Thomas Dutronc et les esprits manouches

13 10 2008

En concert à Laval samedi dernier, Thomas Dutronc a donné la pleine mesure de son talent de guitariste. Accompagné de quatre musiciens sur scène, il oublie sa filiation pour livrer toute l’authenticité du jazz manouche, à l’instar de son idole, Django Reinhardt. Comment est-il devenu artiste à part entière, en s’écartant des codes de la chanson française ?

FILS DE DJANGO

Un copain, fou de jazz l’a initié à la guitare manouche mais c’est en découvrant Django que le déclic s’est produit : « un génie qui invente tout dans une liberté rythmique totale ». Ce dernier a, en effet, introduit le jazz dans la culture manouche. Guitare acoustique, violon et contrebasse, accompagnés parfois d’accordéon et de clarinette, sont les instruments couramment utilisés dans la musique tzigane et Django, après un voyage aux Etats-Unis, a mélangé le style manouche avec le be-bop. Il éblouira les scènes européennes de sa virtuosité hors normes.

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VIRTUOSE DE LA GUITARE

Pour atteindre le niveau de ces musiciens, Thomas Dutronc a travaillé de longues années. A 27 ans, il gagne le respect de ses pairs en accompagnant Biréli Lagrène pendant un an. Il a eu l’occasion de travailler également pour Henri Salvador et Jacno et sur des musiques de film. Il a participé avec son ami Mathieu Chedid à la bande originale du dessin animé Les triplettes de Belleville. Il a choisi de mettre un coup de projecteur sur cette musique intemporelle qu’est le jazz manouche.

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L’ALBUM DE LA MATURITE

A 34 ans, Thomas Dutronc entame sa carrière de chanteur. Il n’avait plus envie de jouer pour quelques initiés : il a fini par écrire des chansons. Son premier album est sorti en 2007 et le spectacle conçu autour de « Comme un manouche sans guitare » est un voyage musical au répertoire éclectique. M. Chedid, metteur en scène, y a mêlé vidéos, jeux de lumière et mélodies latines, tziganes ou funk. Thomas Dutronc est accompagné d’un batteur, de deux guitaristes, tous trois excellents, et d’un violoniste époustouflant : Pierre Blanchard.

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Si vous avez l’occasion de croiser la route de ces amoureux du jazz, vous serez sans doute conquis comme le public lavallois qui a multiplié les rappels pour ne pas rompre le charme !

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Vacances en enfer

10 10 2008

Passer Noël en Irak, trinquer à Beyrouth ou se balader en Afghanistan, mais oui c’est possible ; des agences de voyage anglaises ou françaises proposent ces programmes insolites à des voyageurs blasés, « accros d’adrénaline ». Atypique ou choquant ?

DARK TOURISM

« Ou l’attrait des choses sombres » n’est pas nouveau. En 1979, l’hôtel Sumerland a été conçu pour des vacances de luxe à l’intérieur d’une zone de guerre. Et les sites de  guerre -plages du débarquement en Normandie-, les lieux historiques -circuit de Dallas, en mémoire du président JFK assassiné-, faisaient déjà partie du phénomène.
Aujourd’hui ce tourisme de l’extrême se répand « comme une traînée de poudre »  pour satisfaire les amateurs de sensations fortes. Après les fanatiques d’archéologie se rendant en Irak, une autre race de touristes apparaît.

DESTINATION CHAOS

Ces  grands enfants ne sont pas à l’affût des minarets en spirale ou du roi légendaire de Babylone, mais plutôt de chars d’assaut à photographier ou de coups de fusil et d’explosions à filmer : l’attrait du chaos ! Le « war tourist » recherche une aventure palpitante après avoir épuisé les destinations banales mais le vrai casse-cou parcourt les zones de guerre en solo, comme ce jeune étudiant américain, qui voulait traverser la frontière turque vers l’Irak avec l’aide de rebelles kurdes du PKK.

Photo de Babel TravelA tel point que les guides de survie se multiplient. Exemple : le best-seller « the world’s Most Dangerous Places » de Robert Pelton qui explique, entre autres, comment éviter les prises d’ôtages ou s’extirper d’un coup d’état, recense les adresses utiles et les numéros d’ambassades (comme vous le savez, à l’ère des nouvelles technologies, il suffit de faire le 118 pour vous tirer d’un mauvais pas !!).
Une forme de tourisme à réserver aux voyageurs bien aguerris car les voyagistes, compte tenu de la demande, n’hésiteront pas à multiplier les destinations « à potentiel ».

Alors si vous vous sentez l’âme d’un baroudeur et si vous voulez raconter vos aventures à une kyrielle de petits-enfants ébahis, GET DANGEROUS BUT STAY SAFE !

SOURCES

Lennon, J. et Foley, M. 2000, Dark tourism, London : Continuum, 256 p.

KAELBER, Lutz, 2007, “A Memorial as Virtual Traumascape : Darkest Tourism in 3D and Cyber-Space to the Gas Chambers of Auschwitz.” e-Review of Tourism Research. Vol 5, n°2, p 24-33.

HACHEY, Isabelle, 2004, « Tourisme de guerre, vacances en enfer », Cyberpress.ca.

Centre de la mémoire d’Oradour-sur-Glane, village martyr. www.oradour.org.



Leçon d’histoire

1 10 2008

Ou comment intéresser la jeune génération aux événements ou faits marquants qui ont jalonné le siècle passé ?
Alex Rudolph, étudiant allemand en « media design » a utilisé ce qu’il sait manier, l’outil graphique et informatique pour le conjuguer avec une carte par ci, quelques photos ou frises chronologiques par là et révéler, en quelques minutes, l’histoire du conflit israélo-palestinien. Trois mois et 1/2 lui ont été nécessaires pour réaliser ce projet : écrire le scénario et préparer les animations graphiques. « One of my goals is to show that education and learning may also have a cool look » (Un de mes buts est de montrer que l’éducation et l’apprentissage peuvent aussi avoir un aspect branché).
Pari réussi, car le produit réalisé est aussi pertinent sur le plan pédagogique que sur le plan graphique.
Vidéo en allemand, sous-titrée en anglais ! : … un exemple d’interdisciplinarité, cours d’histoire, de langues et d’art (à visionner plusieurs fois !)
Merci et bravo, Alex