Venise masquée

5 03 2009

C’est l’une des plus importantes fêtes vénitiennes qui se déroule chaque année en février. Le carnaval de Venise est un événement particulier qui conjugue raffinement et beauté, et débute comme chaque année, par le vol de l’ange au campanile (cérémonie d’ouverture du carnaval).

L’HISTOIRE

Dès le Xème siècle, le peuple profitait des derniers jours précédents le Carême pour se divertir avant une longue période d’abstinence. Il savourait les plaisirs et les joies de la vie. En 1094, le carnaval était mentionné dans une charte du doge Faliero.
Les nobles pouvaient alors fraterniser avec le peuple sous des déguisements et sous des masques qui effacent les barrières sociales. La période du carnaval ouvre la saison des opéras et des comédies. Le tout Venise attend les nouveautés avec impatience. Les belles dames aiment se rendre à l’opéra où leurs toilettes,  resplendissent sous les lumières des grands lustres.
Mais le roi de la fête est sans conteste, le Masque. Les personnages de la comédie italienne offrent des trésors de caractères pour des déguisements plus beaux les uns que les autres : Arlequin, Polichinelle, Brighella, Scaramouche, Colombine et Pierrot.
LES MASQUES TRADITIONNELS
Le masque le plus célèbre est la Bauta qui désignait au départ un capuchon de soie noire, accompagné d’un mantelet de dentelle que l’on coiffait d’un tricorne et que l’on portait avec un masque blanc la Larva ou Volto. Hommes, femmes, nobles et bourgeois arpentaient Venise en Bauta. Le Tabarro une large cape complétait le costume et garantissait l’anonymat total. A part la Bauta, les femmes portaient un petit masque noir ovale, la Moretta.
Au XVIIIe siècle le Grand Conseil avait même obligé les femmes de la noblesse à fréquenter les théâtres et les cafés masquées pour préserver leur réputation et celle de leurs maris.
Bauta et Moretta n’étaient pas obligatoirement portés lors du carnaval, mais pour passer incognito. Par contre, pendant le carnaval, d’autres masques furent portés comme celui du médecin de la peste. Avec son long bec d’oiseau de proie, autrefois empli d’herbes aromatiques, ses lunettes et son chapeau à large bord, il évoquait à la foule que l’homme est bien peu de choses…

Au XVIIIe siècle  les fêtes vénitiennes étaient célèbres dans toute l’Europe. Les carnavals prirent fin lors de l’arrivée des troupes napoléoniennes à Venise le 16 mai 1797.
Afficher l'image en taille réelleAprès deux siècles d’interruption, un petit carnaval recommence en 1979. En 1980, la Biennale de Venise et le metteur en scène Maurizio Scaparro organisent du 13 au 24 février un festival de théâtre. Ce mélange de théâtre et de carnaval fascina les Vénitiens et se développa progressivement en attirant de nombreux touristes.
LA FABRICATION
Le moule du masque de Carnaval
Après avoir moulé en plâtre le modèle sculpté, généralement dans de l’argile, on remplit ce moule de deux ou trois couches de papier mâché (mélange d’enduit et de colle). Une fois sec, on peut démouler. Ne reste qu’à le peindre. En fait, ils sont fignolés pendant des heures, poncés, vieillis, puis vient l’heure de la décoration : aux motifs peints à la main, peuvent s’ajouter des paillettes, des plumes, des strass, de la dentelle, des entourages en orme de lunes ou de soleils. Certains atteignent des sommes vertigineuses (1000, 2000 €, voire plus) et deviennent alors des objets décoratifs.
S’il n’a plus le même lustre qu’autrefois, le carnaval laisse place à l’improvisation et à la surprise des rencontres. Liberté et anonymat garantis par le masque, plaisir artistique et cosmopolitisme incroyable continuent de rendre le carnaval vénitien unique.
Vous en saurez plus en vous rendant ici et pour la magie, voici un aperçu du carnaval 2009 :