Sherlock Holmes : du mythe au film
Le célèbre détective, accompagné de son fidèle Watson, est né de l’imagination de Arthur Conan Doyle ; ou plus exactement de sa rencontre avec le docteur Bell, professeur de chirurgie clinique alors qu’Arthur était étudiant à l’université d’Edimbourg. Quel homme était-il ? le Sherlock de Guy Ritchie est-si loin de la légende ?
LE HEROS LITTERAIRE
Pas d’enfance ou de paternité évoquées dans les livres mais c’est à l’université qu’il affine sa méthode d’observation et de déduction. A 24 ans, il commence ses enquêtes et pendant de longues années, il s’attellera au démantèlement de l’organisation criminelle du professeur Moriarty. On dénombre pas moins de 500 affaires importantes et un millier d’enquêtes tout au long de sa carrière même si son “père” a voulu le faire mourir, lassé d’écrire des intrigues policières. Mais le succès du héros est tel que, dix ans plus tard, Sherlock Holmes renaît à la vie.
Cet homme mince, de grande taille, au visage étroit, est connu pour porter des manteaux de tweed ou des robes de chambre gris souris dans l’intimité, et surtout, il fume le cigare et la pipe. Il n’est pas enclin à l’effort physique mais pour être efficace dans son travail, il pratique le baritsu (un art martial inventé par Doyle dans une des dernières aventure de Holmes). Très impliqué dans ses enquêtes, il peut faire preuve d’une certaine oisiveté quand rien ne l’oblige à bouger. C’est dans ces moments-là qu’il s’adonne à la drogue. La nature froide et insensible l’éloigne des femmes … et des détectives officiels pour lesquels il éprouve une certaine condescendance, car ses dons et son expérience sortent de l’ordinaire. L’art en général, et la musique tout particulièrement, le laissent rêveur ; il joue du violon avec un certain talent.
On a souvent représenté le fameux détective, furetant, la loupe à la main, coiffé de son inévitable casquette à carreaux. Il possède un raisonnement logique, rationnel qui ne laisse pas de place à l’intuition. Son co-locataire Watson devient son biographe et ce dernier concourt à sa renommée en exploitant le côté sensationnel des enquêtes.
DU LIVRE AU FILM
Les aventures de Sherlock Holmes ont été portées à l’écran plus de 200 fois et nous ont habitué au portrait d’un détective flegmatique, analyste et infaillible. Depuis sa première apparition dans un film muet en 1900, elles ont fait l’objet d’adaptations à la radio, à la télévision, au cinéma et même en bande dessinée. La dernière version date de 1989, orchestrée par le réalisateur Billy Wilder ; l’atmosphère victorienne y était recrée et les dialogues brillants offraient une variation originale sur Holmes et Watson.
Aujourd’hui, la sortie du film de Guy Ritchie, fait débat. Version totalement dépoussiérée de la légende holmésienne, ce film, boosté aux effets spéciaux, propose deux heures d’action, menées tambour battant, dans un Londres du 19ème siècle, reconstitué comme jamais. Scotland Yard laisse la vedette au célèbre détective pour une saga qui mêle enquête criminelle et magie noire. Redondant pour certains, dynamique pour d’autres, il présente un héros débarrassé des stéréotypes et assez proche du héros de papier et le Docteur Watson tient une autre place que celle incarnée par Basil Rathborne, surtout joué par Jude Law, auquel Sherlock n’adressera jamais la phrase de légende “Elémentaire, mon cher Watson !”.
Finalement, adapter un livre au cinéma ne se limite pas à une transposition visuelle mais cela exige la construction d’une seconde oeuvre, d’inspiration libre mais respectueuse de l’original, le rendant unique et inoubliable à son tour. Sherlock Holmes, version 2010, comme d’autres héros, aura ses fans et ses détracteurs, la littérature et le cinéma s’enrichissant de leur réflexion en miroir.
Publié le 9 février 2010 par emartin dans A voir et à entendre, Lecture
Tags :: adaptation littéraire, cinéma, mythe, Sherlock Holmes







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