Quand les éditeurs se sucrent sur notre dos !

J’ignore si ce qui m’est arrivé, qui n’est pas grave en soi mais hautement inadmissible, est général chez les éditeurs scolaires, mais je crains hélas que ce ne soit fréquent…

 

Depuis toujours je suis partageuse et depuis assez longtemps sur Internet aussi… Quand je me creuse la tête pour trouver des idées d’activités pertinentes avec les élèves, quand je fais une séance qui « marche bien », quand les élèves accrochent particulièrement, je me dis que tant qu’à faire, si ça peut aussi servir à d’autres c’est pas plus mal. Ainsi j’ai l’impression de « rentabiliser » mon travail et le temps passé dessus, et je ne me prive pas d’ailleurs de piocher moi aussi à droite et à gauche dans ce que produisent mes collègues. Inutile de perdre du temps à refaire ce que d’autres ont déjà fait !
J’accepte également régulièrement d’écrire des articles, billets, interviews pour des revues ou des sites, bénévolement, pour partager encore plus… mais à chaque fois on me le demande, je peux accepter ou non, bref j’ai le choix !

 

Aussi quand il y a quelques semaines mon collègue Guillaume m’a dit sur Twitter : « L’éditeur X t’a contacté pour ton activité sur la pyramide de sucres ? Elle est dans leur dernier manuel de 6ème ! » j’ai été surprise parce que non, pas du tout ! Aussitôt ce collègue me précise : « Au temps pour moi, j’avais regardé trop vite, ce n’est pas la même situation ». Intriguée je lui demande s’il peut me communiquer une photo de la page du manuel en question… Il a raison, rien à voir avec ma situation complexe, on a là sur le même thème un simple problème d’application sans grand intérêt d’ailleurs, mais… la photo ressemble fort à une des miennes prise lors de cette activité avec mes élèves. Vérification faite c’est bien ma photo manifestement prise, sans que j’en n’aie jamais été avertie, directement ici sur mon blog ! 

Question de principe je contacte l’éditeur X pour avoir des explications. Bien entendu à partir de la rubrique « contact » de leur site je n’ai aucune réponse, je demande donc via Twitter qui a un contact chez eux. J’envoie un mail sans détail à la personne dont on me fournit l’adresse : juste qu’il s’agit d’une photo prise sur mon blog sans autorisation et de quel manuel il s’agit pour être mise en relation avec la personne concernée.

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La princesse et le dragon : un album contre les stéréotypes

Une princesse, un dragon et un prince, nous voilà avec une distribution bien classique… sauf que c’est le prince Ronald qui se fait enlever par le dragon et la princesse Élisabeth qui vole à son secours ! Le dragon a brûlé le château, ses vêtements sont en lambeaux… qu’importe, Élisabeth se met en route pour sauver son prince. Elle n’utilisera pas la force mais la ruse pour piéger le monstrueux animal. Comment le prince Ronald va-t-il réagir ? Est ce que l’histoire va se terminer par “ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants” ? Assurément non !

Cet album, dès la grande section permet, avec humour, de pouvoir envisager d’autres rôles…

Toute la collection de la maison d’édition “Talents Hauts” est à découvrir avec nos élèves pour que filles et garçons ne restent pas enfermés dans des stéréotypes : les héros peuvent être des héroïnes, les mamans sont des femmes d’aujourd’hui et les hommes des papas modernes, les garçons ne sont pas forcément courageux ni les filles coquettes.

OPA sur le Mammouth

couverture_opa_smallCe titre est celui d’un roman pas comme les autres qui devrait intéresser vivement tous ceux qui se préoccupent du devenir de notre belle Éducation Nationale, c’est à dire beaucoup de monde en cette période de Refondation de l’École…

On y suit les aventures de Zoé, prof en collège qui découvre l’immobilisme de son syndicat alors qu’elle aspire plutôt à faire bouger les choses. Parallèlement un curieux personnage venu d’Amérique s’apprête à lancer une OPA contre l’école française avec la complicité d’un groupe de médias.

Personne n’est épargné, ni les syndicats, ni le Ministère, ni le milieu des affaires, tour à tour ridicules, pathétiques, ou impitoyables. L’intrigue bien menée nous fait réfléchir sur le fonctionnement de notre institution scolaire et va jusqu’à proposer des pistes de réformes très concrètes.

