Bumcello, totale impro

30 01 2009

Bumcello, c’est un duo électrique et éclectique, un groupe inclassable d’improvisateurs sorciers qui mêlent sons d’ici et d’ailleurs. Ils laissent libre cours à leur tempérament touche-à-tout pour exploser sur scène, leur terrain d’action privilégié. Bum c’est le batteur, Cyril  Atef et Cello, Vincent Segal, le violoncelliste.

UN DUO HETEROCLITE

Cyril, franco-iranien, apprend les percussions à Los Angeles depuis l’âge de 10 ans. Vincent, lui, naît à Reims. Il obtient un premier prix de conservatoire à Lyon mais sa bourse d’étude le conduit, loin du classique, avec son violoncelle au Canada, puis aux Etats-Unis. Ce sont donc deux univers variés qui se rencontrent à Paris. Après un premier album en 1999, ils nous offrent Nude for love en 2002.

Ces deux alchimistes dessinent des inédits sonores, marient pop et rock, boléro et raga ou world et rap. Leur créativité débordante s’amuse à intégrer des musiques africaines, indiennes ou brésiliennes, le hip-hop ou le classique ;  mais leur tempérament ne s’arrange jamais d’une version figée. Ils donnent de la voix aussi et « l’animal sophistiqué » qui est en eux fait de chaque concert une joute musicale unique, mettant en évidence leur incomparable talent de multi-instrumentistes.

METISSAGE DE SONS

Pop, chant malien, rythmique réunionnaise, musique de chambre s’harmonisent et se complètent au-delà de tout calcul commercial. Seule compte « une musique ouverte où tout se crée et se transforme à la fois ».

Pour Lychee Queen, leur dernier album sorti en 2008, le cocktail, tout aussi détonant mais à la structure plus sage, retranscrit leur capacité à colorer un ensemble cohérent de petites touches sonores ou vocales, ceci en trois jours de studio. On retrouve ainsi, la trompette d’Ibrahim Maalouf, la flûte de Magik Malik (et sa voix dans Eurostar), la voix de Chocolate Genius, la basse de Mama Ohandja, tous deux africains et le mixage de l’américain Tommy Jordan ; musiciens de tous horizons pour un festin mélodique, « melting-potes » d’un opus ethnique et bigarré qui réunit les hommes et les instruments.

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Le virtuose Vincent et l’excentrique Cyril affichent déjà 6 albums et une victoire de la musique, tout en ayant accompagné Matthieu Chedid dans ses tournées. Les découvrir sur scène n’est pas un vain mot, tant ils s’abandonnent à la joie simple de jouer sans contraintes. Prochains concerts

Les sites qui parlent de Bumcello :



Décor à corps

19 01 2009

Tatouage, piercing : un dessin sur le corps, un objet dans la chair, « un moyen de prendre possession du corps légué par nos parents » selon le sociologue David Lebreton ». L’effet mode a été précédé, dans l’histoire, par des pratiques qui servaient à identifier le statut ou le rang, l’appartenance à un groupe.

HISTOIRE : SEDUCTION OU PUNITION

En dehors de cet exemple du corps momifié d’un chasseur néolithique, découvert dans les Alpes Italiennes, le premier tatouage décoratif, à but sacré ou religieux, a été découvert en Egypte vers 2200 avant J. Ch. Les peuples primitifs de Polynésie (Iles Marquises, Nouvelle-Zélande),  eux aussi, l’utilisaient pour marquer l’appartenance à un rang social élevé, selon la disposition du tatouage sur le corps.

Dans ces cultures, la pratique du tatouage est souvent un rite imposé par la tribu, lié à un événement familial  : baptême, mariage… C’est aussi un élément de séduction.

  • - chez les Maoris, celui qui refusait de s’y soumettre, était considéré comme efféminé, indigne d’appartenir à la  communauté.
  • - En Afrique du Nord, le tatouage est autant décoratif que médical mais en Afrique noire, il est essentiellement tribal et pratiqué par scarification. Il est sensé fortifier la personnalité et augmenter les forces vitales.
  • - En Asie, au Japon, le tatouage était assimilé aux mauvaises moeurs : marquer à vie les criminels ou les prostituées. En Chine, également, il est une sanction au même titre que la castration, la mort ou l’amputation.

