Le bilan décevant du sommet de Copenhague …

19 12 2009

Voici les principaux points des « accords de Copenhague »". Cette déclaration politique a été le fruit de négociations à 26 mais menées essentiellement par les Etats-Unis, l’Inde, la Chine, le Brésil et l’Afrique du Sud. Elle ne comprend pas d’objectifs contraignants de réduction des émissions de gaz à effet de serre, renvoyés à 2010, et ne prévoit pas la création d’une instance internationale pour vérifier la mise en oeuvre des engagements de chaque pays.

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  • Une hausse des températures globales limitée à 2 °C

Dans le document politique négocié, les dirigeants prévoient de limiter le réchauffement planétaire à 2 °C d’ici à 2050 par rapport aux niveaux pré-industriels, l’objectif affiché de la conférence sur le climat. C’est moins ambitieux que ce que réclament les petits Etats insulaires, représentés par Grenade et les Maldives, qui militaient avec les pays les moins avancés pour une hausse maximale de 1,5 °C par rapport aux niveaux pré-industriels.

  • Pas d’objectifs de réduction des émissions de CO2

L’accord ne fixe pas d’objectifs chiffrés de réduction d’émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2050. Pour les pays industrialisés, les objectifs de réduction d’émissions de CO2 d’ici à 2020 ne seront fixés qu’en janvier, après que chacun des pays industrialisés « aura donné par écrit » ses propres engagements, selon le président français, qui a précisé que l’Union européenne maintiendrait son objectif de réduire ses émissions de 80 % d’ici 2050. Cependant, l’UE ne reverra pas à la hausse son objectif de réduction à l’échéance 2020, qui sera de 20 % et non de 30 % comme l’espéraient certains négociateurs.

Selon un calcul des Nations unies, l’addition des promesses faites à ce jour publiquement par les différents pays conduirait à une hausse de la température moyenne de la planète de 3 °C, bien au-delà de l’objectif souhaité des 2 °C. Une proposition annexée à l’accord appelle la communauté internationale à conclure un traité contraignant d’ici la fin de l’année prochaine.

  • Aide à l’adaptation des pays en développement

Les chefs d’Etat ont accepté de consacrer 100 milliards de dollars par an d’aide aux pays en développement à compter de 2020 et d’examiner pour ce faire des financements innovants. les Etats-Unis se sont engagés à verser 3,6 milliards de dollars d’aide aux pays les plus vulnérables d’ici 2012 pour les aider à s’adapter aux impacts du changement climatique. « L’engagement collectif des pays industrialisés est d’apporter des ressources nouvelles et supplémentaires [à l'aide au développement]«  d’un montant total de 30 milliards de dollars, précise le texte. L’Union européenne avait déjà promis de verser 10,6 milliards de dollars sur les années 2010, 2011 et 2012 et le Japon a annoncé à Copenhague 11 milliards de dollars sur les trois ans.

  • Il n’y aura pas d’Organisation mondiale de l’environnement

L’accord ne prévoit pas la création d’une Organisation mondiale de l’environnement qui aurait pu vérifier la mise en œuvre des engagements de chacun, les contraignant légalement. Pour Nicolas Sarkozy, le volet juridique, absent de cette déclaration politique, sera à nouveau débattu lors de négociations à Bonn que la chancelière allemande Angela Merkel organisera « dans six mois » pour préparer la prochaine conférence sur le climat de Mexico, fin 2010.

Point de friction majeur, en raison notamment du rejet chinois de toute intervention extérieure, la partie du texte sur la vérification internationale du respect des engagements pris est la plus longue du projet d’accord. Elle précise que les économies émergentes doivent faire le bilan de leurs efforts et en rapporter aux Nations unies tous les deux ans. Des contrôles internationaux sont prévus pour répondre aux exigences occidentales de transparence mais le texte garantit le « respect de la souveraineté nationale ». Une manière d’écarter tout contrôel contraignant.

  • Protection des forêts

Le texte « reconnaît l’importance de réduire les émissions dues à la déforestation et à la dégradation des forêts, et la nécessité d’améliorer l’élimination de gaz à effet de serre par les forêts ». Il prévoit des mesures « incitatives » pour financer la protection des forêts avec des fonds des pays développés.



Copenhague: les enjeux par pays

13 12 2009

Les pays industrialisés : soumis à des objectifs de réduction de leurs gaz à effet de serre dans le cadre du protocole de Kyoto, ils sont considérés par les pays émergents comme les responsables historiques du réchauffement climatique.