J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage agréable à lire, écrit par quelqu’un qui maîtrise son sujet et qui apporte bien plus que n’aurait pu le faire un énième pamphlet sur l’École.

Site de l’ouvrage

[View the story « OPA sur le Mammouth » on Storify]

Museomix, quelles leçons pour l’école ?

J’ai participé une seconde fois à l’aventure Museomix, l’an dernier c’était comme participante, cette année j’étais dans l’équipe d’organisation et ces expériences me confortent dans l’idée que certaines évolutions sont vraiment nécessaires pour l’école.

 

Mais tout d’abord, qu’est-ce-que Museomix ? Pour ceux qui savent ce qu’est un hackathon, c’est un hackathon dans un musée. Pour les autres, il s’agit de réunir des gens volontaires d’horizons divers (personnels de musées, programmeurs, designers, et autres…) trois jours dans un musée pour le “hacker”, pour réinventer de nouvelles façons de le visiter, de découvrir ses collections en proposant des modalités différentes, actives et participatives aux visiteurs. Le tout en tirant parti des possibilités offertes par les nouvelles technologies.

 

Concrètement les personnes volontaires se retrouvent, des équipes de gens de profils divers qui ne se connaissent pas se forment autour d’idées proposées par ceux qui les ont exposées.
Ensuite les équipes doivent affiner leur projet et en réaliser un prototype qui sera testé auprès de vrais visiteurs avant la fin des trois jours.

 


Vous trouverez ici tout ce qui concerne la deuxième édition qui a eu lieu les 19, 20 et 21 octobre au Musée Gallo Romain de Lyon.

 

Vous me direz : “Ça a l’air bien sympa tout ça mais quel rapport avec l’école ?” J’y viens…

 

J’ai fait Museomix 1, j’ai eu très envie de faire Museomix 2 et pourtant il n’y a rien à gagner, ça coûte du temps et un peu d’argent et c’est super fatiguant… Qu’est-ce qui a fait que j’étais à ce point motivée ?

 

Un défi
Museomix est intriguant, on ne comprend pas bien comment ça va se passer mais on sent tout de suite que c’est atypique et un peu fou. J’aime relever des défis et me lancer dans de nouvelles aventures. De plus, cela génère énormément de créativité, on est presque dans le “tout est possible” !

 

Une tâche complexe
À Museomix il faut travailler vite efficacement avec des gens qu’on ne connaît pas au départ mais tout aussi motivés que nous pour relever le défi. Il faut avoir une idée de départ originale, la préciser, la rendre réalisable, la concrétiser dans tous ses aspects (scénario, réalisation technique, aspects esthétiques…) tout en se calant avec les autres, tenir compte des compétences et ressources de chacun et gérer aussi sa capacité de travail, sa fatigue…

 

De nouvelles découvertes
Dans ces situations j’ai beaucoup appris, découvert des nouveaux outils, rencontré de nouvelles personnes, touché à des problématiques muséales jusque là inconnues pour moi, et mieux compris mon fonctionnement, mes besoins pour bien travailler en équipe, mes limites aussi.

 

Une expérience augmentée
J’étais cette année chargée de permettre aux internautes de pouvoir participer à distance aux projets des différentes équipes et ai pu constater à quel point une expérience IRL (In Real Life), ce qu’est fondamentalement Museomix, pouvait être augmentée par une participation à distance qui a permis aux équipes de récolter des avis, de trouver de la documentation, des ressources ou carrément de délocaliser une part du travail à effectuer.

 

Si cela est motivant pour des adultes, pourquoi ne pas en tirer des leçons pour nos élèves ? Défi, projet, tâche complexe, situation atypique, collaboration, mélange d’IRL et de Web2 : nous retrouvons bien là le travail par compétences, l’apprentissage du travail en groupe et l’utilisation du numérique, non ?

 

 

Photos Museomix 2012 par Quentin Chevrier

Mélanger ITyPA et Museomix pour apprendre ?

