L’art foot
4 06 2010
A la veille de cette coupe du monde tant attendue par des millions d’aficionados, on serait tenté de voir en ce jeu parfois guerrier, un condensé de culture populaire, de rituel collectif, d’émotion mais aussi d’enjeux financiers et politiques. Sous ces différentes facettes, le football réunit de quoi inspirer des peintres, des sculpteurs, des photographes et l’exposition ONE SHOT, à Charleroi, le prouve.
LE LANGAGE DU FOOT
La télévision se charge, tous les 4 ans, de mettre en scène la compétition internationale et ne retient, le plus souvent, que la performance physique, les gestes techniques ou les buts marqués. Mais au-delà du regard concentré du spectateur, l’oeil exercé d’un écrivain, d’un cinéaste, de tout créateur y trouve un matériau d’ordre psychologique ou plastique. Dans Zidane, un portrait du XXIe siècle, deux réalisateurs ont braqué une vingtaine de caméras sur l’individu face à un entourage où les distances, les rythmes sonores et visuels dégagent une trame passionnelle, écrivent une tragédie selon
les états d’âme du héros. Le spectacle “Contrepied“, création de la Compagnie française Black, blanc, beur, propose un langage chorégraphique qui mêle les codes du football à ceux du hip-hop.
Cela prouve qu’en dehors du cadre médiatique, le football peut servir de révélateur et que le spectateur lambda peut “lire” autre chose que le reportage anecdotique de la partie qui se joue. C’est ainsi que l’art s’intéresse aux formes, aux aspects sociaux et politiques du football. C’est ainsi que l’art s’intéresse aux formes, aux aspects sociaux et politiques du football.

Photo extraite du film Kill the referee
Depuis son ouverture en mars 2010, l’exposition intrigue : la cinquantaine d’artistes récrée l’univers du football, à travers des oeuvres surprenantes et différents aspects témoignent de son implication dans la société : du comportement haineux des hooligans à l’exploitation du tiers-monde en passant par la surmédiatisation de ses idoles.
L’espace de création B.P.S. 22 consacre son hall principal aux sculptures, photos et dessins, tandis que la salle annexe propose vidéos et projections sur grand écran. Les artistes, originaires de Suisse, Afrique du Sud, Royaume-Uni, France, Japon, Mexique… illustrent l’évolution de ce sport sur une trentaine d’années. Entre le développement des clubs supporters et les liens entre football et politique, les souvenirs d’enfance liés à cette tradition populaire et le merchandising accru, la culture “anti-foot” des années 80 a fait place au culte du spectacle de masse dont ont été nourris les artistes exposés qui assument cet héritage populaire et le transforment en métaphore du monde contemporain.
Un jeune artiste français, Cyprien Gaillard, explore la violence des supporters tandis que Kendell Geers pose des masques d’hommes politiques sur des ballons. Les phases de jeux célébrées par les photos de Robert Davies se mêlent aux dessins de Laurent Dandois. Mais les femmes ne sont pas en reste : le foot a inspiré les napperons de Maria Zgragger imprimés de stades ou les cardigans de Julie Henry aux motifs footballistiques.
Bref, dans ce match art-sport, les entrées, multiples, sont empreintes d’émotion et d’humanité. Les gradins, autant que la pelouse, témoignent d’une ferveur presque “religieuse” et chaque artiste a su interpréter, à sa manière, un spectacle qui réunit toutes les couches de la population.
Catégories : A voir et à entendre, Artistik






Les élèves ont déjà choisi leur thème : un Ubu skieur ou un Ubu pêcheur verront le jour avec les conseils prodigués par le “maître” Louis Derbré et même si les formes à représenter ne sont pas évidentes, ce projet artistique est un challenge pour le chef de travaux du lycée et ses élèves, un aboutissement original qui va dévoiler un potentiel de créativité dont les auteurs n’étaient sans doute pas conscients.
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