrôle public du secteur bancaire, tous les discours contre les paradis fiscaux se révéleraient velléitaires, et toutes les initiatives pour limiter la distribution de revenus faramineux seraient vouées à l’échec.

Une fois retrouvée la maîtrise de la monnaie, la deuxième étape consisterait à mettre en place des procédures financières saines : interdiction de la titrisation, des produits dérivés et des marchés de gré à gré non contrôlés, abolition des normes comptables calquées sur les cours de Bourse. Dans un contexte où la finance serait mise au pas, la politique monétaire pourrait agir par le biais de bas taux d’intérêt pour favoriser les investissements répondant aux exigences sociales et écologiques, et de taux d’intérêt très élevés pour décourager les opérations spéculatives. La taxation des transactions financières deviendrait enfin crédible et efficace, et des négociations sérieuses, au sein de l’ONU, pourraient s’engager pour créer une vraie monnaie internationale. Ces quelques principes sont simples, ils ne heurtent les intérêts que d’une minorité de privilégiés, qui ont, au cours du temps, accaparé richesses et pouvoirs. Retrouver l’usage de la monnaie à des fins collectives, voilà un objectif de portée à la fois politique et symbolique. Politique, parce qu’au moment où nous renouvelons le Parlement européen, c’est l’occasion de réaffirmer que c’est par le biais d’une monnaie que peuvent être organisés les services publics et la protection sociale payés par des prélèvements. Symbolique, parce que la monnaie est toujours constitutive des sociétés et des rapports sociaux qui y dominent.

(*) Auteur de Raconte-moi la crise. Éditions le Bord de l’eau, 2009.

ATTAC vient de publier Sortir de la crise globale. Vers un monde solidaire et écologique. Éditions la Découverte, 2009.



encore un lien sur les indicateurs alternatifs

11 10 2009

http://harribey.u-bordeaux4.fr/colloques/boidin.pdf



On prend les mêmes … et on recommence

3 10 2009

Les investisseurs institutionnels sont devenus prudents, ils n’achètent plus que des produits simples et de bonne qualité… Ce discours post-crise financière, datant du printemps 2009, est de plus en plus éloigné de la réalité.

Après une pause d’une année, les produits complexes se vendent à nouveau. La titrisation consiste à transférer des risques liés à des crédits à une entité qui émet des obligations adossées à ces crédits. Un « transfert » général qui a posé bien des problèmes lors de la crise financière.

Deux opérations ont été lancées le même jour. Le 23 septembre, un ABS (titres adossés à des crédits automobiles) de Volkswagen et un RMBS (titres adossés à des prêts hypothécaires résidentiels) de Lloyds étaient proposés.

tout ça pour ça … ou pour rien !!!



L’irlande dit « oui » au traité de lisbonne

3 10 2009

En vu du dernier chapitre de l’année sur l’intégration européenne, prenons quelques instants pour rappeler ce qu’est le traité de lisbonne (encore en attente de 2 ratifications mais pas par voie référendaire).

Le traité de lisbonne en quelques points clés :

  • Le traité crée un poste de président du Conseil européen élu à la majorité qualifiée par ses pairs pour un mandat de deux ans et demi renouvelable une fois, ce qui mettra fin à l’aspect le plus important de la rotation des présidences.
  • L’UE conserve son « Haut représentant » pour la politique étrangère et de sécurité commune (Pesc), avec des prérogatives accrues et à la tête d’un service d’action extérieure. Il siégera à la Commission en tant que vice-président.
  • Le traité prévoyait un nombre de commissaires réduit à deux tiers des Etats membres à partir de 2014, avec un système de rotation strictement égalitaire mais cette règle a été abandonnée en décembre 2008 à l’unanimité pour vaincre les réticences irlandaises à organiser une seconde consultation.
  • Le vote à la majorité qualifiée devient la règle à partir de 2014. La majorité qualifiée se définira comme réunissant 55 % des Etats membres représentant au moins 65 % de la population de l’UE venant d’au moins 15 Etats membres. La règle permettra d’éviter les négociations parfois interminables parmi les Vingt-Sept pour parvenir à l’unanimité.
  • Le nombre de députés passe à 751 membres en 2014 contre 736 aujourd’hui, avec un minimum de six députés pour les petits pays et un maximum de 96.
  • L’Eurogroupe, forum informel de coordination des politiques économiques des membres de l’euro, acquiert une existence institutionnelle.
  • Les Etats membres seront liés par une clause de solidarité en cas d’agression. Les pays qui le souhaitent peuvent se lier par une clause de défense commune et lancer des « coopérations structurées », notamment pour se doter de capacités de défense.
  • La politique énergétique commune devient un objectif de l’UE, de même que la lutte contre le changement climatique.
  • Les citoyens de l’UE pourront demander à la Commission européenne de présenter un projet législatif s’ils parviennent à réunir un million de signatures sur une pétition.
  • A la différence de la Constitution, les symboles européens (hymne, drapeau, devise) ne figurent pas dans le texte, même si un certain nombre de pays entendent les utiliser.