J’inaugure aujourd’hui une nouvelle rubrique sur ce blog “ce qui me motive”, et comme il y en a beaucoup, des choses qui me motivent, cela va peut-être m’inciter à poster plus régulièrement, on verra…
 
Vous le savez, je m’intéresse tout particulièrement aux enjeux du numérique à l’école, je milite via [email protected] et dans le cadre de mon poste actuel au Syndicat des Enseignants pour que le numérique entre largement à l’école, soit un levier pour une pédagogie plus active et contribue à former des élèves prêts à utiliser les outils actuels et ceux de demain pour apprendre.
 
Je m’intéresse également à tout ce qui est formation à distance, apprentissages en ligne (formels et informels), cela ouvre des perspectives d’accessibilité au plus grand nombre mais à quelles conditions un e-élève peut-il vraiment en profiter ? Comment en amont le système scolaire doit-il le préparer pour qu’il puisse tirer le plus grand bénéfice de tous ces espaces de savoirs et d’échanges en ligne ? Bref, quand j’ai vu passer sur Twitter l’annonce du premier MOOC (Massive Open Online Course) français et de son sujet « Internet,Tout y est Pour Apprendre » (ITyPA) je n’ai pas pu résister, en plus même Eduscol en parle !
 
Le problème c’est que la période est chargée pour moi tant au niveau du travail qu’au niveau personnel, il va donc falloir ruser pour essayer de participer à cette aventure sans que cela soit au détriment du reste…
 
Dans une semaine il y a un grand évènement pour moi, la deuxième édition de Museomix : en gros il s’agit d’un hackathon où des personnes d’horizons divers se retrouvent 3 jours dans un musée pour réinventer de nouvelles façons de le faire visiter. L’an dernier j’ai découvert Museomix comme participante, et cette année j’ai rejoint l’équipe d’organisation avec pour rôle d’organiser la participation à distance d’internautes qui ne seront pas sur place. Je devais donc ce week-end explorer un certain nombre d’outils numériques qui seront utiles dans ce cadre.
 
Alors j’ai tout simplement exploré ces outils en échangeant sur Twitter (ça je le fais souvent) tout en sollicitant tout particulièrement les autres inscrits au MOOC ITyPA. Bilan, je ne sais pas trop, je crois que j’ai mis un joyeux bazar en associant #Museomix et #ITyPA sur Twitter !
 
@squintar qui est dans l’équipe d’organisation de Museomix s’est retrouvée, à l’insu de son plein gré, inscrite sur des listes de participants à ITyPA (alors qu’elle n’y est pas inscrite), des ITyPiens ont répondu à mes recherches concernant Museomix en pensant qu’elles étaient pour ITyPA (logique en même temps !).
 
Point positif, des gens de Museomix m’ont demandé ce qu’était ITyPA et inversement, ça c’est plutôt sympa ! Mon sentiment est d’être un peu perdue, d’en avoir sûrement jeté d’autres dans la confusion, mais d’avoir globalement trouvé ce dont j’avais besoin pour préparer Museomix tout en contribuant à ITyPA…
 
Objectif atteint pour une première étape ? Et si démarrer dans le MOCC ITyPA c’était d’abord accepter d’être perdue et de ne pas tout comprendre ? On verra bien, à suivre…
 
PS : Pour s’inscrire au MOOC ITyPA c’est ici, pour suivre Museomix c’est !
 

Photo : Encres à marbrer de l’Atelier du livre de Montolieu en passant je recommande vivement ces ateliers ! (-:

QUE FONT LES ENSEIGNANTS PENDANT LES VACANCES ?

C’était le thème il y a quelques jours du ClavEd, discussion qui a lieu régulièrement entre enseignants francophones sur Twitter. La question était de déterminer quels “devoirs de vacances” accomplissent les enseignants. Il en ressort que décrocher est certes vital mais que faire un bilan, préparer la rentrée, faire ce qu’on n’a pas le temps de faire pendant le reste de l’année sont aussi présents plus ou moins en filigrane. Cela fait du bien de passer du métro au transat quand faire le vide est générateur de nouvelles idées, quand le blanc permet de distinguer à nouveaux les couleurs, quand l’absence d’urgences permet de revenir à l’essentiel…

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Photo : Fotolia © StefanieB

INNOVER, UNE ACTIVITÉ ORDINAIRE ?

