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Aide pour votre dissertation (1 ES2)

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Vous devez bientôt rendre une dissertation (le lundi 30 mars sans faute…) sur la re-création du texte théâtral ; voici un article susceptible de vous aider. Bon courage !

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LA 1 : Le Mariage de Figaro (II, 16-19)

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Voici le compte-rendu du cours du 13 février :

LA1 Beaumarchais, La Folle journée ou Le Mariage de Figaro

Document de travail : propositions de la classe.

Question posée : dans quelle mesure le texte théâtral (le texte et sa mise en scène) permet-il le mélange des genres et des registres et dans quel but ?

Relevé /citations

Procédés

Analyse/interprétation

– fin sc 16 et début de la scène 19

– sc 17 et 18

plusieurs répliques

/ deux répliques à chaque fois

Scènes de taille différente : vivacité et rythme imposé à la comédie, accent porté sur le geste : le spectateur, qui sait que c’est Suzanne à l’intérieur du cabinet, attend la réaction du Comte.
+ Et vous vouliez garder votre chambre ! Indigne épouse ! (ligne 1)

+ De mon amour ! Perfide !

+ sc 17 et 18

répliques courtes, phrases nominales

2 répliques

Rythme soutenu
« vous vouliez garder votre chambre »

« Indigne épouse », « Perfide »

« Tu es bien audacieuse »

Vouvoiement, insultes, tutoiement Montée de l’émotion du comte (jalousie exacerbée), de la comtesse et du spectateur qui voit s’affronter les deux personnages.

Registre pathétique (contraste entre l’attitude soumise de la comtesse et la colère du comte).

« Au nom de mon amour.. » Imploration elle implore l’amour du comte. Il va jusqu’à l’insulter. D’un côté quelqu’un qui est a genoux et de l’autre quelqu’un qui n’entend pas. C’est pathétique parce qu’on a un contraste entre les deux personnages. On ressent de la pitié pour la comtesse.
Ligne 6 La comtesse s’accuse à la place de Chérubin : porte la culpabilité > grandeur d’âme qui fait contraste avec la violence brute du comte.
C’est Suzanne ! Coup de théâtre Comique de situation ; décalage entre le spectateur qui savait que c’était Suzanne et le savoir des personnages (comte et comtesse) : le spectateur a donc attendu ce retournement et n’a jamais eu peur : on est toujours dans la comédie et pas la tragédie.
SUZANNE accourt à sa maîtresse. – Remettez-vous, Madame, il est bien loin, il a fait un saut… Théâtre dans le théâtre Suzanne se permet de prendre le rôle du metteur en scène.
LA COMTESSE. – Ah, Suzon, je suis morte. Double sens possible. Aveu involontaire ? Pourquoi est-elle « morte » ? Parce qu’elle s’inquiète pour Chérubin ou parce qu’elle se remet de ses émotions ?
LA COMTESSE se jette sur une bergère2, un mouchoir sur les yeux. – Oh ! Ciel ! il va périr. Geste et parole de désespoir Registre pathétique souligné par la parole et le geste en même temps.
SUZANNE sort en riant. – « Je le tuerai, je le tuerai. » Tuez-le donc, ce méchant page ! Répétition Cf valets de Molière qui se moquent de leur maître quand il a tort >édification du comte, qui cependant avait des raisons de soupçonner sa femme > nuance dans les rapports entre le comte et la comtesse.
Ligne 24   « Et moi Monseigneur ? » Ironie Suzanne est complice de sa maîtresse, elle laisse le temps à la comtesse de se remettre, elle parle à sa place. Elle assure le comique des scènes.

> rôle traditionnelle de la servante alliée de sa maîtresse.

Complicité des deux femmes face à l’attitude déplacée du comte (celui-ci veut remettre en usage le droit de cuissage et empêcher le mariage de Figaro et de Suzanne).

Ligne 36 Moquerie Retournement de situation : le comte s’humilie après la comtesse qui s’était physiquement mise à genoux.

