Burn-out en milieu scolaire…
17 03 2011Le dernier numéro des têtes chercheuses -magazine d’actualité et de culture scientifique en Pays de Loire- livre un dossier sur le « travail en chantiers » : statut, organisation, conditions pour un travail mieux vécu et mieux partagé ; car la santé au travail ne doit pas devenir un problème chronique…ce ne sont pas les élèves qui me contrediront. Il se trouve que l’article d’un clinicien, maître de conférences à l’université de Nantes, s’adapte parfaitement à la sphère scolaire… En voici la teneur :
Fatigue, ennui, malaise… comment ces souffrances psychiques ont-elles gagné la sphère scolaire ? Les enseignants sont-ils « trop durs », les « enseignés » trop plaintifs ? A l’écart des vives controverses médiatiques, (rythmes scolaires, réformes des lycées) des recherches scientifiques abordent le sujet sous différents angles :
- - organisation des tâches,
- - mode de management,
- - conditions de travail … et psychologie des différents acteurs.
Le malaise, pointé du doigt par les psychologues, et ressenti par 55 % des élèves, est un état désagréable résultant de la difficulté réelle à satisfaire une demande émanant de l’enseignant (exécuter une tâche, prendre une décision…) ; l’effort fourni pour s’ajuster à cette difficulté est nommée coping (de to cope : s’adpater, faire face). La permanence ou la répétition de cette situation est source de symptômes somatiques perceptibles à n’importe quelle heure de la journée (troubles du sommeil, de la digestion…). Les pauvres petits sont alors victimes du burn-out (« épuisement » bien compréhensible).
Certains spécialistes décrivent le burn-out comme un syndrome constitué :
- - d’un épuisement émotionnel (difficulté à ressentir ou exprimer des émotions -la participation orale et même écrite est en constante diminution !)
- - d’un désinvestissement de la relation à autrui (attitude cynique ou froide… je dirais même plus) et
- - d’un inaccomplissement personnel (conscience d’un sentiment de perte de ses capacités).
Cette pathologie provient, avant tout, de la difficulté à gérer des situations relationnelles lorsqu’elles sont obligées (obligation scolaire jusqu’à 16 ans, hélas). Ainsi le burn-out ne serait pas tant une conséquence du travail lui-même (de moins en moins effectué, d’ailleurs) ou de son cadre mais plutôt « la valence négative » de la relation à autrui (puissance de répulsion ici, que le sujet – l’élève- éprouve à l’égard de la situation (sa présence en classe).
Les études montrent que le phénomène est banalisé – parce que inéluctable…- En l’absence de prise en charge, le burn-out peut évoluer vers une pathologie plus sévère et propice au décrochage. L’enjeu des recherches porte donc sur :
- - la réduction des manques (de personnel !) et
- - le rapprochement du travail et du bonheur (un ministère à créer ?).
L’échec-symptôme d’abord, la pression sociale ensuite… La « rééducation » nationale a vraiment du boulot sur la planche !
J’allais oublier : un site canadien, du Secrétariat à la Jeunesse, qui se mobilise pour la persévérance scolaire et l’accomplissement personnel ; c’est Vitamine tes études et son test « manque de jus« . A conseiller sans modération !
Catégories : Ainsi va le monde





















Compteur