LEB, les couleurs de la poésie

23 10 2009

leb1Depuis 6 ans, l’artiste mayennais était allé voir plus loin que son vert département. Il est revenu avec un style qui s’est affirmé et se répand dans une explosion de couleurs, d’humour et de chants d’oiseaux.

On a plaisir, une fois poussée la porte de la chapelle des Calvairiennes, à se retrouver dans un monde vibrant où le rouge le dispute au jaune ou au bleu. La faune mais aussi les étoiles, la lune colorent ou animent ces 75 oeuvres. Un univers fantasque et exubérant que cet autodidacte révèle au grand jour par la variété et le souci du détail.

LEB se définit avant tout comme un coloriste. Les formats sont de taille car il aime les grands espaces. Et dans cet univers, il insère des éléments : une mèche de cheveux personnelle comme moustache de Dali, des morceaux de dentelles au fenêtres, un soleil enrelief sur une toile ; monde de rêve et de poésie chatoyant, mais pas si éloigné de la vraie vie. Il aime Miro, Dali mais aussi Prévert.

 Quelquefois absurde, caricaturale ou contestataire -il dénonce parfois les injustices- la peinture de LEB veut passer un message, imprimer les esprits, secouer les consciences. Gouache, acrylique, moulages de plâtre ou de terre cuite sont les instruments qui servent à construire une toile ou une sculpture autour d’un symbole. Tout est le reflet d’une capacité à s’émerveiller, s’étonner, s’amuser : le  banal devient insolite, le réel transcendé.

« Comment faites-vous pour faire briller le soleil ? » demande un enfant… C’est le talent d’un peintre autodidacte à la limite du surréalisme et du naïf.

  Présente jusqu’au 25 octobre, l’exposition peut ravir vos yeux sinon, faites un détour ici.

leb5

 

leb2

  leb3

   leb4



Des apprentis artistes

19 10 2009

chaudronnerie1lightOu comment façonner des  sculptures en préparant un B.E.P. de chaudronnier. Treize jeunes du lycée professionnel Robert Buron, à Laval, vont s’atteler, tout au long de l’année, à la fabrication de sculptures sur le thème de « Ubu dans la vie quotidienne ». Ils ont,  pour les accompagner :

  • - leur professeur de français qui les fera travailler sur la pièce de l’écrivain lavallois Afred Jarry, Ubu Roi,
  • - leur enseignant en structure métallique,
  • - le sculpteur Louis Derbré.

REALISATION D’OUVRAGES CHAUDRONNES

A priori, cet intitulé ne laisse pas envisager une quelconque motivation  artistique. Les secteurs d’activités concernent, en effet,  plutôt la construction navale, ferroviaire ou aéronautique. L’enseignement dispensé utilise des manipulations sur différents postes d’atelier, faisant appel à des notions de dessin industriel, de traçage et à la programmation de commandes numériques ; des débouchés comme tuyauteur, soudeur ou chaudronnier sont proposés aux élèves, soit directement après le B.E.P., soit en poursuivant leurs études par un bac professionnel « Structures métalliques » -bâtiment métal, verre, aluminium-, organisation  et gestion de travaux…

Rien qui ne fasse apparaître une dimension artistique. Et pourtant… le profil de l’élève requiert une bonne représentation des objets dans l’espace, le goût de la précision et du travail soigné, de la dextérité… de là à se muer en artiste, il n’y a qu’un pas !

UN PROJET INNOVANT

A l’initiative d’une commerçante qui voulait dynamiser une rue piétonne du centre ville, ce projet va permettre en outre, à une discipline méconnue de faire valoir son travail et de motiver les jeunes : les sculptures réalisées seront exposées dans cette rue et un vote du public sera organisé pour sélectionner l’oeuvre qui méritera de figurer en bonne place à la mairie de Laval, tandis que les autres rejoindront le jardin de la Perrine.

ubuLes élèves ont déjà choisi leur thème : un Ubu skieur ou un Ubu pêcheur verront le jour avec les conseils prodigués par le « maître » Louis Derbré  et même si les formes à représenter ne sont pas évidentes, ce projet artistique est un challenge pour le chef de travaux du lycée et ses élèves, un aboutissement original qui va dévoiler un potentiel de créativité dont les auteurs n’étaient sans doute pas conscients.

Confiants et conscients de vivre une belle aventure, ces jeunes ont une mission d’ici juin 2010 : celle de susciter la curiosité, d’attirer le regard, d’émouvoir, de surprendre le passant ou le touriste qui découvrira leurs réalisations. Ce sera sans doute leur plus belle récompense !



Une histoire de géants : Royal de luxe

8 10 2009

La compagnie Royal de Luxe, Nantaise depuis 20 ans, vient d’ouvrir les festivités pour les 20 ans de la chute du mur de Berlin. Comme un conte de fée, le Rendez-vous de Berlin déroule la rencontre de deux marionnettes, l’une venant de l’Ouest, l’autre de l’Est, comme symbole de la réunification des deux Allemagnes.

LA COMPAGNIE THEATRALE

Créée en 1979, le Royal, installé dans le Gard puis à Toulouse, a toujours exploré différentes formes de théâtre de rue, qu’elle a exporté en tournée dans tous les pays d’Europe, d’Amérique latine, en Afrique ou en Russie mais aussi au Japon, en Corée, en Australie. Sa caractéristique consiste, depuis plusieurs années déjà,  à bâtir des scénarios inspirés de la ville et de ses habitants : depuis le rituel sur les mises à mort de voitures à Valladolid et Amsterdam en 1987, jusqu’à la commémoration du 5ème centenaire de la découverte de l’Amérique en 1992.

Depuis 1994, le Royal a une prédilection pour les géants : grande parade et énormes machines à musique sur les marchés des villages africains, ou sur les places d’Avignon, où des marionnettes (personnages ou animaux) réinventent  « les petits contes nègres » ou la légende du Titanic. Toujours créative et forte de ses 80 comédiens, la troupe nous réserve des surprises pour la commémoration du bicentenaire de l’indépendance au Chili (janvier 2010), à Anvers dans le cadre d’un festival (08/2010) ou en Australie en 2011…

LES GEANTS NANTAIS FONT LE MUR

Les Berlinois ont découvert ces immenses marionnettes, d’abord la petite fille qui s’est réveillée au coeur de la ville, en ce jour anniversaire,  et va retrouver son oncle, après des années de séparation, dans la ville divisée en deux. L’émotion est palpable ; les spectateurs, des larmes dans les yeux, voient défiler et se rapprocher les deux géants comme la victoire d’un rêve. Du théâtre à taille de ville pour une compagnie qui a dû conquérir les instances politiques : artères à fermer, fils de tramway à couper, immense grue à installer pour l’arrivée à la porte symbolique de Brandebourg, dans un quartier d’ambassades.

« A pas de géant, le conte devient réalité »  titre le Berliner Zeintung. Sûr que ces images resteront gravées dans les esprits :