Inversion des rôles. Un valet qui se moque de son maître (Cf les fourberies de Scapin) typique du comique.

Ligne 35 Construction des personnages. Le comte est jaloux mais on est au 2ème acte et donc on sait que lui s’est permis de faire la même chose. Donc le spectateur sait que le comte lui-même n’est pas fidèle. Ces quatre scènes vont permettre au comte d’en tirer une morale.

> Fonction morale de la comédie.

Axes d’étude proposés :

I- mélange des genres et des registres

– dramatisation des quatre scènes grâce au quiproquo (jeu de cache-cache, décalage du savoir du spectateur et du personnage)

– allure vive et enjouée ; tonalité dramatique de la scène (gestes), déplacements

– tonalités comique mais aussi pathétique, mais le spectateur, par sa connaissance, maintenu dans la comédie, examine les réactions de chacun.

II- mais une comédie malgré tout :

– C’est un texte théâtral qui met en scène une scène traditionnelle : didascalies qui nous apportent des informations sur les registres, un couple de maître opposé à un couple de valet. Un conflit entre maris et femmes.

– fonction édificatrice des scènes : réflexion sur les rapports maitre/valet et surtout mari/femme au XVIIIème siècle (cf la suite la pièce avec la tirade de Marceline) ;

– quiproquo et coup de théâtre, le comte qui croyait mettre en difficulté est à son tour en difficulté.

Ouverture : Même genre de scène que celle des Caprices de Marianne et de Tartuffe : Orgon est caché sous la table et entend le discours de Tartuffe. Britannicus de Racine. (personnages cachés).

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Commenter une scène de théâtre

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Comme pour tous les Commentaires, on vous demande de prendre en compte scrupuleusement le genre du texte : qu’est-ce que cela veut dire ? Eh bien, appliquez la fameuse fiche d’identité distribuée en affinant votre étude :

– identifier le genre précisément : tragédie, comédie, drame romantique, pièce du XXème siècle mélangeant ces genres… ; réfléchir au sens du titre.

– identifier le moment de l’action : exposition, noeud, péripéties, dénouement…

– identifier la situation : scène d’affrontement (conflit entre plusieurs personnages, conflit intérieur), scène de révélation, scène de confidence, quiproquo… ; identifier le sujet de l’extrait et les registres dominants ;

– identifier la forme du texte : dialogue (voire stichomythie), monologue

– envisager le texte dans sa dimension spectaculaire (rappelez-vous l’OE : théâtre, texte et représentation) : didascalies, rôle des objets, jeu des comédiens …

– caractériser les personnages : leur rôle (principal, secondaire ; éponyme ; statut social, etc ; rôle dans la pièce …) et leurs caractéristiques : traits de caractère, valeurs morales dont ils sont porteurs, argumentation développée (cf dans Dom Juan, la tirade de Don Juan faisant l’éloge de l’inconstance ; dans Le Mariage de Figaro, les tirades de Marceline et de Figaro)

– tâcher de faire le plan du texte pour observer une évolution ou pas (le dialogue a-t-il fait progresser l’action ? un personnage dans sa réflexion ? …)

– ne jamais oublier la double énonciation ! Le second destinataire est toujours le spectateur ! Que veut-on lui dire et lui montrer, que veut-on lui faire éprouver à travers ces mots, ces gestes, ces lumières, ces décors, …?

– A partir de ces observations, et aussi à partir des questions du corpus qui souvent donnent des pistes de réflexion, élaborer un projet de lecture, une problématique que votre devoir planifié examinera.

Bon courage !

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Baroque ? classique ?

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Des exemples de dissertations

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Premier bilan après la première journée d’oraux blancs.

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Quelques conseils


– ayez tous vos documents à portée de la main pour en disposer rapidement ;

– revoyez les cours mais revoyez surtout les textes et les oeuvres : c’est d’abord sur une connaissance précise de ceux-ci que vous serez évalué(e).