De retour des journées de l’innovation à l’UNESCO, j’ai eu envie de publier ce travail réalisé l’an dernier dans le cadre du cours de Georges-Louis Baron que j’ai suivi en Master 2 sciences de l’éducation :

Introduction

Aujourd’hui des enseignants innovent notamment en utilisant les nouvelles technologies en classe. Certains font tweeter leurs élèves dès le CP, d’autres autorisent (voire incitent) des collégiens et des lycéens à utiliser en cours les ressources de leurs téléphones mobiles, des classes travaillent en réseaux à l’aide d’ordinateurs reliés entre eux et à Internet, d’autres encore s’aventurent à utiliser les réseaux sociaux pour communiquer avec leurs élèves ou investissent des mondes virtuels avec leurs étudiants. Des forums des enseignants innovants sont organisés chaque année en France, en Europe et même au niveau mondial pour faire connaître et valoriser ces innovations.

Ce phénomène n’est pas nouveau, les innovateurs ont toujours été présents dans la société en général et dans l’enseignement en particulier.

Mais qu’est-ce qu’exactement l’innovation ? Quels liens peut-il y avoir entre la recherche et l’innovation ? Qui sont les innovateurs ?  Continue reading INNOVER, UNE ACTIVITÉ ORDINAIRE ?

DANS LA PEAU D’UN ÉLÈVE…

J’ai vécu aux “Rencontres maternelle” organisées par le GFEN une expérience intéressante. Un atelier s’intitulait “lecture en polonais”, intriguée, je m’y suis inscrite.
 

Nous sommes une vingtaine, l’atelier va commencer l’animatrice annonce : “Je vais vous donner une lettre écrite en polonais, vous allez travailler dessus, et dans une heure on saura ce qu’elle raconte.” Autant vous dire que c’est un peu interloqués que nous nous sommes mis à la tâche, d’abord individuellement.

J’ai quelques vagues notions de polonais mais pas suffisamment pour que ça m’aide vraiment… une participante exprime à haute voix son inquiétude de voir tout le monde penché sur une feuille à laquelle elle a le sentiment d’être la seule à ne rien comprendre, l’animatrice la rassure, c’est normal, on va bientôt travailler en petits groupes et ça va être plus facile.

 
En effet, les groupes se forment et ça argumente sec :
– “Il y a plusieurs signatures enfantines.”
– “Le mot “zoo” est reconnaissable.”
– “C’est sûrement de la correspondance scolaire.”
– “La date ?”
– “Probablement mai ou juin, en Pologne il fait froid et on ne sort pas avec une classe au zoo en hiver.”
 
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LE MYSTÈRE DU CALENDRIER DU DRAGON

Cette situation est née dans le cadre de Museomix auquel j’ai eu la chance de participer. Mon équipe a à cette occasion créé un parcours à la recherche des dragons dans le musée des Arts Décoratifs pour les enfants.

 
Vous trouverez sur ce site le descriptif de ce travail. En voyant cette œuvre, je n’ai pas pu m’empêcher de la transformer en situation problème !
 
La description donnée par le musée est la suivante :
Cadre en bronze en forme de fenêtre gothique à double ogive, terminés à la partie supérieure par un galbe muni d’un anneau entre deux pinacles et à la partie inférieure par un cul de lampe orné de deux dragons ; contient un calendrier mensuel. France 1835/1850.
 
 
 
Etape 1 : découverte, observation

  • De quoi s’agit-il ?
  • Quel mois est représenté à votre avis ? Justifiez.


 
Etape 2 : lancement de la situation problème complexe 

  • Maintenant que nous savons qu’il s’agit du mois de décembre, comment pourrait-on faire pour savoir de quelle année précisément ?
  • Une fois que les élèves ont déterminé qu’il faut prendre un repère associant une date et un jour (exemple le 25 décembre de cette année là était un mercredi), chercher avec eux de quoi on aurait besoin, quel outil utiliser (vieux calendriers datés ou calendrier perpétuel en ligne de ce type ou donner le calendrier de 1935 reconstitué à l’aide du site et leur demander de déduire) 1839, 1844 et 1850 sont 3 années possibles dans l’intervalle donné dans la description de l’œuvre.

 

Etape 3 : prolongements possible

  • Voir ce qu’il se passe les années bissextiles.
  • Comment reconnaît-on une année bissextile ?