  • Les Etats-Unis. C’est une des clés du futur accord de Copenhague et l’arrivée de Barack Obama à la Maison Blanche a clairement changé la donne par rapport à l’ère Bush. Si les Etats-Unis avaient signé le protocole de Kyoto en 1997, ils ne l’avaient jamais ratifié et n’étaient donc pas soumis à des objectifs contraignants de réduction de gaz à effet de serre. Mais le sommet de Copenhague arrive tôt dans le calendrier du président américain. Ce dernier s’est donné comme priorité numéro un l’adoption de sa réforme de la santé. Il semble désormais improbable que le Congrès adopte avant la fin de l’année le Clean Energy and Security Act, qui prévoit une réduction des émissions de 20 % en 2020 par rapport aux niveaux de 2005, soit environ 7 % d’ici à 2020 par rapport à 1990. Souhaitant ne pas réitérer le scénario du protocole de Kyoto, la Maison Blanche a annoncé, fin novembre, que le président américain participera au sommet et offrira une baisse de 17 % des émissions de gaz à effet de serre des Etats-Unis en 2020 (soit environ 4 % par rapport à 1990), puis de 30 % en 2025 et de 42 % en 2030 par rapport aux niveaux de 2005.
  • L’Union européenne. C’est pour l’instant la bonne élève de la Convention climat. L’UE s’est fixé comme objectif, d’ici à 2020, une réduction de 20 % de ses émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990 et de 30 % si d’autres pays industrialisés s’y conforment. Mais Washington cherche à fixer les objectifs les plus lointains possibles par crainte d’un retour de bâton des milieux économiques. Dans ce contexte, certains pays, dont la France, menacent d’instaurer une taxe carbone aux frontières de l’UE.
  • La France. Le président Sarkozy a décidé de jouer sa propre partition lors du sommet de Copenhague avec son projet « justice climat », qui a pour l’instant reçu un accueil mitigé. Avec son homologue brésilien Lula, ils ont engagé mi-novembre une course contre la montre pour tenter d’arracher un accord « ambitieux » sur le climat en présentant un texte commun. Le but est de forger une alliance entre les riches pays industrialisés, de grands pays émergents et les pays les plus touchés par le réchauffement climatique (Afrique non méditerranéenne, pays insulaires menacés comme les Maldives, le Bangladesh, le Cambodge et le Laos) pour prendre en tenaille la Chine et les Etats-Unis.
  • La Russie. A quelques jours de la conférence, Moscou a revu ses objectifs à la hausse, proposant désormais une baisse comprise entre 20 % et 25 % d’ici à 2020 par rapport à 1990, au lieu des 15 % initialement proposés. Précédemment, Moscou avait annoncé qu’il « soutiendrait l’idée d’un document politiquement contraignant (…) mais à deux conditions : que tous les pays le signent » et que soient pris en compte le potentiel forestier russe comme puits d’absorption du CO2.
  • Le Japon. A son arrivée au pouvoir en septembre, le nouveau premier ministre, Yukio Hatoyama, a créé la surprise en annonçant que son pays allait tenter de réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 25 % d’ici à 2020 par rapport à 1990. L’objectif du Japon est le plus ambitieux à moyen terme annoncé par un grand pays industrialisé.
  • Le Canada. Ottawa cherche à éviter de faire figure de cancre au sommet de Copenhague, sans pour autant abandonner ses intérêts, qui l’ont poussé à défier le protocole de Kyoto, pourtant signé et ratifié par le gouvernement. Les Canadiens ont affiché un objectif de réduction de 20 % d’ici à 2020 par rapport aux niveaux de 2006. Des objectifs qui paraissent bien maigres face à d’autres pays industrialisés : par rapport à 1990, la réduction canadienne ne serait que de 3 %. La Chambre des communes a adopté fin novembre une motion non contraignante prônant une réduction des émissions de gaz à effet de serre de 25 % par rapport à 1990. Le gouvernement affirme que son application ruinerait l’économie.
  • L’Australie. L’un des plus importants émetteurs de CO2 par habitant au monde s’est engagé à une réduction de 5 % de ses émissions de gaz à effet de serre d’ici à 2020 par rapport au niveau de 2000. Le gouvernement de Canberra s’est dit prêt à s’engager à une baisse de 25 % si le sommet de Copenhague débouche sur un accord légalement contraignant, une perspective qui semble de moins en moins probable.

Les pays en développement : tant que les pays industrialisés n’auront pas adopté les réductions d’émissions préconisées par le GIEC – moins 40 % en 2020 par rapport à 1990 –, le Brésil, la Chine, l’Inde et l’Afrique du Sud ne souscriront pas au futur traité et refuseront des objectifs de baisse de leurs propres émissions. Ils revendiquent également un important effort financier de la part des pays industrialisés.