– gérez bien le temps de la préparation pour avoir le temps de tout faire ;

– on attend que vous soyez capable de justifier ce que vous dites des textes par une référence précise à certains passages ;

– ne vous limitez pas à citer le texte : analysez-le !

– vérifiez le sens des mots qui vous semblent encore flous dans les textes vus !

– situez bien l’extrait dans l’oeuvre (pour la séquence sur Micromégas).

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Exemples de registres

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Dans le document ci-joint (source : http://lycees.ac-rouen.fr/bloch/blochintra/IMG/pdf/Module_registres_textes.pdf) vous trouverez des extraits illustrant les différents registres : module_registres_textes

REGISTRE REALISTE : description de la pension Vauquer dans Le Père Goriot de Balzac (1885)
REGISTRE COMIQUE (SATIRIQUE) : description de la guerre dans Candide de Voltaire (1759)
REGISTRE LYRIQUE : discours amoureux dans Belle du Seigneur d’Albert Cohen (1968)
REGISTRE PATHETIQUE : description de Lalie dans L’Assommoir de Zola (1877)
REGISTRE POLEMIQUE : description du carnaval dans « Causerie triste », article de Maupassant publié dans Le Gaulois (1884)
REGISTRE TRAGIQUE : Madame de Tourvel explique à une amie qu’elle part pour ne pas céder à Valmont, dont elle est amoureuse (Les Liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos, 1782)

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Principes et exemples de questions pour l’oral de l’EAF

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Quelles questions possibles ?

Questions portant sur l’ensemble du texte donné, mais pouvant prendre appui plus
particulièrement :
sur le titre :
En quoi le titre annonce-t-il / éclaire-t-il le texte ?
– sur un court passage, indiqué par l’examinateur :
En quoi tel passage est-il une clef possible pour la lecture du texte ?
En quoi tel vers est-il représentatif de l’ensemble du poème ?
En quoi le premier vers est-il annonce-t-il le déroulement de l’ensemble du poème ?
En quoi l’anecdote des lignes X à Y sert-elle la démonstration ?
– sur la comparaison de deux brefs passage, indiqués par l’examinateur :
le début et la fin d’une scène théâtrale,
deux courts portraits,
un texte et quelques variantes.
– sur la recherche, par le candidat, d’une série d’extraits :
Quelles sont, dans ce texte, les formules les plus révélatrices de la thèse soutenue par
l’auteur ? Justifiez votre choix.

Questions liées :

à la composition ou à la construction du texte :
étapes d’un dialogue théâtral et enchaînement des répliques,
construction d’un portrait,
composition d’un sonnet.
au mouvement du texte :
évolution d’un raisonnement,
progression d’une argumentation,
développement d’une métaphore filée.
à la visée du texte (implicite, intentions cachées, double sens) et à ses enjeux :
En quoi ce texte est-il un apologue ?
Quelles sont les valeurs morales qui sous-tendent ce texte ?
En quoi ce texte est-il une forme d’art poétique ?
En quoi tel portrait a-t-il une valeur argumentative ?
Quel est l’enjeu de cette lettre ?
– à la réception du texte par le candidat :
Quelle réaction la lecture de ce texte suscite-t-elle en vous ? Justifiez votre réponse en
prenant appui sur le texte.
Les procédés argumentatifs employés dans ce texte vous paraissent-ils efficaces ?
Pourquoi ?

Questions amenant à étudier le texte :

– par rapport à un genre :
Quelle relation s’établit dans ce texte entre le narrateur adulte et l’enfant qu’il a été et met
en scène ?
Comment s’opère dans ce texte la mise en forme du souvenir ?
Comment ce poème joue-t-il avec le langage ?
– par rapport à une esthétique :
Par quels aspects ce texte se rattache-t-il à l’esthétique baroque ?
– par rapport à une registre ou à l’articulation de plusieurs registres :
Quels sont les éléments susceptibles de susciter le rire dans ce texte, et quelle forme de
rire ?
Ce texte vous paraît-il devoir susciter le rire ou l’émotion ?

