Angélique boxe

25 03 2008

angelique.jpgQuelle héroïne étonnante, cette Angélique ! D’abord la couverture du roman : une jeune fille sur un ring contraste avec la typo rose du titre, mais rien à voir avec une romance de la littérature jeunesse ! Et puis les premières lignes vous assènent un direct en plein coeur : « Angélique boxe, boxe, le sac accuse les coups, se balance. La vie ne vaut pas plus… Ce sac fendillé qui s’écarte si peu de son axe, Angélique voudrait l’éclater, l’éventrer, le vider de tout son sable qui amortit et qui étouffe… »

Cette petite fille-là, engluée dans sa banlieue du Nord de la France, a la rage de vivre. Inscrite au club de boxe, après un coma provoqué par une bagarre, elle se défoule désormais sur le sac qui se balance plutôt que sur la cour de récré. La violence dehors (coups, chantage, menaces…), c’est aussi sa violence dedans contre la vie trop rangée de ses parents smicards, puis contre la maladie de sa mère, inéluctable, et le chagrin de son père, incommensurable.
C’est un portrait sans concession que Richard Couaillet nous présente sous la forme alternée d’un journal et d’une narration. Angélique sera plus forte que tous les coups bas qui pleuvent sur sa vie. Inclassable et incassable, elle force notre admiration jusqu’au dénouement : un destin qui ne doit rien à la fatalité !
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Un roman à rapprocher de « Pas demain la veille » de Christophe Léon qui nous offrait le portrait d’une petite fille, Loulou-Antoine : de l’énergie à revendre, une lucidité à tout épreuve pour vaincre la maladie sans se laisser émouvoir par la compassion ou la mièvrerie. Décidément, la frontière est mince entre la littérature jeunesse et la littérature adulte. A conseiller donc, aux jeunes et moins jeunes !