Le roman de Le Clézio peut-il être considéré comme un roman d’apprentissage ?

Brève histoire du genre : on peut considérer les romans de chevalerie comme les premiers romans d’apprentissage où les héros doivent accomplir certaines épreuves pour gagner le coeur de leur dame et le pouvoir. Aux XVIIème et XVIIIème siècles, le roman picaresque connut une certaine vogue (http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_picaresque).

C’est surtout au XIXème siècle qu’il se développa : 

– Constant : Adolphe.

– Fromentin : Dominique.

– Musset : La Confession d’un enfant du siècle.

– Balzac : Les Illusions perdues ; Le Lys dans la vallée ; le Père Goriot

– Stendhal : Le Rouge et le Noir ; La Chartreuse de Parme ; Lucien Leuwen.

– Flaubert : L’Éducation sentimentale.

– Maupassant : Bel-Ami.

« Le roman d’éducation […] suppose, avec des variantes quant à la présentation et à l’organisation du récit, un jeune homme, un parcours social, un initiateur. Le jeune homme est la figure nouvelle depuis la révolution bourgeoise, et la relève des générations, de l’ardeur et de l’aptitude à vivre. Le parcours social est la société nouvelle qui se développe et se relève. L’initiateur est l’être d’expérience et d’avenir qui déniaise, fournit des recettes, indique des chemins de traverse, propose un pacte, trouve, plus ou moins, un écho dans la conscience du jeune homme, incarne finalement ses tentations secrètes et l’aide à faire le bond de l’inconscience à la conscience, de l’innocence à l’entreprise. Jeune homme, parcours social, initiateur ne sont pas des réalités simplement rapprochées par artifice ou magie dans l’oeuvre littéraire : toutes trois font partie du réel, sont le réel. […] Le roman d’éducation est le roman de l’individu emporté, happé, par un réel en devenir, en même temps que le roman des avortements ou chocs amortis successifs au travers desquels fait naufrage une idée du monde, en même temps que peut-être, douloureusement, et au moins pour le lecteur, s’en forge une nouvelle. » Pierre Barbéris, Le Monde de Balzac, 1971.Il s’agit donc pour le lecteur que vous êtes de réfléchir sur l’expérience menée par Fintan, Maou et Geoffroy, de faire la comparaison entre la situation initiale et la situation finale pour constater une évolution des personnages.

Eléments de réflexion :

– quelle vision de la société est donnée par le roman ? comment les personnages s’y intègrent-ils, ou pas ?

– le roman est-il un roman de l’échec ou de la réussite ?

– le personnage principal peut-il être considéré comme un héros ? De quelles valeurs est-il porteur ? A quels personnages s’oppose-t-il et pour quelles raisons ? En quoi la construction du roman en quatre parties, avec une utilisation différente des marges, est-elle significative ?

– dans quelle mesure le roman est-il autobiographique ? Peut-on voir la visée de l’auteur qui a écrit ce roman ?

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