Avec un intérêt particulier accordé :

– à l’utilisation du genre ou du registre :
Comment l’auteur tire-t-il parti du genre épistolaire pour mettre en valeur l’anecdote
racontée ?
Quel traitement particulier l’auteur fait-il subir dans ce texte au genre et dans quel but ?
Dans quelle mesure cette lettre vous paraît-elle devoir être considérée – ou non –
comme une oeuvre littéraire ?
– aux écarts entre le code, la norme et le texte :
En quoi ce texte échappe-t-il au genre épistolaire ?
Quel est l’effet produit par la construction particulière de ce sonnet ?

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Oral de l’EAF : note aux candidats

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Pour votre oral blanc (vendredi 30 janvier ou lundi 2 février ou mardi 3 février), vous devrez suivre les consignes comme pour l’épreuve réelle du mois de juillet :

Note à l’attention des candidats

Pour passer votre épreuve orale de français, prenez avec vous et présentez à la demande de l’examinateur :

  • votre convocation et une pièce d’identité,
  • votre exemplaire du descriptif des lectures et activités,
  • les textes du descriptif en double exemplaire et sans annotations personnelles (œuvres en édition intégrale, manuels, photocopies).
  • Vous n’êtes pas tenus d’apporter les textes abordés en lecture cursive. Vous pouvez vous contenter de les évoquer à propos des sujets abordés dans l’entretien. Vous pouvez toutefois estimer que certains seraient utiles à montrer lors de l’entretien. Vous n’avez le droit à aucun autre document.

    Vous utilisez uniquement, lors de votre préparation, les feuilles de brouillon à votre disposition dans la salle.

    ORGANISATION DE L’ÉPREUVE

    • Les candidats sont appelés de demi-heure en demi-heure,
    • l’examinateur vous fera signer un bulletin de passage sur lequel figureront : l’extrait qu’il aura choisi, la question à laquelle votre exposé devra répondre.
    • > Vous lui restituerez ce bulletin au terme de votre préparation

      Temps de préparation : 30 minutes.
      Prenez bien le temps d’analyser la question posée.

      Durée de l’interrogation : 20 minutes.

      L’exposé sur un texte littéraire (10 minutes).

      Votre examinateur à partir de la lecture du descriptif de votre classe a choisi et délimité un texte.
      Il vous pose une question pour vous faire étudier un aspect essentiel de ce texte.

      Il peut s’agir :

      – soit d’un texte ou d’un extrait de texte figurant dans un groupement de textes et ayant fait l’objet d’une explication en classe,

      – soit d’un extrait, ayant fait ou non l’objet d’une explication en classe, tiré d’une des œuvres intégrales étudiées en lecture analytique pendant l’année,

      Cet extrait sera plus ou moins long en fonction de la nature de la question posée.

      L’examinateur adapte ses attentes à la situation. Quel que soit le texte choisi, il évalue vos compétences de lecture d’un texte littéraire avec une question pour guide.

      Vous lisez le texte de façon expressive puis vous répondez de façon argumentée et ordonnée à la question posée en prenant constamment appui sur le texte. Vous ne vous contentez pas de simples relevés, vous les organisez pour déboucher sur une interprétation précise du texte et une conclusion claire.

      N’attendez pas que l’examinateur intervienne pendant cette première partie, il ne le fera que si votre propos tourne court ou, en fin d’exposé, s’il juge indispensable de vérifier votre compréhension littérale du texte.

      L’entretien (10 minutes).

      L’examinateur conduit le dialogue avec vous dans l’intention d’approfondir votre réflexion. Les élargissements qu’il vous suggèrera pourront concerner

      – l’œuvre intégrale ou le groupement de textes d’où le texte a été extrait,

      – une lecture cursive, des recherches ou des activités personnelles,

      – un ou plusieurs objets d’étude.