  • La Chine, devenue le premier émetteur de CO2 de la planète en valeur absolue, a dévoilé ses cartes fin novembre, en annonçant vouloir réduire son « intensité carbone » (émissions polluantes par unité de PIB) d’ici à 2020 de 40 à 45 % par unité de produit intérieur brut par rapport à 2005. Pékin dit vouloir développer les énergies renouvelables, le nucléaire, mettre en place des politiques fiscales et financières « appropriées », et accroître les investissements dans la recherche-développement de « technologies zéro carbone ».
  • L’Inde est désormais sous pression depuis l’annonce de la Chine. Craignant de passer pour le pollueur le plus intransigeant de la planète, New Delhi a affirmé fin septembre avoir ses propres objectifs de réduction de gaz à effet de serre, des chiffres qu’il s’est dit « prêt à partager avec le reste du monde », ce qu’il n’a pour l’instant pas fait. L’Inde a constamment répété ne pas vouloir être contrainte à des objectifs obligatoires de réduction d’émission de gaz à effet de serre pouvant freiner sa croissance, mais après les annonces des deux plus gros pollueurs de la planète, les experts s’attendent à un possible assouplissement.
  • Le Brésil prendra « l’engagement volontaire » de réduire de 36 % à 39 % ses émissions par rapport aux prévisions de 2020, essentiellement grâce à ses efforts pour lutter contre la déforestation de la forêt amazonienne, plus grande forêt tropicale du monde. La partie haute de cette fourchette ramènerait les émissions brésiliennes à leur niveau de 1994, ce qui représente une baisse de 20 % par rapport à 2005.
  • L’Alliance des petits Etats insulaires (Aosis), particulièrement exposés au dérèglement du climat et à la montée des océans, affirme que la communauté internationale devrait s’efforcer de limiter le réchauffement global à 1,5 °C. Elle n’a cessé de réaffirmer la nécessité d’un « accord global légalement contraignant », et de dénoncer « les tentatives des pays industrialisés de noyer l’accord » de Copenhague et « l’absence de volonté politique d’aboutir ».
  • Les Etats africains ont mis la pression, lors de la dernière session de négociations début novembre à Barcelone, en menaçant de quitter la table des négociations. Ils accusent les pays riches de ne pas combattre à une échelle appropriée le changement climatique, qui menace d’infliger famines et pénuries aux pays pauvres en provoquant inondations, sécheresses, vagues de chaleur et montée du niveau des mers. Début octobre, ils avaient placé la barre très haut en estimant avoir besoin de 65 milliards de dollars (44 milliards d’euros) pour faire face aux nouveaux défis climatiques.


le vocabulaire pour mieux comprendre Copenhague …

5 12 2009

ADAPTATION Elle désigne toutes les mesures nécessaires à mettre en oeuvre pour aider les pays les plus exposés aux changements climatiques.

ATTÉNUATION L’adoption de technologies de production moins émettrices de gaz à effet de serre doit permettre d’ »atténuer » l’impact des activités humaines sur le climat.

COMPENSATION Action par laquelle un pays ou une entreprise qui émet du CO2 « efface » son empreinte en achetant des crédits carbone à un tiers.

COP 15 C’est le petit nom de la conférence de Copenhague dans le language onusien. COP pour « Conference of the parties », les parties en question étant les Etats qui se réunissent sous l’égide de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC en anglais pour United Nations Framework Convention on Climate Change). 15 parce que c’est la quinzième conférence.

GAZ À EFFET DE SERRE Les six gaz à effet de serre dus aux activités humaines reconnus par le protocole de Kyoto sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane, le protoxyde d’azote et trois gaz fluorés (SF6, PFC, HFC).

GIEC Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat – Intergovernmental Panel on Climate Change (IPCC) en anglais – a été fondé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE). Sa mission est de rassembler des données scientifiques et socio-économiques pertinentes afin d’évaluer les risques climatiques liés aux activités humaines. Il doit également formuler des stratégies possibles de prévention et d’adaptation.

G-77 Coalition de pays en développement créée en 1964 pour défendre leurs intérêts. Elle compte aujourd’hui 130 membres, contre 77 lors de sa création.