Plus récemment, les Yakusas (mafia très importante au Japon) avaient obligation de se faire tatouer, pour devenir membres à part entière. Ce sont souvent de véritables oeuvres d’art qui peuvent recouvrir tout le corps.

On ne peut omettre, plus près de nous, l’immatriculation des juifs dans les camps de concentration. Primo Levi l’a décrit ainsi dans les Naufragés et les Rescapés :

« L’opération n’était pas douloureuse et ne durait pas plus d’une minute, mais elle était traumatisante. Sa  signification symbolique était évidente pour tous : c’est un signe indélébile, vous ne sortirez plus d’ici ; c’est la marque qu’on imprime sur les esclaves et les bestiaux destinés à l’abattoir, et c’est ce que vous êtes devenus. Vous n’avez plus de nom : ceci est votre nouveau nom. »

Partout où il s’est manifesté, le tatouage a contribué à marginaliser ses adeptes, à sa manière : distinguer les classes sociales, marquer le passage d’un état à un autre, identifier les esclaves ou les criminels.

TATOUAGE : TENDANCE OU AFFIRMATION DE  SOI

On ne peut nier que, jusqu’à la moitié du 20e siècle, ces « rites » primitifs étaient plutôt un signe de « retard » des peuples colonisés et incarnaient l’opposé du corps idéal occidentalisé. Alors peut-on parler de tribalisation du corps occidental ?

Les motifs ornementaux qui s’exhibent aujourd’hui sur les corps, ne puisent pas leurs sources dans des rites inconnus de ceux qui s’y adonnent. Ils résultent plutôt d’un choix volontaire et conscient qui traduit un désir de combattre la banalité de l’apparence, contester les normes établies et donc, afficher son corps comme un espace de liberté individuelle. Après un détour  par les palais royaux et les sunlights du show-biz, il s’inscrit en tous cas aux antipodes de la normalité que banalise la chirurgie esthétique.

Ces modifications corporelles s’inscrivent, plus généralement, dans l’appartenance à une culture. Le modèle du corps civilisé n’est pas figé mais s’affirme au contraire dans des représentations dynamiques, plurielles qui s’éloignent du stéréotype occidental.

Ressources :



Lenôtre, maître es-sens

12 01 2009

Fils de cuisiniers normands, Gaston Lenôtre a fait son apprentissage à Pont-Audemer avant d’ouvrir sa première boutique à Paris en 1957. Son talent de créateur et son audace lui permettront de devenir premier traiteur de France, restaurateur étoilé et directeur d’une école de formation. Un parcours au goût de réussite pour un homme exigeant.

LE TALENT AU SERVICE DE LA GOURMANDISE

Lenôtre, c’est avant tout celui qui arompu les codes traditionnels de la pâtisserie, avec une main plus légère en sucre, des alliances de parfums nouvelles et une devise sur laquelle il fonde son métier : le poids, les mesures, la rigueur. Ses élèves en savent quelque chose : en cas de laisser-aller, l’épluchage des amandes est, paraît-il, la corvée la plus redoutable. Le chef a ainsi conçu « Succès », à base de pâte de macaron et de crème de nougatine et « Opéra » aux parfums de chocolat et café.

UN TRAITEUR NOMME PLAISIR

Gaston Lenôtre innove, en 1960, en créant l’activité de traiteur ; et les 500 professionnels qui oeuvrent dans les laboratoires (du boulanger au charcutier) doivent se plier aux consignes : peser, goûter, vérifier. Car, pour transposer les recettes en grande quantité, il ne suffit pas de multiplier les proportions.

Et la présentation, souci de tous les instants, doit « faire envie aux yeux ». Même l’odorat est titillé lorsqu’il imagine un système d’aération depuis sa boutique d’Auteuil, pour diffuser les effluves de nougatine et de tarte aux pommes jusque sur le trottoir !