Rechercher l’information :

Depuis l’instauration du calendrier grégorien à la fin du XVIème siècle, sont bissextiles les années :

  • soit divisibles par 4 mais non divisibles par 100
  • soit divisibles par 400 Travail sur les critères de divisibilité par 4, et les autres…

 
des-tâches-complexes-pour-apprendreVous trouverez dans le numéro des Cahiers Pédagogiques 510 sur les tâches complexes, un article écrit avec Aurélie Pasquier sur une mise en oeuvre concrète de cette situation. Une de ses élèves de CM a trouvé un moyen de déterminer une seule année possible en utilisant un indice qui m’avait échappé (et à sa maîtresse aussi !)…

LA CLASSE OÙ JE ME SUIS ENNUYÉE…

Il y a quelques semaines, je suis allée passer deux jours dans une classe coopérative multi-âges dans les Corbières. Aller dans les classes j’en ai l’habitude, je suis maître E en RASED et suis amenée régulièrement à aller observer ou aider des élèves dans leur classe… Mais là j’avoue avoir été très étonnée !

Stéphanie Fontdecaba la maîtresse m’avait dit : “Tu verras c’est un joyeux bazar…”, avec 27 élèves allant du CE1 au CM2 je l’ai volontiers crue, et bien… pas du tout. Les élèves circulent certes, mais malgré l’encombrement de la salle cela se passe sans dommage ; ils parlent un peu certes, mais plutôt moins bruyamment que ce dont j’ai l’habitude et davantage au sujet du travail en cours ; il ne font pas tous la même chose en même temps certes, mais cela ne génère pas de désordre et chacun semble au clair avec ce qu’il a à faire ; parfois il y en a qui ne font rien certes, mais ils ne gênent pas les autres, soufflent, et reprennent d’eux-mêmes leur activité au bout d’un moment…

Deuxième surprise, je me suis ennuyée… si, si, je vous assure ! D’habitude, quand je suis dans une classe j’ai toujours quelque chose à faire : aider un élève, redire la consigne, corriger un travail, ramener un élève au calme, chercher un stylo égaré… Là, pratiquement rien à faire, ces élèves gèrent étonnement bien leur travail et leurs affaires et n’ont que rarement recours à la maîtresse. Ceci dit, heureusement, car comme me l’a dit Stéphanie : “Si je ne faisais pas faire mon boulot par les élèves je n’arrêterais pas !”. Donc ils ont l’habitude de s’entraider, savent utiliser les fichiers, s’auto-corriger, s’occuper quand ils ont fini, s’interroger les uns les autres sur leurs mots à apprendre ou leur calcul mental… (Bon en vrai je ne me suis pas vraiment ennuyée hein, il y avait beaucoup de choses très intéressantes à observer !)

À ce propos, autre bizarrerie, je pensais que dans ce type de classe c’étaient “les grands” qui coachaient “les petits” et bien pas du tout ! J’ai vu des CE1 dicter à des CM2 les mots qu’ils avaient à apprendre ou leurs tables de multiplication, en fait aucun problème du moment qu’ils sont à l’aise pour lire les cahiers correspondants, il suffisait d’y penser !

Enfin ma haute compétence professionnelle qui fait que je repère très facilement dans une classe les élèves en difficulté en a pris un coup ! En effet, il m’a bien fallu les deux jours et un peu d’aide de Stéphanie pour les débusquer… Avec cette organisation les élèves qui ont des difficultés ne se voient pas ; comme chacun travaille à son rythme et que les activités de groupe permettent à chacun, quels que soient son âge et son niveau, de trouver sa place et bien leurs difficultés sont invisibles pour le visiteur, et aussi pour les autres élèves de la classe, ce qui est fort intéressant pour préserver une bonne estime de soi.

Alors, un miracle cette classe ? Non bien sûr… J’ai vu une séance d’atelier philo partir en vrille alors que celle de la semaine précédente avait été très réussie ; j’ai vu à quel prix au niveau organisation, préparation et réflexion (avec un groupe ICEM) tout semblait “marcher tout seul” ; Stéphanie m’a aussi expliqué que ce type de fonctionnement très démocratique ne convenait pas à tous les parents ; mais j’ai surtout vu des élèves sereins, avec des compétences bien installées. Que demander de plus ?