Logorama : quand les héros sont des logos
19 03 2010Bienvenue à Los Angeles, la capitale du cinéma et de la pub: LOGORAMA, film d’animation français, vient de remporter l’oscar du meilleur court-métrage d’animation 2010 ; les Américains ont adoré cet « objet visuel non-identifiable », créé par un collectif de jeunes graphistes français, H5.

Logorama a nécessité cinq ans de travail à François Alaux, Hervé de Crécy et Ludovic Houplain, des graphistes déjà célèbres, récents pensionnaires de Beaubourg et du MoMa, réalisateurs de clips pour Massive Attack ou Goldfrapp et que Dior, Cartier et Saint-Laurent ont déjà appelés à la rescousse. Carte de visite irréprochable pour des « post-ados » qui se sont amusés à fabriquer un film exclusivement composé de logotypes détournés, qui plus est, sans l’autorisation de la plupart des marques (près de 3000 !).
Ce mini-polar raconte une course-poursuite entre deux policiers (bonshommes Michelin) et un gangster Ronald Mac Donald’s (à l’allure du joker de Batman), dans une ville de marques, construite selon le modèle urbain américain. Ecriture du scénario, choix des logos, décors et personnages donnent un rythme et une virtuosité assez incroyables.
En bref, Ronald (le méchant) débarque dans un Pizza Hut, armé d’une mitrailleuse siglée de la Fraction Armée Rouge et prend un enfant en otâge (Haribo). Un séisme viendra semer le désordre dans la ville provoquant l’évasion du zoo du lion MGM, du crocodile Lacoste et du panda WWF entre autres, et l’engloutissement de la ville. Le paradis californien se transforme en capitale de la violence, du pétrole et du fric.
Les auteurs donnent libre cours à l’interprétation de chacun, les codes culturels étant différents d’un pays à l’autre. « Fascination béate pour les marques et hommage à la société de consommation » disent les uns, travail visuel abouti et dénonciation du système pour les autres, à chacun de lire le message caché qu’il veut bien y voir : hommes et planète sont bien vivants ; les marques « virtuelles » provoqueront-elles la mort des uns et la destruction de l’autre ?
Il n’en reste pas moins que les symboles de la toute-puissance industrielle et financière se font malmener avec jubilation par ces trois iconoclastes. « Je ne veux pas mettre le feu au monde, mais juste allumer une flamme dans ton coeur » chante le générique de fin…
Le making-off du film :
H5 Logorama from Etapes on Vimeo.
Catégories : Artistik


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