      Il ne s’agit pas pour vous de répéter une « question de cours » mais d’entrer dans ce dialogue pour témoigner des connaissances et des compétences que vous avez acquises, de votre intérêt pour les textes que vous avez étudiés ou simplement lus. Exploitez du mieux que vous pourrez vos lectures et activités personnelles quand elles correspondront aux questions abordées par l’examinateur.

      ÉVALUATION DE L’ÉPREUVE

      Chacune des parties est notée sur 10 points. La note d’oral sera donc sur 20.
      Sont évaluées :

    • vos capacités d’analyse, de réflexion, d’organisation,
    • vos connaissances,
    • vos qualités d’expression et de communication.
    • Aucune note n’est communiquée à la fin de l’épreuve. Seule la note sur 20 le sera ultérieurement par le Rectorat.

      La note sera coefficientée selon les séries :
      L, ES, S, STT : 2
      STL, SMS, STI, hôtellerie, STT :1.

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    Hugo fait la révolution en poésie

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    Réponse à un acte d’accusation (extrait), Les Contemplations, Hugo

    Quand je sortis du collège, du thème,
    Des vers latins, farouche, espèce d’enfant blême
    Et grave, au front penchant, aux membres appauvris;
    Quand, tâchant de comprendre et de juger, j’ouvris
    Les yeux sur la nature et sur l’art, l’idiome,
    Peuple et noblesse, était l’image du royaume;
    La poésie était la monarchie ; un mot
    Etait un duc et pair, ou n’était qu’un grimaud
    ;
    Les syllabes, pas plus que Paris et que Londres,
    Ne se mêlaient ; ainsi marchent sans se confondre
    Piétons et cavaliers traversant le pont Neuf;
    La langue était l’Etat avant quatre-vingt-neuf;
    Les mots, bien ou mal nés, vivaient parqués en castes ;
    Les uns, nobles, hantant les Phèdres, les Jocastes,
    Les Méropes, ayant le décorum pour loi,
    Et montant à Versaille aux carrosses du roi;
    Les autres, tas de gueux, drôles patibulaires,
    Habitant les patois; quelques-uns aux galères
    Dans l’argot; dévoués à tous le genres bas,
    Déchirés en haillons dans les halles; sans bas,
    Sans perruque; créés pour la prose et la farce;
    Populace du style au fond de l’ombre éparse;
    Vilains, rustres, croquants, que Vaugelas leur chef
    Dans le bagne Lexique avait marqués d’une F;
    N’exprimant que la vie abjecte et familière,
    Vils, dégradés, flétris, bourgeois, bons pour Molière.
    Racine regardait ces marauds de travers;
    Si Corneille en trouvait un blotti dans son vers,
    Il le gardait, trop grand pour dire: Qu’il s’en aille;
    Et Voltaire criait : Corneille s’encanaille
    Le bonhomme Corneille, humble, se tenait coi.
    Alors, brigand, je vins ; je m’écriai: Pourquoi
    Ceux-ci toujours devant, ceux-là toujours derrière?
    Et sur l’Académie, aïeule et douairière,
    Cachant sous ses jupons les tropes effarés,
    Et sur les bataillons d’alexandrins carrés,
    Je fis souffler un vent révolutionnaire.
    Je mis un bonnet rouge au vieux dictionnaire.
    Plus de mot sénateur! plus de mot roturier!

    Je fis une tempête au fond de l’encrier,
    Et je mêlai, parmi les ombres débordées,
    Au peuple noir des mots l’essaim blanc des idées ;
    Et je dis: Pas de mot où l’idée au vol pur

    Ne puisse se poser, tout humide d’azur !
    Discours affreux ! – Syllepse, hypallage, litote,
    Frémirent ; je montai sur la borne Aristote,
    Et déclarai les mots égaux, libres, majeurs.
    Tous les envahisseurs et tous les ravageurs,
    Tous ces tigres, le Huns, les Scythes et les Daces,
    N’étaient que des toutous auprès de mes audaces;
    Je bondis hors du cercle et brisai le compas.
    Je nommai le cochon par son nom; pourquoi pas?

