Guignol : autoportrait

10 04 2008

guignol.jpg

Bonjour les petits enfants !! Eh ! oui, j’ai déjà 200 ans et ma bonne ville de Lyon a décidé de me fêter en cette année 2008 : une rencontre avec des troupes venues de toute la France au Parc de la Tête d’Or, un atelier de marionnettes dans le centre ville et une exposition consacrée également aux marionnettistes. Allez, je vous rafraîchis la mémoire !

PORTRAIT

Vous n’allez pas le croire, je dois ma naissance aux extractions dentaires. canuts.jpg
Mon père, Laurent Mourguet (1769-1844), canut (ouvrier de la soie) au chômage, s’est improvisé arracheur de dents et pour détourner les clients de la peur des tenailles, a d’abord créé Polichinelle puis Gnafron et je suis né 4 ans plus tard, le portrait de mon père tout craché !


guignolbis.jpg
Je suis sûr que vous connaissez ma bouille ronde, mes pommettes saillantes, mon regard malicieux surmonté de sourcils arqués. Mon costume est celui des canuts de l’époque : ma natte, appellée « salsifi » -les cheveux étaient retenus pour éviter qu’ils ne se prennent dans les fils des métiers à tisser-, le tricorne et le noeud papillon.

Mon père, derrière son castelet (équipement qui sert à cacher letheatreguignjpg.jpg marionnettiste et ses accessoires), m’a donné, à travers ses improvisations, une verve satirique, maniant le parler local argotique, destiné à un public adulte. Volontiers frondeur, porté sur la bouteille et les plaisirs de la vie, je suis prodigue en coups de bâtons sur tout ce qui représente le pouvoir et notamment la maréchaussée !

AU THEATRE

theatreapplau.gifJe personnifie l’esprit lyonnais, à la fois narquois et persifleur, mais toujours plein de bon sens. Mon langage est unique : j’invente des mots nouveaux, je jongle avec l’argot (fenotte : femme, bagafler : parler, trabouler : voyager…), je ris de mes propres défauts et j’utilise ceux des autres. Mes distorsions de langage accentuent l’effet comique des dialogues ; je joue avec le subjonctif !

Mon créateur transforme mes « apparitions » sur scène au gré de ses humeurs et des faits d’actualité. Le gendarme Flageolet est ma principale victime. je suis entouré de ma femme Madelon, de Gnafron et de sa femme Toinon, de Cassandre... Notre théâtre a, de tous temps, décrié l’injustice et les abus de pouvoir, pris parti pour le peuple et les ouvriers contre les propriétaires et les autorités en général.

AUJOURD’HUI

J’ai survécu grâce aux « guignolistes » qui m’ont empêché de sombrer dans le folklore et dans l’oubli. Notre répertoire est passé des cafés enfumés de Lyon aux jardins parisiens, devant des parterres d’enfants. Nous avons tout connu : des enrichissements, des parodies d’opéra et même la censure ! Mais je garde mon âme de gone (gamin), je reste l’ami des humbles.

Désormais, ma descendance, faite de latex, se répand tous les soirs en sketches satiriques sur vos lucarnes cathodiques, brocardant les responsables politiques ou les personnalités du spectacle et du sport

Marionnettes d’hier et d’aujourd’hui, même combat !

Sources

  • La compagnie des Zonzons
  • La société des Amis de Lyon et de Guignol

Sites

  • amisdeguignol.free.fr
  • www.pointsdactu.org
  • www.museegadagne.com