Les grands couturiers se feront stylistes culinaires pour la bûche de fin d’année ou le gâteau de la Saint-Valentin : Christian Lacroix, Yves Saint-Laurent et dernièrement Karl Lagerfeld se sont prêtés au jeu.

DE L’AUDACE, TOUJOURS DE L’AUDACE

La signature de Lenôtre, lors d’événements ou de réceptions, témoignent de son goût pour les défis :

  • - nourrir 800 000 personnes lors de la coupe du monde de football en 1998,
  • - élaborer un pommier en sucre de 3m de haut, garni de 80 pommes éclairées de l’intérieur, pour l’anniversaire d’un ami,
  • - ou cette pièce montée ornée de 3000 roses en sucre, composée pour le mariage d’une princesse.

En 2000, pour ses 80 ans, ses équipes lui avaient imaginé un énorme gâteau, dressé au milieu du champ de Mars, culminant à 8 m. Enfin, en 2001, la marque se lance dans une nouvelle prouesse : les « macarrés », coup de marketing stimulé par son audace.

Depuis plus de 50 ans, Lenôtre rayonnait dans le monde entier sous la forme de boutiques franchisées, de l’Europe au Japon, en passant par la Thaïlande ou le Qatar. Ses élèves, formés à la tradition de la cuisine française, mais en perpétuel renouvellement, dans l’école créée en 1971, se chargeront de transmettre ce lourd et bel héritage.

Sources :

Le site de Lenôtre

Le site de Pierre Hermé, chocolatier

Fiches métiers



Peace and lobe

7 01 2009

L’équipe de Peace and Lobe, composée de techniciens et de musiciens, tourne depuis plusieurs années, dans les salles de musiques actuelles de la région, pour prévenir les risques auditifs liés aux musiques amplifiées.

UNE ANIMATION

Ces animations pédagogiques, développées par le « Confort Moderne » (Poitiers) et l’ADEME-FLORIDA (Agen), ont pour vocation de faire prendre conscience aux jeunes des risques auditifs liés à leurs pratiques musicales amplifiées et de les aider à gérer ces différentes pratiques (baladeurs, concerts, boîtes de nuit…). Peace and Lobe est un concept de l’Education au sonore, qui a reçu le Décibel d’or en 2000, remis par le Conseil National du Bruit.

UN CONCEPT

L’originalité de ce concept réside dans sa forme puisqu’il réunit sur scène un groupe de musiciens et de techniciens, qui, au travers d’un spectacle interactif, informent sur :

  • -l’historique des styles musicaux et de la technique de la reproduction (disque, CD, MP3), de diffusion et de sonorisation,
  • -le son et les pratiques amplifiées. Fréquences, volume et décibels, timbre, orchestration et traitements sonores,
  • -le travail du son sur scène : répétition « balance » par le groupe et explication,
  • -l’oreille et les traumatismes : surdités transitoires, surdité définitive, fatigue auditive…
  • -une meilleure gestion sonore : exposition, protection, dépistage, consultation, législation.

Cette troupe a officié au 6×4 (salle de musiques actuelles de Laval) en novembre dernier devant 300 lycéens. L’opération sera renouvelée au printemps et à l’automne 2009. Ce type de message est bien plus pertinent pour une population très jeune, qu’une conférence-débat sur le sujet.

A terme, l’objectif est de réduire les traumatismes sonores et irréversibles. La mise à disposition d’outils pédagogiques permet d’approfondir les éléments abordés, notamment avec les enseignants sur temps scolaire (ou hors). La mesure la plus élémentaire, outre les mesures juridiques qui limitent les décibels (95 pour les baladeurs, 105 pour les discothèques ou salles de concert) reste la paire de bouchons d’oreille, bouchons qui sont d’ailleurs distribués à l’issue de ce concert pédagogique.

http://www.dailymotion.com/videox63f7r

Sources :