MARCHÉ CARBONE Aussi appelé « marché de permis d’émissions ». Il s’agit d’un système dans lequel chaque acteur – Etat ou entreprise – se voit allouer un quota d’émissions de CO2, qu’il peut ensuite échanger. Si son quota est insuffisant par rapport à ses émissions, il peut se porter acquéreur. A l’inverse, s’il a réduit ses émissions, il pourra revendre son excédent de quotas. Le système européen d’échange de quotas d’émissions est le premier marché mondial du carbone par sa taille. Il régule les rejets polluants de 11 000 installations industrielles.

MDP Le mécanisme de développement propre institué par le protocole de Kyoto permet aux pays industrialisés de réaliser des projets de réduction d’émissions dans les pays en développement. Le porteur du projet se voit attribuer autant d’unités carbone que de tonnes de gaz à effet de serre évitées. Il peut les utiliser pour atteindre ses propres objectifs ou les revendre.

PPM Parties par million, c’est l’unité de mesure de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Elle donne le nombre de molécules d’un gaz à effet de serre présentes pour un million de molécules formant l’air.

PAYS DE L’ANNEXE1 Les pays de l’annexe 1 de la conférence des parties de la Convention des Nations unies sur les changements climatiques sont composés des pays développés et des pays en transition vers une économie de marché. Ils composent la majorité des pays de l’annexe B du protocole de Kyoto ayant des engagements chiffrés de réduction d’émissions sur la période 2008-2012.

PUITS DE CARBONE Un puits de carbone est un réservoir naturel ou artificiel qui absorbe le gaz carbonique de l’atmosphère et contribue donc à limiter le réchauffement. Les principaux puits de carbone naturels sont les forêts, les sols, les tourbières et les océans.

TeqCO2 La tonne d’équivalent CO2 est l’unité de mesure des émissions des différents gaz à effet de serre, en fonction de leur potentiel de réchauffement.


Source : Glossaire du climat, Christian Brodhag et Florent Breuil, et glossaire de La Documentation française.

Article paru dans l’édition du Monde 06.12.09



Souffrance au travail … (encore une fois)

5 12 2009

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à ajouter à votre lettre au papa noël …

4 12 2009

Chers élèves,

si vous avez été sages, une idée de cadeau qui fera moins mal à la planète que la dernière wii ou nintendo ds … LA BD ! (d’accord c’est du papier, mais qui vient en général de forêts gérées et peut être même du papier des landes !!!)

Et vos profs d’SES ont à ce sujet quelques suggestions :

quelques nouveautés (plus très nouvelles mais tout de même) :

silex and the city de Jul (caricature plutôt réussie et rigolote de note époque même si le propos s’épuise un peu à la fin mais des personnages TRES bien choisis)    

le landais volant de Nicolas dumontheuil (et toutes les bd de cet auteur sont intéressantes), l’histoire d’un franchouille en vadrouille qui, malgré sa bonne volonté, a bien du mal à se séparer des stéréotypes culturels.

Martha Jane Cannary (le tome 2 vient de sortir) ou la vraie histoire de Calamity Jane. Histoire de la conquête de l’ouest, et du machisme, de la pauvreté, de l’exode qui l’accompagnent … Gé-nial !

Aya de Yopougon : le tome 5 vient de sortir. Cette série relate la vie d’une jeune abidjanaise, une autre vision de l’Afrique de l’ouest. en bonus, à la fin des ouvrages : des astuces, des recettes, des expressions ivoiriennes …  Ludique et instructif

et quelques « classiques » à lire absolument :

Maus de Art Spiegelman (attention chef d’oeuvre) : une oeuvre à la fois personnelle et historique sur la Shoah et la difficile parole des rescapés des camps de la mort.

Etienne Davodeau est un auteur de BD que l’on pourrait qualifier d »auteur social », il dépeint à travers des vies ordinaires une histoire sociale de notre pays souvent méconnue : « les mauvaises gens » est une lecture autobiographique du syndicalisme chrétien de l’ouest de la France des années 60. A lire aussi « un homme est mort »

les BD de Jacques Tardi : passionné d’histoire, Tardi nous livre des BD toujours passionnantes et remet le peuple au coeur de l’histoire : le cri du peuple (histoire de la commune en 4 tomes), « 1968-2008, n’effacez pas nos traces », et dernierement une BD sur la guerre 14-18, période à laquelle il a déjà consacré plusieurs ouvrages.

Persepolis de Marjane Satrapi : l’histoire contemporaine de l’Iran à travers les yeux de la jeune Marjane. A voir aussi en DVD

Le retour à la terre de manu Larcenet, ou les difficultés d’adaptation d’un jeune couple parisien (un peu bobo?) à la campagne. C’est souvent drôle !

et pis un bon corto maltese, ça fait jamais de mal ! Bien sûr, cette liste n’est pas exhaustive !

 

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