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    Les registres littéraires

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    Voici un tableau pour vos révisions :

    Registres

    Emotions et thèmes mis en jeu

    Principaux procédés

    comique Faire sourire ou rire, amuser, souvent dans un but critique (caricature). – les procédés de répétition

    – les effets de contraste et de décalage

    – le comique de geste

    – le comique de mots (jeu sur les niveaux de langage), l’absurde

    satirique Rire et moquerie. Portrait caricatural, description d’une époque mettant en évidence ses défauts. – il a pour but de se railler, de se moquer d’un type de personne ou d’une institution.

    – vocabulaire réaliste et familier, parfois péjoratif.

    – la caricature

    – les formules ironiques

    ironique Raillerie, critique au second degré qui rend le lecteur complice. – l’antiphrase

    – elle permet de dénoncer quelque chose en laissant comprendre le contraire de ce qui est effectivement dit

    tragique Sentiment de la fatalité, du destin. Présence de la mort, absence d’issue. Souffrance et déchirement moral. Sentiment d’impuissance face à la catastrophe. – vocabulaire soutenu

    – interrogatives et exclamatives exprimant la détresse du héros face au destin implacable

    – champs lexicaux de la fatalité et de la liberté, de la faute, de la séparation, de l’amour et de la mort…

    pathétique La pitié, la compassion. – vocabulaire du sentiment et de la douleur

    – priorité est donnée aux scènes déchirantes (un enfant qu’on sépare de sa mère)

    – phrases expressives (exclamatives etc)

    – comparaisons et métaphores

    lyrique Emotions liée à l’amour, la mélancolie, la nostalgie, la communion avec la nature, le temps qui passe, l’infini…

    On y trouve les sentiments intimes et personnels de l’auteur ou du locuteur et

    ceux-ci nous touchent en raison de leur portée universelle.

    – emploi de la première personne

    – vocabulaire du sentiment

    – phrases expressives

    – figures d’insistance (hyperbole, gradation, anaphore)

    épique Célébration des prouesses et des exploits accomplis par des héros. Le but est de susciter l’admiration, l’étonnement et l’effroi. Personnages assimilés à des héros de combat. – vocabulaire guerrier

    – vocabulaire valorisant

    – figures d’amplification (hyperboles, gradations)

    didactique Instruire, informer le lecteur. Enseigner, faire comprendre. – vocabulaire technique

    – connecteurs logiques

    – outils du texte explicatif (définitions, exemples)

    -impératif

    polémique Argumentation agressive qui a pour but de persuader le lecteur. Fait appel à l’indignation voire à la révolte. – vocabulaire opposant des valeurs morales positives (le bien, la beauté, la liberté) aux valeurs de la dépravation (vocabulaire péjoratif).

    – constructions expressives

    – ironie, antithèse, hyperbole

    – interpellation directe de l’interlocuteur ou du lecteur

    fantastique Suscite l’inquiétude devant un phénomène étrange et inexplicable. – vocabulaire de l’étrangeté         – cadre spatiotemporel inquiétant (nuit,cimetières,

    – champ lexical de la peur               châteaux, paysage de landes etc)

    – expression de l’incertitude

    réaliste A ne pas confondre avec le mouvement littéraire du même nom. A pour but de produire de créer un effet de réel. Thèmes : activités quotidiennes, événements familiaux, le corps, les milieux sociaux, détail vrai, objets banals, échec, vie simple. – vocabulaire technique et parfois en relation avec la catégorie sociale des personnages donc pouvant être familier + vocabulaire du corps

    – syntaxe simple

    LES REGISTRES LITTERAIRES (par un professeur du site Lettres du Web)

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    Des exercices en ligne

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